9

À sept heures, elle prenait son petit déjeuner. Par la fenêtre qui donnait sur le lac, elle vit que le vent s’était levé. Un homme traînait dans une luge deux enfants emmitouflés. Elle se rappela la fatigue qu’on ressentait en remontant les côtes. La drôle d’impression que ça avait été, de jouer avec ses enfants dans la neige tout en ressassant des jugements compliqués. Les cris et les rires des enfants se superposaient à l’image effrayante des scènes de crime.

Elle avait un jour compté que, dans sa carrière de juge, elle avait envoyé en prison trois personnes pour meurtre et sept pour homicide. Plus un certain nombre pour des viols et des agressions que seul le hasard avait empêchés de tourner au meurtre.

L’idée l’avait dérangée. Mesurer sa vie à la seule aune des meurtriers envoyés en prison : était-ce vraiment là tout le résultat de ses efforts ?

A deux reprises, elle avait fait l’objet de menaces. La première fois, la police de Helsingborg avait jugé bon de la placer sous protection rapprochée. Il s’agissait d’un dealer lié à une bande de motards. Les enfants étaient petits. Cela avait été une période difficile pour leur vie de famille : Staffan et elle s’étaient disputés presque tous les jours.

En mangeant, elle évita de regarder les journaux qui faisaient leurs choux gras des événements de Hesjövallen. Elle prit plutôt un journal économique qu’elle feuilleta distraitement : cours de la Bourse, représentation des femmes dans les conseils d’administration des sociétés suédoises. Il n’y avait pas grand monde dans la salle à manger. Elle alla se resservir du café, puis se demanda si elle ne rentrerait pas par le chemin des écoliers : un peu plus à l’ouest, par les forêts du Värmland ?

Soudain, quelqu’un lui adressa la parole. Un homme seul attablé un peu plus loin.

– C’est à moi que vous parlez ?

– Je me demandais juste ce que Vivi Sundberg vous voulait.

Elle ne reconnaissait pas cet homme, comprenait à peine ce qu’il disait. Sans lui laisser le temps de répondre, il se leva et s’approcha de sa table. Il tira une chaise et s’assit sans demander la permission.

L’homme était roux, avait la soixantaine bedonnante et mauvaise haleine.

Elle se fâcha et entreprit aussitôt de défendre son territoire.

– Laissez-moi déjeuner tranquille.

– Vous avez fini. Permettez-moi juste de vous poser quelques questions.

– Je ne sais même pas qui vous êtes.

– Lars Emanuelsson. Reporter. Pas journaliste. Je vaux mieux qu’eux. Je ne suis pas un scribouillard. Mes articles sont soignés et ont du style.

– Cela ne vous donne pas le droit de vous imposer et de m empêcher de prendre mon petit déjeuner tranquille.

Lars Emanuelsson se leva et s’assit à la table voisine.

– C’est mieux comme ça ?

– Mieux, oui. Pour qui écrivez-vous ?

– Je n’ai pas encore décidé. J’écris d’abord mon papier, puis je décide pour qui il est. Je ne vends pas à n’importe qui.

Sa suffisance l’irritait. En plus il sentait, comme s’il ne s’était pas lavé depuis longtemps.

– D’après ce que je sais, vous avez parlé hier avec Vivi Sundberg. Et vous vous êtes regardées en chiens de faïence. Je me trompe ?

– Complètement. Je n’ai rien à vous dire.

– Mais vous ne niez pas lui avoir parlé ?

– Bien sûr que non.

– Qu’est-ce qu’une juge de Helsingborg a à voir avec cette enquête ? Des horreurs ont lieu dans un petit village perdu au nord de la Suède, et voilà Birgitta Roslin qui arrive.

Elle sursauta.

– Qu’est-ce que vous voulez ? Comment savez-vous qui je suis ?

– Question de méthode. On cherche toute sa vie le meilleur moyen de parvenir à ses fins. Je suppose que c’est pareil pour un juge. Les règles, les décrets, les lois et la jurisprudence sont une chose. Mais chacun ses méthodes. Je ne compte plus les enquêtes criminelles que j’ai couvertes. Pendant une année, 366 jours exactement, j’ai suivi l’enquête sur le meurtre d’Olof Palme. J’ai tout de suite compris que l’assassin ne serait jamais arrêté, car l’enquête avait échoué avant même d’avoir commencé. Les policiers et les procureurs en charge cherchaient surtout à se pavaner devant les caméras de télévision. Beaucoup étaient persuadés que Christer Pettersson était le coupable. Sauf une poignée d’enquêteurs perspicaces qui avaient compris que c’était une erreur de casting sur toute la ligne. Mais personne ne les a écoutés. Moi, je reste dans mon coin, je tournicote. C’est comme ça qu’on découvre ce que les autres ne voient pas. Par exemple, une juge qui reçoit la visite matinale d’une policière censée être occupée jour et nuit par l’enquête. Qu’est-ce que vous lui avez donné ?

– Je ne répondrai pas à cette question.

– J’en déduis donc que vous êtes impliquée jusqu’au cou dans cette affaire. Je peux très bien en faire un gros titre : « Une juge de Scanie impliquée dans la tragédie de Hesjövallen. »

Elle finit sa tasse de café et se leva. Il la suivit jusqu’à la réception.

– Donnez-moi un os à ronger, je vous le revaudrai.

– Je n’ai absolument rien à vous dire. Je ne cache aucun secret, je n’ai juste rien à dire qui puisse intéresser un journaliste.

Lars Emanuelsson fit la moue :

– Reporter. Pas journaliste. Je ne vous appelle pas juge véreux.

Une idée lui traversa l’esprit.

– C’est vous qui avez téléphoné cette nuit ?

– Non, mais…

– Je voulais en avoir le cœur net.

– Votre téléphone a donc sonné ? Cette nuit ? Pendant que vous dormiez ? Une information qui pourrait m’intéresser ?

Elle ne répondit pas. Appela l’ascenseur.

– Moi, je vais vous dire quelque chose, dit Lars Emanuelsson. La police cache un détail important. Si on peut appeler ça un détail.

Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent. Elle entra.

– Il n’y avait pas que des vieux parmi les victimes. Dans une des maisons, on a aussi trouvé un jeune garçon.

Les portes de l’ascenseur se refermèrent. Une fois arrivée à son étage, Birgitta Roslin rebroussa chemin. Il l’attendait, n’avait pas bougé d’un pouce. Ils allèrent s’asseoir. Lars Emanuelsson alluma une cigarette.

– Il est interdit de fumer à l’intérieur.

– Vous en avez d’autres, comme ça ? C’est le cadet de mes soucis.

Un pot de fleurs trônait au milieu de la table. Il s’en servit comme cendrier.

– Il faut toujours chercher ce que la police cache. C’est comme ça qu’on comprend leur façon de penser, dans quelle direction ils orientent l’enquête. Parmi les morts, il y a un garçon de douze ans. On sait qui étaient les membres de sa famille et ce qu’il faisait dans le village. Mais ce n’est pas rendu public.

– Et comment le savez-vous ?

– C’est mon secret. Dans une enquête criminelle, il y a toujours des fuites. Il faut savoir les repérer.

– Qui est ce garçon ?

– Pas de nom pour le moment. Je le connais, mais je n’ai pas l’intention de vous le dire. Il était en visite dans sa famille. Il aurait dû être à l’école, mais se trouvait en convalescence après une opération des yeux. Il louchait, le pauvre. On lui avait remis les clignotants en place, quoi. Et il se fait trucider. Comme les vieux. Mais pas tout à fait.

– Quelle différence ?

Lars Emanuelsson se cala au fond de son siège. Son ventre débordait de sa ceinture. Birgitta Roslin le trouva totalement répugnant. Il le savait et s’en fichait.

– C’est à vous, maintenant. Vivi Sundberg, des carnets, des lettres.

– Je suis une parente éloignée de certaines des victimes. J’ai remis à Sundberg des documents qu’elle m’avait demandés.

Il la regarda en plissant les yeux.

– Est-ce que je dois vous croire ?

– Croyez ce que vous voulez.

– Et ces carnets ? Et ces lettres ?

– Il s’agissait de clarifier des liens de parenté.

– Au sein de quelle famille ?

– Brita et August Andrén.

Il hocha la tête, l’air pensif, puis écrasa sa cigarette avec une énergie inattendue.

– Maison numéro 2 ou 7. La police a donné un code à chaque maison. 2/3, par exemple, pour la maison 2, ce qui signifie naturellement qu’on y a trouvé trois corps.

Sans la quitter des yeux, il sortit une cigarette à moitié fumée d’un paquet froissé.

– Cela n’explique pas la froideur de votre conversation.

– Elle était pressée. Alors, quelle différence pour ce garçon ?

– Je n’ai pas tout à fait réussi à tirer ça au clair. Il faut reconnaître que la police de Hudiksvall et les renforts venus de Stockholm se serrent les coudes, pour une fois. Mais je crois savoir que le gamin n’a pas été tué avec la même violence aveugle que les autres.

– Que voulez-vous dire ?

– Qu’est-ce que je veux dire ? Mais qu’on l’a tué d’un coup, sans souffrances inutiles ni supplice chinois. On peut en tirer mille conclusions, toutes plus alléchantes et sans doute plus erronées les unes que les autres. Mais je vous laisse y réfléchir seule. Si ça vous intéresse.

Après avoir de nouveau écrasé son mégot dans le pot de fleurs, il se leva.

– Je vais continuer à tournicoter. Peut-être que nous nous reverrons, qui sait ?

Birgitta monta faire sa valise, mais s’arrêta à la fenêtre, pour regarder ce père qui tirait infatigablement ses enfants sur leur luge. Elle repensa à Lars Emanuelsson. Qu’est-ce que cet homme avait dit de si désagréable, finalement ? Etait-il si déplaisant que ça ? Il faisait juste son travail. Elle n’avait pas été aimable avec lui. En adoptant une autre attitude, elle lui en aurait peut-être fait dire davantage.

Elle s’installa au minuscule bureau de sa chambre et commença à prendre des notes. Comme toujours, elle avait les idées plus claires un crayon à la main. Elle n’avait lu nulle part qu’un jeune garçon avait été tué. Il était la seule victime qui ne soit pas âgée, pour autant que la police n’en cache pas d’autres. Les allusions de Lars Emanuelsson à une violence aveugle signifiaient que les autres occupants de la maison avaient été brutalisés et peut-être même torturés avant d’être tués. Pour quelle raison cela avait-il été épargné au garçon ? Son âge ? L’assassin en aurait-il tenu compte ? Ou y avait-il autre chose ?

Aucune réponse n’allait de soi. Et puis ce n’était pas non plus son problème. Elle se sentait encore honteuse après ce qui s’était passé la veille. Son comportement était indéfendable. Elle n’osait même pas imaginer ce qui serait arrivé si elle avait été démasquée par un journaliste. On l’aurait clouée au pilori.

Elle boucla sa valise et s’apprêta à quitter la chambre. Mais, avant, elle alluma la télévision pour voir la météo et décider de son itinéraire. Elle tomba en pleine conférence de presse au commissariat de Hudiksvall. Trois personnes sur une petite estrade. La seule femme : Vivi Sundberg. Son cœur se serra. Et si elle avait l’intention de révéler qu’une juge de Helsingborg avait été prise la main dans le sac, comme un vulgaire voleur ? Birgitta Roslin se laissa tomber sur le bord du lit et monta le volume. C’était l’homme assis au centre, Tobias Ludwig, qui parlait.

Elle comprit que la conférence était en direct. Après l’intervention de Ludwig, le procureur Robertsson prit le micro. Il souligna le besoin urgent qu’avait la police de toute information ou observation émanant de la population : il pouvait s’agir de voitures, d’étrangers aperçus dans la région, bref, de tout ce qui aurait pu sortir de l’ordinaire.

Arriva le tour de Vivi Sundberg. Elle brandit un sachet plastique. Zoom de la caméra : il contenait un ruban de soie rouge. Elle déclara que la police souhaiterait savoir si quelqu’un reconnaissait ce ruban.

Birgitta Roslin approcha son visage de l’écran. Où avait-elle vu un ruban de ce genre ? Elle s’agenouilla pour mieux voir. Ce ruban lui rappelait décidément quelque chose. Elle chercha à se souvenir, en vain.

On passa aux questions des journalistes. L’image de la conférence de presse disparut, remplacée par une carte météo : la neige arrivait du golfe de Finlande le long de la côte est.

Birgitta Roslin préféra rentrer par l’intérieur des terres. Elle paya sa chambre et s’en alla. Un vent mordant l’accompagna jusqu’à sa voiture. Elle cala sa valise sur la banquette arrière, étudia la carte et décida de prendre par les forêts jusqu’à Järvsö, puis cap au sud.

Une fois sur la route principale, elle s’arrêta soudain sur une aire de repos. Elle n’arrivait pas à s’ôter de la tête le ruban rouge qu’elle avait vu à la télévision. Il lui rappelait quelque chose, elle n’arrivait pas à savoir quoi. Seule une mince membrane la séparait de son souvenir. J’ai fait tout ce voyage, je peux bien fournir un effort, se dit-elle, avant d’appeler le commissariat. Les lourds nuages de neige soulevés par les camions chargés de bois lui bouchaient la vue par intermittence. On mit longtemps à lui répondre. Le standardiste semblait stressé. Elle demanda Erik Huddén.

– C’est au sujet de l’enquête, expliqua-t-elle. Hesjövallen.

– Je crois qu’il est occupé. J’essaie de vous le passer.

Il prit la communication alors qu’elle allait perdre espoir. Lui aussi semblait stressé.

– Huddén.

– Je ne sais pas si vous vous souvenez de moi, dit-elle. Je suis cette juge qui voulait absolument voir Vivi Sundberg.

– Je me souviens.

Vivi Sundberg lui avait-elle parlé des événements de la nuit ? Elle eut la nette impression qu’Erik Huddén n’était au courant de rien. Peut-être la policière avait-elle finalement gardé ça pour elle, comme promis ? Heureusement pour moi, ce n’était sans doute pas très réglementaire de me laisser visiter la maison.

– C’est au sujet de ce ruban de soie rouge que vous avez montré à la télévision, continua-t-elle.

– Hélas, nous avons eu tort de faire ça, dit Erik Huddén.

– Pourquoi ?

– Notre standard est saturé de gens qui prétendent l’avoir vu. Jusque sur l’emballage de leurs cadeaux de Noël !

– Mon souvenir est tout à fait différent. Je crois que je l’ai vraiment vu.

– Où ?

– Je ne sais pas. Mais ce n’est pas sur un cadeau de Noël.

Il soupira, comme s’il avait du mal à se décider.

– Je peux vous montrer le ruban, finit-il par lâcher. Si vous venez tout de suite.

– D’ici une demi-heure ?

– Je vous accorderai deux minutes, pas plus.

Il vint à sa rencontre à l’accueil, reniflant et toussant. Le sachet plastique contenant le ruban rouge était sur son bureau. Il le sortit et le posa sur un papier blanc.

– Il mesure exactement dix-neuf centimètres de long, un bon centimètre de large. A un bout, un trou suggère que ce ruban était accroché quelque part. Un mélange de coton et polyester, on dirait de la soie. Nous l’avons trouvé dans la neige. C’est un de nos chiens qui l’a flairé.

Elle se concentra de son mieux, certaine de reconnaître ce ruban. Mais toujours incapable de le situer.

– Je l’ai déjà vu, dit-elle. J’en mettrais ma main au feu. Peut-être pas celui-ci, mais un ruban identique.

– Où ?

– Je ne me souviens pas.

– Si c’est en Scanie que vous en avez vu un identique, cela ne va pas nous être d’un très grand secours.

– Non, répondit-elle gravement. C’est ici que je l’ai vu.

Elle continua à observer le ruban tandis que le policier attendait, adossé au mur.

– Ça vous revient ?

– Non. Désolée.

Il remit le ruban dans le sachet et la raccompagna jusqu’à l’accueil.

– Si la mémoire vous revient, appelez-moi, dit-il. Sauf s’il s’agissait finalement d’un paquet-cadeau.

Lars Emanuelsson l’attendait sur le trottoir, une chapka élimée enfoncée sur le crâne. Quand elle le vit, son sang ne fit qu’un tour.

– Qu’est-ce que vous avez à me suivre ?

– Mais pas du tout. Je tournicote, je vous l’ai dit. Je vous ai vue par hasard entrer au commissariat, alors je me suis dit que je devrais peut-être vous attendre. Que peut bien signifier une visite aussi brève ?

– Ça, vous ne le saurez jamais. Maintenant, laissez-moi tranquille avant que je m’énerve.

Elle tourna les talons, mais l’entendit dans son dos :

– N’oubliez pas ce que je pourrais écrire.

Elle fit volte-face.

– C’est une menace ?

– Pas du tout.

– Je vous ai expliqué ce que je faisais ici. Il n’y a absolument aucune raison que je sois mêlée à l’enquête en cours.

– Le grand public lit ce qu’on écrit, peu importe que ce soit ou non la vérité.

Cette fois-ci, ce fut Emanuelsson qui tourna les talons. Elle le regarda partir avec dégoût, en espérant bien ne plus jamais le revoir.

Birgitta Roslin regagna sa voiture. Elle venait de se mettre au volant quand elle se souvint où elle avait vu le ruban rouge. Sa mémoire s’était brusquement dévoilée, sans crier gare. Pouvait-elle se tromper ? Non, l’image était tout à fait claire.

L’endroit était fermé, elle dut attendre deux heures. Elle tua le temps en battant le pavé en ville. Elle ne tenait pas en place, impatiente de vérifier ce qu’elle pensait avoir découvert.

Le restaurant chinois ouvrit à onze heures. Birgitta Roslin entra s’asseoir à la même table que la fois précédente. Elle observa les lampes pendues au-dessus des tables. Elles étaient faites d’une matière translucide, un fin plastique qui devait donner l’impression du papier de riz. De forme cylindrique. A leur base pendaient quatre rubans rouges.

Au commissariat, on lui avait dit que le ruban faisait exactement dix-neuf centimètres. Ils étaient fixés à l’abat-jour au moyen d’un petit crochet qui traversait leur partie supérieure.

La jeune femme au suédois approximatif lui apporta le menu. Elle sourit en la reconnaissant. Birgitta Roslin choisit le buffet, bien qu’elle n’ait pas faim : cela lui donnait la possibilité de se déplacer librement dans le restaurant. Elle trouva ce qu’elle cherchait à une table de deux, dans un recoin : il manquait un ruban à la lampe.

Elle se figea, retenant son souffle.

Il était assis là, se dit-elle. Dans l’angle le plus sombre. Puis il s’est levé de table, est sorti du restaurant et s’est rendu à Hesjövallen.

Elle regarda alentour. La jeune femme lui sourit. De la cuisine parvenaient des éclats de voix en chinois.

Elle songea que ni elle ni la police ne comprenaient rien à ce qui s’était passé. Le mystère était plus épais, plus profond qu’ils ne l’imaginaient.

Au fond, ils ne savaient rien.