Note 345: «La chose cependant se passa le plus tranquillement du monde, et lorsque M. de Talleyrand crut enfin devoir remettre la démission à Bonaparte, celui-ci se contenta de dire: «C'est bon!» Mais il en garda une rancune, dont nous nous sommes ressentis depuis. Il dit plus tard à sa sœur: «Vous avez eu bien peur pour votre ami?» Et il n'en fut plus question. Longtemps après, cependant, il en reparla à Fontanes, et lui avoua que c'était une des choses qui lui avaient fait le plus de peine.» Souvenirs de Mme de Chateaubriand.(Retour au texte principal.)
Note 346: La lettre de Talleyrand ne vint que dix jours après la lettre de démission; elle était ainsi conçue:
«12 germinal (2 avril 1804).
«J'ai mis, citoyen, sous les yeux du Premier Consul les motifs qui ne vous ont pas permis d'accepter la légation du Valais à laquelle vous aviez été nommé.
«Le citoyen Consul s'était plu à vous donner un témoignage de confiance. Il a vu avec peine, par une suite de cette même bienveillance, les raisons qui vous ont empêché de remplir cette mission.
«Je dois aussi vous exprimer combien j'attachais d'intérêt aux relations nouvelles que j'aurais eu à entretenir avec vous; à ce regret, qui m'est personnel, je joins celui de voir mon département privé de vos talents et de vos services.»(Retour au texte principal.)
Note 347: «Nous avions reçu douze mille francs pour frais d'établissement à Sion. Pour les rendre, nous fûmes obligés de prendre cette somme sur les fonds que nous avions encore sur l'État: elle fut remise à qui de droit deux jours après la démission.» Souvenirs de Mme de Chateaubriand.(Retour au texte principal.)
Note 348: Ce livre a été écrit à Chantilly au mois de novembre 1838.(Retour au texte principal.)
Note 349: Gustave IV, roi de Suède. Né en 1778, il monta sur le trône après la mort de son père Gustave III (1792). En 1809, il se vit contraint d'abdiquer, et le duc de Sudermanie, son oncle, fut proclamé roi sous le nom de Charles XIII. Gustave vécut alors à l'étranger sous le nom de comte de Holstein-Gottorp et de colonel Gustaffson, résidant alternativement en Allemagne, dans les Pays-Bas et en Suisse. Il mourut à Saint-Gall en 1837. Une des Odes de Victor Hugo lui est consacrée:
Il avait un ami dans ses fraîches années
Comme lui tout empreint du sceau des destinées.
C'est ce jeune d'Enghien qui fut assassiné!
Gustave, à ce forfait, se jeta sur ses armes;
Mais quand il vit l'Europe insensible à ses larmes,
Calme et stoïque, il dit: «Pourquoi donc suis-je né?»(Retour
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Note 350: Il y a ici une erreur de plume. Le duc de Bourbon était le père—et non l'aïeul—du duc d'Enghien. Il faut donc lire: «Le prince de Condé mit en garde son petit-fils.»—Chose singulière! les plus graves historiens se sont aussi trompés sur la filiation du duc d'Enghien, et peut-être chez eux n'était-ce pas simplement une erreur de plume, comme chez Chateaubriand. Au tome IV, p. 589, de l'Histoire du Consulat et de l'Empire, rappelant la lettre du 16 juin 1803, dont parle ici Chateaubriand, M. Thiers dit que le duc d'Enghien était le fils du prince de Condé. M. Lanfrey, dans son Histoire de Napoléon (T. III, p. 129), dit à son tour: «C'était le duc d'Enghien, fils du prince de Condé, jeune homme plein d'ardeur et de bravoure, toujours au premier rang dans les combats auxquels avait pris part l'armée de son père.»(Retour au texte principal.)
Note 351: Ce billet du prince de Condé à son petit-fils existe en effet: «Mon cher enfant, écrivait le prince, on assure ici, depuis plus de six mois, que vous avez été faire un voyage à Paris; d'autres disent que vous n'avez été qu'à Strasbourg... Il me semble qu'à présent vous pourriez nous confier le passé et, si la chose est vraie, ce que vous avez observé dans vos voyages...»—M. Thiers se prévaut de ces lignes pour donner comme à peu prouvés les voyages du duc d'Enghien à Strasbourg, et tout à l'heure, il ne manquera pas d'en tirer un argument en faveur de Bonaparte. Il se garde bien de faire connaître à ses lecteurs la réponse du duc d'Enghien, qu'il avait pourtant sous les yeux en même temps que le billet du prince de Condé,—réponse qui ne laisse rien subsister des insinuations de l'habile historien, j'allais dire de l'habile avocat. Voici le texte de cette réponse, datée d'Ettenheim, le 18 juillet 1803:
«Assurément, mon cher papa, il faut me connaître bien peu pour avoir pu dire ou chercher à faire croire que j'avais mis le pied sur le territoire républicain, autrement qu'avec le rang et la place où le hasard m'a fait naître. Je suis trop fier pour courber bassement la tête, et le Premier Consul pourra peut-être venir à bout de me détruire, mais il ne me fera pas m'humilier. On peut prendre l'incognito pour voyager dans les glaciers de la Suisse, comme je l'ai fait l'an passé, n'ayant rien de mieux à faire. Mais, pour la France, quand j'en ferai le voyage, je n'aurai pas besoin de m'y cacher. Je puis donc vous donner ma parole d'honneur la plus sacrée que pareille idée ne m'est jamais entrée et ne m'entrera jamais dans la tête. Des méchants ont pu désirer, en vous racontant ces absurdités, me donner un tort de plus à vos yeux. Je suis accoutumé à de pareils services, que l'on s'est toujours empressé de me rendre, et je suis heureux qu'ils soient enfin réduits à employer des calomnies aussi absurdes.
«Je vous embrasse, cher papa, et vous prie de ne jamais douter de mon profond respect comme de ma tendresse.»(Retour au texte principal.)
Note 352: Pierre-François, comte Réal (1765-1834), procureur au Châtelet avant la Révolution, substitut du procureur de la Commune en 1792, historiographe de la République sous le Directoire, conseiller d'État après le 18 brumaire, préfet de police pendant les Cent-Jours. Voir sur lui les Mémoires du chancelier Pasquier, I, 268, et les Mémoires de Mme de Chastenay, tome I.(Retour au texte principal.)
Note 353: Jean-Jacques-Régis de Cambacérès (1753-1824), député de l'Hérault à la Convention et aux Cinq-Cents; second consul après brumaire; sous l'Empire, archi-chancelier, prince, duc de Parme; aux Cent-Jours, pair et ministre de la justice.(Retour au texte principal.)
Note 354: Anne-Jean-Marie-René Savary, duc de Rovigo (1774-1833), général de division (7 février 1805), créé duc (23 mai 1808), ministre de la police générale (8 juin 1810), pair aux Cent-Jours, commandant de l'armée d'Algérie (1831-1832).—Aide de camp de Desaix, il était à ses côtés, à Marengo, lorsque la général fut tué par une balle qui lui traversa le cœur. À quelques jours de là, Bonaparte l'attacha à sa personne et le promut rapidement au grade de colonel, puis à celui de général de brigade (24 août 1803). Il était donc, lors de l'exécution du duc d'Enghien, général, et non colonel, comme le dit Chateaubriand. Depuis 1802, Savary dirigeait la police particulière et de sûreté du premier Consul.—Ses Mémoires pour servir à l'histoire de Napoléon (8 volumes in-8) ont paru en 1828.(Retour au texte principal.)
Note 355: Claire-Élisabeth-Jeanne Gravier de Vergennes (1780-1821), femme du comte Antoine-Laurent de Rémusat, premier chambellan de Napoléon et surintendant des théâtres. Elle-même était dame du palais de Joséphine. Outre un roman par lettres intitulé: les Lettres espagnoles, ou l'Ambitieux, roman qui est resté inédit,—elle avait composé un Essai sur l'éducation des femmes, qui parut deux ans après sa mort, en 1823, et des Mémoires, publiés en 1880 par son petit-fils, M. Paul de Rémusat. Ces Mémoires, qui forment trois volumes in-8o, vont de l'année 1802 à l'année 1808.(Retour au texte principal.)
Note 356: Mémoires de Mme de Rémusat. tome I, p. 321(Retour au texte principal.)
Note 357: 20 mars 1804.(Retour au texte principal.)
Note 358: André-Marie-Jean-Jacques Dupin, dit Dupin aîné (1783-1865), représentant aux Cent-Jours, député de 1827 à 1848, membre de l'Assemblée Constituante de 1848 et de l'Assemblée législative de 1849, sénateur du second Empire (27 novembre 1857); procureur général à la Cour de cassation, d'août 1830 à janvier 1852. Il donna sa démission de ce dernier poste pour ne pas s'associer aux décrets qui prononçaient la confiscation des biens de la famille d'Orléans, mais cinq ans après, il acceptait d'être renommé procureur général, en même temps qu'il était appelé au Sénat impérial. Il était membre de l'Académie française depuis le 21 juin 1832. Ses Mémoires (4 vol. in-8o) ont paru de 1865 à 1868.—La brochure de M. Dupin, à laquelle se réfère Chateaubriand, fut publiée en 1823 sous ce titre: Pièces judiciaires et historiques relatives au procès du duc d'Enghien, avec le Journal de ce prince depuis l'instant de son arrestation; précédées de la Discussion des actes de la commission militaire instituée en l'an XII, par le gouvernement consulaire, pour juger le duc d'Enghien, par l'auteur de l'opuscule intitulé. «De la Libre Défense des accusés.»(Retour au texte principal.)
Note 359: Allusion à une abominable réponse qu'on aurait faite, dit-on, à M. le duc d'Enghien. Ch.(Retour au texte principal.)
Note 360: Le général Hulin. Il avait été l'un des vainqueurs de la Bastille. Génevois d'origine, mais né à Paris vers 1759, ancien horloger, suivant les uns, engagé au régiment de Champagne, suivant d'autres, ci-devant domestique (chasseur) du marquis de Conflans, selon son propre dire consigné dans un mémoire signé de son nom, il était, en 1789, directeur de la buanderie de la Briche, près Saint-Denis. Emprisonné sous la Terreur, il prit du service après sa libération dans la première armée d'Italie, où il se fit apprécier de Bonaparte, et se trouva tout prêt à le seconder au 18 brumaire. Il était, lors de l'affaire du duc d'Enghien, commandant des grenadiers à pied de la garde des consuls. À la suite de l'exécution du prince, Bonaparte lui témoigna sa satisfaction, en le nommant successivement général de division, grand-officier de la Légion d'honneur, comte de l'Empire avec une dotation de 25 000 francs. Il était en 1812 commandant de la place de Paris, et c'est à lui qu'on doit en partie l'échec de la conspiration du général Malet. Blessé par celui-ci d'un coup de pistolet à la mâchoire, il reçut du peuple de Paris, qui l'aimait assez à cause de sa taille colossale, le petit sobriquet d'amitié de Bouffe-la-Balle. Malgré son rôle dans l'affaire du duc d'Enghien (ou peut-être à cause de ce rôle), il fut des premiers à se rallier aux Bourbons, au mois d'avril 1814. Il est vrai qu'il revint à l'Empire avec le même empressement pendant les Cent-Jours et fut alors rappelé au commandement de Paris. Banni de France en 1816, il y put rentrer trois ans après, et ne mourut qu'en 1841. (Voir les Hommes du 14 Juillet, par Victor Fournel.)(Retour au texte principal.)
Note 361: Sa brochure a pour titre: «Explications offertes aux hommes impartiaux par M. le comte Hulin, au sujet de la Commission militaire instituée en l'an XII pour juger le duc d'Enghien.—1823.(Retour au texte principal.)
Note 362: On trouve de curieux détails sur ce personnage dans les Mémoires de M. de Bourrienne, tome IV, pages 190 et suivantes. En 1800, le citoyen Jacques Harel, âgé de 45 ans, capitaine à la suite de la 45e demi-brigade, aigri par la destitution qui l'avait frappé, à bout de ressources, lia partie avec Céracchi, Aréna, Topino-Lebrun, Demerville et autres mécontents, et forma avec eux le projet de tuer le Premier Consul. Effrayé bientôt d'être entré dans le complot, il se résolut à le dénoncer, et ce fut Bourrienne, alors secrétaire de Bonaparte, qui reçut ses confidences. Il ne convenait pas aux desseins du Premier Consul que cette affaire fût arrêtée dans le début; il lui importait, au contraire, de pouvoir la présenter comme très grave. Ordre fut donné au dénonciateur de continuer ses rapports avec les conjurés. Lorsqu'il vint annoncer que ceux-ci n'avaient pas d'argent pour acheter des armes, on lui remit de l'argent. Lorsqu'il vint dire, le lendemain, que les armuriers, ne les connaissant pas, refusaient de leur remettre les armes demandées, la police leur délivra, par l'intermédiaire d'Harel, l'autorisation nécessaire. Harel comparut au procès comme témoin, et sur sa déposition Demerville, Aréna, Céracchi et Topino-Lebrun furent condamnés à mort. Pour lui, il reçut sa récompense: il fut réintégré dans les cadres de l'armée et nommé commandant du château de Vincennes.—Voir, outre les Mémoires de Bourrienne, le Procès instruit par le Tribunal criminel du département de la Seine contre Demerville, Céracchi, Aréna et autres, prévenus de conspiration contre la personne du premier Consul Bonaparte; un volume in-8o. Pluviôse an IX.(Retour au texte principal.)
Note 363: Le général Savary.(Retour au texte principal.)
Note 364: La brochure de Savary, comme celles de M. Dupin et du général Hulin, parut en 1823, avec ce titre: Extrait des Mémoires du duc de Rovigo, concernant la catastrophe de M. le duc d'Enghien.(Retour au texte principal.)
Note 365: Armand-Louis-Augustin, marquis de Caulaincourt (1773-1827). Il reçut de l'Empereur les fonctions de grand écuyer et le titre de duc de Vicence. Ambassadeur à Saint-Pétersbourg de 1807 à 1811, ministre des relations extérieures en 1813, il représenta la France au congrès de Châtillon (janvier 1814). Rappelé au ministère des affaires étrangères pendant les Cent-Jours, il fit, après la seconde abdication, partie de la Commission de gouvernement présidée par Fouché.—L'enlèvement du duc d'Enghien à Ettenheim fut bien moins une expédition militaire qu'un coup de main de police. Caulaincourt, à ce moment général de brigade et aide de camp du premier Consul, en fut chargé avec le général Ordener. Tous les deux prêtèrent la main au guet-apens; mais le rôle de Caulaincourt s'aggravait ici de cette circonstance qu'il avait été page du prince de Condé, et, comme tel, élevé pendant quelque temps auprès du duc d'Enghien.(Retour au texte principal.)
Note 366: Achille Roche, publiciste (1801-1834). Il fut secrétaire de Benjamin Constant. Il est l'auteur de deux ouvrages qui eurent, en leur temps, quelque succès: l'Histoire de la Révolution française, en un volume (1825); le Fanatisme, extrait des Mémoires d'un Ligueur (4 vol. in-12), 1827. L'écrit dont Chateaubriand cite ici quelques passages, et qui parut en 1823, est intitulé: De Messieurs le duc de Rovigo et le prince de Talleyrand, par Achille Roche.(Retour au texte principal.)
Note 367: La princesse Charlotte de Rohan-Rochefort. C'était pour se rapprocher d'elle que le duc d'Enghien était venu habiter Ettenheim, où vivait la princesse, près du cardinal de Rohan, son oncle. «Elle était, dit M. Théodore Muret, dans son Histoire de l'armée de Condé, t. II, p. 252, elle était unie au duc d'Enghien par un lien sacré. Pour quel motif le prince de Condé avait-il refusé de sanctionner ce mariage? on est à cet égard réduit aux conjectures. Quant à la naissance, il n'y avait pas dérogation, car le prince de Condé lui-même avait épousé une Rohan. La princesse, par ses qualités personnelles, était bien loin de donner prétexte à un refus. Voulut-on punir le duc d'Enghien d'avoir formé ce lien sans consulter son grand-père? Le désir ardent de voir se perpétuer sa glorieuse race fut-il le seul argument du chef de la maison contre un lien demeuré stérile?... Après la mort du duc d'Enghien, le duc de Bourbon offrit à la princesse Charlotte de sanctionner par un aveu tardif le mariage de son fils... Elle refusa cette offre, ne voulant pas de la fortune de celui dont on ne lui avait pas permis de porter le nom... Nous tenons de la source la plus respectable que, dans les premières années de la Restauration, la princesse Charlotte étant annoncée chez la duchesse de Bourbon, la duchesse s'avança vers elle en l'appelant ma fille.»(Retour au texte principal.)
Note 368: Antoine-René-Charles-Mathurin de Laforest (1756-1846). Il était entré dans la diplomatie sous Louis XVI. Talleyrand, qui l'avait beaucoup connu aux États-Unis, où Laforest avait été consul général, le nomma, dès son entrée au ministère des relations extérieures (18 juillet 1797), chef de la direction de la comptabilité et des fonds. Sous le Consulat, il accompagna Joseph Bonaparte au congrès de Lunéville, en qualité de premier secrétaire de légation; il fut ensuite envoyé à Munich, puis à la diète de Ratisbonne, comme chargé d'affaires extraordinaire. Il géra avec une grande habileté, au milieu des circonstances les plus difficiles, l'ambassade de Berlin, de 1805 à 1808, et celle de Madrid, de 1808 à 1813. Napoléon l'avait créé comte le 28 janvier 1808. À la chute de l'Empire, il dirigea par intérim le ministère des Affaires étrangères, du 3 avril au 12 mai 1814, et fut chargé par le roi de préparer le traité de Paris. La seconde Restauration le nomma ministre plénipotentiaire auprès des puissances alliées. Pair de France le 5 mars 1819, il devint, en 1825, ministre d'État et membre du Conseil privé. La Révolution de 1830 lui enleva ses emplois et dignités.(Retour au texte principal.)
Note 369: M. Paul de Rémusat raconte en ces termes comment les premiers Mémoires de sa grand'mère furent jetés au feu: «Le lendemain même du jour où le débarquement de Napoléon était public, Mme de Nansouty (Alix de Vergennes, mariée au général de Nansouty) était accourue chez sa sœur, tout effrayée et troublée des récits qu'on lui faisait, des persécutions auxquelles seraient exposés les ennemis de l'empereur, vindicatif et tout-puissant. Elle lui dit qu'on allait exercer toutes les inquisitions d'une police rigoureuse, que M. Pasquier craignait d'être inquiété, et qu'il fallait se débarrasser de tout ce que la maison pouvait contenir de suspect. Ma grand'mère, qui d'elle-même peut-être n'y eût pas pensé, se troubla en songeant que chez elle on trouverait un manuscrit tout fait pour compromettre son mari, sa sœur, son beau-frère, ses amis. Elle poursuivait en effet dans le plus grand secret, depuis bien des années, peut-être depuis son entrée à la cour, des Mémoires écrits chaque jour sous l'impression des événements et des conversations. Elle y racontait presque tout ce qu'elle avait vu et entendu... Elle songea à Mme Chéron, femme du préfet de ce nom, très ancienne et fidèle amie, qui avait déjà gardé ce dangereux manuscrit, et elle courut la chercher. Malheureusement Mme Chéron était absente, et ne devait de longtemps rentrer. Que faire? Ma grand'mère rentra tout émue et, sans réflexion ni délai, jeta dans le feu tous ses cahiers.» Préface des Mémoires, p. 75.(Retour au texte principal.)
Note 370: Voir l'Appendice no XI: Le conseiller Réal et l'anecdote du duc de Rovigo.(Retour au texte principal.)
Note 371: Mme de Staël, Dix années d'exil, p. 98.(Retour au texte principal.)
Note 372: Ces lignes sont extraites de l'article publié par Chateaubriand, dans le Mercure du 4 juillet 1807, sur le Voyage pittoresque et historique en Espagne, par M. Alexandre de Laborde.—Chateaubriand reviendra, dans le tome suivant, sur cet article du Mercure.(Retour au texte principal.)
Note 373: Boileau, Épître VII, À M. Racine.(Retour au texte principal.)
Note 374: Ce livre a été composé à Paris en 1839. Il a été revu en décembre 1846.(Retour au texte principal.)
Note 375: «Nous quittâmes la rue de Beaune au mois d'avril 1804, pour aller demeurer dans la rue de Miromesnil.» Mme de Chateaubriand, le Cahier rouge.—Le petit hôtel où s'installa Chateaubriand était situé rue de Miromesnil, no 1119, au coin de la rue Verte, aujourd'hui rue de la Pépinière. Ainsi que j'ai déjà eu l'occasion d'en faire la remarque, on numérotait alors les maisons par quartier et non par rue. Joubert, dans une lettre du 10 mai 1804, donne à Chênedollé d'intéressants détails sur la nouvelle installation de leur ami: «Il se porte bien; il vous a écrit. Rien de fâcheux ne lui est arrivé. Mme de Chateaubriand, lui, les bons Saint-Germain que vous connaissez, un portier, une portière et je ne sais combien de petits portiers logent ensemble rue de Miroménil, dans une jolie petite maison. Enfin notre ami est le chef d'une tribu qui me paraît assez heureuse. Son bon Génie et le Ciel sont chargés de pourvoir au reste.»(Retour au texte principal.)
Note 376: Sur M. de Tocqueville, petit-gendre de Malesherbes, voir, au tome I, la note 2 de la page 232.(Retour au texte principal.)
Note 377: Anne-Nicole Lamoignon de Blancménil, sœur de Malesherbes et femme du président de Senozan. Elle fut guillotinée quelques jours après son frère, le 21 floréal an II (10 mai 1794), le même jour que Madame Élisabeth. La marquise de Senozan était âgée de 76 ans. Son château, devenu plus tard la propriété de son petit-neveu, le comte de Tocqueville, était le château de Verneuil (Seine-et-Oise).(Retour au texte principal.)
Note 378: Alexis-Charles-Henri Cléret de Tocqueville, né à Verneuil le 29 juillet 1805, mort à Cannes le 16 avril 1859. Député de 1839 à 1848, représentant du peuple de 1848 à 1851, ministre des Affaires étrangères du 3 juin au 30 octobre 1849. Il était membre de l'Académie française depuis le 23 décembre 1841. Outre ses deux grands ouvrages sur la Démocratie en Amérique et sur l'Ancien régime et la Révolution, il a laissé des Souvenirs, publiés en 1893 par son neveu le comte de Tocqueville.(Retour au texte principal.)
Note 379: Le château du Ménil est situé dans la commune de Fontenay-Saint-Père, canton de Limay, arrondissement de Mantes (Seine-et-Oise). Il appartient aujourd'hui à M. le marquis de Rosambo.(Retour au texte principal.)
Note 380: Sur le mariage du comte Louis de Chateaubriand avec Mlle d'Orglandes, voir, au tome I, l'Appendice no III.(Retour au texte principal.)
Note 381: Le château de Mézy, dans le canton de Meulan (Seine-et-Oise).(Retour au texte principal.)
Note 382: Le château de Méréville était situé en Beauce. Il avait appartenu au célèbre banquier de la cour, Jean-Joseph de La Borde, qui en avait fait une habitation d'une splendeur achevée. Le parc, dessiné par Robert, le peintre de paysages, était une merveille. (Voir, pour la description du château et du parc, la Vie privée des Financiers au XVIIIe siècle, par H. Thirion, p. 278 et suiv.)—Jean-Joseph de La Borde fut guillotiné le 19 avril 1794. L'une de ses filles avait épousé le comte de Noailles, depuis duc de Mouchy; il en sera parlé plus loin.(Retour au texte principal.)
Note 383: L'héroïne des Aventures du dernier Abencerage.(Retour au texte principal.)
Note 384: «Au printemps de l'année 1805, nous prîmes un appartement sur la place Louis XV. Cette maison appartenait à la marquise de Coislin.» (Souvenirs de Mme de Chateaubriand.)—C'est la maison qui fait angle sur la rue Royale, en face de l'ancien Garde-Meuble de la Couronne, aujourd'hui ministère de la Marine.(Retour au texte principal.)
Note 385: Marie-Anne-Louise-Adélaïde de Mailly, de la branche de Rubempré et de Nesle, était née à la Borde-au-Vicomte, près de Melun, le 17 septembre 1732. Elle avait donc 73 ans, lorsque Chateaubriand alla loger dans son hôtel, en 1805. Fille de Louis de Mailly, comte de Rubempré, et de Anne-Françoise-Élisabeth l'Arbaleste de la Borde, elle était la cousine de Mlles de Mailly, filles du marquis de Nesle,—la comtesse de Mailly, la comtesse de Vintimille, la duchesse de Lauraguais, la marquise de la Tournelle (depuis duchesse de Châteauroux),—qui devinrent successivement les maîtresses de Louis XV.
Elle avait épousé en premières noces, le 8 avril 1750, Charles-Georges-René de Cambout, marquis de Coislin, qui devint maréchal de camp et décéda en 1771, sans postérité. Deux enfants, un fils et une fille, étaient bien nés de ce mariage, mais tous deux étaient morts au berceau.
La marquise de Coislin resta vingt ans veuve. En 1793, alors qu'elle était plus que sexagénaire, elle épousa, en second mariage, un de ses cousins, de douze ans plus jeune qu'elle, Louis-Marie, duc de Mailly, ancien maréchal de camp, qui la laissa veuve pour la seconde fois en 1795.—Il faut croire que ce mariage de 1793 ne reçut pas de consécration légale, puisque la duchesse de Mailly continua à être appelée la marquise de Coislin. Elle survécut vingt-deux ans à son second mari et mourut le 13 février 1817.(Retour au texte principal.)
Note 386: Sur la marquise de Coningham, voir au tome I la note 2 de la page 398.(Retour au texte principal.)
Note 387: Allusion à une épigramme de l'Anthologie.(Retour au texte principal.)
Note 388: «En quittant Méréville, M. de Chateaubriand fut passer quelque temps à Champlâtreux, et moi, par complaisance, je partis avec Mme de Coislin pour les eaux de Vichy. Cette bonne dame était très aimable, mais très difficile à vivre; son avarice surtout était insupportable. Pendant le voyage, elle me faisait une guerre à mort sur ce que je mangeais, bien que ce ne fût pas à ses dépens. Elle prétendait que c'était la plus sotte manière de dépenser son argent; aussi, dans les auberges se contentait-elle d'une livre de cerises qu'on lui faisait payer à raison de ce que ses domestiques avaient mangé, et ils se faisaient servir comme des princes; ils en étaient quittes pour une verte réprimande, qu'ils préféraient à la disette. Pendant la route, la conversation roulait en général sur la dépense de l'auberge que nous venions de quitter, ou sur la toilette de Mlle Lambert, sa femme de chambre. La pauvre fille était cependant fort mincement vêtue; mais elle était propre et changeait de linge, ce qui n'avait pas le sens commun. Mme de Coislin n'en changeait jamais; elle prétendait que c'était comme cela de son temps et qu'on possédait à peine deux chemises. Du reste, elle avait assez d'esprit pour rire la première de son avarice; elle convenait que, ne donnant pas ce qui était nécessaire à ses gens, ils étaient obligés de le prendre: «Mais que voulez-vous, mon cœur, me disait-elle, j'aime mieux qu'on me prenne que de donner. Je sais qu'au bout du mois, c'est toujours la maîtresse qui paye: tout cela est fort triste.»—Souvenirs de Mme de Chateaubriand.(Retour au texte principal.)
Note 389: «Mme de Coislin était ce qu'on appelle illuminée. Elle croyait à toutes les rêveries de Saint-Martin, et ne trouvait rien au-dessus de ses ouvrages. Il est vrai qu'elle n'en lisait guère d'autres, excepté la Bible qu'elle commentait à sa manière, qui était un peu celle des Juifs. Elle était du reste d'une complète ignorance, mais avec tant d'esprit et une si grande habitude du monde que, dans la conversation, on ne pouvait s'en apercevoir: elle ne savait pas un mot d'orthographe, et cependant elle parlait sa langue avec une pureté et un choix d'expressions remarquables. Personne ne racontait comme elle; on croyait voir toutes les personnes qu'elle mettait en scène.»—Souvenirs de Mme de Chateaubriand.(Retour au texte principal.)
Note 390: Mlle Panckoucke, femme de l'académicien Suard, née en 1750 à Lille, morte en 1830. Elle était sœur de l'imprimeur Panckoucke, le fondateur du Moniteur universel. Sous Louis XVI, le salon de Mme Suard, l'un des plus fréquentés de Paris, était particulièrement le rendez-vous des encyclopédistes. Elle écrivait avec agrément et a publié plusieurs ouvrages: Lettres d'un jeune lord à une religieuse italienne, imitées de l'anglais (1788); Soirées d'hiver d'une femme retirée à la campagne (1789); Mme de Maintenon peinte par elle-même (1810); Essai de Mémoires sur M. Suard (1820). Les Lettres de Mme Suard à son mari, imprimées en 1802, au château de Dampierre, par G. E. J. Montmorency Albert Luynes, n'ont pas été mises dans le commerce.(Retour au texte principal.)
Note 391: Et non Hénin, comme le portent toutes les éditions des Mémoires. Né le 30 août 1728 à Magny en Vexin, Pierre-Michel Hennin obtint, dès 1749, de M. de Puisieulx, ministre des Affaires étrangères, la faveur de travailler au Dépôt alors établi à Paris. Secrétaire d'ambassade en Pologne en 1759, résident du roi à Varsovie en 1763, résident à Genève en 1765, il devint en 1779 premier commis au ministère des Affaires étrangères et rendit, à ce titre, d'éminents services jusqu'au mois de mars 1792, époque à laquelle il fut brutalement renvoyé par le général Dumouriez, devenu ministre et alors l'homme des Girondins. Réduit à la misère après quarante-deux ans de services, il fut forcé de vendre sa bibliothèque, ses collections de tableaux, d'estampes et de médailles. Privé de ce qui avait été la joie et la consolation de sa vie, le vieil Hennin travailla jusqu'à la fin, apprenant des langues, «barbouillant de gros romans», ébauchant un grand poème: l'Illusion, dont il dut sans doute faire subir plus d'un fragment à son amie la marquise de Coislin. Il mourut, à près de 80 ans, le 5 juillet 1807.—Voir, pour la vie de Pierre-Michel Hennin, la notice qui se trouve en tête de sa correspondance avec Voltaire, notice rédigée par son fils, et les pages que lui a consacrées M. Frédéric Masson dans son excellent livre sur le Département des Affaires étrangères pendant la Révolution.(Retour au texte principal.)
Note 392: Claude-Antoine de Besiade, duc d'Avaray (1740-1829), était, avant la Révolution, lieutenant-général et maître de la garde-robe de Monsieur, comte de Provence. Député aux États-Généraux par la noblesse du bailliage d'Orléans, il fut emprisonné pendant la Terreur, recouvra sa liberté après le 9 Thermidor, émigra et ne rentra en France qu'en 1814. Louis XVIII l'éleva à la pairie le 17 août 1815, le créa duc le 16 août 1817 et le nomma premier chambellan de la cour le 25 novembre 1820.—Ce n'est pas lui, mais son frère, le comte d'Avaray, mort en 1811, qui fut le compagnon d'exil et le principal agent du comte de Provence.(Retour au texte principal.)
Note 393: Voir, au tome VI des Œuvres complètes, Cinq jours à Clermont (Auvergne) 2, 3, 4, 5 et 6 août 1805.—et le Mont-Blanc, paysage de montagnes, fin d'août 1805.(Retour au texte principal.)
Note 394: «M. de Chateaubriand vint nous rejoindre à Vichy; je dis adieu à Mme de Coislin, et nous partîmes pour la Suisse. Avant d'arriver à Thiers, nous traversâmes la petite rivière de la Dore; son nom donna à M. de Chateaubriand une rime qu'il n'avait jamais pu trouver pour un des couplets de sa romance des Petits Émigrés.» (Souvenirs de Mme de Chateaubriand).—La romance des Petits Émigrés est devenue, dans le Dernier Abencerage, la jolie pièce: Combien j'ai douce souvenance.(Retour au texte principal.)
Note 395: Claude-Ignace Brugière de Barante (1745-1814). Il se lia en 1789 avec la plupart des membres marquants de l'Assemblée Constituante: Lameth, Duport, Mounier, étaient ses amis. La Terreur le jeta en prison; le 9 Thermidor le délivra. Après le 18 brumaire, ses amis le désignèrent au choix du Premier Consul, pour faire partie de la nouvelle administration. Il devint préfet de l'Aude, puis préfet du Léman. Napoléon, qui avait fermé le salon de Mme de Staël à Paris, sut mauvais gré à son préfet d'avoir laissé ce salon se rouvrir à Coppet: M. de Barante fut brutalement destitué en 1810. Il mourut au moment où le retour des Bourbons allait lui assurer une légitime réparation.—Il sera parlé plus loin, dans les Mémoires, de son fils, le baron Prosper de Barante, l'auteur de l'Histoire des ducs de Bourgogne.(Retour au texte principal.)
Note 396: «Je ne sais ce qui nous empêcha d'accomplir la promesse que nous avions faite à Mme de Staël (d'aller, à leur retour de Chamonix, passer quelques jours à Coppet). Elle en fut très mécontente; et d'autant plus qu'ayant compté sur notre visite, elle écrivit d'avance, à Paris, les conversations présumées qu'elle avait eues avec M. de Chateaubriand, et dans lesquelles elle l'avait, disait-elle, converti à ses opinions politiques. On sut que nous n'avions point été à Coppet, et que la noble châtelaine avait fait seulement un roman de plus.» (Souvenirs de Mme de Chateaubriand.)(Retour au texte principal.)
Note 397: Louis-Nicolas-Philippe-Auguste, comte de Forbin (1779-1841). Homme d'esprit et peintre habile, il a publié des récits de voyage et produit un grand ombre de tableaux, qui lui ouvrirent les portes de l'Académie des Beaux-Arts. Une de ses toiles, la Chapelle dans le Colisée à Rome, figure avec honneur au Louvre. Nommé par la Restauration directeur des Musées, il réorganisa et agrandit celui du Louvre, créa le Musée Charles X, consacré aux antiquités étrusques et égyptiennes, et fonda le musée du Luxembourg, destiné spécialement aux artistes vivants. En 1805, il était chambellan de la princesse Pauline Borghèse. Plus tard il composera pour la reine Hortense des romances que la reine mettra en musique. Selon le mot de l'auteur des Mémoires, «il tenait dans ses mains puissantes le cœur des princesses». Si Chateaubriand parle ici de M. de Forbin avec une légère pointe d'ironie, il ne laissait pas d'avoir autrefois rendu pleine justice aux mérites de ce galant homme. Rendant compte, dans le Conservateur de 1819, de son Voyage au Levant, il commençait ainsi son article: «M. le comte de Forbin, dans son Voyage, réunit le double mérite du peintre et de l'écrivain: l'ut pictura poësis semble avoir été dit pour lui. Nous pouvons affirmer que, dessinés ou écrits, ses tableaux joignent la fidélité à l'élégance.»—Le comte de Marcellus, premier secrétaire à Londres, en 1822, pendant l'ambassade de Chateaubriand, épousa la fille de M. de Forbin.(Retour au texte principal.)
Note 398: Les Cynégétiques, liv. II, v. 348.(Retour au texte principal.)
Note 399: Jeanne-Françoise Thévenin, dite Sophie Devienne (1763-1841). Engagée en 1785 à la Comédie Française, elle fut, jusqu'à sa retraite en 1813, une des meilleures soubrettes de notre théâtre classique. Elle excellait surtout dans les pièces de Marivaux. Aussi estimée pour sa conduite que goûtée pour son talent, Mlle Devienne était née à Lyon, comme son ami M. Saget, ce bourgeois très particulier auquel elle donnait si inutilement de si bons conseils.(Retour au texte principal.)
Note 400: «Il y avait à Lyon, dans ce temps-là, un certain M. Saget, qui habitait, sur le coteau de Fourvières, la plus jolie maison du monde. Ce vieil original, riche comme un puits, dépensait la moitié de son argent en bonnes œuvres pour expier celles, assez mauvaises, auxquelles il consacrait, dit-on, l'autre moitié de sa fortune. Il avait, pour faire les honneurs de sa maison, deux vieilles demoiselles qui avaient été fort belles dans leur temps, et, pour le servir, un essaim de jeunes paysannes jolies, belles et très richement vêtues. Du reste, ses dîners étaient excellents, ses vins, les meilleurs du monde, et les convives (pour la plupart) messieurs du chapitre de Saint-Jean de Lyon.» (Souvenirs de Mme de Chateaubriand.)(Retour au texte principal.)
Note 401: Jean-Antoine Chaptal, comte de Chanteloup (1756-1832); membre de l'Institut dès la fondation; ministre de l'Intérieur (1800-1805), sénateur de l'Empire, pair de France de la Restauration.(Retour au texte principal.)
Note 402: Les détails donnés par Mme de Chateaubriand dans ses Souvenirs confirment de tous points ceux des Mémoires. Voici la fin de son piquant récit: «Lorsque nous fûmes réchauffés et que l'orage fut un peu apaisé; nous nous remîmes en route, mais la pluie avait grossi les torrents au point qu'en les traversant nos chevaux avaient de l'eau jusqu'au poitrail. Comme je ne craignais que le retour de l'orage, je devins vaillante contre les autres dangers. Je mis donc ma vieille rosse au galop. Le guide, qui savait que ce n'était pas son allure, me criait d'arrêter, que j'allais tuer son cheval: «Monsieur, disait-il à mon mari, votre dame a fait la guerre!»(Retour au texte principal.)
Note 403: L'acte de décès a été découvert depuis. Madame de Caud mourut dans le quartier du Marais, rue d'Orléans, no 6, le 18 brumaire an XIII (9 novembre 1804).(Retour au texte principal.)
Note 404: Le 13 novembre 1804, Chateaubriand, qui était alors chez son ami Joubert, à Villeneneuve-sur-Yonne, écrivait à Chênedollé: «Mme de Caud n'est plus. Elle est morte à Paris le 9. Nous avons perdu la plus belle âme, le génie le plus élevé qui ait jamais existé. Vous voyez que je suis né pour toutes les douleurs. En combien peu de jours Lucile a été rejoindre Pauline (madame de Beaumont)! Venez, mon cher ami, pleurer avec moi, cet hiver, au mois de janvier. Vous trouverez un homme inconsolable, mais qui est votre ami pour la vie.—Joubert vous dit un million de tendresses.»
Dans sa lettre à M. Molé, du 18 novembre, Joubert rend témoignage de l'affliction de Chateaubriand et de sa femme: «Il (Chateaubriand) a perdu depuis huit jours sa sœur Lucile, également pleurée de sa femme et de lui, également honorée de l'abondance de leurs larmes. Ce sont deux aimables enfants, sans compter que le garçon est un homme de génie.»(Retour au texte principal.)
Note 405: La famille de Chateaubriand comprenait, à cette date, Mme la comtesse de Marigny, Mme la comtesse de Chateaubourg et leurs enfants; la fille de la comtesse Julie de Farcy; les fils du comte de Chateaubriand.(Retour au texte principal.)
Note 406: «Nous allâmes faire nos adieux à nos parents en Bretagne, et, en juillet, M. de Chateaubriand se mit en route pour son grand voyage. Je partis avec lui, devant l'accompagner jusqu'à Venise. En passant à Lyon, au moment où nous traversions la place Bellecour, deux pistolets, qui se trouvaient bien imprudemment placés dans le cylindre de la voiture, partirent en même temps et mirent le feu au cylindre dans lequel se trouvaient une boîte de poudre et un sac de louis. C'était plus qu'il n'en fallait pour nous faire sauter, et avec nous une foule de monde qui entourait la voiture. M. de Chateaubriand eut la présence d'esprit, après m'avoir jeté dans les bras du premier venu, de retirer le sac et la boîte, et de descendre ensuite. On répara le dommage et nous continuâmes notre route.—En partant, je fis promettre au bon Ballanche de venir me chercher à Venise, où M. de Chateaubriand devait me quitter... M. de Chateaubriand quitta Venise le vendredi 1er août 1806, pour aller s'embarquer à Trieste. Je restai plusieurs jours attendant Ballanche qui n'arrivait pas. Je commençais à me désespérer, mourant d'ennui et du désir de me retrouver en France avec des amis auxquels je pusse confier mes inquiétudes. Il arriva enfin, c'était le soir: je lui fis une scène. Je lui dis que j'allais l'emmener sur la place Saint-Marc, et que c'était tout ce qu'il verrait de Venise, parce que nous partirions le lendemain, à cinq heures du matin: «Allons, me dit-il, puisque vous le voulez, je le veux bien. Mais alors il faudra que je revienne.» —«Vous reviendrez sûrement, mon cher Ballanche, mais l'année prochaine.» Il comprit cela; et le lendemain à cinq heures, nous nous embarquâmes pour Fusina.» (Souvenirs de Mme de Chateaubriand.)(Retour au texte principal.)
Note 407: Le rapprochement entre Julien et Clarke est un peu forcé. Edward Clarke n'était pas le valet de chambre de Cook, mais son compagnon et son rival de gloire. Il fit trois fois le tour du monde. Tous deux partirent ensemble de Plymouth, le 12 juillet 1776; le capitaine Cook commandait la Découverte, le capitaine Clarke commandait la Résolution. Le but de leur voyage était de s'assurer s'il existe une communication entre l'Europe et l'Asie par le Nord de l'Amérique. Après la mort de Cook, tué par les naturels de l'île d'Owhihée, une des Sandwich, le 14 février 1779, Clarke lui succéda dans le commandement de l'expédition et périt, à son tour, au moment où il arrivait au Kamtchatka. La Découverte et la Résolution rentrèrent en Angleterre le 4 octobre 1780.(Retour au texte principal.)
Note 408: Il arriva à Constantinople le 13 septembre 1806. Le jour même il adressait à sa cousine Mme de Talaru cette jolie lettre:
«Me voilà dans le plus beau pays du monde, ma chère cousine, et je ne suis pas plus heureux. J'ai vu la Grèce, j'ai visité Sparte, Argos, Corinthe. Je vais partir pour Jérusalem, et j'espère vous revoir dans le mois de décembre. Les Martyrs profiteront de ces courses. Mais le pauvre auteur aura bien payé, par des peines et des soucis, quelques phrases qui encore ne plairont peut-être pas au public. Chère cousine, je vous en supplie, trouvez-moi quelque coin obscur auprès de vous, où je puisse enfin vivre en repos et passer le reste de mes jours. Vous ne sauriez croire à quel point j'ai soif de retraite et de paix. Il faut bien se mettre dans la tête que toute la vie consiste dans la société de quelques amis, et l'oubli des méchants autant qu'on peut les oublier. J'avais un besoin réel de faire ce voyage, pour compléter le cercle de mes études. À présent que j'aurai vu les plus beaux monuments des hommes et ceux de la nature, je n'aurai plus envie de sortir de mon trou. Au reste, chère cousine, je suis toujours le même; tel vous m'avez laissé, tel vous me trouverez. Je mourrai dans mon péché, et je vous assure que j'irais au bout de la terre, avant de pouvoir trouver beau ce que je trouve laid.
«Comme nous causerons de mille choses un jour à Charamante! Comme je travaillerai dans un certain pavillon noir qui m'est destiné! Que n'y suis-je déjà! Une grande mer nous sépare encore; mais j'espère la franchir bientôt. En attendant, je vous recommande la petite créature qui doit être à présent chez Joubert (Mme de Chateaubriand); je lui porte un beau schall pour la tenir chaudement cet hiver, et pour ne point aller voir les grandes dames, mais sa cousine, qui est bien une grande dame aussi. Il me semble que je vous vois tous ensemble faisant un méchant dîner à mon second étage, et écoutant de longues histoires, que j'aurai rapportées de Grèce. Bon Dieu! que je suis fou d'être encore ici! Allons, patience: j'arriverai.
«Adieu, chère cousine, je vous embrasse tendrement, ainsi que M. de T[alaru]. Mille choses à MM. de Court et Chavana; mille souvenirs à tous mes amis. Priez pour moi et aimez-moi toujours.
«Si vous voyez ma femme, ne lui dites rien de mon voyage en Syrie, de peur de l'effrayer. «Ch.»(Retour au texte principal.)
Note 409: L'héroïne du Dernier des Abencerages.—Voir l'Appendice no XI: La comtesse de Noailles.(Retour au texte principal.)
Note 410: Cette Nouvelle composée sous l'Empire, a paru pour la première fois en 1827, dans le tome XVI de la première édition des Œuvres complètes, sous le titre: Les Aventures du dernier Abencerage.(Retour au texte principal.)
Note 411: Augerville-la-Rivière, canton de Puiseaux, arrondissement de Pithiviers (Loiret); célèbre par son château, que le roi Charles VII avait donné à Jacques Cœur, et qui devint en 1825 la propriété de Berryer.(Retour au texte principal.)
Note 412: Le château de Malesherbes, situé à six kilomètres d'Augerville. Il appartenait à Louis de Chateaubriand, le neveu du grand écrivain. Il est aujourd'hui la propriété de Mme la marquise de Beaufort, née de Chateaubriand.(Retour au texte principal.)
Note 413: Il a été parlé plus haut, page 468, note 4, du château de Méréville. Je lis dans une description de Méréville et de son parc, faite en 1819: «Sur un des points les plus élevés du parc est une colonne dont la hauteur égale celle de la place Vendôme. Du sommet de cette colonne, la vue embrasse tout l'ensemble du parc et une campagne magnifique dont l'horizon s'étend à vingt lieues.»(Retour au texte principal.)
Note 414: Adolphe-Jules-César-Auguste Dureau de La Malle (1777-1857), membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Il a écrit de savants mémoires d'histoire et d'archéologie. Son principal ouvrage est l'Économie politique des Romains (1840, 2 vol. in-8o).(Retour au texte principal.)
Note 415: Reginald Heber (1783-1826). Né à Malpas (Cheshire), il devint en 1822 évêque de Calcutta. Il avait publié, en 1819, un petit volume de Poèmes religieux. Après sa mort, sa femme, Amélie Heber, fit paraître son Récit de voyage à travers les provinces supérieures de l'Inde, de Calcutta à Bombay (trois volumes in-8o).(Retour au texte principal.)
Note 416: Lettres de Saint Jérôme, traduites en français par F. Z. Collombet et J.-F. Grégoire, cinq volumes in-8o.(Retour au texte principal.)
Note 417: Fénelon songeait aux Missions du Levant, au moment où il fut ordonné prêtre, vers 1675. Sa lettre, qui porte simplement comme date: Sarlat, 9 octobre, a dû être écrite entre 1675 et 1678, époque où il fut chargé des Nouvelles Catholiques. Le cardinal de Bausset (Histoire de Fénelon, Livre I, no 15) conjecture qu'elle fut adressée à Bossuet; mais «le titre, ajouté par une main étrangère sur l'original, donne lieu de penser qu'elle fut écrite au duc de Beauvilliers, avec qui Fénelon se lia de très bonne heure, par les soins de M. Tronson, leur commun directeur». (Œuvres de Fénelon, Édition Lefort, tome VII, p. 491.)(Retour au texte principal.)
Note 418: Voir ci-dessus, p. 5.(Retour au texte principal.)
Note 419: Ci-dessus, p. 7.(Retour au texte principal.)
Note 420: Chateaubriand et son groupe littéraire, tome II, p. 405.(Retour au texte principal.)
Note 421: Voir le premier chapitre du très intéressant volume de M. Chédieu de Robethon sur Chateaubriand et Madame de Custine (1893).(Retour au texte principal.)
Note 422: Ci-dessus, p. 175.(Retour au texte principal.)
Note 423: Joubert.(Retour au texte principal.)
Note 424: M. du Theil.(Retour au texte principal.)
Note 425: Bibliothèque de Genève.—Original autographe, sans suscription ni signature.—Chateaubriand, sa femme et ses amis, par l'abbé Pailhès.(Retour au texte principal.)
Note 426: Ci-dessus, p. 181.(Retour au texte principal.)
Note 427: L'abbé Pailhès, p. 41.(Retour au texte principal.)
Note 428: Voir ci-dessus, Appendice no III.(Retour au texte principal.)
Note 429: Mme de Farcy.(Retour au texte principal.)
Note 430: Chateaubriand cite ici tout un morceau de son livre, qui se retrouve, avec beaucoup de changements et de corrections, dans le Génie du christianisme (4e partie, livre II, au chapitre des Tombeaux chrétiens).(Retour au texte principal.)
Note 431: Ici encore, Chateaubriand envoie à son ami un long passage de son livre, reproduit également, avec des corrections, dans le chapitre du Génie du christianisme intitulé: Saint-Denis (chapitre IX du livre II de la quatrième partie).(Retour au texte principal.)
Note 432: Christian de Lamoignon.(Retour au texte principal.)
Note 433: Ci-dessus, p. 228.(Retour au texte principal.)
Note 434: Lamoignon.(Retour au texte principal.)
Note 435: Bibliothèque de Genève.—Original autographe sans suscription.(Retour au texte principal.)
Note 436: Sans doute Mme Lindsay, et non Mme d'Aguesseau, comme le dit Villemain. Voir ci-dessus, page 290 des Mémoires.(Retour au texte principal.)
Note 437: Bibliothèque de Genève.—Original autogr.(Retour au texte principal.)
Note 438: Ci-dessus, p. 280.(Retour au texte principal.)
Note 439: Journal des Débats, 14 et 29 germinal an X.(Retour au texte principal.)
Note 440: Lettre à Fontanes, du 19 août 1799.(Retour au texte principal.)
Note 441: Lettre à Fontanes, du 27 octobre 1799.(Retour au texte principal.)
Note 442: C'est l'histoire de René qui remplace aujourd'hui celle d'Atala dans le second volume. (Note de Chateaubriand.)(Retour au texte principal.)
Note 443: Lettres de M. Lally-Tolendal, p. 27.(Retour au texte principal.)
Note 444: 18 avril 1802.(Retour au texte principal.)
Note 445: Journal de Paris, 29 germinal an X.(Retour au texte principal.)
Note 446: Ci-dessus, p. 297.(Retour au texte principal.)
Note 447: Bardoux, p. 131.(Retour au texte principal.)
Note 448: Christine de Fontanes.(Retour au texte principal.)
Note 449: Mme Bacciochi.(Retour au texte principal.)
Note 450: Bardoux, p. 153.(Retour au texte principal.)
Note 451: M. Bertin l'aîné. Voir la note 4 de la page 395.(Retour au texte principal.)
Note 452: Est-ce à Mme de Beaumont qu'il fait allusion? Ces suppositions de Mme de Custine auraient été bien blessantes pour Chateaubriand. Note de M. Chédieu de Robethon.(Retour au texte principal.)
Note 453: Toujours M. Bertin.(Retour au texte principal.)
Note 454: Bardoux, p. 361.(Retour au texte principal.)
Note 455: Chédieu de Robethon, p. 251.(Retour au texte principal.)
Note 456: Ci-dessus, p. 329.(Retour au texte principal.)
Note 457: La veuve du comte Stanislas de Clermont-Tonnerre, remariée au marquis de Talaru. Elle avait puissamment contribué, avec deux évêques, l'évêque de Montauban et l'évêque de Saint-Brieuc, à la conversion de La Harpe en 1794. La marquise de Talaru était la cousine de Chateaubriand.(Retour au texte principal.)
Note 458: Souvenirs et Correspondance tirés des papiers de Madame Récamier, par Mme Charles Lenormant, tome I, p. 60.(Retour au texte principal.)
Note 459: Ci-dessus, page 402.(Retour au texte principal.)
Note 460: Pensées, Essais, Maximes et Correspondance de M. Joubert, T. II, p. 430.(Retour au texte principal.)
Note 461: Joubert, tome II, p. 432.(Retour au texte principal.)
Note 462: Mme de Chateaubriand avait l'habitude d'appeler le complaisant Clausel, toujours prêt à lui obéir, son serviteur Clausel, son cher ministre.(Retour au texte principal.)
Note 463: Madame de Chateaubriand. Lettres inédites à M. Clausel de Coussergues, par l'abbé Pailhès (1888).(Retour au texte principal.)
Note 464: Biographie des Contemporains, T. IV, p. 536.(Retour au texte principal.)
Note 465: Deuxième édition, tome VIII, p. 365.(Retour au texte principal.)
Note 466: Ci-dessus, p. 403.(Retour au texte principal.)
Note 467: Souvenirs littéraires, tome I. p. 382.(Retour au texte principal.)
Note 468: Pensées, Essais, Maximes et Correspondance de M. Joubert, tome II.(Retour au texte principal.)
Note 469: Mémoires d'Outre-tombe, tome I, p. 408.(Retour au texte principal.)
Note 470: Les Conversations de M. de Chateaubriand, par M. Danielo, insérées à la suite des Mémoires d'Outre-tombe, tome XII de la première édition.(Retour au texte principal.)
Note 471: Mémoires d'Outre-tombe, tome I, p. 408.(Retour au texte principal.)
Note 472: J. Danielo, loc. cit.(Retour au texte principal.)
Note 473: Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie, tome II, p. 12.(Retour au texte principal.)
Note 474: Ci-dessus, page 440.(Retour au texte principal.)
Note 475: Ci-dessus, page 528.(Retour au texte principal.)
Note 476: La supériorité d'esprit de la vicomtesse de Noailles, fille de la duchesse de Mouchy, est connue. Elle a écrit la Vie de la princesse de Poix, sa grand-mère. Cet écrit, publié en 1855, est un chef-d'œuvre de finesse et de grâce aristocratique. Une notice non moins remarquable sur la vicomtesse de Noailles est due à la plume de Mme Standish, née Sabine de Noailles (Note de M. Hyde de Neuville).(Retour au texte principal.)
Note 477: Officiers récemment congédiés par une mesure qui avait fait beaucoup de mécontents.(Retour au texte principal.)
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Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm
Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.
Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need, is critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come. In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.
Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation
The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at
http://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.
The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations. Its business office is located at
809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact
information can be found at the Foundation's web site and official
page at http://pglaf.org
For additional contact information:
Dr. Gregory B. Newby
Chief Executive and Director
gbnewby@pglaf.org
Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation
Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment. Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.
The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States. Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements. We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance. To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit http://pglaf.org
While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.
International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff.
Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses. Donations are accepted in a number of other
ways including including checks, online payments and credit card
donations. To donate, please visit: http://pglaf.org/donate
Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic
works.
Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.
Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily
keep eBooks in compliance with any particular paper edition.
Most people start at our Web site which has the main PG search facility:
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This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
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