Chapitre 10

 

« On peut laver sa robe et non sa conscience. »

Proverbe persan

 

Elle déboucha sur un trottoir de la rue du Général de Gaulle. Le charme et le chic à l’état pur. Des volets en bois rouge vermeil, d’autres bleu ciel, égayaient des façades blanches en bois ou en pierre, entretenues à la perfection. La rue pavée conférait un cachet romantique et ancien. Le terme « ville » octroyé à Gustavia était quelque peu exagéré. Harmony n’y voyait rien d’urbain. Certes, il s’agissait du chef-lieu de Saint-Barth, mais la localité renvoyait plus vers l’image d’un village cossu destiné à de fortunés vacanciers qui autorisait la classe moyenne à y venir casser sa tirelire. Tout le monde voulait s’offrir du rêve.

Au bout de la rue, elle longea un bâtiment abritant un café qui détonait avec le reste. Les briques rouges avaient été laissées à nu. La terrasse extérieure, ombragée grâce à quelques arbres était parsemée de tables en bois et de chaises en plastique. Du mobilier solide, mais rudimentaire. L’ensemble faisait penser à ces bistrots, durant les beaux jours, des cités universitaires belges. Sur l’enseigne, elle lut « Le Select ». Un nom sans doute résolument provoc au vu du type de décoration. L’ambiance semblait très décontractée, simple. L’île n’était a priori pas que du « bling bling ».

Une Mini rouge s’arrêta pour la laisser traverser et elle rejoignit la rue de La République. Saint-Barth, à travers le choix du nom de ses rues, voulait démontrer qu’elle était française, même à sept mille kilomètres de la métropole. Une affiche placardée à l’intérieur d’une vitrine attira sa curiosité. Une agence immobilière mettait en avant une maison à la vente, proche de la baie de Saint-Jean. Quatre-vingts mètres carrés à peine, avec toutefois, précisaient-ils, une petite cour à l’arrière et des travaux à prévoir. L’ensemble pour la modique somme d’un million six cent mille euros hors taxes et hors frais d’agence… Le prix d’un terrain sur l’île atteignait chaque année un nouveau record historique. Il devenait difficile pour les locaux de ne pas céder à la tentation de vendre un bout de leur patrimoine ou la maison familiale quand des sommes aussi astronomiques leur étaient proposées. Mais céder à la tentation, c’était prendre le risque de disparaître.

Elle imagina le quotidien, ici. Avoir toujours autour de soi une vue idyllique, que même la venue de quelques nuages gris ne pouvait dénaturer. Habiter dans un site d’une propreté exemplaire. Avoir la possibilité de pratiquer des activités nautiques, de s’asseoir à la terrasse ensoleillée d’un restaurant chic ou pas, il y avait le choix. Un mode de vie que certains devaient trouver paradisiaque. Mais elle n’en voudrait pas toute l’année. Elle avait besoin de la ville et de ses expositions, de ses concerts voire besoin de palper l’agitation urbaine. Toutefois, elle comprenait la raison qui poussait les « people » à venir se détendre quelques semaines par an sur cette île.

Elle continua son chemin, puis s’arrêta à nouveau pour s’extasier devant une vitrine décorée avec goût autour du thème de Noël. Une maman ourse polaire et ses petits entourés de multiples cadeaux emballés avec du papier glacé rouge et doré. Les articles de mode n’étaient, à coup sûr, pas pour toutes les bourses. Elle avait remarqué que beaucoup de boutiques n’affichaient pas leurs prix, ce qui laissait entrevoir le pire.

Même s’ils pratiquaient le « duty-free », Harmony n’était pas prête à jeter l’argent par les fenêtres. Maxence la trouvait « près de ses sous ». Il en riait, mais elle était économe et non radine. Elle ne pouvait oublier les fins de mois difficiles de son enfance. Peu après la naissance de son frère, leur paternel, Justin Flynt, avait claqué la porte du domicile conjugal. D’ailleurs, en y réfléchissant, c’était lui, le prototype de l’homme qui n’avait jamais pu endosser le costume de « père ». Il avait déserté alors qu’elle avait à peine cinq ans. De ce fait, les souvenirs qu’elle avait de lui étaient flous. Elle l’avait revu brièvement à ses douze ans pour l’entendre confirmer qu’il ne s’occuperait jamais d’elle. 

Après l’abandon de son mari, Rosanna Flynt avait dû jongler avec ses horaires de serveuse dans un fast-food de Chicago et des heures de ménage dans le quartier huppé de Gold Coast pour clôturer les fins de mois, qui débutaient plutôt vers le 15. Chaque dollar était compté. Et elle ne s’était pas gênée de le répéter sans cesse à ses enfants. C’était pour toutes ces raisons qu’Harmony évitait, autant que possible, d’employer sa carte de crédit. Même si Jonathan Clark, son protecteur depuis ses douze ans, se sentant redevable vis-à-vis d’elle, n’hésiterait pas à lui venir en aide si nécessaire. Mais elle voulait s’assumer.

Payer cash permettait de visualiser l’argent qui filait. Dans son sac, elle avait toujours sa vieille pochette en tissu épais, presque crasseuse, pour ne pas attirer l’attention. Dans celle-ci, elle y glissait le budget calculé pour la journée. Une somme qu’elle se forçait à ne pas dépasser. Pour sa robe de soirée, celle-ci avait été exceptionnellement revue à la hausse. Une douce folie, la seule qu’elle s’autorisait durant leur séjour. Hors de question de flamber au casino où Maxence voulait l’emmener. Les chances de gagner étaient tellement infimes. S’évertuer à jouer en espérant que la chance finirait par tourner n’était que pure perte.

Toutefois, elle s’y rendrait volontiers pour palper l’ambiance « James Bond » et pour faire plaisir à son homme. Il allait être trop beau ce soir. Elle lui demanderait de plaquer ses cheveux avec du gel comme lorsqu’ils se sont mariés à Las Vegas. Aussi, il se vêtirait de sa chemise italienne et de son pantalon gris chiné qu’il réservait pour les grandes occasions...

Elle s’immobilisa soudainement. Une tenue lui avait enfin tapé dans l’œil : quatre cent quarante-neuf dollars. En poussant la porte de la boutique, elle avait déjà en tête de négocier le prix. Une vendeuse aux cheveux châtains bouclés s’avança vers elle, les yeux pétillants.

— Hi, can I help you, Madam ?

Les commerçants repéraient avec une facilité déconcertante n’importe quel citoyen américain. Harmony  allait pourtant lui répondre dans la langue de Molière qu’elle maîtrisait depuis son intégration au lycée français de Chicago. Monsieur Jonathan Clark, toujours soucieux de son avenir, l’y avait inscrite pour qu’elle y reçoive l’un des meilleurs enseignements. Avec Maxence, elle avait pris l’habitude de converser en français. Malgré ses longues années de présence aux États-Unis, il parlait l’anglais « comme une vache espagnole ». L’expression lui provoqua une ébauche de sourire. Elle se promit de rechercher sur le net l’origine de celle-ci.

— Bonjour ! Je voudrais jeter un coup d’œil à vos robes de soirée. Mais j’en ai déjà repéré une en vitrine, je peux l’essayer ?

— Celle sur le mannequin ? L’argentée ?

— Tout à fait !

— Très bon choix, je suis sûre qu’elle vous ira comme un gant. Une pièce unique et je crois que c’est votre taille. Trente-huit français ?

— Oui, c’est exact. Vous avez l’œil !

Vivre avec Maxence lui avait également permis de jongler avec les équivalences entre les tailles française, espagnole, voire italienne. Il y avait là encore matière à harmoniser dans cette cohue de normes européennes. Cela la fit tout à coup repenser à son boulot, et les comptes si complexes liés aux exportations.

Lorsqu’elle avait dû prendre ce poste à Milwaukee, les premiers mois, elle s’y était rendue à reculons. Elle avait dû quitter ses repères de Chicago. Mais elle ne pouvait refuser vu les conditions dans lesquelles elle avait perdu son précédent job. Monsieur Jonathan Clark lui avait obtenu ce travail grâce à ses relations.

Ses yeux firent le tour de la boutique. Des meubles en bois très rustiques apportaient une certaine chaleur. Avec leurs peintures gaies, jaunes et bleu ciel, ils semblaient être sortis d’un vide-grenier provençal. Mais les lampadaires étaient très modernes, gris métallique et diffusaient une lumière blanche, froide. Un contraste qui détonnait, entre l’ancien et le high-tech.

Des robes occupaient tout un pan de mur sur la gauche et certaines, très transparentes, paraissaient importables, mais peut-être pas ici… Près du comptoir était posée une cabane de plage, sorte de réplique de celles de Deauville, avec des lattes en bois, peintes en bleu et blanc. L’idée était originale, car celle-ci servait de cabine d’essayage. La porte, expressément trop courte, laissait entrevoir une grande partie des jambes.

Elle passa en revue une à une les différentes robes regroupées par couleur : jaunes, bleues, noires, rouges, vertes. Mais celle en vitrine demeurait sa favorite. La vendeuse revint vers elle d’un air conquérant. Clémentine Cuvelier venait de réussir à enlever la tenue du mannequin, et ce, sans écraser les bijoux et les bibelots exposés autour de celui-ci. Elle sentait qu’elle avait affaire à une cliente sérieuse. Pas encore une de ces touristes sans-le-sou qui enfilait un tas de vêtements, prenait une tonne de photos pour les publier ensuite sur son compte Facebook et crâner.

Rodée aux techniques commerciales, Clémentine Cuvelier lui tendit la robe argentée en compagnie d’une autre. Noire aux reflets brillants, celle-ci possédait un dos presque nu, avec de délicates bretelles qui se croisaient dans le dos.

À l’intérieur de la cabine d’essayage, Harmony s’observa, immobile, devant le miroir. La vendeuse, sans le vouloir, avait déclenché un souvenir douloureux. Elle se revoyait dans le même style de tenue quelques années plus tôt. Un vêtement acheté pour plaire à son fiancé de l’époque, lui qui l’obsédait jour et nuit avant qu’elle ne rencontre Maxence. Cet épisode de sa vie, elle le lui avait caché, c’était l’année de ses vingt-deux ans. Elle venait d’être diplômée, et le mariage semblait être la suite logique de la relation qu’elle entretenait avec Steven Reardon depuis presque trois ans. Lorsqu’elle l’avait présenté à Jonathan Clark, celui-ci, d’ordinaire méfiant, l’avait tout de suite trouvé sympathique. Il avait vu en lui un jeune homme à l’avenir prometteur, quelqu’un qui pouvait la rendre heureuse.

Les futurs époux comptaient emménager dans un duplex, dans le secteur de Near North Side à Chicago. Là où Harmony venait de décrocher son premier job d’expert-comptable et qui n’était pas trop éloigné de Steven. Les parents de celui-ci, des chrétiens pratiquants, tenaient aux traditions. Ils avaient émis le souhait que les fiancés soient d’abord unis par les liens sacrés du mariage avant de vivre sous le même toit. L’idée ne déplut pas au jeune couple. Ils trouvèrent que cela donnait un côté cérémonial, gage de sérieux.

Ce dix-huit novembre 2006, Steven l’avait appelée pour annuler leur dîner chez Kamehachi, un restaurant japonais qu’ils avaient réservé quelques jours plus tôt. Expert-comptable, lui aussi, il effectuait ses premiers pas dans un tout nouveau cabinet d’avocats. Il n’avait pas terminé de rédiger un rapport important pour une affaire en cours qu’il devait restituer pour le lendemain. Il était vraiment désolé. Déçue, elle avait mis du temps à ôter sa robe noire, avec le décolleté profond dans le dos, qu’elle avait spécialement achetée pour l’occasion.

Cela faisait plusieurs semaines qu’à cause de leurs jobs respectifs, ils se voyaient moins. Harmony pensa qu’il était grand temps de célébrer leur union et de vivre sous le même toit. La date du cinq mai, fixée pour le mariage, lui parut soudain lointaine.

Elle avait eu du mal à fermer les yeux, avait enchaîné la lecture de plusieurs magazines de déco. Elle avait tenté de se consoler en se projetant dans leur futur duplex qu’elle réaménagerait selon leurs goûts. Elle avait fini par s’endormir en oubliant d’éteindre la lumière. Au milieu de la nuit, elle s’était réveillée en sursauts. Un cauchemar vécu de façon trop réelle l’avait extirpée de son sommeil. Elle s’était vue dans une église bondée, en robe de mariée, attendant Steven, mais en vain. Le soleil s’était couché, et tous les invités étaient partis, la laissant seule avec deux alliances dans la main.

Au milieu de la nuit, elle s’était levée, inquiète. Elle l’avait appelé à plusieurs reprises. À chaque fois, c’était son répondeur avec un message d’accueil qui l’agaçait. Une intuition l’avait poussée à se rhabiller. Il fallait qu’elle aille le trouver et braver les températures glaciales. Elle avait renfilé sa tenue sexy, le dos presque nu, et s’était remaquillée maladroitement, laissant déborder le rouge à lèvres.

Avant d’ouvrir la portière de sa Ford Ka, elle avait vu Monsieur Phil Peterson, son voisin, qui l’observait depuis sa fenêtre. Elle n’en avait pas été étonnée. Brancardier, celui-ci était parfois insomniaque. Il avait des horaires décalés, ceci expliquant cela. Le couple Peterson était plutôt sympa et leurs enfants, des ados sans histoire. Elle se garait souvent en face de chez eux comme ce soir-là. Elle l’avait salué d’un geste de la main, avait pris place derrière son volant et avait foncé droit chez Steven.

Elle n’avait pas eu la sensation d’avoir roulé vite. Pourtant, elle s’était étonnée lorsqu’elle avait reconnu les premières maisons du quartier Jefferson Park où vivait Steven. Un trajet qui en plein jour lui prenait parfois une heure et demie, elle l’avait effectué en trente minutes.

La voiture de Steven était à son emplacement habituel, juste devant la fenêtre de son salon dont les volets électriques étaient descendus. Sa maison occupait l’extrémité d’une rangée de maisons mitoyennes. Un terrain de basket ainsi qu’une aire de jeux séparaient celle de Steven d’une nouvelle série d’habitations. C’était souvent au niveau de cet espace inhabité que les invités des riverains se garaient.

Mais lorsqu’elle avait cherché à parquer sa Ford, elle avait de suite reconnu celle d’une autre. Et elle comprit. Peut-être l’avait-elle toujours su sans oser se l’avouer ? Politique de l’autruche.

Quelques heures plus tard, Harmony avait conclu que Dieu, parfois, punissait les méchants. Steven Reardon et Megan Sutton, son amie depuis la fac, avaient été retrouvés morts après avoir succombé à un tragique accident de la route.

Mais leur trahison laissa des traces. Après cet épisode, Harmony n’avait plus jamais voulu lier de nouvelles amitiés. Ni surtout imaginer un mariage avec des centaines d’invitations, une salle immense accueillant un splendide banquet dont on parlerait pendant des lustres. Pendant des années, elle n’avait plus fait confiance aux hommes. Même si elle s’était parfois consolée dans des relations virtuelles sur des sites de rencontre, mais qui avaient aggravé son dégoût d’elle-même. 

Puis, il y avait eu Maxence, leur coup de foudre.

Et l’idée d’une union à Las Vegas lui avait plu tout de suite. Ils s’étaient dit « oui » dans l’anonymat de la ville dédiée aux jeux de hasard, sans famille, sans amis. Juste elle et lui. Même pas Shirley, même pas le couple Clark.

Harmony remonta la large fermeture éclair placée à l’avant de la robe argentée. Là, pour le coup, c’était carrément « bling-bling ». Mais c’était les vacances, le moment idéal pour tout oser. Elle admira son ventre plat. Dans quelques mois, ils s’étaient fixé leur plus beau projet : avoir un bébé. Un mélange de Maxence et d’elle. Elle se demanda quel teint, quelle nuance d’yeux bleus, quel type de cheveux, leur enfant posséderait ?

Maxence avait le teint mat, une chevelure épaisse mi-longue, d’un brun foncé d’un authentique Méditerranéen. Harmony avait la peau rosée, des cheveux blonds très fins, des yeux bleus tirant sur le gris. Il s’était tout de suite mis en tête que ce serait un fils. Il ne voulait pas imaginer que cela puisse être une fille. Ce serait trop difficile à gérer, avait-il ajouté en s’esclaffant. Si elle était aussi belle que sa maman, il se voyait déjà dégageant à coups de pied au derrière les éventuels prétendants. Cette projection dans l’avenir lui donna du baume au cœur. Un futur heureux. Une famille avec un père, une mère et des enfants qui couraient dans le jardin. Maxence qui l’aimerait toujours et elle réciproquement.

Le bonheur pouvait être si simple.

La vendeuse avait raison. La couleur argentée mettait en évidence ses yeux gris. De plus, la robe moulait ses courbes fessières que Maxence appréciait tant. Il allait saliver, tel le loup de Tex Avery. La comparaison lui arracha un nouveau sourire franc devant le miroir.

Quelques secondes plus tard, elle sortit de la cabine en adoptant un air très désintéressé. Clémentine Cuvelier feignit d’ignorer son attitude de femme qui semblait peu convaincue. Elle devait agir comme si la vente était déjà conclue.

— Un conseil, lorsque vous la porterez, coiffez-vous avec une queue de cheval nouée très haut sur le crâne. Pas besoin de collier, la tenue est assez « tape à l’œil ». Il vous faudra juste des boucles d’oreilles, mais discrètes. Et évidemment, des talons aiguilles.

— Les chaussures et les boucles d’oreilles, je les ai. Par contre, j’hésite pour la robe. Je n’avais pas fait attention au prix. Je reviendrai peut-être avec mon mari. Merci quand même.

Clémentine savait qu’elle ne pouvait pas la laisser filer comme ça, si près du but. Elle ne pouvait pas compter sur un hypothétique retour. De surcroît, ils risquaient d’aller acheter ailleurs et elle était payée à la commission. C’était pour cela qu’elle chouchoutait toujours ses clientes. Même les plus chiantes, les plus odieuses, les plus pétasses. Elle ravalait son orgueil au nom de cette foutue commission. Elle avait le don de pouvoir sourire de façon si naturelle, alors qu’au fond d’elle-même elle en aurait pourtant étranglé plus d’une. C’était sans doute pour cela que la nuit tombée, elle s’éclatait peut-être trop dans les soirées privées qui foisonnaient sur l’île. Il fallait que toute cette hypocrisie s’évacue.

Elle respira profondément, fit un rapide calcul mental et baissa le prix, toujours avec le sourire. 

Harmony ressortit avec la robe emballée dans un fin papier gris, déposée au fond d’un sac cartonné. L’enseigne de la boutique était inscrite en lettres dorées avec son adresse à Saint-Barth. Ça faisait « so chic ». Ce sac-là, elle ne le jetterait pas. Elle avait correctement manœuvré. Une comédie rodée que sa mère lui avait apprise à jouer dans certains commerces. « One dollar is one dollar ». La devise de Rosanna Flynt.

Maxence allait encore hocher la tête de droite à gauche puis de gauche à droite quand elle lui racontera le discount qu’elle avait réussi à obtenir par ruse.

Mais surtout, elle enfouit au plus profond de sa mémoire, le souvenir de cette robe noire et de Steven Reardon.