Je suis assise, sur ce vieux canapé en cuir un peu pourri, un gobelet en plastique blanc à la main. Dedans, un peu de Vodka, beaucoup de Coca. Je ne veux pas finir bourrée comme ces filles qui finissent à moitié à poil dans les bras d'un inconnu à la fin de la soirée, non, je ne suis pas comme elles. Et puis, je ne suis pas habillée comme elles !

 

Elles, elles sont en chemise ouverte jusqu'au soutif et des collants, c'est tout. C'est « Sexy » selon elles, moi je trouve ça hideux. Moi, je suis habillée avec un jean, des converses, une chemise à carreaux rouge, et je me trouve belle. En tout cas, plus belle qu'elles ! Et moi, au moins, je ne finirais pas la tête dans les toilettes ou à l'hôpital ! Mais bon, elles font ce qu'elles veulent... Je regarde tout autour de moi, et je me demande ce que je fais là. La plupart des gens, je ne les connais pas, tout le monde se drague et se chauffe et je suis la, pauvre petite innocente, au milieu de ce zoo. J'hésite. Est-ce qu'il faut que je parte ? Est-ce qu'il faut que je fasse comme elles ? Non, il n'en est pas question ! Alors, je m'affale lentement sur le canapé et je me mets à penser, à tout est à rien. Je m'appelle Marion, j'ai 13 ans, je suis blonde aux yeux marrons, jolie fille, comme me dit mon meilleur ami, Ange. Oui oui, c'est son prénom ! Enfin, son troisième prénom, il n'aime pas les deux premiers !

 

Je parcours toute la grande salle du regard à la recherche de l'amie qui m'a invitée à cette soirée, mais je ne la voie pas... En revanche, mes yeux s'attardent sur un jeune homme au loin dans la pièce. Autant vous dire que ce n'est pas du tout mon style de mec ! Environ dix-sept ou dix-huit ans, une casquette blanche sur la tête, un survêtement Nike, des chaussures de la même marque... Bref, ce que n'importe qui de normal appellerait une racaille. Mais pourtant, malgré son style très moche, il m'attire du regard. Je ne saurais pas décrire comment. Je continue de scruter toute la salle de mes yeux, mais, de temps en temps, mon regard dérive sur ce jeune homme sans que je ne puisse me contrôler. Il était avec ses amis et délirait, à moitié bourré comme tout le monde dans la soirée. Il fallait que je reprenne mes esprits ! Je me dis que la petite dose d'alcool que j'ai ingurgité depuis le début de la soirée me retourne un peu le cerveau, assez pour que mon regard soit attiré par ce mec ! Je me lève brusquement et file au buffet. Je prends quelque part de pizza et de quiche histoire d'éponger un peu comme on dit ! Je me goinfre en me disant que tout va aller dans mes cuisses, qu'il faut que j'arrête... Je tourne la tête et je tombe nez à nez avec... Lui. Ce jeune homme que j'avais suivi du regard pendant deux minutes tout à l'heure, est là, à quelques centimètres de moi. Il me regarde, les yeux rouges et une haleine horrible. Mais je m'en fous. Je ne sais pas ce qu'il se passe, j'ai envie de lui parler, j'ai envie de le connaitre, j'ai envie de l'embrasser...

 

Et c'est à ma plus grande surprise que c'est lui qui commence la conversation... Sans grande classe... « Eh ça va ? » Il me dit ça en rigolant à moitié, sans doute à cause de l'alcool. Je lui réponds avec mépris, je ne voulais pas qu'il me prenne pour une fille facile ! Mais lui, en bon dragueur, il insiste. Il veut me parler, il veut faire connaissance, et moi, pauvre fille sans défense (et qui n'a même pas envie d'en avoir vis-à-vis de cette racaille qui m'attire comme jamais), j'accepte. On se pose sur le canapé, et on discute. De tout et de rien. De lui, de sa vie, de ses passions, ses amours... C'est très... Vide. Il me parle de sa cité dont je me fous pas mal, ses succès aux jeux vidéo, ses débordements en cours... Je m'en fous comme de l'an 40, ce qui compte, et ce qui me rend heureuse, c'est qu'il est là, en train de me parler. Je regarde ma petite montre rose... Bientôt minuit, ça fait une heure que je parle avec lui... Le temps passe vite quand je suis à ses côtés... Je lui dis au revoir, car ma mère va bientôt venir me chercher. On échange nos numéros et je pars, le sourire aux lèvres, attendant avec impatience qu'il m'écrive des mots doux. Même si c'est un petit peu tôt pour le dire, je crois, que je suis amoureuse.

 

Dix heures le réveille, sonne. Quelle horreur, le réveil pendant les vacances devrait être interdit ! Je défonce mon réveil, comme tous les matins, avec un grand coup dessus afin qu'il se taise. J'ouvre doucement les yeux en tâchant de ne pas me rendormir, non, aujourd'hui je vois Ange ! Mon portable est sur ma table de chevet, à côté de mon petit lit. Je le prends et monte le clapet, en espérant avoir reçu un SMS de mon beau prince d'hier soir... Je presse le bouton rouge, il s'allume... Trois messages !! Deux de Ange et un faux numéro... Déçue, je me retourne dans mon lit sans même lire ceux de mon meilleur ami. Mes yeux se referment...

 

« Marion, qu'est-ce que tu fous encore au lit ? » Mon frère me tire des bras de Morphée. Je regarde le réveil, 11h20. Je lâche un gros « MERDE !!! » et je me tire rapidement de mon lit. Je me suis levée trop vite, j'ai la tête qui tourne... Je me rassois, reprends mes esprits. Je prends mon portable pour appeler Ange, le prévenir que je serais un peu à la bourre, et c'est là que je vois, un nouveau SMS, d'un numéro non enregistré sur mon téléphone... « Salut c'est le mec d'hier, ça va ?! » Je souris. Je ne sais pas pourquoi. J'ai un énorme sourire figé sur le visage. Mon coeur se remplit de joie. Mais non, il ne faut pas que je craque. Si je lui écris maintenant, il va penser que je suis amoureuse de lui... Je file donc à la douche, je lui répondrais après.

 

L'eau coule sur mon corps et mes cheveux qu'il faudra que je coiffe après... Mais ce n'est bien sûr pas à ma coiffure que je pense, mais à lui... À ce que je vais lui écrire... Est-ce que je reste dans le classique ? Est-ce que je me fais désirer ? Est-ce que je suis méprisante ? Est-ce que je le laisse mariner ? Je me sèche, m'habille et cours vers mon portable. Et c'est comme si toutes mes réflexions n'avaient servi à rien, que je lui écris, sans trop réfléchir « Hey oui et toi ? ». Mon coeur bat à fond en attendant une réponse de sa part. Elle vient très rapidement.

 

Lui: Tu as mis du temps à répondre ! Qu'est-ce que tu faisais ?

Moi: Je prenais ma douche ! Au fait, moi c'est Marion !

Lui: Moi c'est Florian ! Tu fais quelque chose aujourd'hui ?

 

Merde, je devais voir Ange... Mais Florian me propose un rend,-car... Ça ne se fait pas d'abandonner mon meilleur ami pour un mec que je ne connais même pas depuis 24h... Mais Ange ne m'en voudra pas...

 

Moi: Rien ! Tu veux qu'on se voie ?

Lui: Ouais ! A Victor Hugo à 15h ?

Moi: Ouais super !

Lui: Bisous !

Moi: Bisoux !

 

Il m'a dit bisous... J'ai la banane. Je suis contente, heureuse. J'appelle rapidement Ange pour le prévenir et lui expliquer rapidement la situation. Il se moque un peu de moi, me charrie sur mon nouvel amoureux et ne pose pas de problème à décaler mon rendez-vous avec lui au lendemain. C'est maintenant sur, je vais voir Florian cette après-midi.

 

Je me change, je me fais toute belle pour l'homme que j'ai désormais envie, inconsciemment, de séduire. Je me lisse les cheveux, je mets un petit haut mignon, un jean, des converses, je mange un bout et je pars prendre le bus. J'attends quelques minutes à l'arrêt, mon iPod sur les oreilles, quand je reçois un SMS d'Ange. « Prends soin de toi ». Je ne sais pas trop pourquoi il m'envoie ça, je ne vais pas à la guerre, mais bon, je lui réponds gentiment « tkt » pour le rassurer. Je monte dans le bus, et regarde par la fenêtre. La musique m'emmène dans un autre monde, celui du rêve. Je pense à Florian, j'ai hâte de le voir. Comment est-ce que ça va se passer ? Est-ce qu'il va être sympa ? Est-ce qu'on va s'embrasser ? Je ricane un peu de moi, en me disant que je suis bien trop moche pour lui plaire. Pas le temps de rêver plus, je regarde ma petite montre, 14h57. Je lève les yeux, j'arriverais pile à l'heure.

 

Je descends du bus et me dirige vers le parc. J'attends cinq minutes, je ne le vois pas. J'ai peur qu'il me foute un lapin, qu'il ne vienne jamais, que tous ces rêves ne restent qu'au pays des rêves. Puis, je sens une petite vibration dans ma poche. J'extirpe le portable de mon jean trop serré, j'ouvre le message et je lis « Derrière toi ». Je me retourne brusquement et je le vois. Mon bel amoureux. Il était habillé d'un survêtement noir, des mêmes chaussures Nike qu'hier et un t-shirt blanc. Il faut avouer que le total ne me plaisait pas tellement. Je préférais les garçons habillés en jean, en tout cas un peu plus classe. Mais je m'en fous, je le regarde lui. Je regarde ses yeux, ils sont si beaux... Il a les cheveux bruns et courts, que je voie beaucoup mieux sans sa casquette immonde !

 

Il s'approche de moi et me fait la bise. C'est là que je me rends compte qu'il fait bien une tête de plus que moi ! Ce n'est pas grave. Après avoir effacé les formalités de départ, on marche un peu tous les deux. On discute, de tout et de rien, comme deux amis... Le temps passe vite, et je découvre que cet homme est adorable. Derrière son style de racaille se cache une personnalité en or ! Il a beaucoup d'expérience. J'apprends alors qu'il a effectivement plus de 17 Ans. Il me raconte ses divers exploits avec les filles, je l'écoute, patiente, non sans jalousie. Il a déjà eu plus d'une dizaine de petites copines, la plupart étant plus âgées que lui ! Il me conte ses exploits sexuels que j'aurais préféré ne pas entendre, mais il s'arrête vite dès qu'il remarque ma gêne. En effet, je suis vierge et entends bien le rester au moins quelques années.

 

Le temps passe, les heures défilent, il est déjà 17h30 et le ciel commence à s'assombrir. Je me sépare de Florian un petit pincement au coeur. Il me raccompagne jusqu'à mon arrêt de bus et m'arrache un baiser. Ce baiser est à la fois doux, tendre, agréable, et à la fois spontané et bestial. Il ne dure que quelques secondes, qui voulurent dire beaucoup de choses. Cela voulait dire qu'il se passait quelque chose. Mais ce baiser ne dura pas assez longtemps pour vouloir dire qu'il était amoureux de moi. Il me laissa sur ma faim et s'en va, pendant que je monde dans le bus, la tête dans les nuages.

 

Une musique et une voix douce dans les oreilles, j'ouvre mon portable et lui envoie un bref « Je t'aime ». Puis, j'ouvre un nouveau message. Destinataire ? Ange. Contenu ? Absolument tout ce qu'il s'est passé cette après-midi. Ange, je le connais depuis quelques mois maintenant. Il est mon confident et nous sommes très proches, on se dit vraiment tout. Je lui raconte donc tout ce qu'il s'est passé cette après-midi. Il me répond que c'est merveilleux, qu'il est super heureux pour moi, qu'il est content que j'aie trouvé quelqu'un de bien. Je reçois un SMS de Florian, il veut me revoir demain. J'accepte sans hésiter.

 

Je le revois, le lendemain, à la même heure, mais chez lui cette fois-ci. Il habite dans les quartiers un peu chauds, en bordure de la grande ville près de laquelle j'habite. Je vais chez lui avec un peu de crainte, mais il m'attend à l'arrêt de tram le plus proche de chez lui. Comme m'a dit Ange, le moment où il me verra, au début, sera révélateur sur notre relation. Va-t-il m'embrasser ? Si oui, comment ? Ou juste me faire la bise ? La réponse à ces questions répondra à toutes celles que je me pose sur notre relation.

 

« Arlequin ». Cette voix retentit dans ma tête, c'est son arrêt. J'ai relu ces SMS une dizaine de fois, ne connaissant pas très bien cette partie de Grenoble. Je vois au loin un grand panneau avec écrit dessus « Villeneuve », des instructions et un plan de la cité étant inscrite en dessous. Puis, toujours par la porte vitrée du tram, j'aperçois mon homme. Il est habillé exactement comme hier... Bien qu'il soit très charmant, il n'est pas très porté sur la propreté ! Mais je me dis que sa famille a peut-être des problèmes financiers et qu'il n'a peut-être pas les moyens de s'acheter des armoires entières de vêtements. Le tram s'arrête, les portes s'ouvrent. J'ai l'impression que cette étape, pourtant banale, prend des heures, si longues, qui me séparent de celui que je crois être l'homme de ma vie. Je descends, m'approche de lui. Avant d'avoir eu le temps de lui adresser la parole, il me tire par la main et m'embrasse à pleine bouche. Aucun doute n'est maintenant possible, je sors avec lui.

 

Nous passons une après-midi de rêve. Enfermés dans sa chambre, nous discutons, allons un petit peu sur MSN, et surtout nous nous embrassons. Dans ses bras, je me sens protégée, je me sens bien. Je suis amoureuse, tout simplement. Je me sens bien, détendue. L'heure, la météo ou les problèmes du monde, plus rien n'a d'importance pour moi, car je suis avec mon homme. Il manque plusieurs fois d'aller trop loin, en mettant sa main sous mon t-shirt ou à des endroits intimes. Je l'arrête plusieurs fois et lui explique que je ne suis pas prête. Malgré tout, il a l'air d'avoir du mal à me comprendre. Mais je passe, je me dis qu'il doit être habitué à des calins plus chauds avec ses anciennes conquêtes et je ne lui dis finalement rien. À 17h30, il me raccompagne jusqu'à l'arrêt de tram. J'ai une petite larme à l'oeil quand il fut le moment de partir. Je rente chez moi, mon iPod dans les oreilles, le sourire aux joues et des larmes de bonheur coulant sur mon visage. C'est le plus beau jour de ma vie.

 

Trois semaines plus tard

 

Je vis le parfait amour avec Florian. Aujourd'hui, vendredi, cela fait trois semaines que nous sortons ensemble. On se voit régulièrement, deux à trois fois par semaine en ce moment, cours oblige ! On s'envoie des petits SMS de temps en temps, il est toujours aussi mignon, aussi protecteur, et aussi indispensable à ma vie. Malgré cela, je le sens impatient vis-à-vis de la sexualité... Mais bon, il s'y fera ! Ce soir, je vais dormir chez lui, j'espère qu'il n'essayera pas encore d'aller plus loin que les limites qu'on a fixé... Mais je lui fais confiance. Je prends mon sac de cours, mets quelques fringues et quelques affaires de toilettes dedans, mon chargeur de portable, etc. Ma mère prend soin d'appeler celle de Florian pour vérifier qu'elle sera bien présente, que je dors bien chez lui, qu'elle pourra appeler une ou deux fois pour savoir si tout va bien, etc. Ma mère est du genre stressée, mais je la comprends, elle fait ça pour me protéger, car elle tient à moi.

 

Elle m'amène chez lui en voiture. Elle n'est pas tellement rassurée par le quartier, mais la mère de Florian, une femme très gentille, la rassure. Elles discutent ensemble une dizaine de minutes. Moi, j'attends comme une conne à côté de mon homme. On reste courtois devant nos mères, mais j'ai envie de lui sauter dessus et de l'embrasser. Ma mère s'en va enfin, sa mère nous donne quelques instructions de routine et nous allons dans sa chambre. Là, nous nous embrassons comme nous le faisons à chaque fois que nous nous voyons. La soirée se déroule calmement, on mange avec sa mère et son frère devant la télé et nous retournons ensuite dans sa chambre. À ce moment-là, une ambiance plus tendue s'est créée. Il m'embrassait de plus en plus, me parlait de moins en moins. Il était très sauvage, trop pour moi, il m'embrassait dans le cou, en bougent beaucoup sur moi. J'ai alors commencé à angoisser, de peur qu'il n'aille trop loin. Mais je ne peux rien faire. Et je ne veux rien faire. C'est mon homme, je l'aime, et je lui fais confiance. Enfin, jusqu'à cette minute précise.

 

D'un coup, je compris ce qu'il voulait dans le fond. Il mit sa main sur ma ceinture et commença à la détacher. Je le stoppe net, je me recule comme je peux et lui dit d'arrêter la, que je l'aime, mais que pour l'instant, je ne veux pas aller plus loin. Voici ce qu'il me dit:

 

« Arrête de faire ta gamine maintenant ! Tu es ma copine, tu es plus une enfant, donc maintenant tu couches ou tu te barres ! »

 

Il dit ça avec tant de haine que j'ai peur, j'ai envie de pleurer, j'ai peur qu'il me viole, mais son plan est parfait. Je l'aime, et je ne veux continuer à passer tous ces bons moments avec lui. Et puis... Tout le monde le fait, alors pourquoi pas moi ? Cela ne peut que nous rapprocher... Je ne suis pas prête, je le sais, mais je veux garder l'homme que j'aime près de moi... D'un mouvement lent et hésitant de la tête, je dessine un léger oui... Il lâche un léger sourire, se baissa sur moi, m'embrassa et me fit l'amour pour la première fois.

 

Trente minutes plus tard, c'était fini. Je suis allongée dans son grand lit, couchée sur le côté. Lui est parti prendre une douche. Je repense a ce qu'il vient de se passer... C'était horrible. Il a été violent, brusque, il m'a fait mal, et n'a pas fait attention à moi... G'en ais les larmes aux yeux... Après tout, c'est peut-être comme ça, pour toutes les premières fois... Peut-être que j'aurais plus de plaisir la prochaine fois... C'est la vie... Au moins, j'ai gardé mon homme à mes côtés...

 

Il revient s'allonger auprès de moi après une dizaine de minutes de douche. Il ne me touche pas, il ne m'embrasse pas, il veut dormir. Il n'a pas honte. Il n'a pas envie de parler. Il a envie de dormir. Je me résous à faire comme lui, essayer de dormir... Je n'y arrive pas. Je ne peux pas. Je viens de franchir l'un des moments les plus importants de ma vie, je ne peux pas dormir maintenant. Et lui ronfle comme un bien heureux... Après avoir essayé de retourner mon cerveau dans tous les sens pour trouver le bon côté des choses, je ferme paisiblement les yeux à trois heures et demie du matin.

 

Je rentre chez moi, le lendemain matin. Florian m'a embrassée avant de partir, sans même se lever de son lit pour me prendre dans ses bras ou autres choses. Il est peut-être fatigué, je ne sais pas. Durant tout le trajet en voiture, je ne dis rien. J'ai peur. Je ne sais pas pourquoi, j'ai peur. J'ai la boule au ventre.

 

Deux heures plus tard, allongée sur mon lit, les larmes aux yeux, je reçois un SMS de Florian... « Je casse. Oublie-moi ». Non. Ce n'est pas possible. Il ne peut pas me faire ça. Pas à moi. Non. Je ne suis pas... Son objet... Ange. Il faut que j'appelle Ange, maintenant, tout de suite... J'appelle mon meilleur ami, et lui raconte tout ce qu'il vient de se passer. Je pleure toutes les larmes de mon corps, lui ne sait pas trop quoi dire, mais il essaye de me remonter le moral comme il peut...

 

Je me sens sale. J'ai l'impression que mon corps est une poubelle... J'ai l'impression que je ne me suis pas lavée depuis 15 Jours, que je suis salie, mais de l'intérieur.

 

Quatre jours plus tard

 

Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Il est cinq heures du matin. J'ai des marques sur tout le bras gauche. Oui, je me suis mutilée. Je ne sais pourquoi, ça me fait du bien. Ça me libère de ce mal que Florian m'a fait. Depuis quatre jours, je me sens sale. Je me sens trahie, je me sens vidée de toute humanité. Florian m'a volé ma vie. Malgré mes nombreux SMS, il ne m'a jamais répondu et expliqué, pourquoi il avait fait ça. Il ne m'a jamais expliqué quel plaisir pervers il avait eu à se servir de moi et à me vider de ma joie de vivre. Je veux en finir. En finir avec tout, j'ai mal de vivre, j'ai l'impression d'être un monstre. Je me connecte sur l'ordinateur, je vais sur MSN, voire si Ange est là... il n'est pas connecté, il doit dormir... Je ferme l'ordinateur, je vais chercher deux feuilles de papier et un stylo.

 

J'écris deux courtes lettres. La première est destinée à ma mère, et plus généralement à toute ma famille. La seconde, elle, est destinée à Ange.

 

« Ange, merci d'avoir été là, ce que je fais n'est pas de ta faute. Je t'adore, Marion. »

 

Je pose le stylo, je plie les deux bouts de papier et je les mets, bien en évidence sur mon ordinateur noir. J'ouvre ma fenêtre... Il fait froid pour un mois de mai... À presque six heures du matin, en pyjama, à la fenêtre du cinquième étage de mon immeuble... J'ouvre la fenêtre en grand, je monte dessus. Je regarde le ciel. Je fais une dernière prière à dieu. Bénis ma famille, bénis mes amis, et pardonne-moi.

 

Je m'appelle Marion, j'ai 13 Ans, je suis une belle jeune fille blonde aux yeux marron. En ce mercredi de mai, je suis à la fenêtre de ma chambre. En ayant une dernière pensée de haine pour l'homme qui m'a tuée, je donne une impulsion sur mes pieds, et saute, du cinquième étage de mon immeuble.