ACTE II SONIA AU RAPPORT
11 heures moins cinq. Assise sur le canapé du salon, couve des yeux le yaourt 0 % posé au centre de ma table basse, quand mon iPhone sonne. Merde. Sonia. Réponds quand même. Après tout, c’est elle la responsable de mon nouvel état.


– Alors Touboul ?
– C’est un dingue.
Sonia impressionnée : Tu as déjà commencé ?
– Ouais. Et dans quatre minutes je te laisse. Mon yaourt de 11 heures… Je dois me concentrer.
– C’est pas trop dur ?
– C’est l’enfer. J’avais tellement faim cette nuit que ça m’a réveillée.
– C’est normal, le temps que tu prennes le pli. Tu verras, dans une semaine, tu seras rodée. Ton estomac sera de la taille d’un noyau de pêche et tout ira bien. Tous ceux que je connais qui ont suivi ce régime sont super contents.
– Ils doivent travailler loin de chez eux, parce que suivre ce régime en sachant que ton frigo est plein à deux mètres de toi, c’est pas jouable. Je suis à cran.
Sonia consolante : Oui, mais t’as vu le matin ! Tu te lâches…
– Ça pour me lâcher… J’ai dû pisser dix fois depuis 5 heures du mat.
– Ah oui, tu bois pour tromper la faim…
– C’est exactement ça. Je trompe la faim. Touboul m’a interdit les restos, les brasseries. Je ne peux fréquenter que les japonais… parce que là le poisson est cru et sans sauce. Un vrai psychorigide doublé d’un paranoïaque ce type…
– En même temps c’est son métier, il n’est pas là pour te flatter.
– T’as raison, il n’est pas flatteur ce garçon. Moi qui croyais encore que la ménopause c’était dans une autre vie, eh ben ça m’a calmée. Il m’a dit texto que j’avais intérêt à bien perdre avant parce que après ce serait l’horreur…
– Le principal c’est que ça marche, positive Sonia.
– S’il me disait les choses en souriant, sans être lourd, je maigrirais quand même. Bon, faut que j’te laisse. Mon yaourt…