MONTAGNES, REPRENEZ SES CHANTS,

ET VOUS, OISEAUX...

Et les vents à nouveau balancent les étendards rouges des Banoû'l-Ahmar qui vont par sept au-dessus des mille enseignes de soies bariolées des clans et tribus. Les lundis et les jeudis, l'Emir al-Moslimîn sort de son palais, et entouré des étendards et des tambours avec les cheikhs et les wouzarâ, et les cadis, et les ouléma, et tout son djound, c'est-à-dire l'élite militaire, s'en va hors de la ville au-delà du Nadjd, à la montagne d'as-Sebika, où dorment ses ancêtres aux macâbir, et où il reçoit en son palais, entouré de ses proches, les plaintes de ses sujets dans une salle de justice. Les lundis et les jeudis, habillés de leurs plus fins habits, les gens de Grenade viennent demander au souverain appel de l'impôt ou du meurtre, du crime et de la loi. Et il n'y a pas de cité dans l'univers où les gens aient vêtements mieux lavés, tant qu'on dit des Grenadins qu'ils se ruinent pour le savon dont ils frottent l'étoffe.

Ce dernier hiver d'insouciance...