4

Dès qu’elle avait atteint la lisière de la forêt, Anne n’avait plus hésité.

Marcher.

Marcher encore.

Courir quand le bois s’éclaircissait. Sauter vivement les rivières. Éviter les fermes. Se tapir si un bruit humain suspendait les chants d’oiseaux. Stationner au milieu des buissons. Retenir son souffle. S’empêcher de tressaillir au trot des lapins ou des écureuils. Esquiver la charge des sangliers. Attendre que le braconnier soit parti. Et reprendre la cavalcade, confiante dans le terrain puisque ses yeux n’avaient pas le temps de regarder où ses pieds se posaient.

À mesure qu’elle galopait, conduite davantage par l’instinct que par la réflexion, son corps s’allégeait, ses jambes se soulevaient, ne touchant plus le sol. Feuilles et branches opposaient moins d’obstacles, elles s’effaçaient, elles caressaient son visage. Les orties l’épargnaient au passage.

Sans fatigue ni crainte, la jeune fille progressait, persuadée que la forêt devenait sa complice. Combien d’heures dura cette déambulation ? Aucun moyen de le savoir, d’autant qu’Anne éprouvait une énergie croissante ; depuis qu’elle mettait de la distance entre elle et Bruges, chaque pas la délivrait, le calme revenait.

Quelle chance !

Le bris du miroir avait signalé que son mariage n’aurait pas lieu. Parce que la chambre nuptiale s’était déchiquetée en morceaux de verre et que l’image de la fiancée avait volé en éclats, Anne s’était arrachée au malheur.

Quel soulagement lorsque, en descendant à preste allure l’escalier de sapin, nul craquement ne l’avait trahie. Et il s’était confirmé, ce soulagement, sitôt qu’elle avait franchi la porte, inhalé l’air de la campagne autour de Saint-André puis senti la boue joyeuse clapoter sous ses orteils.

Toute la journée, elle avait fui le danger.

Maintenant que le jour baissait, Anne s’arrêta près d’un ruisseau, plongea ses mains, ses coudes dans l’eau fraîche, refroidit ses muscles brûlants et but pendant plusieurs minutes.

Que manger ?

Pour l’instant, elle ne souffrait pas de la faim, elle s’alimenterait demain.

Le pépiement des mésanges se tarit.

Le soleil avait disparu.

Le ciel, vidé de son azur, se figeait en un gris terne. Du fond du bois monta le cri lancinant d’un ramier solitaire.

Anne frissonna.

Plus le jour s’éteignait, plus les hêtres resserraient leurs colonnades. Le froid se faisait mordant.

Elle avisa un chêne majestueux qui avait éloigné de lui les autres fûts. L’incitant à s’approcher, il lui offrait son tapis de mousse en guise de matelas, ses racines pour oreiller, ses rameaux déployés tels les voiles d’un berceau royal.

Elle rampa vers lui et, nuque tordue, le considéra.

Quelle présence il avait ! Une vigueur s’en dégageait, inspirant le respect. Quoique silencieux, le chêne lui parlait. Sûr, il n’était pas un végétal ordinaire ! Se dressait là un arbre puissant, hypnotique, un arbre qui avait traversé des siècles, un arbre qui recelait des tonnes d’expériences.

Pouvait-elle se permettre de l’effleurer ? Le vent parcourut les frondaisons, lesquelles vacillèrent ; le sifflement qui s’ensuivit ressemblait à un oui. Anne appuya donc sa paume contre l’écorce.

Une immense félicité l’envahit. Une force chaude sortait des entrailles noueuses pour pénétrer sa peau, couler dans sa chair. « Je peux t’apprendre beaucoup », disait l’arbre. Anne hocha la tête. L’arbre ajouta : « Je commencerai ce soir par les vertus de l’immobilité. Ne bouge plus. »

Alors Anne, apaisée, glissa son corps en lui, songea à réciter une prière, n’en attrapa que les trois premiers mots, s’endormit.

 

À l’aurore, elle ne fut guère dérangée de se réveiller au milieu d’un paysage étranger : les forêts inconnues sont toujours plus familières que les maisons nouvelles.

Une partie de la matinée, elle se tortura. Qu’allait-elle décider ? Continuerait-elle d’avancer ? Quel intérêt de poursuivre ? Elle se heurterait à une ville, un village, un port. Reviendrait-elle chez sa tante ? Si elle rebroussait chemin, pourquoi se serait-elle échappée ? Refuser Philippe ne constituait en aucun cas son but, elle était venue trouver quelque chose… Quoi ? Elle l’ignorait.

De ces délibérations, menées en multipliant les allers-retours le long de la rivière, fusa une évidence : elle demeurerait ici. Peut-être finirait-elle par rencontrer ce qu’elle cherchait…

Agitée, fébrile, elle rejoignit l’arbre et l’étreignit. La quiétude du chêne la gagnant, elle cessa de spéculer, se bornant à répéter au tronc qu’elle restait.

Ce jour-là, elle partit à la découverte de la nature, heureuse de lui vouer un temps qu’elle n’avait jamais pu lui donner, ni dans son ancienne vie de paysanne ni dans sa récente existence de citadine.

Elle s’enfonça dans la forêt frémissante, parmi les coulées d’ombre et les coulées de lumière. Des balles de poil sautillantes – les garennes – détalaient. Parfois, l’herbe jaillissait, si tendre, si neuve, qu’Anne n’osait la fouler. Sous les fougères anciennes, brunes, aplaties, leurs jeunes sœurs pâles surgissaient, pointant leurs petits doigts recroquevillés. Au-dessus, les bourgeons éclataient, les ramures s’épaississaient, les branches s’ornaient.

Une brise s’engouffra dans le sous-bois ; feuilles et fleurs, comme des milliers d’ailes, voulurent gonfler, prendre leur essor, décoller ; la forêt rêvait de voler. Tel un bateau que retenaient des cordages au quai, elle souhaitait que l’haleine du vent l’emportât dans l’azur.

Anne sentait l’univers habité par une énergie lente, persistante. Le printemps s’imposait, rejetant les ramilles mortes, enfouissant les fanes pourrissantes ; il gorgeait les arbres de sève, les plantes de sucs. À respirer ces exhalaisons, elle-même devenait ivre.

À mesure que les taillis s’étoffaient et que la futaie se haussait, Anne s’éveillait… Un désir… Désir de quoi ? Délicat à définir… Désir de quelque chose de grand, d’essentiel ; oui, elle aussi, avec la nature, s’extrayait d’une torpeur hivernale, elle s’identifiait aux oiseaux qui secouaient leurs ailes.

Anne entrouvrait les yeux sur un monde différent de celui des hommes. Un monde vrai. Alors que la ville étouffait la terre sous les pavés, l’écrasait de ses maisons, la forêt la laissait prospérer. Tandis que la ville coupait les troncs pour soutenir ses toits, emprisonnait l’air dans ses murs, salissait le ciel de ses fumées, la forêt libérait toute vie. Ici, Anne vibrait au centre d’un accord merveilleux, si inouï qu’elle ne comprenait pas de quoi il se composait ; par des liens ténus, la magie sylvestre l’immobilisait, la captivait, l’enchantait.

Deux fois, elle tressaillit.

Deux fois, elle crut voir passer une ombre au loin. Plaquée au sol, elle attendit. Rien ne se produisit.

Peut-être une biche ?

Elle s’alimentait difficilement. Faute de fruits mûrs, elle se résolut à brouter des herbes, à ronger des écorces. À la rivière qui serpentait entre les peupliers et les osiers drus telle une veine dans la terre noire, elle but beaucoup pour modérer ses gargouillements d’estomac.

Les mouches bourdonnaient sous les saules, attirées par leurs chatons… L’atmosphère dansait, ondulait, frissonnait.

Puis le jour se coucha en fanfare, ciel de cuivre et lumières éblouissantes, dont les résonances dorées rebondissaient de nuage en nuage.

À la nuit, elle regagna le chêne. À peine eut-elle aperçu les étoiles dans la voûte brasillante qu’elle sombra, épuisée.

 

Le matin, une grosse miche de pain trônait sur une racine.

Elle s’imagina que l’arbre la lui offrait. Pour ce présent qui lui ôtait le souci de se nourrir et lui permettrait de consacrer sa journée à l’exploration – elle avait tant à découvrir ! –, elle remercia son protecteur végétal, puis elle grignota la croûte, gardant la mie pour le dîner.

Elle arpenta la forêt, vigilante aux sons qui la traversaient : les jappements des renards en chasse, le fouet d’une queue dans les fourrés, le crépitement d’un lézard, le coassement flûté de la rainette, le trottinement furtif de faons. En levant le front, elle tenta de détecter où se dissimulaient les oiseaux, car les ramures retentissaient d’un chant dru à cette saison des nids. Un pic tapait les écorces de son bec. Les pies criardes s’engueulaient. Un coucou s’enroua, et, à mesure qu’Anne avançait, il reculait toujours, gémissant à l’horizon.

Amusée, elle se souvint que la veille encore, elle avait jugé la forêt muette. En vérité, une vibration continue, une agitation sans trêve la parcouraient. Non, elle n’entendait pas le calme mais la musique harmonieuse de la nature qui vit, qui perce, qui pousse. Halliers et futaies, en l’espace d’une journée, s’animaient d’une existence riche. Entre froissements d’ailes et brindilles craquantes, surgissaient l’écho des animaux discrets, les grésillements des végétaux, le murmure clair du ruisseau, les taquineries du vent… Ces bruits collaboraient à la paix, ils ne troublaient point l’eau pure de sa sérénité : le garenne surpris, la chute de l’écureuil, le silence les accueillait, les absorbait, non moins qu’un tapis de mousse reçoit les aiguilles des pins.

Quand la nuit s’abattit, elle fila vers son chêne, se sustenta puis s’abîma dans le sommeil.

 

Au réveil, une nouvelle miche de pain trônait auprès d’elle.

De même les jours suivants…

Plus le prodige se reproduisait, moins il l’intriguait.

La rareté crée le miracle ; la répétition l’efface : Anne considéra cette pitance quotidienne comme un cadeau de la généreuse forêt et ne s’interrogea plus.

Elle s’en était remise au destin. Elle vivait de l’air du temps. Elle oubliait les hommes. Parfois, elle désirait se mettre nue, telle qu’elle était venue au monde, mais la brise, la fraîcheur crue de l’éther l’empêchaient de poser ses vêtements.

Chaque soir, elle retrouvait l’épaule paternelle de l’arbre et s’y lovait pour s’assoupir.

– C’est là d’où je viens. C’est là où je retourne.

La forêt devenait sa mère et le grand chêne, son père. Anne recouvrait l’innocence de la naissance, avant que son cœur ne soit empoisonné par les soucis ; la contemplation lui emplissait l’âme de reconnaissance.

Et chaque matin, une miche de pain l’attendait.

Une ou deux fois, certes, elle avait souhaité veiller mais elle somnolait à son insu. Puisqu’elle se couchait avec cette question – d’où vient la nourriture ? –, ses rêves lui fournissaient des réponses fantasques : un nain rouge la lui apportait, ou un géant vêtu de noir, ou un cheval blanc à la corne d’or étincelante.

Puis l’aube la surprenait, coulant sa lumière douce sur le pain ; Anne le recevait, le rompait, le mâchait avec gratitude ; ensuite elle ne se consacrait plus qu’à la forêt.

À trois reprises, elle se sentit observée. Si des milliers de bêtes dans les terriers, derrière les fourrés, au creux des bosquets, la surveillaient, elle percevait là une attention autre. Une conscience différente l’espionnait. Elle détesta cette impression. La troisième fois que cette désagréable appréhension lui courut sous la peau, elle entrevit un animal au loin. Un cerf altier, immobile, au regard luisant, à l’encolure large, à la gorge pâle, le poil fumant d’avoir galopé, la fixait. Par ses ramures épanouies, sa splendeur revêtait un caractère sylvestre ; il semblait le frère mouvant du chêne.

Il disparut, prompt.

Troublée, Anne rallia son refuge et s’allongea sous ses branches musculeuses.

À la cime, un écureuil l’épiait, cramponné à l’écorce. Elle l’envia de loger au sein du tronc plusieurs fois centenaire.

Une lumière fluide et verte filait de la ramée.

Plus haut, un épervier, les ailes arrêtées, flottait en plein ciel, guettant les oisillons dans les couvées.

Elle cligna les paupières…

 

– La voilà !

Cet après-midi-là, Anne, engourdie, oreille contre la mousse, n’avait rien entendu venir.

– Elle est ici ! répéta la voix.

Ida, emmitouflée dans des châles, détaillait sa cousine étendue sur le sol, couverte d’une robe sale et déchirée. Ses pupilles pétillaient d’une joie hostile.

– Tiens !

Elle se retourna vers la silhouette qui l’escortait. Coupant les tiges avec un bâton, Philippe apparut.

Anne, aussi gênée que si on l’eût dérangée nue à sa toilette, ramena par réflexe ses jambes à son torse et les encercla de ses bras, opposant au garçon un corps fermé, compact.

– Je savais qu’elle n’était pas partie, dit Ida, triomphante. Je savais qu’elle se cachait.

Intérieurement, Anne corrigea : « Non, je ne me cache pas, je suis bel et bien partie », mais elle garda cette précision pour elle.

Ida et son fiancé la contemplaient.

La perspective de s’expliquer avec lui soulageait Anne.

– Contente de te voir.

– Pourquoi as-tu fui ?

– Je ne te veux aucun mal.

– Pourquoi ?

– Je t’ai attristé sans doute, ou bien je t’ai vexé…

– Pourquoi ?

Elle avisa l’écureuil qui, ses petites mains agrippées à une fourche, assistait, l’œil rond et noir, à la scène.

– Je ne dois pas t’épouser.

– Tu n’en as pas envie ?

– Si.

– Alors ?

– Pas assez.

Philippe reçut cette réticence comme un poing dans le ventre. Ida s’indigna à sa place :

– Quel cauchemar ! Elle n’a « pas assez envie » de l’épouser… Mademoiselle se prend pour qui ? Jouer les fines bouches devant Philippe, tu devrais mourir de honte.

– Oui, j’ai honte.

Anne avait répondu avec une telle sincérité qu’Ida fut interrompue dans l’expression de son aigreur.

Philippe s’approcha et demanda, blême, tendu :

– Pourquoi ?

Elle baissa le front.

Il hurla :

– Pourquoi ?

Les paupières d’Anne s’emplirent de larmes. Elle souffrait d’infliger au garçon ce supplice.

– Je l’ignore. Mais cela ne te concerne pas, Philippe, ce n’est pas de ta faute.

Consolante, cette déclaration : il découvrait qu’Anne ne lui prêtait aucune importance. Il avança, tomba à genoux, lui prit les mains. Humilié, il insistait. Il exigeait qu’Anne fléchisse. Était-ce parce qu’il l’idolâtrait ? ou parce que l’échec l’incommodait ? Personne ne pouvait discerner si son entêtement était guidé par l’amour ou par la fatuité.

– Alors, si tu ne sais pas, marie-toi avec moi ! Tu verras bien…

Derrière lui, Ida se mordait les lèvres de rage en décelant son opiniâtreté, alors qu’il avait juré haut et fort qu’il n’y reviendrait pas !

– Ah, les hommes, grogna-t-elle. Quand je pense que ce sont les filles qu’on traite de girouettes…

Anne exposa à Philippe l’incompréhensible :

– Je renonce au mariage. Voilà. Ce n’est pas mon destin. La raison m’en manque mais je ne dois pas. Désolée…

– Je ne suis pas assez bien pour toi, c’est ça ?

– Tu es digne de toute femme.

En disant cela, Anne avait planté son regard dans celui de Philippe. Il la crut. Elle poursuivit :

– Tu es beaucoup trop bien pour moi !

– Là, je suis d’accord, intervint Ida. Enfin, Philippe, tu vois à quoi elle ressemble, ton ancienne fiancée… ? Une souillon ! Elle ne s’est pas lavée depuis son escapade, elle couche par terre… Elle doit sucer des racines. Une truie aurait plus de respect pour elle-même. Tu souhaiterais avoir des enfants avec ça ?

– Non !

Il se replia. Soudain, il semblait haïr Anne. En lui s’était fracassé l’ultime espoir. La rancœur empourpra son cou.

– Que décidons-nous ? grimaça Ida.

– Ce que nous avons dit ce matin ! lança Philippe.

Ils plissèrent les yeux, ravis, complices.

Anne détectait une connivence dont elle était exclue : ils bavardaient devant elle comme si elle ne les entendait pas. Serait-elle devenue un animal ?

Tirant une corde de sa besace, Philippe se précipita sur sa fiancée, secondé par Ida. En un éclair, ils la ligotèrent, Philippe laçant les liens autour des articulations et Ida les serrant, heureuse de torturer sa cousine.

Anne, mortifiée, n’opposa aucune résistance.

Pourquoi ne se révoltait-elle pas ? Au fond, les autres avaient disposé d’elle dès sa naissance, elle s’était toujours laissé faire.

Pendant qu’ils achevaient de la saucissonner, Anne aperçut un danger qui échappait à ses bourreaux : un géant approchait.

Immense, couvert d’un manteau de grosse laine noire, il marchait vers eux, rapide, déterminé. Déjà formidable par sa taille, ce qui le rendait encore plus étrange, c’était qu’il parvenait à avancer en silence, sans craquer une brindille ni écraser le tapis de feuilles. Il fendait les taillis ainsi qu’un navire fend l’eau.

Ida, inconsciente de ce qui arrivait derrière elle, commenta sa victoire en désignant Anne ficelée :

– Regarde-la, Philippe, elle s’est moins débattue qu’un ver de terre. Une demeurée ! Oui, juste une simple d’esprit. Elle ne sait même pas pourquoi elle est partie ni pourquoi elle croupit ici. Causer avec elle, c’est comme dialoguer avec une chèvre : ça n’a pas de sens.

L’Inconnu abattit sa large main sur l’épaule d’Ida.

Elle hurla, autant de surprise que d’effroi. Lorsqu’elle se retourna, l’Inconnu la fixa : on avait l’impression qu’il allait exécuter une volaille, lui serrer le cou, lui briser les os.

D’un geste brusque, Ida parvint à se dégager et recula, haletante.

Philippe, étonné aussi, apeuré surtout, saisit qu’il devait jouer les protecteurs. Il bomba le torse en balbutiant :

– Mais… qui êtes-vous ?

L’Inconnu lui donna un soufflet qui envoya le jeune homme dans un buisson.

Philippe se remit sur ses pieds, récupéra son chapeau, s’enfuit. En braillant « Attends-moi, attends-moi », Ida le suivit à toutes jambes.

Anne gisait au sol, ligotée, en face de l’Inconnu au visage émacié, froid, dur sous sa cagoule.

Il souleva un pan de son manteau, sortit un poignard et le brandit au-dessus d’elle.