Du Moyen-Orient au reste du monde
Si la méditation dans les traditions judéo-chrétienne et islamique a connu un développement indépendant, il est possible que les méditants du Moyen-Orient aient pu être influencés par les pratiques de leurs homologues de l’Inde et du Sud-Est asiatique (voir plus haut dans ce chapitre). Les historiens possèdent des preuves que les voyages de pèlerins étaient constants entre ces deux régions et que l’apparition des premiers moines bouddhistes à Rome date du début de l’ère chrétienne. Selon une rumeur – encouragée par des coïncidences historiques intéressantes – Jésus aurait même appris la méditation en Inde ! Alors que les méditants indiens – suivant l’idée ancienne que âtman est égal à Brahman (Moi et l’essence de l’être ne font qu’un) – ont progressivement porté leur attention vers l’intérieur pour chercher le sacré dans les profondeurs de leur être, les penseurs et théologiens occidentaux se sont orientés vers un Dieu qui existerait prétendument en dehors de l’individu. À la même période, les mystiques d’Occident s’acharnaient avec le paradoxe d’un Dieu à la fois à l’intérieur et à l’extérieur, personnel et transcendant.
Dans
les traditions occidentales, la méditation revêt souvent la forme
d’une prière – c’est-à-dire d’une communion directe avec
Dieu. La prière méditative des moines et des mystiques diffère de
la prière ordinaire, souvent faite de plaintes et de requêtes. La
prière méditative est une approche de Dieu faite avec humilité et
dévotion. Elle consiste à contempler Ses qualités divines et
solliciter Sa présence dans le cœur du méditant. L’objectif final
est de soumettre totalement le moi individuel à l’union avec le
Divin.