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Secrets dévoilés

Pendant un long moment, le vieil homme se contenta de regarder le Zabrak. Son visage était livide, seuls ses yeux étaient rouge sang. Sa respiration était étranglée. Il tremblait violemment. Malgré son état, il semblait encore lucide.

— Qu’est-ce que tu faisais pour Iram Radique ? Pourquoi refuse-t-il de te laisser partir ?

Les lèvres du vieux bougèrent, mais les mots étaient inaudibles. Les tirs de blaster reprirent de l’autre côté de l’écoutille. Maul se pencha et parvint à entendre.

— Eogan… ?

— Ton fils est ici, lui assura Maul en se retournant vers le garçon, qui gisait inconscient parmi les instruments chirurgicaux.

Puis il reporta son attention sur le vieil homme, examina sa jambe mutilée et la mare de sang qui s’étendait autour de lui, toujours plus large.

— Tu ne pourras plus veiller sur lui longtemps. Pas dans ton état.

Les traits du vieux détenu se durcirent. Il semblait réaliser la gravité de la situation.

— Je peux le protéger, lui assura Maul, si tu me dis ce que je veux savoir.

Il se pencha :

— Que faisais-tu pour Iram Radique ?

Le vieux hocha la tête. Quand il prit la parole, sa voix était un souffle rauque.

— Sauvé la vie.

— À Radique ?

Nouveau mouvement de tête.

— Quand ?

— Il y a vingt ans. Sur le Dépôt de Laakteen, près de la Passe de Giju.

— Où est-il ? Où est-ce que je peux le trouver ? Est-il ici, à l’intérieur d’Engrenage Sept en ce moment ?

Les lèvres d’Artagan tremblèrent.

— Il…

Au dehors du local, les cris des gardes redoublèrent d’intensité. Les tirs de blaster se rapprochaient. Des fragments de métal rebondirent bruyamment sur les murs de l’infirmerie. Maul savait que dans quelques instants, les gardiens allaient entrer.

Il se releva, se retourna et se retrouva à quelques centimètres du visage inondé de sang du vieux prisonnier. Celui-ci saisit le poignet de Maul. Malgré sa jambe en moins et son état lamentable, le vieillard avait réussi à rassembler ses forces.

— Où est-il maintenant ? répéta Maul.

Le vieil homme parvint à articuler :

— Eogan. Eogan sait. Tout.

Avant que Maul ne puisse insister, un cliquetis se fit entendre, aussitôt suivi par un bourdonnement. L’électricité était de retour. Les néons s’allumèrent en scintillant. Leur intensité révéla l’ampleur des dégâts sur le visage du vieux.

— Que personne ne bouge ! cria un des gardiens.

Les portes coulissèrent et les autres firent irruption dans la salle, blaster au poing.

Des bottes martelèrent le sol et les gardiens mirent Maul à genoux, avant de lui immobiliser les mains dans le dos. Il voulut se lever et sentit contre sa nuque le canon d’un blaster encore brûlant.

— Ne bouge pas, minable. Nous avons ordre de t’emmener directement auprès de la directrice.

Le métal chaud s’enfonça plus fort.

— Mais un accident en cours de route n’est jamais à exclure.

Maul poussa un grognement, puis jeta un œil au vieillard, qui gisait par terre à moins d’un mètre derrière lui.

Eogan sait. Tout.

— En route, ordonna le gardien. Maintenant.

Maul détourna le regard d’Artagan et se mit lentement debout pour suivre les gardiens dans le couloir.