Le bandit n’eut même pas l’opportunité d’émettre le moindre bruit avant de heurter le sol, la caisse anti-masse giclant de ses mains dans l’obscurité. Selty eut le temps de jurer et d’attraper son blaster avant de tomber, Maranne au-dessus de lui. Un coup puissant avec son genou, et il fut inconscient.

— Vous êtes blessé ? demanda Palror derrière eux.

— Non, ça va, l’assura Riij en reprenant l’équilibre. (Derrière le Tunroth, le troisième bandit gisait dans une position pas très naturelle.) Beau boulot avec Bullkey, ajouta-t-il.

— Sans parler de la caisse, ajouta Maranne, récupérant leurs blasters sur la ceinture de Selty, et rendant le sien à Riij. Comment avez-vous réussi ce coup-là ?

— C’était moi, fit Trell, émergeant de derrière l’un des autres landspeeders. Juste un stylet moléculaire admirablement lancé.

— Un code sifflé et un stylet moléculaire, fit Riij en secouant la tête. Vous deux êtes plein de ressources, n’est-ce pas ?

— Le stylet était un cadeau, expliqua Trell en s’accroupissant près de la caisse anti-masse. Bon sang, la lame est cassée.

— Peu importe la lame, rétorqua Maranne en s’accroupissant à son tour. Ramasse les gemmes.

— Oublie les gemmes, fit Riij.

Il jeta un œil dans la direction où Grobber les autres étaient partis. Le sauvetage avait été incroyablement silencieux ; mais s’il prenait à Grobber l’envie de regarder en arrière avant d’arriver à la forteresse de Thyne, eux quatre pouvait encore finir leur vie comme fertilisant.

— Partons simplement d’ici.

— Mais…

— Non, il a raison, fit Trell, les dents serrées. Si ce qui se passe à la forteresse de Thyne s’arrête trop tôt, nous pourrions encore trouver les gars de Grobber en train de nous attendre sur la rampe du Hopskip. Prends simplement la caisse, peu importe ce qu’il reste à l’intérieur.

Maranne siffla quelque chose de désagréable, mais elle se leva quand même, la caisse désormais à moitié vide dans les mains.

— Très bien, fit-elle amèrement. Et l’épice ?

— Laissons-là, lui dit Trell. Corran a dit qu’on ne souhaitait pas être attrapé transportant de l’épice, et j’ai tendance à être d’accord avec lui.

— Nous pourrons prévenir la CorSec en route et leur dire où la récupérer, ajouta Riij. Allons-y.

Ils s’installèrent dans le landspeeder.

— En parlant de Corran et de la CorSec, commenta Trell en allumant les moteurs. Il s’avère que l’un fait partie de l’autre.

— Corran fait partie de la Sécurité Corellienne ? demanda Maranne en fronçant les sourcils. Tu plaisantes.

— C’est ce que lui et Hal avaient l’air de dire, fit Trell. La dernière fois que nous les avons vus, ils partaient à la recherche de Thyne.

Riij tiqua.

— Au milieu de sa propre forteresse ? Ils n’ont aucune chance.

— C’est également ce qu’on a pensé, confirma Palror. Mais si l’on compte le nombre de guerriers de Thyne ici et ceux qui combattent les Impériaux hors de sa forteresse, il semblerait que certaines zones à l’intérieur pourraient être presque désertes.

— Presque ne pourrait pas être suffisant, fit Maranne. Et concernant Kast ? Il était toujours là, non ?

— J’ai arrêté d’essayer de deviner à quel jeu joue Kast, fit Trell en faisant faire une embardée au landspeeder pour contourner un camion-speeder Herglic. Tout ce que je sais, c’est qu’il a donné à Corran le stylet moléculaire qui nous a sortis d’ici.

— Et nous ne croyons pas qu’il se soit agi d’un piège, ajouta Palror. Nous avons été rattrapés par des bombardiers TIE en quittant la forteresse, mais après identification, ils nous ont autorisés à passer.

— Cela doit être grâce à Corran et Hal, fit Trell. On prétend que la CorSec travaille beaucoup avec les Impériaux ces temps-ci.

— Oui, murmura Riij.

Il se rappela la brève dispute qu’il avait eue avec Coran à propos de la Rébellion. Il apprenait maintenant que Corran faisait en réalité partie de la CorSec. Pouvait-il avoir deviné les vraies loyautés de Riij rien qu’avec cette conversation ?

— On nous a tous les deux autorisés à passer, lui rappela doucement Palror.

— Je comprends, lui dit Riij. Je comprends aussi que la façon dont tout s’est déroulé ici ne signifie pas grand-chose. Si nous arrivons au Hopskip sans nous précipiter dans une embuscade – provenant de n’importe quel camp de ce jeu de pouvoir – alors peut-être que je pourrais croire que nous nous en serons sortis avec ça.

— Sortis avec quoi ? demanda Maranne.

Riij leva les mains.

— Avec ce que nous avons fait, quoi que ce soit.

Il n’y eut pas d’embuscade sur la rampe du Hopskip. Aucun de leurs anciens compagnons – Corran, Hal ou Kast – ne les attendait également.

Les attendait simplement une unique datacarte.

— Cela ressemble au même matériel que Kast a utilisé pour coller le stylet moléculaire aux barreaux de la cellule de Corran, remarqua Trell en examinant les résidus de colle qui restaient sur la carte. On la lit ici, ou bien à l’intérieur ?

— À l’intérieur, fit fermement Riij en prenant la datacarte et en jetant un coup d’œil aux alentours. Et pas avant d’avoir quitté cet endroit. Toi et Maranne, lancez les procédures de décollage ; Palror et moi allons voir si personne ne nous a laissés d’autres surprises.

Lorsque Riij et Palror revinrent de leur inspection du vaisseau, Trell avait vérifié et démarré les moteurs, tandis que Maranne avait lancé le navordinateur pour réfléchir à leur trajet.

— Tout semble bon, déclara Riij aux autres en s’installant dans son siège. Tout du moins, il n’y a rien de flagrant. Vous avez déjà parlé à la tour de contrôle ?

— Nous serons les troisièmes à partir, lui dit Maranne. Tu veux nous chanter une berceuse, maintenant ?

— Bien sûr, fit Riij.

De derrière Trell provint un faible son râpeux – probablement Riij qui ôtait les derniers morceaux d’adhésif de la datacarte – puis un bref claquement alors qu’il la glissait dans son datapad.

— Elle vient de Kast, fit-il. À l’équipage et aux passagers du Hopskip : bien joué.

— Bien joué ? grommela Maranne. Qu’est-ce que… ?

— Chut, la coupa Trell. Continue.

— « Vous avez parfaitement accompli la mission qui vous était assignée, continua Riij. Vous pouvez maintenant retourner sur l’Admonitor et récupérer votre chargement. Cette datacarte servira de preuve au Capitaine Niriz, qui saura que vous avez accompli votre part du travail et que vous pouvez récupérer votre cargaison. » Puis elle est signée de son nom ainsi que ce qui ressemble à une marque d’identification.

— Donc il ne va pas revenir, hein ? demanda Trell, un sentiment curieux lui étreignant les entrailles. Je ne suis pas sûr d’aimer ça.

— Il doit s’être arrangé pour que son paiement soit délivré ailleurs, fit Maranne. On dirait bien que lui et Niriz ne s’entendent pas très bien.

— Peut-être que son paiement est dans ce qui reste des caisses anti-masse, suggéra Palror.

— Je n’y compterai pas, fit Riij. Il y a un post-scriptum : « Ne retournez pas à l’entrepôt du Dewback pour les autres caisses anti-masse. Elles sont vides. »

— Quoi ? gronda Trell, se tournant pour regarder Riij par-dessus son épaule. Allons, c’est complètement fou. Tu es en train de me dire que les deux caisses que tu as emportées au Havre du Mynock sont les deux seules à avoir quelque chose à l’intérieur ? Quelles sont les chances qu’une telle chose arrive ?

— Pas si faibles que ça, en fait, fit Maranne en souriant. Pas quand tu considères que ce sont les deux seules que nous pouvions ouvrir puis sceller à nouveau. Ils nous ont menés par le bout du nez depuis le début, n’est-ce pas ?

— Exactement, confirma Riij. Et ne te préoccupe plus des gemmes Feu de Durind ou de l’épice, les deux sont des contrefaçons.

Trell regarda à travers le cockpit, pour découvrir que Maranne le fixait. Il n’y avait plus rien à dire.

Il y eut un autre léger bruit derrière lui au moment où Riij retira la carte du datapad.

— Écoutez, nous nous en sommes une fois de plus sortis, leur rappela-t-il, tendant la datacarte à Trell. Mes instructeurs avaient l’habitude de dire que toute mission que vous n’abandonnez pas n’était pas un échec. Peut-être rencontrerons-nous Corran et Hal un jour prochain et aurons le fin mot de l’histoire.

Trell fit tourner la datacarte entre ses doigts.

— J’en doute, fit-il. Je dirais plutôt qu’aucun d’entre nous ne saura jamais de quoi il retourne. (Il rangea la carte dans un compartiment du tableau de bord.) Allez Maranne, partons d’ici.

— Je sais que ce genre de choses vous dérange, fit le Capitaine Niriz en tendant à son invité un verre d’eau minérale R’alla âgée, donc je ne vais le dire qu’une seule fois. Lorsque j’ai entendu les rapports faisant état d’actions militaires sur Corellia, j’ai été inquiet pour votre sécurité. Je suis heureux de voir mes craintes infondées.

— Merci Capitaine, répondit le Grand Amiral Thrawn. (Il accepta le verre tendu et sirota une gorgée. Il était toujours vêtu de son armure de Jodo Kast, mais sans le casque et les gants.) Vous avez cependant tort de penser que les sentiments d’inquiétude et de soutien me dérangent. Au contraire, la loyauté est l’une des qualités que j’apprécie le plus parmi mes subordonnés et mes collègues.

— Et l’autre ? demanda Niriz, qui se remplit à son tour un verre d’eau minérale.

— La compétence, répondit Thrawn. La cargaison du Hopskip a-t-elle été rendue ?

— C’est en train d’être fait, monsieur, fit Niriz.

Avec la plupart des gens, pensa-t-il d’un air distant, l’ajout d’une armure Mandalorienne créerait instantanément un fort sentiment de puissance et de mystère. Avec Thrawn, au contraire, elle semblait diminuer ce sentiment d’autorité qui était encore là.

— Le pont a pour ordre de m’informer lorsqu’ils s’en iront. (Il leva un sourcil.) À ce propos : vous m’aviez promis de me raconter toute l’histoire lorsque vous seriez revenu.

— Et j’en ai bien l’intention, l’assura Thrawn. J’attends simplement qu’une autre personne se joigne à nous.

Derrière Niriz, la porte s’ouvrit. Niriz se retourna, ouvrant la bouche pour réprimander l’officier ou le membre d’équipage qui se permettait d’entrer dans le bureau privé du Capitaine sans autorisation. L’instant d’après, il se levait précipitamment, les mots restant coincés dans sa gorge comme si on était en train de l’étrangler. Une silhouette vêtue d’une armure venait de franchir la porte avec arrogance.

— Ah, Seigneur Vador, fit Thrawn en se levant plus facilement. Bienvenue à bord de l’Admonitor. Nous sommes honorés de votre présence.

— Tout comme nous le sommes de la vôtre, Amiral Thrawn, fit Dark Vador, une pointe de défi dans sa voix grave. Vous avez presque six heures de retard.

— Je sais, mon Seigneur, et je m’excuse de vous avoir fait attendre, répondit Thrawn en un geste de déférence. Mais vu comment les choses ont tourné, j’ai été obligé de modifier significativement le plan que je vous avais soumis.

— Mais l’objectif a bien été atteint ? demanda Vador.

— Il l’a été, en effet, fit Thrawn. Zekka Thyne et la branche Corellienne du Soleil Noir de Xizor ont été effectivement éliminés.

Niriz observa Thrawn, surpris.

— Zekka Thyne ? Mais je pensais…

— Vous pensiez que l’Empereur avait un arrangement avec Xizor ? demanda Vador, tournant son sombre masque vers lui.

Niriz déglutit. Vador avait une certaine réputation concernant les officiers qui lui avaient déplu… mais d’un autre côté, Thrawn exigeait une honnêteté absolue de la part de ses subordonnés.

— Oui, mon Seigneur, dit-il. C’est ce que je pensais.

La posture de Vador sembla se relâcher légèrement.

— Pour le moment, peut-être, c’est vrai. Mais de tels arrangements sont faits pour être modifiés. (Il se retourna vers Thrawn.) Mais j’ai entendu dire que des Impériaux étaient entrés en action contre la forteresse de Thyne.

— Un petit combat, rien de plus, l’assura Thrawn. Et la bataille a été initiée par les hommes de Thyne, comme tous les protagonistes pourront vous le confirmer. L’enregistrement vous montrera également que les Impériaux se trouvaient dans la zone seulement parce que leur commandant avaient reçu une information faisant état d’une force Rebelle qui se rassemblait dans la forêt.

— Information que vous avez fournie, bien entendu ? demanda Vador.

— Bien sûr, acquiesça Thrawn. Et puisqu’il n’y a aucun lien possible entre le code de vérification que j’ai utilisé et aucune de vos forces ou de vos contacts, le Prince Xizor ne pourra faire aucune connexion entre vous et le mystérieux informateur.

— Et pourtant des troupes Impériales ont été impliquées, insista Vador. Sa première pensée ira certainement pour moi.

Thrawn secoua la tête.

— En fait, mon Seigneur, cette implication marginale des Impériaux vous fera remonter dans son estime. Il s’attendait sûrement à ce que vous lanciez une attaque Impériale totale – pour laquelle il aurait pu aisément remonter jusqu’à vous – ou bien évitiez scrupuleusement l’envoi de troupes Impériales, préférant vous reposer sur vos chasseurs de primes et autres mercenaires. L’ambigüité de la situation actuelle va le rendre confus et peu sûr de lui. Ce qui, je crois, était l’un de vos objectifs clés.

— Effectivement, fit Vador, qui semblait confus. Mais comme vous l’avez dit, Xizor est au courant pour mes connexions avec les chasseurs de primes. Et même si Jodo Kast n’en fait pas partie, votre assassinat de Thyne, en étant déguisé en Kast, va attirer l’attention sur moi.

Thrawn sourit.

— Certes, mais je n’ai pas assassiné Thyne. J’ai pu laisser son destin entre les mains de deux agents de la CorSec sous couverture.

Vador inclina légèrement sa tête sur le côté.

— Je ne me souviens pas que des agents de la Sécurité Corellienne aient été mentionnés dans nos discussions, Amiral.

— Les deux agents se sont rattachés d’eux-mêmes à mon groupe, fit Thrawn. Et dès le début, il est apparu évident qu’ils se trouvaient à Coronet City dans le but spécifique d’atteindre Thyne. Cela s’est avéré être une opportunité tellement parfaite que j’ai décidé de modifier le plan d’origine, afin que ce soit eux qui s’occupent de Thyne.

— Alors Thyne n’est pas mort ?

Thrawn soupira.

— Dans le pire des cas, il n’a plus de pouvoir, fit-il. À l’heure actuelle, le savoir dans une prison de la CorSec sert mieux nos intérêts qu’une mort rapide. Cela permettra au Prince Xizor de s’inquiéter quant à d’éventuels secrets que les Corelliens pourraient découvrir en l’interrogeant. Une distraction majeure ; et la distraction, je crois, était un autre de vos objectifs clés.

Il y eut un bruit provenant du panneau de com. S’avançant vers la console, Niriz l’alluma.

— Niriz, fit-il.

— Contrôle de la baie de chargement, répondit une voix. Rapport conformément à vos ordres : le Hopskip vient de partir.

— Merci, fit Niriz. Signalez au pont de surveiller son vecteur lorsqu’il passera en vitesse lumière.

— Oui, monsieur.

Niriz coupa la communication.

— Je suppose que les contrebandiers et leurs amis Rebelles ont accompli correctement leur part du travail ? demanda Vador.

— Presque correctement, l’assura Thrawn. Ils m’ont fourni l’excuse nécessaire pour que je fasse déplacer les hommes de Thyne et que les agents de la CorSec aient la voie libre.

Les yeux invisibles derrière le masque noir semblèrent fondre sur le visage de Thrawn.

— Et l’autre partie de votre plan ?

Thrawn releva l’un de ses sourcils bleutés vers Niriz.

— Capitaine ?

— Oui, monsieur, fit Niriz. Un dispositif traceur a été installé à l’intérieur de chaque blaster qu’ils transportaient.

— Et les caisses remises exactement comme elles étaient ?

— Au millimètre près, confirma Niriz. Ils n’ont aucun moyen de découvrir que les caisses ont été ouvertes, encore moins trafiquées.

Le Seigneur Noir acquiesça.

— Excellent, fit-il.

La com bipa de nouveau.

— Capitaine, ici le pont. Le Hopskip vient d’entrer en hyperespace. Leur vecteur nous donne comme destination le système de Shibric.

— Merci.

Niriz se tourna vers Thrawn en haussant les sourcils.

Le grand Amiral fit un signe de tête.

— Préparez un trajet vers les Régions Inconnues, lui ordonna-t-il. Notre tâche ici est terminée.

— Bien, monsieur.

Niriz transmit l’ordre et coupa la communication.

— À moins, ajouta Thrawn en fixant Vador, que vous ne souhaitiez que je traite directement avec Xizor.

— C’est en effet une pensée très tentante, fit Vador d’une voix teintée de menace. Un alien contre un autre ? Mais non. Xizor est mien.

— Comme vous le souhaitez, fit Thrawn. Malheureusement, je crains que Shibric ne soit pas la destination finale de ces damnés Rebelles. D’après leur vecteur, et d’après d’autres informations que j’ai glanées durant mon voyage, je pense que leur ultime destination est quelque part dans le système Derra.

— Les dispositifs traceurs nous le confirmeront, fit Vador. Mais des rumeurs courent en effet sur le système Derra, qui pourrait abriter une forte présence Rebelle. Je m’assurerai d’avoir une force armée là-bas.

— Très bien, fit Thrawn. Une dernière suggestion, puis-je supposer que nous partirons par des chemins séparés ? J’ai cru comprendre que le général aux commandes des forces terrestres de l’Exécuteur avait démissionné soudainement il y a un mois. J’ai pu observer la bataille hors de la forteresse de Thyne durant un instant, en attendant d’être sûr que les contrebandiers s’échappent ; et je pense que l’officier Imperial en charge gâche sa carrière dans une garnison.

— Votre opinion a un impact important, fit Vador. Je suis sûr que vous le savez. Le nom de cet officier ?

— Le Colonel Veers, fit Thrawn. Étant donné son niveau tactique, je dirais qu’il est bon pour une promotion. Mais peut-être que ses connexions politiques au sein de la hiérarchie laissent à désirer.

— Les considérations politiques ne me concernent pas, grommela Vador en se dirigeant vers la porte. Je verrai ce que je peux faire avec ce Colonel Veers. Merci, Amiral.

— De rien, Seigneur Vador, répondit Thrawn en inclinant respectueusement la tête. Un service contre un autre. Peut-être aurons-nous la chance de travailler ensemble à nouveau.

Une fois de plus, les yeux dissimulés semblèrent se fondre dans le visage du Grand Amiral.

— Peut-être, fit-il. Au revoir, Amiral.

Et dans un ultime tourbillon de cape, il fut parti.

— Un exercice intéressant, remarqua Thrawn. (Il se dirigea vers la bouteille de R’alla et remplit à nouveau son verre et celui de Niriz.) Mais j’ai des doutes. Je sens que cette Rébellion est plus puissante et mieux organisée que ce que s’imagine le Seigneur Vador. J’espère que nos actions vont lui permettre de leur porter un coup fatal. (Ses yeux étincelèrent lorsqu’il but une gorgée du liquide.) Mais ce ne sont pas nos affaires, au moins pas pour le moment. Nos affaires, ce sont les Régions Inconnues, et il est temps d’y retourner.

— Oui monsieur. (Niriz hésita.) Si je peux me permettre, Amiral… votre dernier commentaire suggérait que vous aviez reçu quelque chose en échange de l’aide apportée à Vador contre Thyne et le Soleil Noir. Puis-je savoir de quel service il s’agit ?

— Un don très personnel, Capitaine, répondit Thrawn. Ce qui explique pourquoi je ressentais un besoin très personnel d’orchestrer la destruction de Thyne. Le Seigneur Vador m’a donné un groupe de commandos aliens qui se sont avérés très utiles à ses yeux au fil des années. Bien que je n’en aie pas l’utilité dans les Régions Inconnues, nul doute que je reviendrai un jour au sein de l’Empire. À ce moment-là – eh bien, nous verrons de quoi ils sont capables.

— Je n’ai jamais entendu dire que Vador employait des aliens, fit Niriz d’un ton circonspect. Êtes-vous sûr qu’il dit…

— La vérité ? (Thrawn sourit.) Bien sûr que oui. Enregistrez bien leur nom, Capitaine : les Noghris. Je vous garantis que vous en entendrez parler. (Il vida son verre et le reposa.) Mais maintenant, allons sur le pont. Les Régions Inconnues nous appellent, et il nous reste encore beaucoup de travail.