CHASSER LES CHASSEURS
Bill Smith
3 ap. BY
Chasser les chasseurs est une courte nouvelle initialement parue dans le Star Wars Galaxy Magazine #6 en 1996 puis mise à disposition sur internet aux membres de la section Hyperspace du site officiel www.starwars.com. Elle est écrite par Bill Smith, auteur entre autres de différents articles figurant dans les ouvrages de la série Essential Guides, et est agrémentée d’une couverture signée Omaha Pérez.
L’histoire se déroule peu avant les évènements de l’épisode V, environ 3 ans après la Bataille de Yavin. Nous assistons en effet à un essai de recrutement par l’Empire d’un chasseur de primes répondant au doux nom de Nariss Siv Loqesh, censé rejoindre l’équipe de choc constituée sur l’ordre de Dark Vador dans le but de retrouver le contrebandier rebelle Han Solo.
Titre original : Hunting the Hunters
Seigneur Dark Vador,
Par votre directive, j’ai préparé un rapport sur l’énigmatique chasseur de primes travaillant sous le nom de Nariss Siv Loqesh. Il est difficile de travailler avec lui – même selon les standards de la profession – mais il est également très bon pour ce job. Selon vos ordres, Nariss a reçu l’ordre de rejoindre les autres chasseurs de primes Boba Fett, Bossk, IG-88, Dengar, 4-LOM et Zuckuss pour la traque des hors-la-loi rebelles Han Solo et Leia Organa. Je suis persuadé que ses compétences seront d’une grande utilité.
Je reste votre serviteur le plus dévoué,
Major Herrit
Renseignements Impériaux.
Données des Renseignements Impériaux :
Nariss Siv Loqesh est un brillant chasseur dont le taux de capture approche les 90 %. Il a opéré en tant que chasseur licencié pendant plus d’une dizaine d’années, accomplissant une carrière étonnamment longue pour une profession aussi mortelle.
Il n’y a pas d’enregistrements visuels permettant l’identification de cet individu, en raison de certaines lacunes dans les registres informatiques. Son insistance à travailler avec une armure corporelle complète lui assure le secret de son identité. En fouillant parmi les enregistrements IOCI, mes agents ont déterminé que sa première licence de chasseur de primes lui fut fournie par une agence locale sur Sperin (dans le secteur Bajix). Aucune information complémentaire n’est disponible.
Malgré le mystère entourant ses origines, les résultats de Loqesh sont indiscutables. C’est un expert au tir au blaster. Il semble savoir très bien se comporter avec les commanditaires, et être capable de récolter les informations là où elles se trouvent. Il n’a jamais travaillé directement pour l’Empire.
Bien que sa position actuelle soit inconnue, nous contacterons Nariss via un autre commanditaire qu’il connaît bien nommé Crote. Ce dernier a été vu pour la dernière fois sur Garnib, nous présumons qu’il se trouve encore sur cette planète.
C’était une chaude nuit, ce qui n’aidait pas beaucoup le moral de Bie Breil’lya. Le jeune Bothan était heureux d’être à l’intérieur.
Tout en fouillant sa poche pour trouver la clef codée de sa chambre, Bie pensa à toutes les horribles tortures qu’il voudrait faire subir à son cousin, Tav, pour l’avoir envoyé sur ce misérable monde au milieu de l’été. Il espérait qu’un verre frais de chi’ffa glacé serait suffisant pour le rafraîchir malgré sa fourrure.
La seule lumière dans la pièce obscure était un voyant clignotant sur la console de communication. Bie laissa échapper un profond soupir en jetant son sac sur le lit. Il ordonna à la console de lire le message tout en cherchant le bouton d’éclairage.
Clignotant encore une fois, la vidéo afficha un Twi’lek habillé d’un manteau à capuchon. Il remuait nerveusement. Dans le bruit de fond, Bie put entendre que l’enregistrement avait été fait sur communicateur vidéo public :
— Breil’lya nous devons déplacer notre rendez-vous. Demain matin, 0500 heure au petit café du coin de…
Click !
Bie virevolta en entendant le son reconnaissable entre mille du loquet de sécurité d’un blaster qu’on retire. La silhouette en armure, à moitié cachée dans l’ombre, leva un imposant blaster vers Bie.
— Vous êtes Bie Breil’lya, du clan Alya.
Bie leva ses mains, sa fourrure ondulant rapidement en signe de panique.
— Je peux doubler la prime que l’on vous a promise. Ma famille est riche. Je vous donnerai n’importe quoi pour que vous me laissiez partir !
— En effet, n’importe quoi.
L’énergie bleue enveloppa le Bothan.
Bie reprit lentement conscience. Il avait été suspendu, les pieds posés sur une chaise, ses mains maintenues par des menottes. La pièce fortement éclairée sentait le lubrifiant à servomoteurs et les gaz d’échappement des turbines. Comme n’importe où sur la planète, il faisait inconfortablement chaud. Alors que sa vision s’accommodait, il put voir un yacht spatial noir hors du hangar.
Le bourdonnement d’un générateur énergétique mal réglé martelait ses oreilles… quand il réalisa que le générateur fonctionnait normalement et que c’était sa tête qui vibrait. Hormis le mal de tête lancinant, et bien, tout semblait encore fonctionner normalement.
— Ah, mon ami le Bothan velu est réveillé.
Bie détermina lentement la source du bruit, puis lutta pour se concentrer sur le visage qui se tenait devant lui. Les effets du rayon paralysant étaient encore assez puissants. Il ne reconnut pas la voix, mais alors qu’il étudiait le visage, il réalisa que l’armure de combat et le casque qui lui étaient si familiers n’étaient plus là. Un horrible visage scarifié le fixait.
— Si j’étais aussi moche, je remettrais le casque vite fait.
La seule réponse de l’alien fut de transférer son poids d’une jambe à l’autre.
Rassemblant son courage, Bie se redressa – un peu chancelant – essayant de paraître aussi fort que possible. Il se concentra pour contrôler les ondulations nerveuses de sa fourrure… les calmant… puis exprimant le courage et la détermination.
— Tu ne t’en sortiras pas comme ça.
Il lui sembla avoir dit : « Du ne d’en zortiras ba comme za. ».
L’alien sourit :
— Tu n’as pas idée du nombre de fois où j’ai entendu ça. Maintenant, sois brave et coopère, veux-tu ?
D’une poussée rapide, Bie fut propulsé vers le vaisseau. L’alien se pencha à côté de lui :
— Que tu respires ou non, tu rapportes autant. J’imagine que tu préfères respirer.
— Hé bien, Nariss, je vois que tu as capturé ton Bothan.
La voix haut perchée, mais indéniablement masculine, s’éleva au-dessus des vrombissements du générateur énergétique. Une petite silhouette humanoïde avança doucement à travers le hangar. C’était un Bimm : d’apparence humaine, mais d’à peine un mètre de haut. Sa silhouette si particulière était dissimulée derrière une longue veste noire – inhabituel car les vêtements préférés des Bimms étaient généralement agrémentés de couleurs voyantes – mais il semblait avoir le même ton insupportablement gai si propre à son peuple.
Nariss – si cela était son véritable nom – se tourna :
— Une fois encore, je te suis redevable, Crote. Cette fois le montant est de 400 crédits.
Nariss sortit une petite bourse de sa ceinture et choisit huit petits disques de plastique.
— Que veux-tu faire de celui-là, Nariss ? demanda Crote en mettant les pièces dans sa poche.
Nariss sourit – une image terrifiante que ce visage souriant – et tapota la tête de Crote.
— Parfois, il vaut mieux que le commanditaire ne sache pas tous les détails, n’est-ce pas ? Celui-là a une certaine valeur aux yeux d’Hutts assez généreux… Et c’est une cible alléchante pour mes concurrents. Il fera un excellent « appât ».
Un « appât ? » inaudible sortit de la bouche du Bothan. Nariss fixa la victime ligotée.
— Je ne te parlais pas, mon ami. Maintenant, s’il-te-plaît, reste calme. Tu me déconcentres.
La main de Nariss glissa vers son blaster pour appuyer ces mots.
— Comme je disais, c’est un appât. Il y a quelques « concurrents professionnels » avec qui j’ai des affaires personnelles à régler. La prime pour la tête de ce Bothan les attirera vers moi. Et à ce moment-là seulement, ils comprendront que c’était un piège de ma confection. Je suis sûr que la plupart d’entre eux m’ont oublié depuis longtemps.
Le Bimm secoua la tête et ricana.
— Un chasseur qui chasse les chasseurs. Nariss, t’es un sacré numéro ! Avant que tu ne te débarrasses de ce morceau de fourrure, tu as été appelé par l’Empire pour une chasse. Ils veulent t’enrôler pour la traque d’une Princesse devenue rebelle et de – devine qui – Han Solo et le Wookiee.
— Solo. D’abord Jabba, maintenant l’Empire. Il a un don pour se faire remarquer. Qui va-t-il énerver ensuite, Vador ?
— En fait, Vador est à sa poursuite. Toute l’élite des chasseurs en est…
— Ça ne me regarde pas. Je ne travaille pas pour l’Empire. Je travaille pour moi. Mes chasses. Ma façon.
— Mais, Nariss… Fett, Bossk et Dengar sont déjà dans l’affaire. Si tu veux être considéré comme l’un des meilleurs, tu dois y aller !
— Je suis le meilleur, mon petit ami. Si Fett veut être une marionnette de l’Empire, c’est son choix.
Crote secoua la tête :
— Je ne comprends pas. On n’envoie pas promener quelqu’un comme Vador.
Nariss regarda Crote droit dans les yeux. Il détestait mettre en danger le Bimm. Et il savait que les Impériaux voudraient interroger Crote pour savoir s’il savait quelque chose.
Le petit escroc méritait mieux. Il avait sorti Nariss de plusieurs mauvaises passes durant quelques années.
— J’ai besoin d’en finir avec ça. Tu ne m’as pas vu. Tu ne sais pas où je suis. Si quelqu’un demande – particulièrement l’Empire – dis-leur que j’ai disparu sans laisser de traces. Mais ne t’inquiète pas, je reste en contact.
Seigneur Dark Vador,
Malgré plusieurs avertissements fermes, le chasseur connu sous le nom de Nariss Siv Loqesh a apparemment… décliné… l’invitation à rejoindre la traque de la Princesse Leia Organa et Han Solo. Selon les paroles de Crote, son commanditaire, Nariss n’a pas été vu depuis plusieurs semaines.
Selon vos directives actuelles, une prime pour « localisation et capture » pour le crime de trahison a été placée sur ce chasseur plus qu’ingrat. Je n’ai aucun doute sur le fait que la prime de 25 000 crédits sera suffisante pour garantir sa capture… et pour rappeler aux autres chasseurs où se trouvent leurs intérêts.
Je reste votre serviteur le plus dévoué,
Major Herrit
Renseignements Impériaux.