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Maudit Terl!

Tout d'abord, Jonnie avait cru qu'il était en possession des données sur les positions précises des poteaux. Il n'avait pas le matériel de visionnement nécessaire dans sa maison d'Écosse et il n'avait jeté qu'un coup d'œil superficiel aux enregistrements, ainsi qu'à une boîte expédiée par Ker et qui semblait ne contenir qu'un bout de câble. Il restait encore des mois avant le 92e Jour et il avait été heureux de rester à déjeuner pour revoir Tante Ellen et le pasteur. Et d'essayer de rendre sa bonne humeur à Pattie.

Il était reparti plein d'entrain pour la mine d'Afrique. Il s'était levé ce matin-là, bien décidé à s'atteler à la tâche. Et voilà qu'il était confronté à un nouveau problème !

Glencannon avait dit que le retard était la faute de Terl, qui passait la plus grande part de son temps à l'extérieur, à mesurer. Apparemment, Terl n'aimait guère rester dehors très longtemps. Glencannon avait laissé entendre qu'un peu d'air avait été injecté dans les cartouches de gaz, à l'époque où le bureau avait été préparé, afin de décourager Terl de trop rôder alentour.

Glencannon lui avait dit également qu'ils avaient oublié quelque chose dans leur plan original : ils n'avaient pas de picto-enregistreur pour observer ce qui se passait autour de la plate-forme elle-même. Mais ils venaient d'en monter un dans un arbre et les Brigantes ne s'en étaient pas aperçus. Désormais, ils ne dépendraient plus des drones.

En regardant les enregistrements, Jonnie s'aperçut à quel point Terl s'était montré méticuleux pour mesurer les distances entre les poteaux. C'est tout juste s'il ne s'était pas servi d'un micromètre. Mais il n'avait pas mesuré les positions exactes pour le tir de téléportation !

Tout était là, le diagramme complet avec le plan et les dimensions exactes : la plate-forme de transfert, la nouvelle position de la console plus une ligne sinueuse.

Jonnie savait à présent pourquoi Terl avait passé tant de jours sur des équations de force. II avait calculé jusqu'à quel point on pouvait rapprocher cette ligne sinueuse de la plate-forme de tir sans perturber la téléportation ! C'était là, sur le plan définitif sept pieds huit onzièmes. Soit 2,327 m. Tout autour de la plate-forme de tir et de la nouvelle console.

La boîte envoyée par Ker contenait une petite note, sans doute écrite de sa patte gauche.

A Qui tu sais.

Voilà un bout de câble qui a été tranché par accident. Ah ! Ah fils m'ont donné l'ordre de déterrer le câble qui se trouve près de ce barrage au sud-ouest, car on ne s'en sert plus. Au cas où tu ne le saurais pas, ça s'appelle un « câble de blindage atmosphérique ionisant ». Je ne t'ai pas joint le numéro des pièces détachées parce que je ne pense pas que tu en commanderas à Psychlo. Ah ! Ah ! Ah ! A propos, il en coûte une amende de trois mois de salaire pour avoir détourné du matériel appartenant à la Compagnie. Donc si je suis pris, tu me devras trois mois de salaire de plus. A ce rythme-là, tu vas être ruiné. Ah ! Ah !

Qui tu sais

Addition : Pour creuser, ils me paient une fortune. Tu auras ta part quand on échangera nos boites de rations. Ah ! Ah .1 Ah !

Jonnie examina le câble. Il était exactement identique à celui qu'ils avaient trouvé auprès du barrage de Kariba. Mais, cette fois-ci, il en étudia attentivement les composantes. Il fallait poser le câble avec le côté droit dirigé vers le haut et l'orienter dans la direction où l'on voulait activer l'écran. Il était blindé et Jonnie n'avait pas la moindre idée de la manière dont Ker s'y était pris pour le couper.

Le principe de fonctionnement semblait assez évident. La couche isolante du fond agissait comme un réflecteur. Le principal vecteur de courant passait juste au-dessus. Puis, encore au-dessus, on trouvait un autre câble, puis un autre, et ainsi de suite. En tout, il y avait là quinze câbles, chacun amplifiant apparemment la charge de celui qui se trouvait immédiatement en dessous. A l'extrémité devait se trouver une boîte où ils étaient reliés ensemble, ce qui renforçait encore l'amplification. La charge, ainsi extraordinairement multipliée, devait entrer en résonance avec les champs magnétiques du noyau et des particules orbitales des atomes de l'air. Frappées, les molécules d'air se réalignaient d'elles-mêmes en cohésion moléculaire. Le résultat final était un rideau invisible appelé « câble de blindage atmosphérique ionisant ». Ils en avaient fait l'expérience à Kariba. Aucune balle ne pouvait le transpercer.

Ce n'était pas un « écran de force ». Les écrans étaient utilisés dans l'espace et les Hawvins s'en servaient pour leurs plus importants vaisseaux de guerre. C'était de l'air blindé.

Et Terl était sur le point d'ériger cette barrière à sept pieds et huit onzièmes tout autour de la plate-forme et de la console ?

Le plan initial de Jonnie avait été de laisser Terl construire la console et la nouvelle plate-forme de tir de transfert, puis de s'emparer du tout,

Mais tout devenait différent.

Comment franchir ce rideau impénétrable ?

Maudit Terl !

D'un air morne, Jonnie fit quelques copies du plan de la plate-forme de tir. Il prit la carte des ex-défenses de la Compagnie Minière Intergalactique et marqua l'endroit où Ker déterrait le câble destiné à la nouvelle plate-forme.

La carte était tellement ancienne et froissée qu'il n'avait pas vraiment remarqué jusque-là que toutes les mines avaient ces mêmes câbles autour de chaque barrage et le long des lignes d'alimentation en énergie. Il constata que la mine d'Afrique était dotée d'une deuxième ligne souterraine de transmission et que le site qui avait été appelé autrefois le barrage d'Owens Falls était protégé de la même façon. Il appela Angus et lui demanda d'aller effectuer une vérification sur place. Si le câble existait encore, Angus devrait supprimer les arbres qui le recouvraient à l'aide d'une pelleteuse et, si le tableau de contrôle du barrage était encore en état de fonctionner, il devrait passer en transmission souterraine. Il faudrait ensuite montrer aux sentinelles comment ériger et annuler le « mur», afin qu'il soit possible d'entrer et de sortir du barrage ou de la mine.

Jonnie, préoccupé par ce nouveau problème, erra dans le camp. Il s'aperçut que Sir Robert venait d'arriver et il lui montra la vieille carte. Toutes les mines avaient le câble. Ils allaient probablement devoir s'en servir.

Il continua de déambuler dans le camp, inquiet.

La téléportation ! Le secret des Psychlos ! Grâce à lui, ils avaient pu contrôler les univers. Sans lui, il ne voyait pas comment il parviendrait à défendre leur monde.

Il alla rendre visite à MacKendrick. Oui, tous les Psychlos blessés étaient rétablis à présent. Si l'on exceptait Chirk, qui était toujours dans le coma. Non, il n'avait pas encore trouvé le moyen d'extraire ces choses qui se trouvaient dans le crâne des Psychlos. En dérangeant la structure osseuse, il risquait de tuer les monstres. Oui, il avait parfaitement conscience que s'ils tentaient d'interroger les Psychlos sur des sujets techniques, ils risquaient d'attaquer les humains et de se suicider. Les femelles, elles, sombreraient dans le coma, à l'instar de Chirk.

Ce qui préoccupait avant tout MacKendrick, c'était le régime alimentaire des prisonniers. Dans leurs divers manuels, les Psychlos n'accordaient guère de valeur à ce genre d'information, ce qui était dans leur style. Les prisonniers savaient évidemment ce qu'ils mangeaient, mais ils ignoraient le nom de leurs aliments sur cette planète. Si le problème n'était pas bientôt résolu, eh bien, il n'y aurait plus de prisonniers.

Jonnie savait-il qu'ils avaient maintenant trois prisonniers jambitchows ? Depuis la nuit dernière. Apparemment, un nouveau commando d'exploration avait été envoyé pour espionner le regain d'activité à Kariba. L'officier écossais qui commandait la défense là-bas, dès qu'il avait entendu dire qu'un petit engin avait été détecté quittant le croiseur jambitchow en orbite, avait employé une stratégie conçue par les Chinois et appelée « le filet à tigre ». Un mannequin déguisé en Chinois avait été placé loin du camp, sur le bord d'un étang. Les Jambitchows avaient piqué droit sur lui pour le capturer et ils avaient été pris sous un immense filet jeté du haut des arbres. C'étaient des brutes à l'apparence redoutable.

MacKendrick désirait savoir si Jonnie avait la moindre idée de ce qu'ils mangeaient. Non ? Ma foi, la vieille femme des Montagnes de la Lune les aidait à résoudre ce problème et ils arriveraient peut-être à trouver.

Jonnie reprit sa promenade. Maudit Terl ! II y avait trop de risques maintenant ! Il fallait qu'il se débrouille pour obtenir ces informations par une autre source.

Il lui était déjà venu à l'idée de disséquer un moteur à téléportation pour tenter d'y trouver la trace d'une solution. Bien sûr, un moteur n'était pas une console de transfert, mais il fonctionnait sur le principe du changement de situation spatio-temporelle. Tout comme la console.

Il disposait d'un moteur et d'une console : ceux du tank renversé pendant la bataille du col. Il avait été remisé dans l'atelier de réparation du garage. Peut-être que s'il les décortiquait... L'espoir était mince, car il avait déjà examiné ce genre d'appareil. Mais il enfila néanmoins une tenue de travail et se rendit à l'atelier.

Le tank « Cogneur » était toujours là, marqué de cicatrices, avec plusieurs plaques de blindage en moins. Jonnie grimpa à bord, vérifia le niveau du carburant et lança le moteur en réglant les coordonnées spatiales sur « Sur place ». Le moteur démarra ! On ne pouvait ôter ça aux Psychlos : ce qu'ils fabriquaient était increvable !

II coupa le moteur et prit une clé pour ôter les vis du haut de la console. Il les desserra toutes d'un demi-tour.

Il fut dérangé par une sentinelle qui apparut sur le seuil et qui lui tendit des oreillettes en lui demandant de les mettre. Jonnie se leva et regarda au-dehors par le viseur de la tourelle pour voir ce qui se passait.

C'étaient Stormalong et le Tolnep, le double-enseigne Slitheter Pliss, escortés par des gardes.

- Que se passe-t-il ? demanda Jonnie.

Ils ne l'entendirent pas. Ils avaient tous coiffé des oreillettes. C'est alors que Jonnie vit que le patrouilleur tolnep avait été remorqué dans l'atelier et il devina la suite. Stormalong voulait probablement savoir selon quel principe il volait afin d'apprendre à ses pilotes. Et Angus désirait sans doute connaître les cycles de vibration du rayon paralysant.

Slitheter Pliss semblait très coopératif: A l'évidence, il ne se considérait plus comme un Tolnep. En apercevant Jonnie, il siffla un salut amical.

S'ils étaient disposés à laisser le Tolnep approcher du vibrateur mortel, ils ne voulaient pas courir le risque de le voir retourner l'arme contre eux et de les paralyser pour s'échapper. Jonnie savait qu'il ne tenterait rien, car il n'avait plus d'endroit où aller. Mais il coiffa néanmoins les oreillettes, au cas où.

Le Tolnep parut quelque peu agacé en s'apercevant que les terminaux de l'accumulateur avaient été tordus. Ils comprirent ses mimiques et lui donnèrent des outils pour qu'il les redresse et raccroche le câble d'alimentation. Aussitôt, l'engin se mit à ronronner et il coupa le contact. Avec de nouveaux gestes, il désigna les différentes commandes à Stormalong et lui montra à quoi elles correspondaient. Stormalong parut trouver cela très élémentaire. Il acquiesça et fit signe aux gardes d'emmener le Tolnep.

Dès que Pliss fut à quelque distance de l'appareil, Jonnie ôta avec précaution ses oreillettes et redescendit de la tourelle pour reprendre sa tâche.

Le Tolnep causa une frayeur aux gardes en s'arrêtant brusquement pour ouvrir la porte d'accès du tank et il s'en fallut de peu qu'ils ne tirent. Mais Jonnie leur fit signe de rester en arrière. Si jamais le Tolnep essayait de le mordre, il lui enfoncerait sa clé entre les dents.

- Vous n'êtes pas sous la domination des Psychlos, hein ? demanda Pliss, sur le seuil.

Jonnie n'avait pas la moindre intention de confier des informations à un fuyard potentiel, même s'il n'y avait guère de chance qu'il parvienne un jour à s'échapper. Voyant qu'il ne répondait pas, le Tolnep dit :

- Qu'est-ce que vous essayez de faire avec le moteur de ce tank ? Jonnie se contenta de le fixer un moment, puis il réalisa que, en tant qu'officier tolnep, l'autre devait connaître ce genre de machine.

- Vous savez comment ça fonctionne ?

- Oh non, bon sang ! Et je ne connais personne dans tous les univers qui l'ait jamais su ! s'exclama Pliss. Nous n'avons jamais effectué de raid sur cette planète, mais nous avons attaqué pas mal d'autres bases psychlos. Si j'en crois les rapports, nous avons ramené des milliers de ces engins sur notre planète pour que les experts les examinent. (Il eut un sourire passablement effrayant.) Je parie ma paie du mois prochain, que je ne toucherai d'ailleurs jamais, que vous cherchez la même chose que tout le monde.

Jonnie prit une attitude plus conciliante. Il n'en écarta pas pour autant la possibilité d'un coup fourré.

- Nous avons récupéré leurs manuels, dit le Tolnep, et même leurs traités de mathématiques. Nous avons même eu une console de transfert en état de marche. Intacte. Le rapport dit qu'elle a fonctionné une fois et que dès qu'on a essayé de voir comment elle était faite, pouf ! Plus de console ! Les meilleurs officiers ont interrogé des ingénieurs psychlos. Ils n'en ont rien tiré. Je veux dire rien d'utile, parce qu'ils vous sautent dessus et se tuent. J'ai lu quelque part que ça se passe comme ça depuis trois cent deux mille ans !

Le Tolnep changea de sujet :

- Vous avez un endroit où vous analysez les échantillons de métal, par ici ? J'ai faim et je pourrai peut-être trouver quelque chose.

Jonnie dit aux gardes de l'y conduire.

- Alors bonne chance, ajouta le Tolnep avec un sifflement sarcastique comme les gardes l'entraînaient.

Le Tolnep lui avait peut-être raconté tout ça par pure malveillance, songea Jonnie, mais cela paraissait peu probable.

Il avait perdu le fil des opérations, aussi recommença-t-il au début. Il mit les boutons de la console sur « Sur place » et abaissa le contact pour lancer le moteur du tank.

Il ne se passa rien.

Il vérifia les connexions. Tout était normal.

Il essaya de se rappeler si le Tolnep avait touché quoi que ce fût. Mais non. Il fit un nouvel essai. Sans succès.

Que lui avait donc dit Ker, une fois, à propos des consoles? Ils étaient sur une pelleteuse. On avait rabattu la coupole puisque Jonnie n'avait pas besoin de gaz respiratoire. Une giclée de boue était tombée sur la console et, immédiatement après, la pelleteuse avait refusé de se remettre en route. Et... Oui, Ker avait dit de la laisser là et qu'il appellerait un ingénieur pour qu'il s'en occupe. Un ingénieur, pas un mécano ! Et c'était bien un ingénieur qui avait déconnecté la console avant de l'emporter jusqu'à un atelier souterrain à l'aide d'une petite grue mobile.

C'était surtout la grue qui avait intéressé Jonnie, à l'époque. Les grues étaient munies de plaques magnétiques disposées en cercle et séparées par des ressorts. Elles n'avaient pas de moteur et les bras se déplaçaient lorsqu'on activait les aimants. Jonnie regretta de ne pas avoir observé comment ils avaient extrait la console.

Où en était-il avant l'arrivée du Tolnep ? Voyons voir... Il avait desserré les vis de la plaque supérieure. De temps en temps, les Psychlos se servaient de vis. La plupart du temps, cependant, ils soudaient les métaux avec une lame à cohésion moléculaire.

Il ôta toutes les vis et souleva la plaque. A l'endroit où s'enfonçaient les vis, il y avait une matière noire. Dessous se trouvaient tous les composants complexes de la console.

Les vis. Elles devaient servir à établir une connexion avec quelque chose, en plus de leur rôle de maintien du couvercle. Mais Jonnie ne découvrit aucune trace de contact. Ces vis semblaient n'être que des vis. Mais le fait de les avoir manipulées avait mis la console en panne, c'était certain.

Il les remit en place. Puis il examina une autre console et découvrit selon quel angle les vis devaient être placées. régla les vis de la console du Cogneur » selon le même angle.

Mais il ne redémarra pas.

Pas de doute, c'étaient les vis. Lorsque cette pelleteuse était tombée en panne, c'était peut-être parce qu'une goutte de boue avait touché une vis.

Pour la cinquième fois, Jonnie répéta les mêmes gestes avec l'espoir d'aligner les vis.

Mais c'était peine perdue. Le moteur du tank « Cogneur » était mort. Finalement, il laissa tomber.

Il gagna le lac et se mit à lancer des cailloux sur les crocodiles. A la longue, il eut honte de lui-même. Pourquoi taquiner ces bêtes ? Comparées à Terl, elles étaient plutôt sympathiques.

Un véhicule à trois roues surgit. Sir Robert faisait dire à Jonnie qu'il n'était pas très prudent de se promener en terrain découvert sans couverture aérienne. Les visiteurs risquaient d'envoyer quelqu'un au sol.

- Ça te dirait de descendre un Psychlo ? demanda Jonnie au messager quelque peu surpris.

Maudit Terl ! Maudits Psychlos !

Et c'était une bien piètre consolation de savoir que des milliers d'autres races en étaient au même point depuis trois cent deux mille années.

Il fallait absolument qu'il concocte un plan, qu'il trouve quelque chose, même si c'était dangereux, voire désespéré, sinon cette planète était fichue!

Terre champ de bataille - 03 - Le secret des psychlos
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