CHAPITRE VI

Soheil. Pas une seconde il n’avait imaginé la trouver ici. Et il avait manqué la tuer ! Elle portait une longue tunique en lichen tanné, de couleur ocre, que son ventre commençait à tendre.

— Soheil…

Elle le regarda, les yeux écarquillés. Des mouvements furtifs, derrière elle, remuèrent la pénombre. Des villageois sortaient des huttes alentour. Beaucoup d’enfants, de femmes et de vieillards. Ils s’immobilisèrent en apercevant Lorin.

Celui-ci recula lentement. Il tourna la tête, les rafales de Baz se rapprochaient. L’incendie gagnait tout le village, éparpillant des flammèches dans toutes les directions. Les chars s’ébranlaient, laminant les fondations.

Les villageois se regroupèrent autour de la jeune femme. Ils la pressaient de partir, une faille avait été pratiquée dans la palissade. Elle se laissa entraîner, les yeux ancrés sur Lorin.

— Je suis sûr qu’il y en a d’autres, par là !

Lorin émergea de sa stupeur. Ils devaient être passés. Il percuta un bâton incendiaire qu’il lança dans une maison vide, la transformant en foyer ardent. La chaleur le fit battre en retraite, les yeux larmoyants. Les survivants de Jedjalim étaient saufs, derrière le mur de flammes.

Dom-Dom surgit à ses côtés. La barre blanche des dents ressortait sur son visage noir de suie. Il attrapa Lorin par le bras.

— Tu as eu les derniers ? Les copains sont vengés. C’est bon, on décroche.

Lorin suivit le soldat à travers la rue bordée de flammes. Soheil l’avait regardé sans le reconnaître. Était-ce à cause du treillis, des cicatrices, ou bien d’autre chose ? Pourquoi n’avait-il pas franchi les quelques mètres qui les séparaient ? Sur le moment il avait été incapable d’esquisser le moindre geste, paralysé par le regard de sa compagne.

Maintenant qu’il y réfléchissait, il se dit qu’il avait choisi la meilleure solution. Personne ne savait que des survivants avaient réussi à s’enfuir. S’il les avait suivis, les soldats l’auraient cherché partout. Dom-Dom lui avait confié que l’implant oculaire du Baz dans sa tête fonctionnait également comme une balise, lui permettant d’être repéré à chaque instant.

« — Un micro vissé dans le cerveau, voilà ce que nous avons tous. » Bien qu’exagérée, cette image avait impressionné Lorin.

Ils regagnèrent les véhicules. Les huttes finissaient de se consumer. L’atmosphère était chargée de cendres chaudes. Des carcasses fumantes d’hommes, de chiens et d’oiseaux-vaches jonchaient les ruelles. Les chenilles des chars avaient aplani tout le terrain à l’intérieur du périmètre délimité par la palissade. Seule cette dernière n’avait pas été atteinte par les flammes, encerclant ironiquement ce qui n’était même plus un champ de ruines.

Le retour au camp se déroula dans une ambiance de lassitude et d’agressivité repue. Les soldats entassés dans le réduit sans hublot puaient la poudre refroidie, la suie et la transpiration. Ils dévalaient la pente morose de l’adrénaline, comme Dom-Dom après un voyage sous kaléidoscine.

— L’aube va se lever, maugréa quelqu’un. On n’a même pas eu le temps de dormir. Jelal nous doit bien une journée, histoire de récupérer.

Sa remarque n’attira que quelques grognements d’approbation dépourvus d’allégresse.

Le char les déposa à l’entrée du camp, fourbus et énervés. Tous n’avaient qu’une aspiration : retrouver leur lit et s’y vautrer jusqu’au lendemain.

La nouvelle tomba : une permission de vingt-quatre heures était accordée à tous les bataillons. Les punitions étaient suspendues pour toute cette durée.

Dom-Dom la commenta d’une bourrade dans le dos de Lorin.

— Une première perme s’arrose comme il se doit. Le coin le plus recherché des environs est le comptoir escopalien. Les putes sont les meilleures à cent lieues à la ronde, grâce aux missionnaires qui leur apprennent à avoir honte. Elles y mettent des manières, tu piges ?

Lorin secoua la tête, provoquant l’hilarité de son camarade.

— Tu le verras bien assez tôt. Un nouvel arrivage de filles a eu lieu hier, faut pas rater ça.

Ils joignirent un groupe en partance pour le comptoir escopalien. Un camion bâché assurait une navette hebdomadaire, qui acheminait le prêtre du camp.

Ils gagnèrent une route longeant la côte, que sillonnaient trax et tombereaux. Les conversations allaient bon train.

— Quelques minutes ont suffi aux scaras à découper la tôle de mon engin, commentait un chef de char. Personne ne s’en est aperçu avant l’arrivée à Camp-Polcher. Il va falloir regarnir le préblindage latéral.

— Ils mangent le métal ? questionna Lorin.

— Tu ne sais pas d’où ils viennent ?

Lorin se rendit compte que le sujet leur répugnait. Même à Dom-Dom, d’ordinaire si loquace.

L’un d’eux consentit à donner quelques renseignements.

— Les espèces originales de scaras ne se trouvent que dans le vide spatial, ou sur les montagnes émergeant du cocon d’atmosphère de certaines planètes. Les colons de l’espace les appellent punaises du vide. Ils ont un cycle semi-organique : ils combinent protéines structurelles carbonées et métal, en un alliage d’une résistance extraordinaire. Des ingénieurs Yuweh les ont acclimatés aux conditions planétaires. Ils se reproduisent par parthénogenèse, parfois aussi par sporulation. Mais ils fabriquent leurs carapaces et le revêtement de leurs pattes en commun, dans des usines miniatures. Ils ne cessent de s’améliorer, en modifiant leurs articulations et leurs organes au gré de leurs tâches. C’est pourquoi pas un scara ne ressemble à l’autre. Leur matériel génétique est très stable, pour résister aux radiations cosmiques. Leur espèce varie peu : c’est pour cela qu’ils ont appris à modifier leurs composants non organiques.

« La FelExport utilisait une espèce génétisée de punaises du vide pour repérer des filons et les dégager. Au début, tout allait bien. Puis les scaras se sont mis à déborder des carrières. Les ingénieurs de la FelExport ont fait exactement ce qu’il ne fallait pas : ils ont entamé un processus d’extermination. Les scaras sont diablement intelligents, ils ont migré dans les plaines abandonnées, ou en attente d’exploitation. Maintenant, il y en a partout. Aujourd’hui, leur emploi est interdit. Cela ne sert à rien. Un jour, ils seront les maîtres de Felya. Les grandes compagnies commencent à s’en rendre compte, partout dans l’univers. Mais pour les populations il est déjà trop tard. Peut-être que seuls les hommes-taupes survivront.

— Ne dis pas cela, protesta un autre. Des animaux ne peuvent pas dominer le monde. Tes paroles s’apparentent à un blasphème.

— Tu n’auras qu’à te confesser tout à l’heure.

La répartie donna le signal d’une explosion de rires libératrice. Les explications du tankiste posaient plus de questions qu’elles n’en résolvaient – qui étaient les hommes-taupes, et les Yuweh présents dans les légendes de tous les clans ? Un regard de Dom-Dom réduisit Lorin au silence.

Le camion pénétra dans l’enceinte du comptoir escopalien. Une église massive à clocher étincelant dominait une rosace de bâtiments hôteliers, ainsi que des rangées de petits pavillons blancs à toit rouge.

— Dans ces pavillons, les missionnaires installent les pouilleux convertis, expliqua Dom-Dom tandis que le camion se garait au pied de l’église. On les surnomme les « domestiques ». Ils fournissent une main d’œuvre bon marché pour le comptoir. D’ailleurs, ce sont eux qui l’ont construit. De temps en temps, les gars du complexe industriel viennent en embaucher un paquet, quand ils manquent d’ouvriers ou lors d’une grève. Les missionnaires sont bien vus de tout le monde.

Ils sautèrent à bas de la plate-forme. Les hommes se dirigèrent vers les bâtiments excentriques. Cédant à la curiosité, Lorin leur emboîta le pas. Il entra à la suite de Dom-Dom dans une vaste salle tapissée de tentures tapageuses. Des canapés cramoisis avaient été disposés de façon désordonnée. Des femmes en déshabillé, les lèvres badigeonnées de rouge, les accueillirent avec des gloussements d’oiseaux-vaches. Certaines feuilletaient des magazines défraîchis. Lorin s’immobilisa, frappé par l’incongruité du spectacle.

Dom-Dom le poussa en avant.

— Qu’est-ce que tu attends ? Elles ne vont pas te bouffer. Tu as peur de les engrosser ? Ne t’inquiète pas, j’ai entendu dire qu’elles étouffaient leur progéniture sitôt le cordon ombilical coupé.

Lorin pâlit. Il repassa le seuil de la maison close et s’enfuit en courant. Dom-Dom ne chercha pas à le rattraper.

Les premiers rubans d’éther coloré ondulaient au ras de l’horizon, dans le sillage de Fraad et de Lossheb. Les nuages les plus élevés s’employaient sans succès de les atteindre.

« Bientôt les marées de lumière », se dit le jeune homme heureux de penser à autre chose. Dans quelques jours, le ciel tout entier célèbrerait le mariage des deux astres.

Ses pas le menèrent jusqu’à la grande église qui formait le centre de la rosace de bâtiments. Un indigène engoncé dans un habit de gardien le refoula. Ses jambes s’achevaient juste au-dessous du genou. Saisi de gêne, Lorin évita de lorgner les moignons. Sans doute avait-il sauté sur une mine antipersonnel.

— Le prêtre ne reçoit pas, il est en prière toute la journée. Il prie pour le repos de ton âme valeureuse.

Il valait mieux ne pas insister. Lorin demanda, pour la forme, s’il avait entendu parler d’une femme enceinte, aux yeux d’arc-en-ciel.

— La femme dont tu me causes n’existe pas ! Elle n’est qu’une croyance d’hérétiques, inventée par le Démon pour détourner les justes de la voie droite. Les fables sont mauvaises. Repens-toi d’y accorder crédit.

Cette véhémence subite décontenança Lorin. L’espace d’un instant, il avait perçu la peur luire dans l’œil de l’infirme. Ce dernier avait entendu parler de Soheil, revêtue du voile de la légende.

Sans avertissement, le gardien lui claqua la porte au nez. Lorin attendit à l’ombre du camion que les soldats aient fini leur affaire. La présence d’un bordel en plein centre d’une mission religieuse l’intriguait. Ce fut Dom-Dom qui lui en fournit la raison, sur le chemin du retour.

— Parmi les filles que nous ramassons dans les tribus, il y en a qui ne sont pas bonnes pour les bordels du Thore. Nous les amenons ici. Les missionnaires s’en servent pour attirer les pouilleux. Des appâts, avec un beau mariage à la clé. Les couples sont logés dans les charmants pavillons blancs. En compensation, une partie des filles est laissée à un usage moins sacré.

Il se replongea dans la lecture d’une bande dessinée pornographique que lui avait vendu une prostituée. Des pastilles se dissimulaient dans les phylactères. Il suffisait de les presser pour faire jaillir une séquence sonore. Laquelle se réduisait en général à des cris de jouissance exagérée ou une apostrophe obscène.

Le chauffeur du camion avait les pires difficultés à conserver la ligne droite. Un tombereau roulant en sens inverse leur fit un appel de phares.

— Cet imbécile est imbibé, il va nous flanquer dans le fossé.

Un soldat tapa du poing contre la cabine. Le camion se déporta sur la droite, quittant la piste. Il parcourut une centaine de mètres dans les cahots, sans faire mine de s’arrêter. Puis le moteur cala.

— Nous sommes sortis de la piste. Vous avez vu le panneau ? Le coin est criblé de fondrières de scaras. Si jamais il y a…

— La ferme. Descendez, il faut remplacer Ossip si on veut éviter la catastrophe. Qui s’y colle ?

Les hommes se poussèrent. Au bout de la rangée, Lorin fut le premier à descendre. Au moment où ses pieds touchaient le sol, tout s’effondra.

Il traversa des couches de terre meuble, comme si sa masse avait centuplé et que le sol se révélait incapable de le soutenir. Comme si des boulets rivés à ses chevilles l’entraînaient jusqu’au centre de Felya. Une avalanche de terre et de cailloux s’écoulait sur sa tête et ses épaules, l’étouffant, remplissait des alvéoles qu’il avait crevées sous son poids. Des formes sombres semblaient nager à l’intérieur.

« Une fondrière », réalisa-t-il dans un éclair de lucidité. Il avait glissé dans un piège de scaras. Au-dessus de sa tête, la voix de Dom-Dom s’étouffa tandis que le jour s’obscurcissait. Lorin ouvrit la bouche pour hurler, mais ses cordes vocales ne lui obéissaient plus.

Les pseudo-insectes le recouvrirent, en une nappe cliquetante qui n’épargnait que sa tête. Grouillement de pattes, de pinces, de carapaces, d’élytres. Il voulut bouger, mais ses nerfs s’étaient tendus à craquer, ligotant ses muscles ; ses ligaments maintenaient le squelette au bord de la désarticulation. Un cauchemar, il faisait un cauchemar de kaléidoscine. Il ne sentait d’ailleurs plus les mille attouchements des pattes le pinçant de toutes parts. Des mandibules clappèrent, crissant sur son battle-dress. La résille noyée dans le tissu ne résista pas plus de dix secondes à la puissance des minuscules tenailles.

« Ils vont me déchiqueter », constata-t-il avec un curieux détachement. Toute terreur l’avait quitté, ses membres se dénouaient. Que se passait-il ? Il ramena un bras au niveau des yeux. La terre croula autour de ses hanches, collant à sa peau humide de sueur. Hormis quelques coupures, elle était intacte.

Il lui fallut une minute pour comprendre que les scaras ne l’avaient pas touché.

Il ne sut jamais comment il avait eu la force de se hisser hors de l’entonnoir-piège. Peut-être les scaras l’avaient-ils aidé à regravir les trois ou quatre mètres de dénivelé, afin de limiter les dégâts qu’il occasionnait à leur nid.

Le camion s’était éloigné d’une centaine de mètres. Tous attendaient à l’arrière du camion, à l’exception de Dom-Dom.

Le soldat courait au-devant de lui. Il portait une couverture. C’est à ce moment que Lorin s’aperçut de sa nudité.

— Les scaras n’en voulaient qu’à mes vêtements…

Sa voix était rauque comme s’il avait parlé une journée entière. Dom-Dom lui jeta la couverture sur le dos et l’entraîna vers le véhicule.

— Les scaras peuvent cisailler les alliages les plus durs sans aucun problème. Même les gilets pare-balles en polymères ne leur résistent pas. Tout le monde te croyait perdu, mais il faut croire que ce n’était pas ta chair qui les intéressait. Le camion partait. Wolf t’a aperçu dans le rétroviseur, en train de ramper comme une larve.

Les soldats s’écartèrent sans un mot, en évitant de le regarder. Le camion démarra sur-le-champ.

Durant le trajet, Lorin remarqua le malaise qui s’était emparé des hommes. Un mutisme obstiné les tenait rigides, lèvres serrées. Au moment où le camion pénétrait dans Camp-Polcher, il surprit un regard empreint de répulsion. Était-il dû à sa nudité, qui le rendait à son statut de primitif ? Ou bien était-ce autre chose ?

Dans le camp, les permissionnaires traînaient leur désœuvrement.

Jelal exigea un rapport immédiat. Lorin fut considéré responsable de la perte du treillis. Il le rembourserait sur sa solde, et toute permission lui était retirée pour les six mois à venir. Heureusement, il n’avait pas emporté son Baz, les armes étant prohibées dans le comptoir. Sinon, sa condamnation à mort aurait été automatique.

— Ceux qui tombent dans une fondrière n’en reviennent pas, lui confia Dom-Dom. Il y a dix ans, il est arrivé la même chose à un type du bataillon Tri. Il s’en est tiré, lui aussi. Les scaras avaient volé sa boucle de ceinture et l’avaient énucléé, afin de prélever son implant. C’est comme si le pauvre gars avait subi une opération chirurgicale. Les scaras avaient pris soin de refermer la plaie. Les vaisseaux sanguins avaient été suturés avec une précision de médikit, la paupière recousue… Ton cas est différent. Personne, jamais, ne s’en est sorti indemne. Le Père pourrait parler de miracle.

Lorin ne comprenait pas la haine dont il fit l’objet dans tout le bataillon, après que l’histoire eut circulé.

— On dirait qu’ils auraient espéré ne pas me voir remonter en vie.

Dom-Dom grimaça.

— Tu n’aurais pas dû t’en tirer. Il existe un clan au large de la colonie du Thore, derrière les marigots : les Honuas, qui ont édifié un village souterrain. Cela fait des années que Jelal essaie de les extirper de leur tanière. Mais les Honuas, les hommes-taupes, ont fait un pacte avec les scaras. Personne ne sait pour quel motif les insectes les laissent tranquilles. Une chose est sûre, ce pacte est diabolique. Voilà pourquoi tu es suspect à leurs yeux.

Lorin secoua la tête en signe d’incompréhension.

— Pourquoi le pacte serait-il mauvais ?

— Les scaras ne sont pas des animaux créés par Dieu. Le Père te l’expliquerait mieux que moi, je n’aime pas penser à ce genre de choses. Ils sont différents. Leurs articulations sont en acier, ils ont des câbles électriques en guise de veines. Tu te rappelles de ce que je t’ai dit : ils sont à moitié vivants.

— À moitié vivants ? Mais enfin, on est vivant ou on ne l’est pas !

Dom-Dom haussa l’épaule.

— Si c’était aussi simple… Un jour, une dizaine de Yuweh sont descendus les étudier. Ils sont venus à bord de leur propre vaisseau, une sorte de fleur palpitante grande comme une ville. Un conseillé militaire de la FelExport, un dénommé Lark, les accompagnait. Ils étaient enfermés dans des caissons blindés aveugles remplis d’atmosphère empoisonnée. Personne ne sait à quoi ils ressemblent, leur tâche est de rendre habitables les mondes accessibles par les Portes de Vangk. Je n’étais pas enrôlé à l’époque, mais on m’a raconté. Ce sont eux qui ont créé les scaras, pour les compagnies minières. Ils sont restés près d’un an, puis sont repartis sans crier gare, comme s’ils avaient le diable aux trousses. On n’en a plus jamais entendu parler. À dater de ce jour, l’utilisation des scaras a été prohibée. Qui sait ce que les Yuweh avaient découvert…

« Il vaut mieux arrêter là. Nous sommes sur la pente du blasphème.

Lorin ne put en tirer un mot de plus. À partir de ce jour, tout changea. Les hommes s’étaient donnés le mot et le jeune homme fut mis à l’index. Même Dom-Dom semblait se méfier de lui, comme s’il en avait trop dit.

 

Trois jours plus tard, le bataillon Kvin fut réveillé par le carillon d’alerte.