Prologue
Janvier 1893, Memphis Tennessee
Elle n’avait pas toujours été désespérée, abandonnée de tout, rongée par la folie. Au temps de sa splendeur, elle avait même été une femme très belle et d’une grande habileté. Elle s’était servie de son corps pour séduire et de son esprit pour satisfaire son ambition et son goût du luxe. En menant habilement sa barque, elle avait réussi à devenir la maîtresse d’un homme les plus puissants et les plus riches du Tennessee.
Sa maison, décorée à son goût et aux frais de Reginald, avait fait l’admiration de tous. Elle avait eu des serviteurs, une garde-robe digne d’une Parisienne, des bijoux à ne plus savoirs qu’en faire, des amis amusants et raffinés, un attelage rien qu’à elle. Elle avait donné des fêtes folles, avait provoqué la jalousie et le désir. Simple fille de servante, elle avait fini par avoir tout ce dont son âme avide de petite fille pauvre aurait rêvé.
Même un fils.
Cette petite vie dont elle se serait au départ bien passée avait bouleversé son existence, au point de devenir son unique centre d’intérêt. Son fils était le seul être au monde qu’elle aimât plus qu’elle-même.
Elle avait fait des projets pour lui, avait fredonné des airs à son intention, alors qu’il sommeillait encore dans son ventre. Elle lui avait donné naissance dans une grande souffrance, mais également avec une joie profonde. La joie de savoir qu’après avoir tant attendu, tant espéré, tant souffert, elle pourrait enfin le tenir dans ses bras.
Mais ils s’étaient arrangés pour le lui prendre. Ils lui avaient affirmé qu’elle avait accouché d’une fille morte à la naissance. Ils lui avaient menti. Elle l’avait tout de suite compris et n’avait jamais voulu en démordre, même lorsque sa raison avait fini par vaciller sous le poids du chagrin et de l’impuissance. Son fils était en vie quelque part, elle en était certaine.
comment aurait-il pu en être autrement, alors qu’il lui semblait sentir le cœur de son enfant battre dans sa propre poitrine
Dans ce complot, le médecin et la sage-femme n’avaient été que les instruments de Reginald, grassement payés par lui en échange de leur silence. Elle le revoyait encore, tel qu’il lui était apparu dans son salon pour la dernière fois. Rien que d’y penser, elle tremblait de rage, en boutonnant sa robe grise. Après l’avoir utilisée et avoir obtenu d’elle ce qu’il désirait – ce fils, cet héritier que sa femme avait été incapable de lui donner – il l’avait répudiée, lui offrant de l’argent et un aller simple pour l’Angleterre en guise de dédommagement.
Ce jour-là, elle s’était juré qu’il lui paierait cette trahison. Mais pas avec de l’argent – oh !
Non ! Pas avec de l’argent. Elle était désormais sans ressources, mais elle trouverait bien un moyen.
Une fois qu’elle aurait récupéré son fils.
Elle en était certaine, ses domestiques, aussi sournois que des rats quittant le navire, lui avaient dérobé certains de ses bijoux. Les autres, elle avait dû les vendre à vil prix pour survivre. Ce grippe-sou de prêteur sur gages l’avait roulée, mais il n’était qu’un homme, après tout. Pas un pour racheter l’autre… une engeance de menteurs, de voleurs, de tricheurs ! Mais ils le lui paieraient, tous.
Elle ne parvenait pas à mettre la main sur le bracelet de rubis et diamants dont Reginald lui avait fait présent quand elle lui avait appris sa grossesse. Ce n’était qu’une babiole, trop discrète à son goût, mais à cet instant, elle la voulait par-dessus tout, et elle entreprit de retourner le capharnaüm de sa chambre et de son boudoir pour la trouver. Cette disparition la mit dans un tel état qu’elle sanglota de joie lorsqu’elle retrouva par hasard une broche de saphirs.
En séchant ses larmes, elle s’échina à venir à bout du mécanisme récalcitrant de l’épingle.
Le bracelet tant désiré une minute auparavant lui était sorti de l’esprit. Elle avait même oublié s’être lancée à sa recherche. En faisant jouer dans la lumière l’assemblage de pierres bleues en forme de paon, elle décida d’y voir un oiseau de bon augure pour sa – ou plus exactement leur – nouvelle vie.
Après avoir récupéré James, elle l’emmènerait très loin, à la campagne peut-être. Le grand air leur ferait du bien à tous les deux. Il lui permettrait, à elle, de se remettre de cette épreuve, de retrouver ses esprits, et de tout reprendre à zéro avec son bébé. En fait, songea-t-elle en examinant attentivement son reflet dans la glace, tout était si facile, si simple, quand on le voulait vraiment.
La robe grise, droite, sans décolleté ni fanfreluche, lui donnait un air sérieux et responsable
– exactement l’apparence qui seyait à une mère. Elle aurait bien eu besoin de quelques retouches, mais qu’y pouvait-elle si elle avait beaucoup maigri et si elle n’avait plus ni femme de chambre ni modiste pour s’activer autour d’elle ? Elle retrouverait sa silhouette d’antan dès qu’elle aurait déniché pour James et pour elle un petit cottage champêtre.
Elle avait assemblé ses cheveux blonds en un chignon sage. Après avoir longuement hésité, elle avait renoncé au rouge à lèvres. Une apparence discrète, avait-elle conclu, était préférable pour rassurer un enfant. Elle était tout à fait prête, à présent, à aller réclamer ce qui était à elle. Prête à aller rechercher son fils à Harper House.
Le voyage jusqu’au grand domaine, situé à l’extérieur de la ville, fut long, réfrigérant et ruineux. Elle n’avait plus de voiture depuis longtemps, et elle savait que les hommes de Reginald ne tarderaient pas à revenir pour la chasser de sa maison, comme ils l’en avaient menacée lors de leur dernière visite. L’enjeu valait cependant le prix de la course. Elle se voyait ramener son bébé à Memphis, monter avec lui l’escalier en le berçant dans ses bras et le déposer dans le berceau de la nursery qui ne l’avait jamais accueilli.
Elle chantonnait en regardant défiler derrière la vitre le rideau d’arbres du bord de route.
-
Lavande bleue, dilly dilly…
Elle avait pris avec elle la couverture commandée spécialement à Paris, ainsi que l’adorable petit bonnet et les chaussons de laine assortis. Dans son esprit troublé, James venait de naître, et les six mois qui s’étaient écoulés depuis son accouchement n’avaient jamais existé.
Enfin, la voiture franchit le portail et remonta l’allée principale. Harper House, dans toute sa gloire se dressa devant elle. La pierre jaune de ses murs, les lignes blanches de ses fenêtres, les pelouses et les plantations du parc donnaient à la demeure de deux étages un air majestueux. Elle avait entendu dire que des paons s’étaient autre fois promenés en liberté dans les jardins, déployant dans les allées l’éventail de leurs queues multicolores.
Reginald, qui ne s’était jamais accoutumé à leurs cris perçants, s’était empressé de les faire abattre dès qu’il était devenu le maître des lieux. En tout, il se conduisait comme un roi, mais c’était elle qui avait mis au monde le prince héritier. Un jour, un beau jour, celui-ci finirait par renverser son père. Alors, ce serait à elle de régner sur Harper House avec son délicieux, son merveilleux petit James.
Les fenêtres de la grande maison, étincelantes de soleil, semblaient la regarder approcher avec méfiance, mais elle imaginait sans difficulté la vie idyllique qu’elle mènerait entre ces murs avec son fils. Elle le gâterait plus que de raison, l’entraînerait dans de longues promenades dans les jardins, se réjouirait d’entendre son rire cascader dans les couloirs de l’auguste bâtisse. Un jour, tout cela arriverait, elle le savait. La maison était à lui, donc elle ne pouvait qu’être à elle aussi. Ils y vivraient heureux, rien que tous les deux.
Lorsque les chevaux s’arrêtèrent, elle descendit du véhicule, frêle et pâle silhouette perdue dans une robe trop grande pour elle. D’un pas chancelant, elle marcha jusqu’à l’entrée principale, son cœur battait à coups redoublés. Derrière ces murs, son petit James l’attendait.
Elle frappa longuement à la porte. L’homme qui vint lui répondre, en livrée de majordome noir et sévère, la regarda avec insistance, mais son visage demeura impassible.
-
Madame… Que puis-je pour vous ?
-
Je suis venue chercher James.
Ce fut à peine si le domestique haussa les sourcils à cette réponse.
-
Je suis désolé, mais aucun James ne réside ici. S’il s’agit d’un domestique, l’entrée du personnel est à l’arrière du bâtiment.
Elle faillit s’en étrangler de fureur. Un domestique !
Comment osait-il ?
-
James n’est pas un domestique ! Protesta-t-elle. C’est mon fils et c’est aussi votre maître. Je suis venue jusqu’ici pour le reprendre. Allez immédiatement le chercher !
Elle se hissa sur la pointe des pieds pour tenter de voir par-dessus son épaule et s’écria :
-
James ! ta maman est là…
Désarçonné par sa conduite, l’homme manifesta pour la première fois son agacement.
-
Vous devez vous tromper d’adresse. Si vous…
-
Vous ne réussirez pas à le cacher plus longtemps !
Jouant des coudes, elle le bouscula pour pénétrer dans le hall. Et lorsque le majordome la retint par le bras, elle se hérissa en crachant et griffant comme un chat en colère.
Attirée par le bruit, une grande femme, habillée de noir elle aussi, les rejoignit en hâte.
-
Danby ! Lança-t-elle. Que se passe-t-il ici ?
-
C’est cette… dame, répondit-il sans lâcher prise. Elle semble avoir perdu son sang-froid.
-
C’est le moins qu’on puisse dire.
La nouvelle se tourna alors vers elle.
-
Madame… Je suis Havers, la gouvernante. S’il vous plait, calmez-vous et exposez-moi votre problème.
D’une main tremblante, elle remit un semblant d’ordre dans sa chevelure et expliqua :
-
Je suis la mère de James et je suis venue le chercher. Amenez-le-moi immédiatement. C’est l’heure de sa sieste.
Havers avait un visage aimable, et un sourire qui l’était tout autant.
-
Je vois, dit-elle gentiment. Mais avant cela, peut-être voudrez-vous vous asseoir un moment à la cuisine, devant un bon feu… Il fait bien froid aujourd’hui, n’est-ce pas ?
D’un regard, elle ordonna à Danby de lui lâcher le bras. Amelia les dévisagea l’un et l’autre d’un œil méfiant.
-
C’est un piège ! Décréta-t-elle en se précipitant vers le grand escalier. Rien qu’un autre de vos pièges !
Criant le nom de son enfant, elle gravit quatre à quatre la première volée de marches, mais ses jambes trop faibles cédèrent sous elle avant qu’elle soit venue à bout de la deuxième.
Sur le palier, une porte s’ouvrit, livrant passage à la véritable maîtresse de Harper House : Beatrice, la femme de Reginald. Amelia l’avait déjà aperçue au théâtre et croisée dans certaines boutiques.
Dans sa robe de soie d’un rose profond, au col boutonné haut sur le cou et à la taille cintrée serrée dans un corset, elle était d’une beauté sévère mais indéniable. En dessous de ses yeux semblables à deux éclats de glace, l’arête de son nez paraissait aussi droite et tranchante que le fil d’une lame. Seule sa bouche charnue aurait été en mesure d’apporter à son visage un peu de douceur, si elle n’avait été pour l’heure pincée en une moue de dégoût.
-
Qui est cette créature ? Lâcha-t-elle sèchement.
Havers, plus rapide que le majordome, fut la première à atteindre l’étage.
-
Je suis désolée, madame, mais elle ne nous a pas dit son nom.
La gouvernante s’accroupit près d’Amelia et entoura ses épaules d’un bras protecteur.
-
Cette dame semble être dans une grande détresse, poursuivit-elle. Et elle paraît glacée jusqu’aux os.
Amelia tendit un bras implorant vers la jupe de la maîtresse de maison, qui recula d’un pas.
-
James… gémit-elle. Je suis venue reprendre James, mon fils.
Une expression de stupeur passa sur le visage de Beatrice, qui se reprit bien vite.
-
Faites-la entrer, ordonna-t-elle en regagnant le salon. Et laissez-nous.
Avec prévenance, Havers aida Amelia à se remettre sur pied et à pénétrer dans la pièce, tout en la réconfortant.
-
Voilà… tranquillisez-vous, à présent. Personne ne va vous faire de mal. Madame, dois-je faire servir le thé ?
-
Certainement pas ! Répliqua Beatrice. Allez-vous-en et fermez la porte derrière vous.
D’un pas très raide, elle marcha jusqu’à la cheminée de marbre, devant laquelle elle s’assit de manière à masquer le feu qui y flambait.
-
Vous êtes, commença-t-elle dès que la porte se fut refermée ou plutôt vous étiez, l’une des putains de mon mari.
Piquée au vif, Amelia se redressa dans son fauteuil.
-
Je m’appelle Amelia Connor, répondit-elle. Je…
-
Je ne vous ai pas demandé votre nom ! Il ne présente aucun intérêt pour moi. Pas plus que vous. J’aurais pourtant cru qu’une femme de votre espèce, qui préfère le nom de « maîtresse » à celui de « catin » aurait suffisamment de style et de bon sens pour ne pas venir frapper à la porte de celui qu’elle appelle son
« protecteur. »
-
Reginald… Est-il ici ?
Amelia parcourut du regard la pièce au luxe discret.
-
Il est absent, répondit Beatrice, et vous devriez vous en féliciter. Je sais qu’il a mis un terme à votre… accord et qu’il vous a pour cela généreusement dédommagée.
Un écho résonna dans l’esprit embrumé d’Amelia. Celui de la voix de Reginald, cinglante comme un coup de fouet.
Tu crois que je laisserais une créature de ton espèce élever mon fils ?
-
James, reprit-elle d’une voix suppliante. Je suis juste venue reprendre mon fils.
J’ai sa couverture dans la voiture qui nous attend dehors.
-
Si vous espérez m’extorquer de l’argent pour prix de votre silence.
Amelia se leva et secoua la tête.
-
James… répéta-t-elle en s’avançant d’un pas. Je suis venue pour James. Il a besoin de sa maman.
-
Le bâtard que vous avez mis au monde, et que mon mari m’impose chez moi, ce nomme Reginald.
-
Non ! Protesta Amelia en secouant la tête de plus belle. Je l’ai appelé James ! Ils m’ont dit qu’il était mort, mais je l’ai entendu pleurer.
Une vive inquiétude la saisit soudain.
-
L’entendez-vous pleurer ? Demanda-t-elle en laissant courir à travers la pièce ses yeux fous. je dois le trouver pour lui chanter une berceuse, afin qu’il se rendorme…
Lentement, Beatrice se leva.
-
Vous seriez plus à votre place dans un asile, dit-elle. Je pourrais presque vous plaindre. Après tout, vous êtes victime de cette situation autant que moi. A cette différence que je suis, quant à moi, innocente et dans mon bon droit. Je suis la femme de Reginald. J’ai porté ses enfants légitimes. J’ai enduré la souffrance d’en perdre certains. Ma conduite a toujours été irréprochable. J’ai supporté en silence les relations adultérines de mon mari et ne lui ai fourni aucun motif de mécontentement. Mais je ne lui ais pas donné de fils. A cela se résument mes torts.
Elle s’était progressivement animée en prononçant ces paroles, et ce fut tout à fait hors d’elle, la voix tremblante de colère et le rouge aux joues, qu’elle conclut :
-
Vous croyez que ça m’enchante, de devoir élever votre moutard ? De savoir que le bâtard d’une catin m’appellera « mère » lorsqu’il pourra parler ? Qu’il héritera de tout ceci quand il sera en âge de le faire ? J’aurais préféré qu’il meure dans votre ventre !
Désemparée, Amelia contemplait ses deux mains vide tendues devant elle.
-
Rendez-le-moi… gémit-elle de plus belle. Rendez-le-moi tout de suite ! Vous ne voulez pas de lui… Vous ne saurez pas l’aimer ! J’ai sa couverture, dans la voiture. Je l’emmène avec moi, et vous en serez débarrassée.
Déjà Beatrice s’était reprise. le visage fermé, elle lâcha d’une voix lugubre :
-
Il est trop tard. Nous voilà prisonniers du même piège. Vous, au moins, vous méritez votre punition. Mais moi, je n’ai rien fait.
Folle de rage, Amelia se précipita sur elle. La gifle que la femme de Reginald lui assena la cueillit en plein élan, une gifle d’une violence telle qu’elle l’envoya sur le tapis.
-
Vous allez quitter cette maison.
Beatrice s’exprimait clairement, calmement, comme elle l’aurait fait pour donner ses instructions à une domestique.
-
Vous ne direz jamais rien de ceci à personne, sinon je veillerai personnellement à ce que vous soyez internée dans un asile d’aliénés. Je ne permettrais pas que ma réputation soit salie par vos divagations. Vous ne remettrez jamais les pieds ici, ni à Harper House, ni sur le domaine. Vous ne reverrez jamais votre fils. Ce sera votre châtiment, même si, selon moi, il est encore trop léger.
-
James ! S’écria Amelia en se redressant péniblement. Je vivrai ici à jamais avec James !
-
Vous êtes folle, commenta Beatrice d’une voix neutre. Retournez à votre trottoir.
Je suis sûre que vous trouverez rapidement un autre homme trop heureux de vous planter son bâtard dans le ventre.
D’un pas décidé, elle marcha vers la porte, qu’elle ouvrit à la volée.
-
Havers ! Cria-t-elle, ignorant les pleurs désespérés qui s’élevaient derrière. Dites à Danby de faire jeter cette chose hors de ma maison !
Mais Amelia revint.
Ils la jetèrent une nouvelle fois dehors, en ordonnant au chauffeur de la ramener chez elle, mais elle revint encore, à pied, au cœur de la nuit glaciale. Sa raison était en lambeaux. Ses cheveux détrempés collaient à son visage. Sa robe n’était plus qu’une loque couverte de boue.
Elle aurait voulu tous les tuer, les mettre en pièces, saisir son fils dans son berceau, entre ses mains sanglantes, et l’emmener loin, dans un endroit où son père ne le retrouverait jamais. Mais ils ne la laisseraient pas faire. Elle le savait. Elle ne serrerait jamais son bébé dans ses bras, ne verrait jamais son doux visage.
A moins que…
Elle attendit que toutes les fenêtres de Harper House se fussent éteintes pour se glisser dans les jardins. La pluie avait cessé. Le ciel était dégagé. Sur la terre nue rampaient des rubans de brume. Ils s’enroulaient tels des serpents autour de ses pieds nus, mais elle n’en avait cure. Plus rien ne pouvait l’atteindre.
Elle fredonnait, fredonnait, fredonnait encore.
Ils allaient tous payer – et cher – ce qu’ils lui avaient fait. Elle était allée rendre une petite visite à une sorcière vaudoue, et elle savait quoi faire pour mettre en sécurité ce qui lui appartenait. Pour toujours.
Elle traversa le parc gelé par l’hiver jusqu’à la remise à voitures, où elle savait qu’elle trouverait ce qu’elle cherchait. Elle le trouva sans peine et l’emporta jusqu’à la maison aux murs jaunes, blanchis par le clair de lune, où tout dormait.
Amelia fredonnait, encore et toujours.
-
Lavande bleue, dilly dilly, lavande verte…