[1] Selon que les objets créés par lui sont plus ou moins rapprochés de la perfection, et donc plus ou moins aptes à le recevoir.

[2] Le Parnasse a deux sommets, l’un consacré aux Muses et l’autre à Apollon : Dante dit donc qu’il s’est contenté jusqu’à présent du seul concours des Muses.

[3] Apollon vainquit le satyre Marsyas dans un concours musical et s’adjugea pour trophée la peau du vaincu, qu’il écorcha lui-même.

[4] Le laurier, dont on fait les couronnes des poètes; il est appelé plus loin « l’arbre pénéen », car Daphné, qu’Apollon obligea de se transformer en laurier, était fille du fleuve Pénée.

[5] Le sens est clair; mais la forte anacoluthe, qui fait que le poète s’adresse d’abord à Apollon au vocatif, « ô père », et finit par parler à la troisième personne du « dieu de Delphes » a induit certains commentateurs à interpréter autrement. C’est ainsi, par exemple, que Federzoni, Studi e diporti danteschi, Bologne 1902, pp. 471-484, considère que le « dieu de Delphes » doit être plutôt le poète en général, et que l’idée de Dante est que le triomphe d’un poète devrait li1 de joie le cœur de tous ses confrères. Cette explication n’emporte pas la conviction.

[6] L’un des deux sommets du Parnasse, consacré à Apollon.

[7] Le cercle du zodiaque, l’équateur et le cercle équinoxial forment trois croix à leur intersection avec le quatrième cercle, celui de l’horizon; mais l’intention de Dante n’est pas claire, et les interprétations de cette indication varient considérablement. D’après l’opinion la plus courante, il faut entendre que le soleil se lève sur un horizon coïncidant avec les trois croix, ce qui se produit lorsqu’il se trouve dans le signe du Bélier, au commencement du printemps : c’est à cause du printemps qu’il est dit que le soleil suit alors « un cours meilleur ». Pour d’autres, les quatre cercles et les trois croix sont les quatre vertus cardinales et les trois théologales, et le soleil est l’image de Dieu.

[8] Glaucus était un pêcheur de Béotie qui, d’après Ovide, avait vu ses poissons reprendre vie et sauter dans l’eau après avoir mangé d’une certaine herbe; il en fit de même, et devint dieu.

[9] L’âme, qui est insufflée à l’homme lorsque le corps est déjà formé : Dante pense donc qu’il est peut-être réduit à l’état de pur esprit.

[10] Le Premier Mobile, voisin immédiat de l’Empyrée, et qui tourne plus vite que les autres cieux « à cause de l’appétit immense de ce neuvième ciel » de se réunir avec dixième (Dante, Convivio, II, 3); cf. la note 391.

[11] Béatrice et Dante ont déjà abandonné la terre et se dirigent vers le premier ciel, qui est celui de la Lune.

[12] En d’autres termes, de me voir voler.

[13] Le feu tend normalement vers sa sphère, qui se trouve entre celle de l’air et la lune; cf. Purgatoire, note 190.

[14] Dante monte vers la Lune et puis vers les autres cieux « comme à l’endroit prévu » pour l’âme, qui s’y dirige naturellement et sans effort, sitôt qu’elle y a été appelée. Il est vrai que la loi qui pousse l’âme vers le haut peut être contrecarrée parfois par des lois ou des impulsions différentes, de même que le feu, qui est fait pour monter naturellement jusqu’à sa sphère, peut, dans des cas particuliers tomber des nues, sous forme de foudre, au lieu de monter.

[15] Partis angelicus est l’équivalent de la sagesse; cf. Proverbes VIII:17.

[16] Jason, chef des Argonautes qui allèrent en Colchide conquérir la Toison d’or, dut recourir au subterfuge de se faire passer pour laboureur; cette nouvelle condition du chef de l’expédition était moins surprenante que les conditions dans lesquelles le changement s’était opéré : selon Ovide, les bœufs de Jason avaient les cornes de fer et les pieds de bronze, et ils soufflaient le feu par leurs naseaux.

[17] La Lune était une étoile comme les autres, pour les astronomes anciens.

[18] Nous croyons en Dieu comme nous croyons à un axiome, qui s’impose à l’esprit sans qu’on l’ait démontre; ais ce n’est qu’aux cieux que nous verrons avec les yeux £, l’intelligence cette vérité.

[19] Les taches lunaires, interprétées souvent par l’imagination populaire comme composant une figure humaine, essaient en Italie pour représenter Caïn; cf. plus haut, r, XX, 126.

[20] Dante explique donc les taches de la lune par une différence de densité dans la masse lunaire, qui donne à cette masse une luminosité inégale. Cette explication, qu’il tient d’Averroès, se trouvait déjà exposée dans le Convivio, II, 3.

[21] Béatrice reprend l’argument de Dante, mais ce n’est que pour en démontrer l’insuffisance. Dans le ciel des étoiles fixes, qui est le huitième, on voit beaucoup d’étoiles dont la luminosité est différente. Selon Dante, on devrait expliquer ces différences d’intensité par une seule cause, qui est la distribution inégale de leur matière. Mais ces étoiles possèdent des vertus différentes (puisque chaque étoile exerce au-dessou6 d’elle une influence bien caractérisée), et il est certain que les vertus différentes sont le résultat d’une différence dans les principes formels, c’est-à-dire dans la source qui a déterminé leur nature — ce qui s’oppose à l’explication à sens unique de Dante.

[22] S’il y a une inégalité dans la répartition des masses lunaires, elle s’explique ou bien par une absence totale de matière par endroits, ou par une raréfaction de cette matière.

[23] S’il y a une couche de matière moins dense, il existe aussi un point limite, à partir duquel la matière devient plus dense et reflète la lumière. Mais l’intensité de la lumière devrait être partout la même, s’il en était ainsi ;  c’est ce qu’on peut prouver par l’expérience des trois miroirs placés à des distances inégales.

[24] L’Empyrée, autour duquel tourne le Premier Mobile Ce dernier, et tous les cieux au-dessous de lui, diffusent au-dessus d’eux leur influence, qui dépend des intelligences angéliques de leurs moteurs. Ce sont ces idées divines, qui se reflètent diversement dans les objets, qui expliquent, par le degré d’intensité d’irradiation de leur influence, les différences qui existent entre les objets, et, en ce cas précis, dans la luminosité de la lune.

[25] Narcisse, se regardant dans le miroir d’une source, prenait son image pour un être réel; Dante, par contre, prend des êtres réels pour des images.

[26] Le ciel de la Lune est le séjour des âmes bienheureuses, qui ont cependant manqué à leurs vœux.

[27] Piccarda Donati, fille de Simone et sœur de Forese et de Corso Donati (cf. Purgatoire, note 253), était entrée au couvent de Sainte-Claire de Florence. Ses frères l’avaient promise en mariage à un certain Rossellino della Tosa; « et ceci étant parvenu à la connaissance de messire Corso, qui était pour lors podestat de la ville de Bologne, il laissa toute autre chose et courut audit couvent, et là par la force, contre la volonté de Piccarda et des sœurs et de l’abbesse du monastère, il l’en sortit et la donna à son dit mari, contre son gré. Mais elle tomba malade immédiatement et finit ses jours et passa aux bras du Christ, son époux, à qui elle s’était vouée elle-même » (Ottimo Commento).

[28] Sainte Claire d’Assise (1194-1253), fondatrice de l’Ordre des clarisses, auquel avait appartenu Piccarda.

[29] Constance (1154-1198), fille de Roger, roi de Naples, avait été femme de l’empereur Henri IV, le « second ouragan de Souabe », et mère de Frédéric II, dernier représentant de la maison de Souabe.

[30] Ce problème, que Dante avait pu trouver indiqué par saint Thomas d’Aquin, allait être repris par Buridan (1300-1358) ; c’est l’argument sophistique de la liberté d’indifférence, connu sous le nom d’âne de Buridan.

Dante se posait deux questions également pressantes :

1. Si le manquement aux vœux est dû à une cause violente qui nous y oblige, peut-on nous en rendre responsables ? 

2. Platon, dans Tintée (cité par Dante à travers la mention qu’en faisait saint Augustin, Cité de Dieu, XIII, 19), prétend que les âmes existent dans les étoiles, avant la naissance des hommes, et qu’elles y retournent après leur mort : cette opinion répond-elle à la réalité ? La réponse suit l’ordre contraire.

[31] Elle devine et interprète la pensée de Dante, comme Daniel avait deviné et interprété le songe de Nabuchodonosor.

[32] Dante se posait deux questions également pressantes :

1. Si le manquement aux vœux est dû à une cause violente qui nous y oblige, peut-on nous en rendre responsables ? 

2. Platon, dans Tintée (cité par Dante à travers la mention qu’en faisait saint Augustin, Cité de Dieu, XIII, 19), prétend que les âmes existent dans les étoiles, avant la naissance des hommes, et qu’elles y retournent après leur mort : cette opinion répond-elle à la réalité ? La réponse suit l’ordre contraire.

[33] Le séjour des bienheureux, leur bonheur ne sont différents pas d’après les cieux dans lesquels ils font leur demeure.

[34] Comme manifestation sensible de l’Empyrée, qui est le vrai séjour des âmes élues. Si l’on fait des étoiles l séjour des âmes, ce n’est pas parce que ce séjour leur a et’ destiné, mais parce que l’imagination et l’intelligence de hommes ont besoin de points d’appui matériels, et que ce n’est qu’à partir de l’image visible des étoiles que l’on peut concevoir l’image invisible de l’Empyrée. Ainsi donc, Platon a tort, lorsqu’il dit que les âmes retournent aux étoiles

[35] Quoique Platon se trompe absolument, il a raison s’il ne se réfère qu’aux influences qui viennent aux âmes, des étoiles, puisqu’il est certain que ces influences existent. Cependant, elles ne sont pas telles, qu’elles suppriment le libre arbitre : et c’est à tort que le monde ancien avait transformé cette même influence en divinité.

[36] Les âmes que Dante vient de voir au ciel de la Lune.

[37] Béatrice avait dit au poète, au chant précédent, qu’il peut parler aux âmes élues, qui ne sauraient mentir, car le Vrai dont elles dépendent immédiatement « les oblige à rester à jamais dans ses voies » . Cependant, Piccarda venait de dire que l’impératrice Constance, tirée de force de son couvent (ce qui, d’ailleurs, n’est pas un fait historique), était restée « fidèle au voile » ; et maintenant Béatrice lui dit que ces âmes sont là parce qu’elles n’ont pas eu la « volonté entière » comme saint Laurent : il y a une contradiction apparente entre ces deux affirmations.

[38] Cf. Enfer, note 193, et Purgatoire, note 123.

[39] Le vouloir relatif, qui pousse à accepter une mauvaise solution comme un moindre mal.

[40] Les vœux sont un sacrifice fait à Dieu du libre arbitre, qui est le don le plus précieux que Dieu ait fait à l’homme ; on ne saurait le compenser par rien d’aussi précieux.

[41] Selon Dante, un vœu est comparable à un contrat entre l’homme et Dieu. Ce contrat prévoit d’une part une obligation, qui reste inéludable : c’est pourquoi chez les juifs, chez qui l’offrande était une obligation, on pouvait, en certain cas, la permuter, mais non la supprimer ; et, d’autre part, un objet matériel qui, lui, est susceptible de substitution.

[42] Les deux clefs qui sont le symbole du pouvoir spirituel de l’Église : elle seule peut décider si une substitution ou un changement de vœux est licite ou non.

[43] Jephté, juge d’Israël, avait fait vœu de sacrifier le premier être qui sortirait de chez lui, s’il gagnait la victoire contre les Ammonites : ce fut sa fille qui sortit la première. Ce sacrifice rappelle celui d’Iphigénie, cité plus bas.

[44] Vers le soleil, ou vers l’Empyrée, ce qui probablement revient au même, les deux se trouvant au-dessus de leurs têtes. L’ascension de Béatrice et de Dante s’effectue vers le haut, virtuellement vers le zénith ; leur prochaine étape sera le ciel de Mercure, où font leur demeure les âmes qui ont fait le bien, poussées par l’amour de leur réputation et de leur gloire.-351

[45] Cf. Purgatoire, XV, 67-75, où il est expliqué par Virgile comment le bonheur céleste s’augmente avec le nombre des bienheureux.

[46] Mercure se trouve le plus souvent caché par le soleil, dont il est le satellite le plus rapproché.

[47] L’aigle romaine, apportée de Troie par Énée, fut ramenée en Orient, « contre le cours du ciel » et du soleil, du fait de la capitale de l’Empire fixée par Constantin à Byzance, non loin de Troie même.

[48] L’hérésie monophysite ne voyait dans le Christ que sa nature divine. Justinien n’était pas tombé dans cette erreur, que partageait, du moins, sa femme, Théodora : et Agapet Ier, pape de 533 à 536, n’eut pas l’occasion de le faire revenir à la véritable religion.

[49] Toute contradiction contient nécessairement une proposition vraie qui s’oppose à une proposition fausse.

[50] La réorganisation du droit romain, qui fut en réalité l’œuvre de Tribonien et de ses collaborateurs.

[51] L’aigle de Rome, qui n’est que l’emblème de l’Empire. Il n’y a pas de « justes titres » pour s’opposer à l’Empire, en sorte que l’expression de Dante doit être entendue comme une ironie.

 

[52] Pallas, fils d’Évandre, était mort en combattant aux côtés d’Énéas contre Turnus. Tout ce qui suit est une brève histoire de Rome, dans laquelle apparaissent tour à tour Albe la longue, première ville du Latium, fondée par le ris d’Énée ; le combat des trois Horaces contre les trois Curiaces ; l’enlèvement des Sabines ; le viol de Lucrèce ; etc.

[53] Quintius, surnommé Cincinnatus, à cause de ses cheveux frisés, de cincinni, « boucles » .

[54] Des habitants de Carthage.

[55] C’est Pompée qui assiégea et détruisit Fiésole.

[56] C’est sous Tibère, le troisième César de Rome, que la vengeance de Dieu, suscitée par le péché d’Adam, prit fin par le sacrifice du Sauveur. Cette « vengeance » fut à son tour suivie, sous le règne de Titus, de la vengeance que Dieu tira de la mort du Christ, en disposant la défaite et la dispersion des juifs.

[57] Les Guelfes s’appuient contre l’Empire sur les lis de France, tandis que les Gibelins se servent du même Empire pour leurs propres fins.

[58] Charles II d’Anjou, roi de Naples, en qui les Guelfes cherchaient un protecteur.

[59] Romieu de Villeneuve (1209-1245) fut premier ministre de Raymond Bérenger IV, comte de Provence. Il ne mourut pas dans la disgrâce, mais survécut à son maître ; cf. A. Paul, Le Grand Romieu, dans Var illustré, 1921, pp. 15-16, 23-24. Les quatre filles qu’il maria si avantageusement furent Marguerite, reine de France, Eléonore, mariée à Henri III, roi d’Angleterre, Sanche, mariée à Richard de Cornouailles, roi de Germanie, et Béatrice, mariée à Charles, roi de Naples.

[60] « Hosanna, saint Dieu Sabaoth, qui illumines de ta clarté les flammes bienheureuses de ces royaumes ». Malacoth, plus correctement mamlacoth, est un mot hébreux que Dante a trouvé dans saint Jérôme ; mais il l’emploi tel qu’il l’y a trouvé, au génitif.

 

[61] L’explication de la double clarté est douteuse. Elle vient, pour les uns, de la nouvelle lumière que Dieu jette sur Justinien, et qui confirme ce que cet empereur vient de dire en latin (Torraca) ; ou de l’amour dont il témoigne à Dante, et qui s’ajoute à sa clarté habituelle ; ou de son titre d’empereur, qui réunit la double majesté des lois et des armes (Ottimo).

[62] Dante est en train de réfléchir aux mots de Justinien. Dieu a vengé sa colère, provoquée par le péché d’Adam : c’est une juste vengeance, qu’il a cependant punie par la suite, en se servant de Titus.

Pour les éléments, des causes médiates ont concouru à leur formation. De la même manière, l’âme végétative et l’âme sensitive sont un effet de l’influence des cieux et de leurs étoiles ; seule l’âme rationnelle est l’œuvre immédiate de Dieu.

[63] Adam.

[64] Ils ont été énumérés dans les trois tercets précédents : ce sont l’immortalité, la liberté et la ressemblance à Dieu, dons que Dieu a faits à ce qui dérive de lui immédiatement, c’est-à-dire sans le concours des causes secondes. Pour l’homme, il a perdu le don de la liberté, du fait du péché originaire.

[65] Par la voie de justice, ou par la voie de miséricorde.

[66] Seule la création immédiate de Dieu possède les trois dons énumérés ci-dessus ; dans cette catégorie entrent les anges et le Paradis.

Pour les éléments, des causes médiates ont concouru à leur formation. De la même manière, l’âme végétative et l’âme sensitive sont un effet de l’influence des cieux et de leurs étoiles ; seule l’âme rationnelle est l’œuvre immédiate de Dieu.

[67] Adam et Ève ont été l’œuvre immédiate de Dieu. Nous avons perdu l’immortalité du corps, du fait de la faute des premiers parents ; mais lors du Jugement dernier, les trois dons de Dieu se retrouveront entiers, en sorte que l’œuvre de Dieu deviendra ce qu’elle avait toujours dû être, immortelle de corps aussi bien que d’esprit. C’est ce qui rend évidente, pour les âmes, la nécessité de retrouver leurs corps immortels.

[68] Au temps de leur perdition, au temps où ils n’avaient pas le moyen de se sauver : à l’époque du paganisme.

[69] Vénus, la troisième étoile selon l’astronomie ancienne, passait pour diffuser une influence amoureuse et sensuelle. Il convient de répéter que la lune, les planètes et le soleil, du point de vue de Dante, sont tous des étoiles.

[70] Allusion à un passage de L’Énéide, où Cupidon prend l’aspect du fils d’Énée pour rendre Didon amoureuse de celui-ci.

[71] Suivant la croyance ancienne, Dante placera dans ce troisième ciel les âmes bienheureuses dont la vie a été marquée par l’influence de l’astre qui préside à l’amour.

[72] II a déjà été dit plus haut (Paradis, note 24) que les différences entre les objets s’expliquent par le degré d’intensité des influences venues des cieux les plus hauts, et en dernière analyse par l’intensité de leur vision de Dieu.

[73] En italien : Voi che ‘ntendendo il terzo ciel movete. C’est le commencement d’une chanson de Dante (Convivio, II, 2), adressée précisément aux anges ou aux intelligences suprêmes qui mettent en mouvement le ciel de Vénus, et qui répandent, par conséquent, les influences amoureuses. Les anges qui dansent au troisième ciel appartiennent au chœur des princes.

[74] Celui qui parle est Charles Martel, fils aîné de Charles II d’Anjou, roi de Naples ; couronné roi de Hongrie en 1290, il mourut en 1295, lorsqu’il n’avait que vingt-quatre ans. En 1294, il avait fait un séjour à Florence, où il dut connaître Dante. La Provence méridionale et le Royaume de Naples auraient dû lui revenir, s’il n’était pas mort prématurément.

[75] La Sicile (anciennement Trinacria, à cause de sa forme triangulaire), qui voit sa côte ionienne, du cap Passaro (Pachino) au sud au cap Faro (Pélore) au nord, noircie par le volcan issu, non pas de la sépulture du géant Typhée, comme le prétend la légende, mais des émanations sulfureuses de cette région ; la Sicile elle-même appartiendrait toujours aux descendants de Rodolphe de Habsbourg et de Charles d’Anjou, si elle avait été mieux gouvernée, et si l’on avait su prévenir la sanglante révolte des Vêpres siciliennes.

[76] Robert, frère cadet de Charles Martel et roi de Naples à partir de 1309, avait été otage de son père en Catalogne, et en était revenu entouré d’une cour de Catalans, auxquels il aimait confier des postes importants.

[77] Comment d’un père tel que Charles II d’Anjou, connu pour ses largesses, peut-il naître un fils aussi avare que Robert ? 

[78] Si tout n’était pas prévu par la Providence, il en résultait un désordre tel, que l’on serait obligé d’admettre que les anges sont imparfaits, puisque ce sont eux qui font tourner les cieux et disposent de leur influence ; et s’ils l’étaient, il en résulterait que leur auteur aussi, qui n’est autre que Dieu, serait imparfait.

[79] Aristote, qui, dans L’Éthique, avait démontré le besoin je variété dans les penchants et les métiers des hommes.

[80] Dédale.

[81] Des jumeaux tels qu’Esaù et Jacob peuvent ne pas se ressembler ; d’autres fois, les enfants ne ressemblent nullement aux parents, témoin Romulus, grand héros né d’un père vil.

[82] Le fils serait en tout semblable au père.

[83] C’est peut-être une allusion aux deux frères de Charles Martel lui-même. L’un, Louis, avait été franciscain et mourut archevêque de Toulouse ; l’autre, Robert, déjà cité plus haut, fut roi de Naples, mais aimait faire des sermons, dont on sait qu’il a composé et prononcé environ trois cents.

[84] Fille de Charles Martel (1290? -1328), femme en 1315 de Louis X le Hutin, roi de France. La femme de Charles Martel s’appelait aussi Clémence, mais elle était morte depuis 1295.

[85] On ne sait à quoi le poète fait allusion.

[86] Montre-moi que tu sais déjà, sans que j’aie à le dire ce que je voudrais te demander.

[87] Dans la marche de Trévise, qui comprend la région comprise entre les sources du Piave et du Brenta et l’île vénitienne de Rialto, se dresse la colline de Romano, avec le château où naquit Ezzelino Éthique da Romano, vicaire de l’empereur Frédéric II en Lombardie, qui désola et mit le feu, comme une « torche » , au nord-est de l’Italie, de Brescia à Padoue.

[88] Cunizza da Romano, sœur d’Ezzelino Énéide (1198-1279), se fit connaître par une vie scandaleuse, eut trois maris et plusieurs amants, parmi lesquels Sordello. Dante lui fait une place au Paradis, pour des raisons obscures, peut-être parce qu’il l’avait connue lorsque, dans les dernières années de sa vie, elle avait fait retour à Dieu.

[89] C’est le péché qui l’a ramenée vers Dieu et qui fut, dit-elle, la source de son bonheur éternel.

[90] Foulquet de Marseille ; plus loin, il adresse lui-même la parole à Dante.

[91] Entre les limites de la même marche de Trévise, qu’Ezzelino da Romano avait mise à feu et à sang.

[92] Vous verrez les Padouans changer la couleur du marais formé près de Vicence par le Bacchiglione, le teignant de leur sang, à cause de leur désobéissance à l’empereur. Si c’est là ce que voulait exprimer Dante, c’est une allusion à la victoire remportée en 1314 par Can Grande délia Scala, allié de Vicence, sur les Padouans. Mais d’autres commentateurs interprètent de manière différente.

[93] À Trévise, qui se trouve à la confluence de ces deux rivières. Allusion à Rizzardo da Camino, fils du bon Gherardo (cf. Purgatoire, note 176) et mari de Giovanna Visconti (cf. Purgatoire, note 78). Il fut capitaine de Trévise après la mort de son père, mais il fut assassiné par trahison le 9 avril 1312.

[94] Alessandro Novello, franciscain, évêque de Feltre de 1298 à 1329, ayant été sollicité par Pino délia Tosa, gouverneur de Ferrare pour le pape, lui livra un certain nombre d’exilés ferrarais qui s’étaient réfugiés à Feltre, et qui furent tous décapités.

[95] Malte était le nom d’une prison près de Bolsène, où étaient gardés les prisonniers ecclésiastiques ; cf. V. Cian, La Malta dantesca, Turin 1894 ; Dante pourrait aussi bien avoir employé ce nom dans le sens de « prison » en général.

[96] Les Trônes, le troisième ordre de la première hiérarchie des anges, séjournent dans l’Empyrée, et reflètent aux autres cieux la lumière divine, sous son aspect de justice infaillible.

[97] C’est Isaïe, VI, 2, qui attribue six ailes aux séraphins.

[98] La Méditerranée (qui est la plus grande des mers à l’exception de l’Océan) s’étend tellement en longitude, de l’ouest à l’est, que le méridien d’une de ses extrémités est en même temps l’horizon de l’autre : ce qui vient à dire qu’elle s’étend sur 90 degrés de longitude.

[99] Magra forme, comme dit le poète, une partie de frontière de la Toscane avec la Ligurie. Celui qui parle a né quelque part, à égale distance de l’Ebre en Espagne et du Magra, c’est-à-dire à Marseille, qui a presque le même méridien que Bougie.

[100] Foulquet de Marseille, troubadour provençal nu entra plus tard dans les ordres, devint évêque de Toulouse (1205) et mourut en 1231. Il se distingua surtout par la violence de ses sentiments et de ses combats contre les Albigeois. Cf. N. Zingarelli, La personalità storica di Folco di Marsiglia, Bologne 1899.

[101] Didon, fille de Bellus ; ses amours firent du tort à Sichée, mari de Didon, et à Creuse, femme Énée ; mais le tort était posthume, car les deux étaient déjà morts.

[102] Phyllis, qui habitait dans le Rhodope, oubliée par Démophon, qui devait venir l’épouser, se pendit et fut transformée en amandier.

[103] Iole fut la dernière passion d’Hercule : ce fut à cause de la jalousie qu’elle en ressentait que Déjanire, femme d’Hercule, lui envoya la tunique de Nessus.

[104] Raab, courtisane de Jéricho, aida les éclaireurs de Josué à se cacher et à se mettre à l’abri des Amalécites. Ce fut donc elle qui rendit possible la première victoire de Josué dans la Terre promise.

[105] D’après l’ancienne astronomie, c’est dans le ciel de Vénus que Prend fin le cône d’ombre que projette la Terre.

[106] La victoire sur le démon, remportée grâce au sacrifice du Christ.

[107] Le florin, dont le nom vient de la fleur de lis gravée l’avers des monnaies florentines.

[108] Comme l’intérêt conduit tout le monde, même les ‘études en sont profondément marquées. Celle de la théologie proprement dite est délaissée, et l’on ne travaille plus que sur les décrétales, ou sur le droit canon, qui offre les instruments servant à la défense des intérêts matériels. La preuve de cet intérêt est l’aspect des marges des manuscrits s’y rapportant, et qui portent les traces d’un usage intense.

[109] Au point où le mouvement diurne, qui suit le cercle équatorial, se croise avec le mouvement annuel, qui suit le cercle zodiacal. C’est en ce point de croisement que le soleil se trouve au moment de l’équinoxe.

[110] Le cercle zodiacal ou écliptique.

[111] C’est le croisement des deux plans inclinés de l’équateur et de l’écliptique qui produit les saisons et qui, selon la doctrine de Dante, préside à la distribution graduelle des influences célestes : si les deux cercles étaient parallèles, les influences seraient partout et toujours les mêmes.

[112] Béatrice et Dante sont arrivés au ciel du Soleil, le Quatrième, où font leur demeure les âmes des sages.

[113] Les beautés que l’on peut contempler au ciel peuvent être exprimées dans le langage des mortels en sorte qu’on ne peut pas les « sortir » pour les décrire et les rendre compréhensibles aux autres.

[114] En d’autres termes : « J’appartins à l’ordre de saint Dominique. » C’est saint Thomas d’Aquin qui parle ; et le sens de ce dernier vers se trouvera largement expliqué plus loin. Saint Thomas d’Aquin (1226-1274), dominicain depuis 1243, sanctifié en 1323, fut élève d’Albert le Grand et professeur de théologie à Cologne, à Paris et à Naples. Ses ouvrages, dont les plus importants sont le commentaire d’Aristote, La Somme théologique et La Somme contre les Gentils, forment une encyclopédie du savoir théologique dont Dante a tiré profit assez souvent.

[115] Albert le Grand (1193-1280), dominicain en 1222, fut professeur aux universités de Cologne et de Paris, et l’un des philosophes les plus estimés de son temps, appelé aussi Docteur universel.

[116] Francesco Graziano, bénédictin, vécut vers le milieu du XIIe siècle et compila le célèbre recueil de droit canon connu sous le nom de Décret de Gratien.

[117] Pierre Lombard ( ? -1164), maître de théologie à Paris, auteur des Sentences, qui furent le premier essai d’encyclopédie dogmatique. « La pauvre » est celle de la parabole (Luc XXI : 1) qui donna à Dieu le peu qu’elle avait et dont le don fut mieux reçu que ceux des riches qui donnaient de leur superflu ; cette parabole était rappelée par Lombard lui-même, dans le prologue de ses Sentences.

[118] C’est Salomon. On était désireux d’avoir de ses nouvelles peut-être parce que l’on discutait parmi les théologiens pour savoir s’il avait été admis au Paradis, malgré sa luxure.

[119] Ce vers se trouvera largement commenté plus loin.

[120] Saint Denys l’Aréopagite, que l’on tenait à tort pour auteur d’un traité De caelesti hierarchia ; c’est le livre que cite ici, et qui sera mis à contribution aux chants et XXIX, consacrés aux ordres et aux offices des anges.

[121] Cet écrivain des premiers temps chrétiens n’a pas été identifié de façon certaine. Pour les uns, il s’agit de Paul Orose, écrivain du Ve siècle, qui écrivit ses Histoires contre les Païens, à la demande de saint Augustin. Mais cette circonstance ne coïncide pas exactement avec l’indication du texte de Dante ; en sorte que d’autres pensent qu’il s’agit de saint Ambroise, de Lactance ou de saint Paulin de Nola.

[122] Boèce (470?-525), moraliste, auteur d’un traité De la Consolation philosophique ; il mourut en prison et fut enterré à Pavie, dans l’église de San Pietro in Ciel d’Oro ou Cieldauro.

[123] Isidore de Séville (5607-6367), auteur encyclopédique très estimé durant le Moyen Age ; Bède le Vénérable (674-735), auteur d’ouvrages historiques et philosophiques ; Richard de Saint-Victor ( ? -1173?), théologien, nommé parfois le Grand Contemplateur.

[124] Siger de Brabant (1226?-12847), professeur de philosophie à Paris, rue du Fouarre, où avaient lieu certains cours de philosophie de l’Université. Ses propositions philosophiques furent condamnées en 1277 par l’évêque de Paris. Il alla se défendre devant la Curie, et en fut

absous mais tenu sous surveillance, et finit assassiné à Orvieto. Nombre de ses propositions sentaient l’hérésie averroïste ; mais il déclara accepter par la foi ce qu’il ne pouvait affirmer par le moyen de la philosophie, et il semble que ce fut ce qui le sauva. Les termes qu’emploie Dante à son sujet ne sont pas clairs. On ne sait au juste pourquoi Siger trouvait la mort trop lente : peut-être est-ce une allusion à l’époque de ses malheurs, qui ne finirent qu’avec sa mort Les « vérités » qu’il syllogisait à Paris sont aussi étranges II est certain que parmi les 219 propositions condamnées en 1277, il y en avait qui n’étaient pas hétérodoxes, et que saint Thomas lui-même, disciple et puis confrère de Siger, allait soutenir par la suite. Les commentateurs pensent que c’est à ces vérités-là que se réfère le poète. Il n’en reste pas moins que Siger, réputé averroïste et auteur de propositions particulièrement audacieuses, a non seulement sa place au Paradis, mais aussi sa part dans l’éloge que fait, des plus grands noms de la théologie, saint Thomas d’Aquin : il serait difficile de lui accorder un meilleur certificat d’orthodoxie.

[125] Les raisonnements, les principes dont ils tiennent compte dans leur vie de tous les jours.

[126] Ce sont les deux passages du premier discours de saint Thomas, que nous venons de signaler, et que Dante voudrait se faire expliquer maintenant. Saint Thomas répondra d’abord, le long de tout ce chant, à la première question.

[127] pour que l’Église, épouse du Christ, suive mieux la route du Seigneur.

[128] Le premier est saint François et le second, saint Dominique. C’est saint Thomas, qui avait été dominicain, qui fera l’éloge du premier ; plus loin, ce sera saint Bonaventure, franciscain, qui prononcera celui de saint Dominique. Cependant, à la fin de ces deux éloges, on fait la critique de la décadence monastique et des mœurs corrompues des moines : et c’est alors son propre ordre que chacun des orateurs critiquera, par souci de délicatesse sans doute.

[129] La colline d’Assise, assise entre le Topino et le Chiascio : cette dernière rivière prend sa naissance dans la montagne de Gubbio, où saint Ubald Baldassini fut évêque de 1129 à 1160. Les villes citées plus loin entourent Assise ; mais il n’est pas clair si l’on doit entendre par « joug » la position de Gualdo et de Nocera au milieu de montagnes inhospitalières, ou leur situation politique.

[130] Ainsi qu’il est expliqué plus loin, cette dame que François aima tant s’appelait Pauvreté.

[131] Jésus-Christ.

[132] Amyclas, pauvre pêcheur dont parlait Lucain, dormait tranquillement, la porte ouverte, durant les guerres civiles, et n’ayant rien à perdre, il ne se troubla nullement lorsqu’il vit César entrer à l’improviste dans sa cabane.

[133] Parce que le Christ est sorti nu de ce monde ; peut-être aussi parce que la pauvreté, en tant que vertu recherchée et souhaitée, avait disparu avec lui.

[134] Ce sont là les premiers disciples de saint François : Bernard de Quintavalle, qui donna tous ses biens pauvres en 1209 ; Gilles, qui mourut en 1273 ; Sylvestre prêtre à Assise, qui se distingua d’abord par son amour de l’argent, mais qui se repentit par la suite et suivit les pas du saint.

[135] pierre Bernardoni, son père, était simple marchand

[136] Ou, pour mieux dire, la première approbation, fut que verbale, et qui date de 1210.

[137] La seconde approbation de la règle franciscaine fut accordée en 1223 par le pape Honorius III.

[138] Pendant une mission qu’il accomplit en 1219.

[139] Les stigmates de saint François apparurent pendant son séjour sur le Mont-Verna, en 1224.

[140] Saint Dominique.

[141] Iris, fille de Thaumas (cf. Purgatoire, note 235), était la servante de Junon.

[142] Écho, amoureuse de Narcisse.

[143] Avec la même simultanéité des yeux qui s’ouvrent et se ferment en même temps.

[144] Comme l’aimant suit l’étoile du Nord.

[145] En Espagne, où naît le zéphyr, vent de l’ouest, et où soleil plonge dans les vagues pendant la nuit, pour disparaître dans l’inconnu qui règne au-delà de Finisterre.  Saint Dominique est né à Calaruega, en Vieille-Castille.

[146] L’écu d’armes des rois de Castille porte écartelé, avec lion au premier et au quatrième quartier, et un château dans les deux autres.

[147] La légende veut que sa mère, enceinte de lui, ait rêvé ‘elle allait donner naissance à un chien blanc et noir, portant dans la bouche un flambeau allumé : allusion visible à l’habit des dominicains et à leur mission de propagation de la foi.

[148] Le baptême.

[149] Dominicus, forme latine du nom du saint, signifie « appartenant au Seigneur » .

[150] Son premier amour fut l’amour de la pauvreté. On remarquera qu’ici et ailleurs, Dante fait rimer le nom du Christ avec lui-même, ne trouvant pas d’autre rime digne pour son nom.

[151] La terre nue a toujours été symbole de la pauvreté.

[152] Félix signifie « heureux » en latin. Jeanne vient d’un nom hébreu qui signifie « Grâce de Dieu » .

[153] Henri de Suze (?-1271), évêque d’Ostie, dit pour cette raison l’Ostiense, auteur d’un commentaire des Décrétâtes qui servait dans l’enseignement du droit canon ; Thadée d’Alderotto (1215?-1295), médecin de Florence. Ceux qui étudient de tels auteurs le font évidemment parce qu’ils poursuivent quelque intérêt matériel, en contraste la « manne réelle » de la sagesse théologique.

[154] Le siège de Rome. Le pape qui forlignait en 1300 était Boniface VIII, mort en 1303.

[155] Dominique ne demanda pas au Saint-Siège des avantages matériels, mais l’approbation de sa règle, qui lui fut accordée par Honorius III, en 1216.

[156] L’Ordre des dominicains, les dominicaines, et le Tiers-Ordre de Saint-Dominique.

[157] Le sillon tracé par saint François lui-même ; cette interprétation semble s’imposer, mais l’expression du poète ne brille pas par la précision.

[158] Les fûts remplis de bon vin font du tartre ; si le vin est mauvais, ou si le fût n’est pas propre, celui-ci moisit.

[159] II y a encore de bons franciscains. Il ne faut pourtant pas les chercher dans Casai de Montferrat, patrie de Frère Ubertino de Todi, chef des spirituels, qui prétendaient « raidir » exagérément la doctrine de l’ordre et maintenir avec sévérité la rigueur de la règle ; ni dans Acquasparta, patrie de Matteo Bentivenga, ministre général de l’ordre et cardinal, chef du parti des conventuels, qui voulaient adoucir et relâcher la règle dictée par le fondateur de l’ordre.

[160] Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, ministre général de son ordre et cardinal, appelé aussi le Docteur séraphique, fut auteur d’un grand nombre d’ouvrages théologiques. Il dit avoir toujours méprisé les choses du monde et les avantages matériels, qui sont symbolisés par la main gauche.

[161] Augustin, qui mourut en même temps que saint François et Illuminato de Rieti, mort vers 1280, furent des compagnons de la première heure du saint d’Assise. Ils font partie, comme tous ceux que saint Bonaventure nomme en les montrant à Dante, de la ronde qui vient de approcher avec ce saint, et qui forment, avec le chœur de saint Thomas d’Aquin, les « vingt-quatre fleurons » déjà Mentionnés plus haut.

[162] Hugues de Saint-Victor (10977-1141), célèbre théologien mystique ; Pierre le Mangeur (7-1179), chancelier de l’Université de Paris, auteur d’une Histoire scolastique non moins célèbre ; Pierre l’Espagnol (1226-1277), en réalité d’origine portugaise, élu pape en 1276 sous le nom de Jean XXI, auteur de « douze livres » intitulés Summulae logicales.

[163] Nathan s’illustra par les reproches qu’il adressa à David, au sujet de la femme et de la mort d’Urie ; saint Jean Chrysostome (3477-407), patriarche de Constantinople, l’un des plus grands théologiens de Église orientale ; saint Anselme (10337-1109), abbé de Canterbury, bénédictin ; Élius Donat, grammairien du IVe siècle après J.-C., auteur d’une Ars grammatica qui servit de manuel scolaire pendant de longs siècles.

[164] Raban Maur (7767-856), archevêque de Mayence et écrivain très fécond ; Joachim de Celico en Calabre, fondateur en 1189 d’un nouvel ordre et abbé du couvent de Fiore, fut commentateur de l’Apocalypse et passe pour avoir été auteur d’une série de prophéties qui circulèrent et s’imprimèrent souvent jusqu’au XVIe siècle.

[165] Il faut beaucoup d’imagination pour voir tout ce Dante veut montrer dans ces vers. Comme les deux rond d’esprits bienheureux, qui sont comme deux fois douze flambeaux, ont repris leur danse, l’une tournant dans un sens opposé à celui de l’autre, il veut rendre sensible leu mouvement lumineux par la comparaison avec des étoiles. Il faut voir quinze étoiles, qui feront vingt-quatre avec les sept de la Grande Ourse et les deux plus importantes de la Petite Ourse (figurée ici par le pavillon d’un cor) ; imaginer ces étoiles formant deux guirlandes pareilles à la constellation appelée Couronne d’Ariane ; et supposer que les deux guirlandes lumineuses tournent l’une dans l’autre, mais en sens contraire.

[166] Rivière en Toscane. Il faut croire que son cours n’était pas rapide du temps du poète : c’est ce dont nous assurent les commentateurs. Même s’il avait été aussi rapide qu’aujourd’hui, cela ne compromettrait nullement la comparaison.

[167] Par saint Thomas d’Aquin. Il expliquera au poète son second doute ; cf. plus haut, notes 119 et 126.

[168] Dante pense qu’Adam, qui fut la création immédiate de Dieu, aussi bien que Jésus-Christ, dont le sacrifice rachète « l’avant » et « l’après » , et pèse plus que tout le poids des péchés des hommes, et qui est Dieu lui-même, eurent toute l’intelligence que l’on peut avoir ; ce qui contredit l’affirmation de Thomas, selon laquelle Salomon n’eut pas de second. Il faut ajouter que le nom de Salomon n’a pas été prononcé, et qu’aucun indice ne permet croire que le poète l’avait déjà reconnu.

[169] Dieu se voit et se conçoit lui-même à travers son Fils qui est le Verbe, et qu’il engendre par le moyen de l’amour, qui est le Saint-Esprit. Tout l’être et toute la création sont compris dans cette idée divine, qui est la source première de l’existence et l’archétype des êtres : elle se reflète et s’irradie dans les neuf chœurs d’anges et de là elle se différencie selon les cieux d’où elle repart, pour répondre à la variété de la création, tout en restant essentiellement une. pans cette descente progressive, l’idée divine perd de sa vigueur première et, d’atténuation en atténuation, elle en arrive à ne produire que de « brèves contingences » , c’est-à-dire des existences accidentelles et des objets corruptibles, dans lesquels l’ » essence idéale » brille de façon inégale. C’est ici une nouvelle exposition de la doctrine de Dante concernant l’inégalité et la diversité des êtres, thème qu’il avait déjà touché auparavant ; cf. Paradis, chant VIII.

[170] Adam et le Christ eurent le don d’intelligence au suprême degré.

[171] « Dieu apparut à Salomon une nuit, en songe, et lui dit : « Demande ce que tu voudras, et je te le donnerai. » Et Salomon répondit : « Donne à ton esclave un esprit clairvoyant, pour qu’il puisse juger ton peuple et distinguer le bien du mal. » (III Rois III : 5).

[172] Les quatre questions qui suivent embrassent la science telle qu’on la connaissait alors. La première appartient à la théologie, et prétend déterminer le nombre des anges ; cf. sur ce problème, Paradis, XXIX, 130-132, où il est dit que ce nombre est infini.

[173] Soit un syllogisme dont une prémisse est nécessaire et l’autre contingente : la conclusion sera-t-elle nécessaire ? c’est une question de logique.

[174] « S’il convient d’admettre qu’il existe moteur » , qui ne dépende pas d’un autre : conque : question de philosophie naturelle.

[175] Question de géométrie.

[176] Saint Thomas n’a pas dit que nul autre homme peut se comparer à Salomon, mais seulement que « nul second n’a surgi » . L’emploi de ce mot exclut donc l’idée que « nul second n’est né » , qui est l’interprétation qui s’offrait à l’esprit de Dante. Thomas voulait dire que nul autre roi ne s’est montré sur terre à la hauteur de la sagesse dont avait fait preuve Salomon.

[177] Si l’on ne cherche pas la vérité à tout prix, le risque de cette attitude est l’ignorance, qui n’est pas un péché -mais en la cherchant « sans en connaître l’art » , on risqué de tomber dans l’erreur et de se laisser séduire par le péché.

[178] Ce sont des philosophes grecs, qui avaient soutenu des vérités paradoxales, telles que la quadrature du cercle (Bryson), la génération par l’action du soleil (Parménide), l’incertitude de toutes choses (Mélissus). Aristote accusait déjà ces deux derniers de raisonner faussement, pour ne pas avoir appliqué les lois du syllogisme.

[179] Ce sont des hérésiarques, qui ont nié le dogme de la Trinité (Sabellius) ou l’éternité du Verbe (Arius).

[180] Noms très communs, cités comme exemples d’individus quelconques, qui ne se distinguent pas dans la masse. « Domina Berta » est citée comme prototype du vulgaire par Dante lui-même dans De vulgari eloquio, II, 6.

[181] Saint Thomas parlait, de la ronde des esprits, à Dante, oui se trouvait au centre, avec Béatrice ; et lorsque celle-ci s’adresse à Thomas, du centre de la circonférence, ce double sens du dialogue rappelle au poète le mode de propagation des ondes concentriques, qui vont du centre du cercle vers les bords du vase, et retournent du bord vers le centre.

[182] Lors du Jugement dernier, qui sera en même temps la résurrection de la chair.

[183] Celui de Salomon.

[184] Mars, qui règne au cinquième ciel, et où font leur demeure les âmes de ceux qui sont tombés en combattant pour la foi.

[185] Le langage de la prière.

[186] Hélios est le nom grec du soleil, et celui-ci est souvent, dans le poème de Dante, le symbole de Dieu. On pense cependant qu’il est possible que le poète ait pris dans Ugoccione de Pise l’étymologie fantastique qui fait dériver Hélios de l’hébreu ely, « Dieu » . 

[187] Le signe de la croix.

[188] « C’est le mot que l’Écriture sainte dit du Christ, car il est ressuscité et a vaincu le démon qui avait vaincu l’homme ; ce bien-ci est intelligible pour l’intelligence humaine. Mais les autres choses divines, qui furent faites Par le Christ et qui sont en lui, et qu’apprennent et prononcent les bienheureux (qui, eux, les comprennent) peuvent pas être comprises de nous, qui sommes des voyageurs. C’est donc à juste titre que notre auteur feint de rien comprendre, sauf ressuscite et triomphe ; il ne comprend pas le reste, puisqu’il était voyageur » (Buti).

[189] Les yeux de Béatrice ; mais depuis qu’ils sont au cinquième ciel, il ne les a pas regardés. Comme la beauté de Béatrice s’accroît à mesure qu’ils montent, il faut donc comprendre que la musique dont il parle avait plu au poète plus que le regard de Béatrice au quatrième ciel, mais moins que le même regard au cinquième.

[190] 190 Virgile, ou peut-être Calliope, la Muse de la poésie épique, qui était la première des Muses d’après l’art poétique de Dante, et qui parlait par la voix de Virgile.

[191] «Ô mon sang ! ô grâce de Dieu supérieurement imprimée en toi ! qui donc, comme toi, a jamais vu s’ouvrir deux fois pour lui la porte du ciel ? » 

[192] Le livre de l’éternité, où rien ne change, d’après les commentateurs ; ou peut-être le livre du temps, où il n’y a ni jour ni nuit. Le jeûne dont l’esprit parle était sans doute celui de voir Dante ; mais celui-ci a oublié, en faveur de son ancêtre, que les esprits bienheureux n’ont pas faim.

[193] Celui qui parle ainsi est le trisaïeul de Dante, Caccia-guida. Pour sa descendance, cf. L’Enfer, note 273 ; d’ailleurs, on ne sait de lui que ce qu’en dit le poète.

[194] Alighiero, fils de Cacciaguida, est également inconnu autrement. La place qu’on lui a faite sur le premier palier du Purgatoire semble indiquer qu’il était particulièrement orgueilleux : on a pu voir que Dante redoutait lui-même d’avoir un jour à porter les poids énormes dont on accable

les orgueilleux, cf. Purgatoire, XIII, 136-138.

[195] Le luxe, par antonomase.

[196] L’Uccellatoio est une montagne à proximité de Florence, d’où l’on jouit d’une vue panoramique sur la ville ; il en est de même de Montemario, d’où l’on voit Rome. Ainsi donc, à l’époque dont parle Cacciaguida, Florence n’avait pas dépassé Rome en splendeur et en magnificence.

[197] Bellincione Berti, de la famille des Ravignan et père de Gualdrade (cf. Enfer, note 150), appartenait à l’une des maisons les plus en vue de Florence.

[198] Deux familles florentines des plus distinguées, appartenant au parti guelfe.

[199] Parce que c’était en France principalement que les Florentins allaient pour des affaires, et souvent aussi pour s’y établir.

[200] Cianghella dellia Tosa, morte vers 1330, s’était fait connaître par sa vie dissolue. « Cette femme revint à Florence après la mort de son mari, et elle y eut beaucoup d’amants et y vécut dans le libertinage. C’est pourquoi, à sa mort, un certain frère assez simple, prêchant à l’occasion de son enterrement, dit qu’il ne trouvait à cette femme qu’un seul péché, et c’était qu’elle avait mangé la ville de Florence » (Benvenuto de Imola). Lapo Saltarello, juriste, banni pour concussion en 1302, « si amoureusement soigneux pour le manger et l’habillement, qu’il ne tenait pi compte de sa vraie condition » (Ottitno Commente » ).

[201] Cf. Enfer, note 181.

[202] On ne sait rien d’eux.

[203] Elle était, d’après Boccace, originaire de Ferrare, où l’on trouve en effet, anciennement, une famille Aldighieri. Elle donna à l’un de ses fils, qui fut le bisaïeul du poète le nom d’Alighiero, qui était celui de sa maison, et qui se perpétua ensuite dans sa descendance.

[204] La chronologie indique qu’il doit s’agir de l’empereur Conrad III (1138-1162), qui prit part, en effet, à la seconde croisade, en 1147 ; mais il y a une difficulté, et c’est qu’il ne vint jamais en Italie — en sorte qu’on ne voit pas clairement comment Cacciaguida put se faire connaître et entrer dans sa « milice » . On a pensé à une confusion avec Conrad II (1024-1039), qui combattit les Sarrasins en Calabre.

[205] En italien : ed el mi cinse della sua milizia. On admet en général que ce vers signifie que l’empereur Conrad arma chevalier l’ancêtre de Dante, car miles est le terme courant pour chevalier. Cependant, nous doutons de l’exactitude de cette interprétation. Le poète dit que Cacciaguida fut distingué par l’empereur, pour ses belles actions ; et il est logique de penser que celles-ci ne sont pas, d’ordinaire, le fait des apprentis chevaliers ; outre que Dante ne dit pas miles, mais il parle de la sua milizia, qu’il est plus difficile d’interpréter de la même manière.

[206] Comme nous l’avons dit, on ne sait au juste si Cacciaida mourut en Terre sainte, ou en combattant les Sarrasins en Italie du Sud.

[207] On admettait que la formule honorifique vous avait été employée pour la première fois à Rome, au moment où Jules César centralisa et prit en main tous les pouvoirs. Au temps de Dante, l’emploi de vous comme formule de courtoisie était moins courant à Rome qu’ailleurs.

[208] Dans le roman de Lancelot du Lac, la reine Genièvre, qu’impatiente la discrétion trop timide de Lancelot, finit par lui dire qu’elle sait bien qu’il l’aime : alors sa suivante, la dame de Malehaut, qui se trouvait un peu à l’écart, fit semblant de tousser, pour faire comprendre à Lancelot qu’elle connaissait désormais, elle aussi, son secret.

[209] Saint Jean-Baptiste était le patron de Florence.

[210] Depuis le jour de l’Assomption (le calendrier florentin faisait commencer l’année le 25 mars) jusqu’à ma naissance, Mars a fait 580 révolutions. Suivant les calculs astronomiques d’Alfragan, qui fait l’année martienne de 687 jours, Cacciaguida serait donc né en 1101. Pour d’autres commentateurs, qui lisent 553 révolutions, et font l’année martienne de deux années terrestres, il est né en 1106.

[211] Dans le sextier ou quartier de Porta San Pietro, au point où les participants au concours de la Saint-Jean

[212] Depuis le jour de l’Assomption (le calendrier florentin faisait commencer l’année le 25 mars) jusqu’à ma naissance, Mars a fait 580 révolutions. Suivant les calculs astronomiques d’Alfragan, qui fait l’année martienne de 687 jours, Cacciaguida serait donc né en 1101. Pour d’autres commentateurs, qui lisent 553 révolutions, et font l’année martienne de deux années terrestres, il est né en 1106.

[213] Dans le sextier ou quartier de Porta San Pietro, au point où les participants au concours de la Saint-Jean.

[214] Galuzzo est à deux milles de Florence, allant vers le nord, et Trespiano à trois milles du sud.

[215] Baldo d’Aguglione, juriste en vue, qui a eu peut-être d’autres crimes sur la conscience, mais qui commit l’erreur, en 1311, d’excepter Dante de la liste des bannis autorisés à rentrer à Florence.

[216] Église, l’État « le plus pourri », s’est opposée à l’action pacificatrice de l’Empire.

[217] Semifonte, dans le Valdelsa, avait été détruit par les Guelfes de Florence dès 1202, ce qui provoqua l’exode de ses habitants. Si donc les ennemis de l’empereur n’avaient pas détruit cette ville, on n’aurait pas vu un si grand nombre d’arrivants de Semifonte s’installer à Florence. On ne sait si cette allusion est impersonnelle et doit s’entendre comme un cas général, ou si elle se rapporte à un individu déterminé, tel que, par exemple, Lippo Velluti, qui s’était enrichi à Florence et était devenu l’un des chefs des Noirs. Quant à l’aïeul, certains commentateurs n’entendent pas qu’il mendiait, mais qu’il faisait le métier de marchand ambulant, ou peut-être de soldat mercenaire (andava alla cerca) : tous ces sens sont possibles, sans doute, mais même si Dante n’avait pas en vue celui que nous avons choisi, il est évident qu’une intention malveillante l’a fait opter pour cette expression ambiguë.

[218] Montemurlo, entre Prato et Pistoia, avait dû être cédé aux Florentins par les comtes Guidi, qui n’étaient plus en mesure de le défendre contre Pistoia.

[219] Les Cerchi, chefs du « pays sauvage » ou des Blancs, étaient originaires d’Ancône ; ils y seraient peut-être restés, si les Florentins n’avaient pas accueilli tous les étrangers dans leur ville.

[220] Valdigrieve, ou vallée de la Grève, est un affluent de l’Arno. Là s’élevait le château des Buondelmonti, qu’ils durent céder aux Florentins en 1135.

[221] « Quelqu’un pourrait sans doute objecter que, si la ville s’est trop remplie de vilains, elle est du moins plus grande et plus forte et plus puissante. Il répond à cela par le moyen d’une comparaison ; car une communauté forte et violente, comme le taureau, tombera plus vite qu’une communauté humble et pacifique, comme l’agneau » (Benvenuto d’Imola).

[222] Urbisaglia, dans la marche d’Ancône, avait déjà été détruite au temps d’Alaric ; de Luni, disparue plus récemment, vient le nom de la Lunigiane. Chiusi, en Étrurie dans la région de Valdichiana, et Sinigaglia, dans la marche d’Ancône, étaient alors en pleine décadence.

[223] La nouvelle iniquité, des combats des Blancs et des Noirs (la première avait été celle des Guelfes avec les Gibelins), a pour chefs les Cerchi, dont la maison se trouvait près de la Porte San Piero.

La Divine Comédie - Tome III : Le Paradis
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