129.
— Par ici ! a lancé Nudge comme elle tentait de faire sortir le troupeau de mutants hors du labo. N’ayez pas peur.
— Au contraire ! Parce que j’entends des voix, a corrigé Iggy.
— Dépêchez !
J’avais le cœur qui battait la chamade. Mais qu’est-ce que je fabriquais ? Allais-je vraiment m’occuper de tous ces gosses ? J’avais déjà du mal avec ceux que j’avais.
J’y réfléchirais demain.
— Nudge ! Fang ! Angel ! ai-je hurlé. De-hors !
Ils sont passés devant moi en trombe, tout en pressant les autres. On s’est précipités par la première porte et on a traversé la pièce moquettée.
— Allez, on remonte les escaliers. Vite !
Je n’avais pas le quart du huitième de l’ouïe d’Iggy, mais je savais, je sentais que notre petite « fête libératrice » était sur le point d’être découverte. Et je savais aussi que ça allait mal se passer.
Prépare ton plan, Max. Réfléchis. Dépêche-toi.
Oui, la Voix. D’abord les marches et puis les égouts… Je poussais presque les autres pour qu’ils montent plus vite. Une, deux, une, deux… Mais l’un des gosses a subitement paniqué et s’est roulé en boule en pleurnichant. Je l’ai pris sous le bras en passant et j’ai continué à monter les marches deux par deux. Dans ma tête, je me représentais notre itinéraire.
Tout en haut, Fang a ouvert en grand la dernière porte, celle du tunnel où l’on s’est tous engouffrés à sa suite. On venait de passer de l’air frais et pur à une humidité poisseuse, chaude et fétide. Pouah ! Je fronçais le nez.
— Où est-ce qu’on est ? a interrogé la fille-oiseau que j’avais libérée.
Elle devait avoir dans les dix ans. C’était une des seuls qui parlait.
— Dans les égouts… d’une grande ville, ai-je dit en raccourci. Direction l’air pur et le soleil.
— Pas tout à fait, a sifflé Ari dans mon dos. D’abord, il faut qu’on cause, toi et moi, Maximum. En souvenir du bon vieux temps.