39.
— On ne risque rien, sauf si les Erasers nous sentent, a fait le Gasman à Iggy, tout bas.
Ils étaient tous les deux cachés à l’intérieur de la fente étroite de la paroi d’une falaise, près de son sommet. Des buissons touffus masquaient l’entrée de leur cachette. Pour les attraper, il faudrait que les Erasers escaladent la paroi ou qu’ils volent en hélicoptère.
Iggy se reposait, les mains sur les genoux.
— Hé bé, tu parles d’un plan foireux, fit-il d’un ton Maussade. Moi qui croyais qu’avec les deux Erasers hors service on serait tranquilles, au moins pour un petit temps. Ils ont dû envoyer du renfort avant même d’attaquer la cabane.
Le Gasman broyait de la terre entre ses doigts.
Au moins, on en a eu deux.
Il se demandait si Iggy se sentait bizarre et coupable comme lui. Impossible à dire.
— Oui, mais maintenant, on fait quoi ? On est là tout beaux avec nos vêtements sombres et on n’a nulle part où aller, a constaté Iggy. Rentrer à la maison ? n’y pense même pas ! Ils sont probablement partout à l’heure qu’il est. Qu’est-ce qu’on va faire de notre peau ? Et si Max et les autres reviennent et tombent droit dans le panneau ?
— Je n’en sais rien, a admis le Gasman, très frustré. Mon plan s’arrêtait au moment de les faire sauter. Tu n’as qu’à trouver un plan pour la suite !
Les deux garçons étaient assis dans la pénombre de la fente rocailleuse, à respirer l’air fétide. L’estomac du Gasman a gargouillé.
— Tu peux parler, toi ! a rétorqué Iggy, la tête sur les genoux.
— Bon, d’accord, a soudain fait le Gasman. J’ai une idée. Mais c’est risqué et Max va nous tuer quand elle saura.
Iggy a illico levé la main.
— Je sens que ton idée va me plaire.