Caramels mous
« Aimez-vous les caramels mous ?… » Sans doute une des questions les plus saugrenues de toute l’histoire universelle de la BD (L’Étoile mystérieuse, p. 11, case 12). Question d’autant plus extravagante qu’elle est lancée alors que la Terre vient d’échapper au « superbe cataclysme » qu’avait espéré le professeur Calys. D’aucuns pour fêter une découverte importante sableraient le champagne ; Calys fait acheter des caramels mous.
Castafiore
Depuis la publication de la biographie de la Castafiore1, la chose est désormais entendue : le Rossignol milanais est un castrat, et mieux encore, le dernier castrat de l’histoire de la musique. Cette révélation met définitivement à mal toutes les élucubrations échafaudées autour de la diva, en fait un divo, et que certains psychanalystes – encore eux – tentèrent de coucher de force sur leur divan pour lui faire subir le viol interprétatif de supputations aléatoires.
La biographie suscitée, qui se penche sur la carrière et les exploits de Bianca en dehors des albums de Tintin, raconte comment la cantatrice entra dans la Résistance, et précise de quelle façon remarquable elle s’y illustra avec son accompagnateur, Igor Wagner.
Dans les remarquables Carnets de Syldavie2, Jacques Hiron évoque l’exil du roi Ottokar IV. Selon ce spécialiste de l’histoire et de la civilisation syldaves, le roi aurait quitté la Syldavie avec sa famille le 8 mars 1941. Si la date et la destination (la Grèce) données par Jacques Hiron restent exactes, elles ne concernent que la famille du roi. En effet, après une résistance héroïque contre les forces bulgaro-bordures suréquipées en chars et en avions par les Allemands, le monarque fut obligé de quitter son pays dès septembre 1939. Accueilli par son cousin Georges II, Ottokar IV gagna ensuite Londres où il forma le gouvernement syldave en exil. Autre détail important lui aussi omis dans les Carnets de Syldavie : lorsque le roi s’envola in extremis pour la Grèce, la Castafiore se trouvait en sa compagnie.
Chester
Et le haka… pitaine Haddock
Dans L’Étoile mystérieuse, Haddock, qui a fait escale à Akureyri, sur la côte islandaise, retrouve son vieil ami Chester avec qui il a navigué pendant plus de vingt ans. Avant de se saluer, les deux capitaines se lancent dans une curieuse danse scandée par un chant aux paroles énigmatiques : « Fidji !… Fidji !… Fidji !… Bouldou, bouldou, bouldou !… Aya, aya, ayayaaaa !… » (p. 29, cases 7 à 9).
Longtemps, des tintinophiles ont vu dans cette danse, le souvenir d’un rituel célébré dans leur jeunesse par les deux amis, lors du passage de la ligne.
Une observation attentive de la gestuelle martiale de cette chorégraphie et une étude linguistique des paroles entonnées conduisent pourtant à une tout autre explication. Ce que Haddock et Chester effectuent là est une danse maorie, c’est-à-dire un haka.
Le haka est devenu célèbre à travers le monde grâce aux All Blacks, l’équipe néo-zélandaise de rugby. Les joueurs interprètent traditionnellement un haka avant le début de chacune de leurs rencontres, dans le but d’impressionner l’adversaire et de le fragiliser.
Mais le haka, avant d’être adopté par les rugbymen, était une coutume ancestrale qui occupe toujours une part très importante dans la vie culturelle des peuples océaniens. Pour les Néo-zélandais qu’ils soient maoris, métis ou anglo-saxons, c’est un élément fondamental de l’identité nationale. Le haka se pratique notamment au moment de souhaiter la bienvenue à un groupe ou à un visiteur.
Mais pourquoi Haddock et Chester effectuent-ils une danse maorie pour se souhaiter mutuellement la bienvenue ? Certes, ni l’un ni l’autre n’ont d’ancêtres polynésiens, mais tous deux ont beaucoup navigué en Océanie, faisant notamment escale en Nouvelle-Zélande, aux Samoa, aux îles Fidji ainsi qu’aux îles Tonga.
C’est Chester qui a enseigné à Haddock ce qui est devenu par la suite un rituel de reconnaissance entre eux. Embarqué comme mousse sur un cuirassé de la Royal Navy, le HSM Royal Oak, le jeune Chester faisait partie de l’équipe de rugby du bord. À chaque escale dans un port du Commenwealth où le rugby était pratiqué, un match était organisé contre une équipe locale. C’est ainsi qu’à Apia, capitale de la partie occidentale des Samoa, il fut très impressionné par le Haka menaçant interprété par les joueurs samoans. En gros « Bouldou, bouldou, bouldou !… Aya, aya, ayaaaa !… » est l’équivalent samoan de la vieille mise en garde syldave : « Eih bennek, eih blavek » et signifiant : « Qui s’y frotte s’y pique ». Un avertissement aux ennemis, un signe de ralliement pour les amis.
Le « Fidji !… Fidji… Fidji !… » fut ajouté par la suite, lors d’un match opposant l’équipe de Chester et Haddock, sur une pelouse de Suva, la capitale de l’archipel située sur l’île de Viti Levu. Fidji n’est pas un mot fidjien, mais un dérivé de Fiji, terme forgé par les Britanniques. Un peu l’équivalent de frogies quand il s’agit de désigner les Français. C’est donc pour mieux déstabiliser leurs adversaires mélanésiens tout en les humiliant que les jeunes rugbymen britanniques les hélèrent ainsi en entrée de haka.
Cinéma
Steven Spielberg et Peter Jackson sont persuadés que les progrès techniques de la Motion Capture leur permettront d’être en accord avec l’art d’Hergé et avec ses intentions initiales... Il y a tout lieu de penser que Secret of the Unicorn, grâce aux avancées de la technologie et eu égard à la tintinophilie réelle des deux réalisateurs, devrait surmonter et résoudre la contradiction inhérente à toute tentative d’adaptation des aventures de Tintin au cinéma. Va enfin s’opérer la synthèse jusque-là impossible du réalisme et de la caricature, du rythme propre à la BD et du mouvement cinématographique…

Hergé, qui aimait tant le cinéma et qui tant s’en inspira, va être bien servi. Évidemment, Spielberg et Jackson sont attendus au tournant par les pisse-vinaigre qui sont depuis toujours restés insensibles à la poésie tintinesque.
Clairmont (Madame)
Voir ADULTÈRE.
Contrefaçon
Voir PARODIES.
Couilles de singes
Voir RANKO.