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En haut comme en bas
— C’est par où ? demanda Eogan.
Maul ne répondit pas. Depuis cinq minutes, ils avançaient dans un couloir qui leur semblait familier, mais la reconfiguration avait tout changé. D’ailleurs, le processus n’était peut-être pas achevé. Il était possible que la prison se reconfigure jusqu’à ce qu’elle soit réduite en pièces.
Peut-être était-ce l’objectif ?
Maul renversa la tête en arrière et émit un croassement aigu, un son qu’il avait suffisamment entendu pour l’imiter sérieusement.
— Qu’est-ce que vous…
Le Zabrak fit signe à Eogan de se taire et tendit l’oreille. Un son lui revint, sorte d’écho imparfait de son cri.
— Baisse la tête.
Eogan plissa le front.
— Quoi ? Pourquoi ?
Le couloir s’anima d’une effervescence soudaine. Maul s’accroupit pour laisser passer un vol de faucons griffus. Les rapaces débarquèrent dans le couloir en formation serrée, poussant des cris aigus.
Maul coinça le paquet sous son bras et courut après les rapaces, le garçon sur les talons. Les oiseaux volaient plus vite que jamais, ils plongeaient dans les passages récemment reconfigurés des niveaux inférieurs et tourbillonnaient comme de la fumée. Leur forme faisait penser à la coquille d’un énorme nautile mécanique.
Maul devinait où ils allaient.
Ils approchaient du but.
Il aperçut une porte droit devant et regarda les oiseaux s’introduire dans l’embrasure. Il les imita, suivi du garçon.
Ils se retrouvèrent dans un endroit familier : l’armurerie que Maul avait visitée il n’y a pas si longtemps. Coyle s’y trouvait toujours : son nez de rongeur tressaillait d’angoisse. Il serrait encore le blaster dont il s’était servi pour tuer Dakarai Blirr.
— Jagannath, commença le Chadra-Fan en examinant le paquet sous le bras de Maul. Nous commencions à nous inquiéter, à douter du succès de ta quête, n’est-ce pas ?
Maul jeta un coup d’œil par-dessus son épaule : une haute silhouette se tenait derrière un long établi.
L’homme s’avança dans la lumière.
— Nous n’avons jamais douté du résultat, Jagannath. Bonjour, je suis Iram Radique.