Dans le ciel clair, à tire-d’aile,
Les hirondelles
De l’autre année
Reviennent à leurs cheminées.
Et nous, nous revenons aussi,
Et nous voici
Par les chemins,
Les va-nu-pieds tendant la main.
Après le pain et la piquette
Toujours en quête,
Nous ons la gorge
Plus rouge qu’un brûlant de forge.
Donnez du pain, donnez des sous !
Car nous sons soûls
D’aller à pied
Sans avoir rien dans le gésier.
Du pain de son ! des sous de cuivre !
C’est pour nous vivre.
Mais va-t’-fair’ fiche !
On nous prend pour des merlifiches.
Des sous ! Des sous ! ou nous volons
Les beaux p’tiots blonds,
Les beaux amours,
Qu’on les vend cher aux faiseux d’tours.