CHAPITRE XIII

Gallandro tira un objet de son ceinturon.

Sa voix sortit de nouveau de la console com.

— Solo, vous m’entendez ? (En guise de réponse, Yan alluma les feux de son cargo.) Allons, vous n’allez pas bouder l’ami qui vient de vous sauver la vie ?

Oh, que si ! Surtout quand il est aussi rusé et rapide avec un blaster.

Yan activa néanmoins le micro de son casque.

— C’est vous qui commandez, pour le moment, Gallandro.

— Voilà qui est mieux… L’affabilité arrondit beaucoup d’angles. La situation ne vous a pas échappé, je suppose ? On peut dire ce qu’on veut, mais vous êtes pragmatique avant tout. Veuillez avoir l’obligeance d’ouvrir votre sas et de descendre à terre, pour que nous tirions cette affaire au clair.

Yan aurait voulu suggérer au tueur d’aller s’asseoir dans un convertisseur en surchauffe. Mais un coup d’œil au destroyer suffit à le ramener à de meilleurs sentiments. Les turbolasers, les batteries jumelées, les lance-missiles et les rayons tracteurs étaient tous braqués sur son cargo.

Au premier faux pas, nous deviendrons un joli petit nuage de gaz…

Soupirant, Yan déboucla son harnais. Dehors, il pourrait peut-être retourner la situation. Mais se retrancher dans le cockpit n’avancerait à rien.

Se retournant, il vit que Spray, posté au fond du cockpit, l’observait.

Quand Fiolla apparut près du Tynnien, il lui vint à l’esprit qu’elle aurait une certaine valeur, comme otage. Mais avec tous les risques qu’elle avait déjà courus, il se demanda si la menacer inquiéterait réellement Gallandro. L’homme paraissait implacable. Et croirait-il son adversaire capable d’abattre une jeune femme de sang-froid ?

Yan en doutait.

— Voilà tes amis…, lâcha-t-il, amer. L’Autorité a la situation en main. Tu auras droit à une belle promotion, Fiolla.

La jeune femme s’écarta de la sortie. Spray jeta un regard étrange à Solo, puis l’imita.

Dans le passage, Yan retrouva Bollux.

— Va dans le cockpit et garde un photorécepteur braqué sur la situation. Si nous ne revenons pas, le cargo sera à toi. A moins que Recouvrements Interstellaires Ltd. lui mette le grappin dessus. Bonne chance. Les affaires n’étaient pas terribles, ces derniers temps…

Le sas ouvert, Yan rejoignit Gallandro au pied de la rampe d’accès. Devant son regard noir, le tueur se fendit d’un signe courtois de la tête.

— Ne vous avais-je pas dit que nous nous reverrions ?

Un défi à peine voilé…

Yan fut tenté de dégainer son blaster. Au souvenir de la rapidité du tueur, il préféra ajourner l’affrontement. Cet homme était son égal – au minimum.

Gallandro dissimula mal sa déception.

— Très bien. Gardez votre blaster, au cas où vous changeriez d’avis. Inutile, je pense, de vous rappeler que des armes sont braquées sur vous. Ne faites rien de soudain sans me prévenir, capitaine.

Yan et Chewbacca se postèrent de chaque côté de la rampe d’accès. Gallandro en resta assez éloigné pour les tenir tous les deux à l’œil. Aussi conscient de la situation que son partenaire, le Wookie garda son arbalète à l’épaule.

Yan s’attendait à voir le tueur accueillir Fiolla avec une certaine chaleur. Lui accordant seulement un sourire railleur, Gallandro attendit que le dernier occupant débarque…

Spray apparut et avança en se dandinant.

Sans perdre Solo de vue, le tueur s’inclina.

— Maître Odumin, soyez le bienvenu. Vous venez de remporter un grand succès. C’est remarquable, après avoir délaissé si longtemps les interventions sur le terrain.

Le Tynnien leva les yeux vers son interlocuteur, nettement plus grand que lui.

— J’ai eu de la chance, mon ami. Et sachez que je préfère de loin les tâches administratives…

Chewbacca couina et Yan en resta bouche bée.

— Odumin ? Le directeur régional ? Sale petit asticot, je devrais…

La voix de Yan mourut. Quel sort réserver à un pareil félon ?

Spray eut l’air froissé.

— Allons, allons, capitaine, un peu de tenue ! J’ai vraiment commencé comme agent de recouvrement, vous savez. Mais au fil de mon ascension dans la hiérarchie de l’Autorité du Secteur Corporatif, j’ai trouvé plus pratique d’utiliser des tiers. Pour combattre ce trafic d’esclaves, où sont impliqués mes assistants et certains Espos, j’ai dû mener ma propre enquête avec le soutien de quelques fidèles comme Gallandro.

Il croisa ses doigts palmés et prit l’air pensif d’un professeur en chaire. Oubliant sa colère, Yan se surprit à l’écouter pérorer.

— Le problème était archi-complexe, continua Spray/Odumin. D’abord, les informations que vous avez volées à Zlarb, et qui vous ont conduit sur Bonadan, m’ont convaincu que vous étiez l’esclavagiste. Au spatioport, quand vous vous êtes dirigé vers le hangar, j’ai cru que vous alliez quitter la planète. Une paire de gants de travail et du solvant industriel susceptible de servir d’anesthésiant m’ont donné une idée. J’y ai vu l’occasion de me procurer les informations que vous déteniez tout en vous faisant soupçonner vos associés. Mais vous vous êtes révélé plein de ressource, capitaine.

— Je n’arrive toujours pas à croire que vous ayez eu le cran de me sauter dessus, même dans l’obscurité !

Spray se redressa de toute sa taille.

— Ne commettez pas l’erreur qui a perdu tant d’imbéciles. Je suis bien plus fort qu’il n’y paraît. L’avantage de votre meilleure vue neutralisé, vous auriez été intoxiqué par les émanations toxiques plus vite que moi. Car je peux retenir ma respiration assez longtemps. Mais après notre petite lutte, Gallandro m’a informé de votre véritable identité. Je tenais la solution du problème !

— La solution ?

Spray se tourna vers Chewbacca.

— Souvenez-vous du Huitième Gambit d’Ilthmar : un combattant solitaire qu’on envoie pour attirer l’ennemi hors de sa cachette ? Capitaine Solo, vous étiez ce pion capital ! Les esclavagistes savaient que vous n’étiez pas un agent de la sécurité et que vous ne pouviez pas en appeler aux autorités compétentes. Vous les avez contraints à des actes qui les rendaient vulnérables.

Yan se tourna vers Fiolla.

— Et toi ?

Spray répondit à la place de la jeune femme :

— Elle est ce qu’elle dit : une employée ambitieuse, organisée et loyale. Ce coup de torchon libérera des postes au sein de mon organisation. Je compte récompenser Fiolla. La place de directeur régional adjoint sera bientôt libre…

— Une sinécure au sein de l’Autorité ! cracha Yan. Le pire gang de pillards qui ait jamais infesté la galaxie !

— On n’élimine pas la corruption en claquant des doigts, dit Fiolla. Mais les gens qui travaillent de l’intérieur feront évoluer les choses, comme Spray s’y efforce.

— Vous voyez ? renchérit Spray. Nous nous complétons à merveille. Malgré votre fougue et vos divers talents, capitaine, vous n’aurez jamais une influence durable sur l’Autorité. Des êtres comme Fiolla et moi réussiront peut-être ce que les blasters ne sont pas en mesure de faire. Que dites-vous de ça ? Et au nom de quoi trouveriez-vous notre amie critiquable ?

Au lieu de répondre, Yan se tourna vers Gallandro.

— Pourquoi m’avoir défié, dans ce cas ?

— Le clan Glayyd est un problème à part. Ses archives sont reliées à un commutateur d’autodestruction surveillé par des membres loyaux du clan. Nous ne pouvions pas prendre le risque de récupérer les preuves pour les voir disparaître au dernier moment…

« Le patriarche Mor Glayyd se méfiait des esclavagistes, qui le soupçonnaient de vouloir leur soutirer plus d’argent. Ce ne sont pas des philanthropes, vous savez.

Donc, ils ont fait des avances discrètes au clan Resboon. Quand le Mor Glayyd l’a appris, il a contacté Spray, craignant que les siens ne soient bientôt victimes d’une trahison. Peu après, il est mort empoisonné – une idée de Zlarb, semble-t-il.

« Je vous ai tous précédés ici. Après l’atterrissage en catastrophe du Faucon, Odumin – désolé, monsieur – Spray a réussi à me recontacter. J’y ai vu une occasion d’utiliser le Code pour que les Glayyd deviennent vos obligés. Proposer mes services aux Resboon n’avait rien de sorcier. Et ils sont persuadés que l’idée de défier le nouveau Mor Glayyd vient d’eux !

— Une inspiration géniale, approuva Odumin. C’est également à votre instigation que les Resboon ont ouvert l’émetteur de la navette, n’est-ce pas ?

Gallandro haussa modestement les épaules.

Yan se serait volontiers flanqué des gifles…

— Une petite minute, Spray… Comment l’avez-vous contacté ? Vous étiez coincé en haute montagne…

Odumin eut soudain l’air chagriné.

— Hum… Oui. Des experts en communication guettaient mon signal. Mais je devais m’assurer d’avoir l’usage de l’unité com du Faucon assez longtemps pour que Gallandro reçoive mon message.

Il se retourna vers le Wookie.

— À ce propos, je vous dois des excuses. Pour vous tenir éloigné le temps nécessaire, j’ai effrayé le troupeau avec une fusée éclairante… Je désirais seulement vous isoler un moment, sans deviner que ces ruminants seraient si nombreux et vous mettraient en danger. Je suis sincèrement navré…

Chewie faisant la sourde oreille, Odumin n’insista pas.

— Un tueur à gages de plus, donc…, lâcha Yan en regardant Gallandro. Je me trompe ? Un laquais de l’Autorité…

L’homme sourit.

— Ne soyez pas si prompt à juger les autres, Solo. D’autant que j’ai été à votre place. Moi aussi, j’ai tout fait et tout vu. Un jour, je me suis lassé de jouer à cache-cache avec la mort, surtout pour des activités dépourvues d’intérêt. Ne dormir que d’un œil ne m’amusait plus. Et j’y ai gagné un avenir digne de ce nom. Un jour ou l’autre, vous y viendrez aussi. Croyez-moi.

Jamais ! se jura Yan.

Mais Gallandro l’intriguait vraiment.

— Bien, reprit Spray, Magg et les autres ayant été capturés, avec les preuves que nous détenons, nous avons un dossier en ferrobéton.

— Vous n’avez plus besoin de nous ? lança Yan, plein d’espoir.

— Je crains de ne pas pouvoir vous laisser partir. Mais je ferai de mon mieux pour vous obtenir l’indulgence du jury…

— L’indulgence d’un tribunal de l’Autorité ?

Détournant le regard, Spray eut l’air sincèrement chagriné.

— Gallandro, vous n’avez pris personne avec vous ? Qui ramènera le Faucon Millenium au spatioport ?

— Eux, répondit le tueur en désignant Yan et le Wookie. Je les accompagnerai, histoire qu’ils soient sages.

Spray secoua la tête.

— Quel risque insensé ! Je sais que renoncer à votre duel ne vous a pas rempli de joie, mais les circonstances l’exigeaient. Inutile de recourir à des provocations gratuites !

— Je les accompagnerai, insista froidement Gallandro. N’oubliez pas que je travaille pour vous… sous certaines conditions.

— Oui… (Pensif, Spray se lissa les moustaches.) Eh bien, capitaine Solo, après tout, c’est l’affaire de Gallandro. Donc, je n’interviendrai pas. Mais évitez tout acte inconsidéré, si vous tenez à la vie. (Il tendit une patte amicale au pilote.) Bonne chance.

L’ignorant, Yan se tourna vers Fiolla, qui refusa de croiser son regard. Les mains posées sur son arbalète, Chewbacca garda la tête droite et évita également le regard de Spray.

Attristé, le directeur régional baissa le bras.

— Si vous parvenez à ne pas finir en prison, je vous conseille de quitter au plus vite le territoire de l’Autorité, pour ne jamais y revenir. Fiolla, allons-y. Et surtout, Gallandro, reprenez la datacarte de Zlarb au capitaine Solo !

Sa queue balayant la poussière, Spray se détourna et s’en fut à pas lents.

Sans un regard en arrière, Fiolla lui emboîta le pas.

Gallandro tendit la main vers Chewbacca.

— Désolé, mais je ne peux pas vous laisser armés tous les deux. Votre arbalète, je vous prie.

Le Wookie grogna comme s’il était prêt à en finir une bonne fois pour toutes. Mais dans ce cas, il avait toutes les chances d’être abattu sur place. Et Yan aussi, probablement…

— Donne-la-lui, Chewie !

Après un dernier grognement, le Wookie obéit à contrecœur. Gallandro évita de se rapprocher trop de ses longs bras poilus.

Puis, d’un geste, il les invita à remonter à bord.

— Bon, dit-il, si votre copilote a la bonté de préparer le vaisseau au décollage, nous nous occuperions de la data-carte. Attention, mon ami, pas de ruse ! Contentez-vous de faire chauffer les moteurs. La vie de votre partenaire en dépend.

Le Wookie tourna les talons et Yan se dirigea vers sa minuscule cabine.

Ignorant le désordre qui y régnait, il se campa devant sa mini-armoire et fourra la main droite dans la poche intérieure de sa combinaison thermique pour en sortir le boîtier de Zlarb.

Il sentit que la pince était fixée au revers de la poche…

Ce Wookie a du génie ! jubila Yan.

De l’index droit, il appuya sur le bouton de désamorçage, sortit le boîtier et le sépara de sa pince.

Gallandro tendit la main droite sans se méfier.

Il avait pensé que Solo pourrait profiter de l’instant où il prendrait l’objet pour dégainer son blaster. Dans ce cas, il s’en mordrait les doigts ! Mais alors que les deux hommes avaient encore la main droite sur le boîtier, Yan se contenta de lâcher la touche de désamorçage.

Tous les deux hurlèrent en encaissant un neurochoc paralysant.

Le boîtier tomba sur le sol.

Les dents serrées, Gallandro foudroya du regard Yan, qui ouvrit lentement son holster.

De la main gauche, le tueur tenta de l’imiter, mais il y renonça très vite.

De toute façon, Solo ne fit pas mine de dégainer son blaster.

Il se contenta de faire tourner son ceinturon pour placer l’arme à portée de sa main gauche.

Son sourire envolé, Gallandro l’imita.

— Je devais équilibrer nos chances, dit Yan sur le ton de la conversation. Vous n’y voyez aucun inconvénient, j’espère… Quand vous voudrez, Gallandro !

De la sueur perlant sur sa lèvre supérieure, le tueur fléchit les doigts. Yan faillit dégainer, mais il se ravisa.

À Gallandro de décider !

Le tueur baissa le bras gauche.

Alerté par les cris, Chewbacca fit irruption dans la cabine.

Yan arracha son blaster à Gallandro et le fourra entre les pattes du Wookie.

— Tiens-le à l’œil ! Je vais essayer de nous tirer de là !

Dès qu’il entra dans le cockpit, il consulta les instruments de bord. Les moteurs chauffaient toujours. Et rien d’autre. Sur l’ordre de Gallandro, l’armement, les boucliers et le reste n’étaient pas engagés.

La neuro-décharge n’ayant pas été terrible, le pilote sentait déjà son bras droit revenir à la vie.

Pour tout le bien que ça me fera…

Il fronça les sourcils, troublé de constater que très peu de temps avait passé depuis qu’ils étaient à bord.

Spray et Fiolla atteignaient tout juste la cage de sécurité.

Furieux, Yan tapa du poing sur la console.

— Voyez-vous ça ! J’aurais pu avoir deux otages parfaits si l’artillerie était en service ! Ou les ramener ici avec un rayon tracteur.

— Il n’y a pas que les rayons tracteurs pour manipuler du fret, dit une voix haut perchée. N’est-ce pas, Bollux ?

— Max a raison, renchérit le droïd, assis sur le siège du navigateur.

Plastron ouvert, il avait gardé un photorécepteur braqué sur la situation.

— En tant que droïd ouvrier, je tiens à vous signaler…

Yan poussa un cri de victoire et appela son copilote.

— Chewie, cramponne-toi, mon vieux ! C’est parti !

Il poussa les moteurs à fond, puis décolla et fila sous le ventre du destroyer.

Se fichant que le Faucon tangue follement, Yan accéléra encore. Au prix de très légères corrections de trajectoire, il arracha la cage de sécurité au rayon tracteur du monstrueux destroyer.

En un éclair, elle se retrouva suspendue aux mandibules de proue du Faucon.

— Pulvérisez-moi, les gars ! Et votre directeur régional avec !

Personne n’ouvrit le feu sur le Faucon Millenium.

Le destroyer se lança pourtant à la poursuite du cargo.

Mort de rire, Yan pilota néanmoins avec son talent habituel. Si quelque chose arrivait à Fiolla et à Spray, le Faucon serait instantanément anéanti. Du coup, il fut rassuré de voir que le bras de suspension de la cage était fermement accroché à la mandibule.

Chewbacca réapparut avec son prisonnier, qu’il poussa sur le siège de l’officier des communications avant de s’installer.

Gallandro se lissa les moustaches et ajusta ses vêtements…

— Solo, aviez-vous besoin de me laisser entre les mains de ce monstre ?

Puis il s’avisa que la situation avait changé du tout au tout.

— On dirait vous avez repris les choses en main ! s’exclama-t-il, admiratif. Félicitations ! Mais cessez de rigoler comme un gosse… Le directeur régional est un type sensé. Je suis sûr qu’il acceptera vos conditions, si elles sont raisonnables. Vous laisser en liberté ne devrait pas lui paraître excessif. Ensuite, nous pourrions nous battre en duel, par curiosité. Il vous suffirait de décharger mon blaster. Qu’en dites-vous ? J’aimerais savoir qui l’aurait emporté.

Très occupé par un pilotage délicat, au-dessus des hauts pics d’Ammuud, Yan daigna jeter un coup d’œil à Gallandro.

— On paie pour voir la main de l’adversaire, mon vieux. Vous, vous avez jeté vos cartes…

Le tueur hocha la tête.

— Naturellement. Qu’avais-je donc à l’esprit ? Mais d’autres occasions se présenteront, capitaine. Ces circonstances étaient… exceptionnelles.

Ils savaient tous les deux que c’était la vérité.

— Si vous avez recouvré l’usage de votre bras, activez donc la console com et contactez le capitaine du destroyer. Dites-lui que je veux un répit pour finir les réparations du Faucon… et un peu d’avance. Qu’il ne fasse pas le malin, s’il ne veut pas ramasser Spray à la petite cuiller.

— Avec des garanties des deux côtés, répondit calmement Gallandro, vous aurez toute satisfaction.

Yan ralentit, rassuré. Les Espos ne le canarderaient pas.

Il tapa amicalement sur le bras de son copilote.

— Qu’est-ce qui t’a donné l’idée de piéger la pince du boîtier de sécurité ?

Chewbacca répondit par une série de grognements.

Yan se tourna face à sa console, histoire de ne pas se trahir.

Gallandro ne comprenait sûrement pas le wookie. En revanche, s’il remarquait la perplexité du pilote…

Chewbacca n’avait jamais piégé la pince. Or, une seule autre personne savait où le boîtier était caché…

Yan se pencha pour apercevoir ses otages, dans la cage. Spray s’était recroquevillé dans un coin. Cramponné aux barreaux et au filet de sécurité, il s’efforçait de ne pas succomber au mal de l’air tout en réfléchissant aux aléas de la vie.

Même avec ce renversement de situation, pensa Yan, le directeur régional pourrait se féliciter de sa journée.

Avant qu’ils ne se séparent pour de bon, il lui serrerait la main !

Bien campée sur ses jambes, Fiolla gardait les yeux rivés sur le cockpit du Faucon.Dès qu’elle croisa le regard de Yan, elle eut un sourire énigmatique.

La sachant capable de lire sur les lèvres, il articula en silence :

— Tu deviendras un membre redoutable du Conseil d’administration…

Fiolla éclata de rire.

Yan se radossa à son siège.

Gallandro venait de contacter le capitaine du destroyer.

— Il est possible que je sois obligé de retenir un peu plus un de mes otages, annonça Solo. Pour m’assurer que vous tiendrez parole.

Surpris, le tueur sursauta.

— Inutile de monter sur vos grands chevaux, mon cher ! Si vous êtes un homme digne de confiance, vous reverrez Fiolla saine et sauve.

Yan se pencha sur les capteurs, en quête d’un endroit où atterrir.

— À propos, demandez donc à nos amis combien d’argent le vaisseau « pirate » avait dans ses caisses. (Chewbacca aboya une question.) Comment ça, pour quoi faire ?

Quelqu’un nous doit toujours dix mille crédits, mon vieux ! L’aurais-tu oublié ?

Les dents serrées, Gallandro reprit ses négociations avec le capitaine espo.

Ravi, le Wookie martela les accoudoirs de son fauteuil de coups de poing.

Yan se releva à demi et souffla à Fiolla un baiser venu du fond du cœur.