12
Gwen n’arrivait pas à y croire. L’homme qui avait su gagner sa confiance, celui qu’elle voulait considérer comme son protecteur – tout en sachant qu’il était un démon –, celui qu’elle désirait malgré elle et qui nourrissait ses fantasmes depuis un certain baiser dans l’avion… Cet homme lui avait arraché ses vêtements avant de la porter dans la douche où il était entré avec elle. Et cette infamie n’avait pas réussi à réveiller sa harpie.
Au début, elle était restée sous le choc. Puis l’angoisse l’avait submergée. Ensuite, le désir s’en était mêlé. Ces émotions s’étaient succédé à la vitesse de l’éclair et n’avaient pas duré plus de quelques minutes, mais elles avaient été d’une violence inouïe. Pourquoi ne s’était-elle pas rebiffée davantage ? La première explication qui lui vint à l’esprit fut que Sabin n’avait pas encore eu un geste véritablement menaçant. Il y en avait une autre : la harpie aimait les caresses, et peut-être espérait-elle quelque chose du beau guerrier. Elle aussi.
En ce moment, un nuage de vapeur enveloppait le couple qu’elle formait avec Sabin dans la cabine de douche. Il se tenait derrière elle et la maintenait fermement pour l’empêcher de fuir, mais elle ne songeait plus à fuir – juste à profiter de la sensation que lui procurait le puissant jet d’eau chaude qui ruisselait sur elle. Pour l’instant, il ne s’était rien passé, mais si Sabin tentait d’aller plus loin, elle ne se laisserait pas faire. Pas question de faire l’amour avec un démon.
Mais elle ne chercha pas à lui cacher ses seins ni le triangle mousseux de son bas-ventre. À quoi bon ? Il était plus fort qu’elle et il aurait pu l’en empêcher. De plus, une partie d’elle-même tenait décidément à ce qu’il puisse apprécier… Pourtant…
— Te rends-tu compte que je pourrais te réduire en bouillie ? fit-elle remarquer.
Des mains savonneuses et tièdes se posèrent sur ses épaules pour les masser délicatement.
— Ta peau est douce comme de la soie, répondit-il d’une voix rauque, pleine et envoûtante.
Mmm… C’était si bon… Elle renversa la tête en arrière et prit appui au creux de son cou.
— Écarte-toi un peu de lui.
Elle rassembla toute sa volonté pour tenter de se soustraire au massage, mais son corps refusa d’obéir. C’était tout simplement trop délicieux.
— Je me demande s’il te trouve attirante ou repoussante.
Elle se redressa. La harpie n’apprécia pas et se plaignit en gémissant.
— Tu ne pourrais pas faire taire ton ami ? demanda-t-elle à Sabin. Il craint.
— J’aime ton sens de la formule, plaisanta-t-il en caressant du bout des doigts sa clavicule. Mais Crainte n’est pas mon ami.
Il approcha sa bouche de son oreille et son haleine la caressa délicieusement.
— Je ne voudrais pas avoir l’air de chercher à changer de conversation, murmura-t-il. Mais t’ai-je dit que je te trouvais adorable ?
Ne sachant que répondre, elle déglutit. Elle était déchirée entre le désir d’encourager Sabin et celui de le repousser. Et elle avait intérêt à se décider rapidement, avant d’oublier pourquoi elle ne devait pas se donner à lui. Il incarnait tout ce qu’elle haïssait. La noirceur, la violence, le chaos. De plus, il avait l’intention de l’utiliser pour combattre ses ennemis. Sa haine envers les chasseurs l’emportait sur tout. Même sur l’amour.
— Allons-y, déclara brusquement Sabin en la lâchant.
Elle dut se mordre les lèvres pour étouffer un gémissement de protestation. Puis elle sentit des doigts s’enfoncer dans la masse de ses cheveux pour faire mousser le shampoing. Elle ferma les yeux de plaisir. L’odeur citronnée de Sabin lui donna soudain envie de mordre.
— Quand tu as peur, ta harpie se réveille, ça, je l’ai compris. Mais que se passe-t-il quand tu es excitée, ou quand tu as un orgasme ?
La question était crue et intime. Mais il avait choisi le bon moment pour la poser, et cela ne la gêna pas de répondre.
— Elle tente parfois de se manifester, mais je parviens à la contrôler.
— N’essaie pas de la contrôler avec moi, dit-il.
Il ne lui laissa pas le temps de protester et enchaîna aussitôt sur un autre sujet.
— William t’a parlé de mon démon…, commença-t-il.
Il remua légèrement et son sexe en érection effleura la colonne vertébrale de Gwen. Elle se demanda si c’était intentionnel ou non.
— Je suppose qu’Anya aussi à dû te parler de moi, poursuivit-il. Qu’est-ce qu’elle t’a dit ?
Gwen fut secouée d’un frisson et dut faire appel à toute sa volonté pour répondre.
— Tu veux savoir si elle m’a raconté que tu as lâchement poignardé dans le dos l’un de tes compagnons ? Non. C’est aussi William s’en est chargé.
Il enfonça ses ongles dans son cuir chevelu et elle poussa un petit cri. Il la lâcha aussitôt en bredouillant une excuse.
Bon sang… Comme toujours, elle donnait dans le sarcasme au plus mauvais moment. Dans son dos, Sabin se racla la gorge. Il était sûrement furieux. Elle n’avait pas intérêt à le provoquer, songea-t-elle. Puis elle s’en voulut. Il était temps qu’elle cesse de se comporter en gamine apeurée et qu’elle accepte d’être tout simplement elle-même.
Encore fallait-il qu’elle sache qui elle était…
— Mets la tête sous le jet pour rincer tes cheveux, ordonna Sabin d’un ton bourru.
Il ne lui laissa pas le temps de réagir et la prit par la nuque pour incliner sa tête et la placer sous le jet tiède. Des coulées savonneuses glissèrent sur ses lèvres et elle cracha.
— Ferme les paupières si…
— Aïe ! protesta-t-elle en fermant les paupières.
— … tu ne veux pas que ça te pique les yeux, acheva-t-il en riant.
Gwen se frotta les yeux. Il se comportait comme s’il était en train de laver une petite fille et elle commençait à être agacée par cette attitude. Pourtant, il avait eu l’air jaloux de William et, quand il l’avait déshabillée, il l’avait dévorée d’un regard gourmand qui en disait long sur ses intentions.
Pourquoi donc paraissait-il tellement lointain, et insensible au fait d’être nu sous une douche avec elle ?
Il la savonna des pieds à la tête, avec application, comme s’il s’acquittait d’une tâche ménagère. Quand ses mains glissèrent sur ses seins en les faisant durcir, il ne daigna pas s’y attarder. Quand elles plongèrent entre ses jambes, il conserva un air parfaitement détaché, et fit mine de ne pas s’apercevoir qu’elle tremblait et haletait.
— Je peux me laver seule, protesta-t-elle d’une voix rauque.
— Dans ce cas, pourquoi ne l’as-tu pas fait plus tôt ?
Elle sentit de nouveau son sexe en érection lui effleurer le dos.
Elle serra les lèvres pour ne pas répondre. Il n’allait pas tarder à découvrir pourquoi. Pour être honnête, elle avait hâte d’observer sa réaction quand il la découvrirait sans la couche de saleté qui la dissimulait. Il avait déjà avoué qu’il la trouvait belle. Que penserait-il quand il la verrait sans son camouflage ? Se déciderait-il à passer à l’acte ?
Il avait achevé de la rincer et se figea brusquement, le souffle rauque. Elle sentit un courant de chaleur s’enrouler autour d’elle. Voilà. Enfin, il se manifestait. Il avait vu.
— Ta peau…, murmura-t-il.
— J’ai essayé de te prévenir, dit-elle.
— Tu aurais dû être plus explicite.
Il tourna lentement autour d’elle, pour la jauger posément, et elle put voir qu’il n’était pas du tout indifférent à sa beauté. Il avait les yeux brillants, chauds comme la braise, les lèvres retroussées sur les dents, comme s’il s’apprêtait à mordre.
— Ta peau…, répéta-t-il.
Oui, elle savait : sa peau de harpie dégageait une aura phosphorescente et translucide qui évoquait une opale bien polie.
Sabin tendit lentement la main vers elle, comme en transe. Ses doigts suivirent le contour de sa mâchoire, puis glissèrent vers son cou, et plus bas, entre ses seins. Elle ne chercha pas à se soustraire à cette caresse. Au contraire, elle fit un pas en avant. Plus près. Parce qu’elle en voulait davantage. Un frisson la parcourut et elle cessa totalement de résister.
— Ta peau est douce, chaude, lumineuse, reprit-il d’un ton plein de respect. Pourquoi tenais-tu tant à cacher…
Il comprit en même temps qu’il posait la question et se tut, les lèvres serrées, une lueur de colère dans le regard.
— Les hommes ne peuvent pas s’empêcher de te toucher, c’est ça ?
Le nœud qu’elle avait dans la gorge l’empêcha de répondre, et elle se contenta d’acquiescer en silence, tout en se demandant ce qu’il allait faire à présent. Il changeait si brusquement d’humeur qu’elle s’y perdait.
« Caresse-moi…»
Mais il n’en était pas là. Il avait encore des questions à lui poser.
— Tes sœurs ont la même peau que toi ?
— Oui.
— Toutes les harpies ?
— Oui.
Allait-il bientôt en finir avec cet interrogatoire ?
— Tu les as appelées ?
— Non. Pas encore.
— Tu vas le faire tout de suite, dès que nous sortirons de la douche. Je les veux ici, dans le château, dans moins d’une semaine.
Furieuse, elle laissa échapper un cri de protestation. Comment ? Elle était là, nue, devant lui, avec sa magnifique peau plus lisse et propre que jamais, et il osait lui parler de ses sœurs ? Il voulait les rencontrer ? Mais pourquoi donc voul… ? Elle comprit brusquement. Il songeait probablement qu’elles feraient de merveilleux appâts !
Mais peut-être avait-il l’intention de se constituer un harem…
Un sombre sentiment enfla dans sa poitrine. Un sentiment mauvais qui se répandit comme un poison. La harpie sursauta et se mit à pousser des cris stridents. Les ongles de Gwen s’allongèrent, sa vision passa en mode infrarouge.
— Tu as l’air mécontente, demanda-t-il d’un air innocent. Qu’est-ce que j’ai dit de mal ?
— Je ne suis pas du tout mécontente, prétendit-elle.
« Si tu couches avec l’une de mes sœurs, je te dévore tout cru. »
— Tu m’enfonces tes griffes dans la paume, fit-il posément remarquer.
Elle se rendit vaguement compte qu’il ne manifestait ni peur ni agacement, mais elle était trop furieuse pour admettre son calme.
— Tu veux séduire mes sœurs, lança-t-elle d’un ton mauvais et presque menaçant.
Elle en fut surprise. N’était-elle pas Gwendolyn la Timorée ? Elle n’avait jamais menacé personne.
Il leva les yeux au ciel.
— Pas du tout, voyons… Je les veux pour mes compagnons.
Elle battit des paupières, quelques secondes, le temps de saisir totalement les implications de cette réponse.
Sa colère fondit comme neige au soleil et elle se sentit soudain envahie d’un profond bien-être. Quelle bonne idée ! Si ses compagnons étaient occupés avec ses sœurs, ils la laisseraient tranquille. Il cherchait de toute évidence à les détourner d’elle. Il était donc jaloux ?
— Tu as peur que je m’intéresse à tes sœurs ? demanda-t-il.
— Moi ? Pas le moins du monde.
Cette information n’était d’aucune utilité à Sabin, personne ne pourrait l’utiliser contre elle, mais, dans ce cas précis, le mensonge valait largement mieux que la vérité. Elle n’avait pas hésité.
— Je pensais à Tyson, insista-t-elle. J’aimerais tant être près de lui…
Sabin lui jeta un regard soupçonneux et ses iris virèrent au rouge.
— Je t’interdis de penser à lui, tu as compris ? gronda-t-il. Je te l’interdis.
— Je… D’accord.
Il paraissait hors de lui, sur le point de commettre un meurtre. Mais pourquoi donc n’avait-elle pas peur ?
— J’ai décidé de te marquer, annonça-t-il avec détermination. Au moins une fois.
Son regard parcourut lentement le corps fluorescent de Gwen.
— Par tous les dieux… Je crois que je pourrais te marquer tous les jours. Pour que tu ne m’oublies pas.
— Qu’entends-tu par me « marquer » ? bredouilla-t-elle.
Il parlait de la fouetter ? De la punir ? Cette fois, elle recula. Tous les jours ? Il n’envisageait tout de même pas de lui infliger un supplice quotidien ?
Il allongea prestement le bras pour lui saisir le poignet et l’attirer à lui.
— Je vais planter mes dents dans cette jolie peau, délicatement, sans te faire mal, mais assez tout de même pour y laisser une trace.
La peur de Gwen s’envola d’un seul coup, laissant place à une sensation grisante, douce et puissante à la fois, qui ressemblait à s’y méprendre à du bonheur. Cela faisait si longtemps… Si longtemps qu’un homme ne l’avait pas tenue dans ses bras en lui donnant la sensation d’être unique, singulière, assez belle pour être chérie et désirée.
— Tu veux bien ? demanda-t-il doucement.
Est-ce qu’elle voulait ? Oui, elle le voulait. Elle ne savait plus où elle en était, mais son corps, lui, savait qu’il désirait cet homme. Devait-elle prendre le risque de céder à ce désir ?
Le moment était venu de réfléchir sérieusement à la question, en pesant le pour et le contre.
Sabin était un guerrier bien entraîné, un guerrier immortel qui combattait depuis des siècles, et il lui avait assuré qu’il ne craignait pas la harpie. De son côté, elle se sentait suffisamment forte pour profiter de ce qu’il avait à donner, sans se laisser envahir. En acceptant qu’il la marque, elle se protégeait des autres guerriers qui n’oseraient plus l’approcher. De plus, il était souhaitable de donner de temps en temps à la harpie ce qu’elle réclamait, pour qu’elle se tienne tranquille.
La conclusion était évidente.
Elle n’eut pas besoin de formuler sa réponse. Les narines de Sabin frémirent. Il humait déjà son désir.
— Le premier qui osera te toucher sera un homme mort, dit-il.
Il était prêt à attaquer ses compagnons pour la défendre ? Elle en fut profondément émue.
Il l’attira lentement contre lui, jusqu’à ce que ses seins viennent effleurer son torse. Quand il sentit contre lui leurs pointes dures, il poussa un gémissement.
— Ton démon…, murmura-t-elle.
— Je le tiens fermement en laisse, ne t’en fais pas. À présent, réponds. Oui ou non.
Elle avait déjà décidé, aussi n’hésita-t-elle pas.
— Oui, répondit-elle dans un souffle.
Puis elle passa ses bras autour du cou de Sabin et pressa son corps humide contre le sien.
— Toi non plus, tu n’as pas à avoir peur, murmura-t-elle. Je ferai attention à toi.
— Non, protesta-t-il. Je veux que tu te laisses aller.
Il fondit sur elle et prit possession de sa bouche, pour de bon, pas comme dans l’avion où il était resté passif. Sa langue plongea, avide et exigeante, attendant une réponse, qu’elle lui donna parce qu’elle ne put s’en empêcher. L’une de ses mains fourragea dans la soie noire de ses cheveux, tandis que l’autre lui lacérait le dos, y laissant probablement sa marque.
— Ne te perds pas complètement, clama une voix dans son cerveau. Profite, savoure, mais garde le contrôle. La harpie ronronna, ravie de la tournure que prenaient les événements. Gwen eut soudain peur et cessa de griffer le dos de Sabin. Aussitôt, la harpie grogna en signe de protestation.
Sabin non plus ne voulait pas de cette interruption. Il la prit par le menton et lui inclina la tête, de façon à posséder plus commodément sa bouche. Leurs dents s’entrechoquèrent. Elle poussa un petit cri de douleur, mais il n’en tint pas compte et continua à l’embrasser, avec une passion frisant la violence, jusqu’à ce qu’elle en ait le souffle coupé, jusqu’à ce qu’elle en tremble, et se cambre contre lui en gémissant…
Elle sentit qu’elle était sur le point de le supplier d’aller plus loin, comme sa harpie, et pour la seconde fois – mais peut-être était-ce la troisième –, elle tenta de s’écarter un peu pour se soustraire aux dangers de cet enchantement.
— Non ! gronda-t-il.
— Mais…
— Je t’interdis de penser. Abandonne-toi. Tu auras tout le temps de réfléchir plus tard.
Il la coinça contre la paroi de la douche et un cri étouffé lui échappa quand son dos rencontra la fraîcheur des carreaux. Il avala ce cri, prenant tout ce qu’elle avait à donner, et plus encore. Derrière eux, le jet de la douche continuait à rebondir bruyamment contre la porcelaine.
D’une main, il saisit ses deux poignets et les éleva au-dessus de sa tête. Quand il prit l’un de ses seins en faisant rouler le téton entre ses doigts, elle sentit une intense chaleur se répandre dans son ventre. Elle chancela de plaisir et il la retint, tout en profitant de cet instant de faiblesse pour glisser ses jambes entre les siennes. Au cours de la manœuvre, son pubis effleura l’une de ses cuisses musclées et elle eut comme un étourdissement.
— Tu aimes ?
— Oui…
Ce n’était pas la peine de lui mentir. De toute façon, son corps parlait pour elle.
À présent, il avait glissé ses doigts sur son ventre et traçait de lents cercles autour de son nombril. Elle se mit à aller et venir contre sa cuisse, tout en poussant des gémissements.
— Encore ! Encore ! Encore ! La harpie se mit à hurler.
— Je vais te mordre, prévint-il.
Il ne lui laissa pas le temps de protester ou d’accepter. Il planta ses dents dans le tendon à la base de son cou. En même temps, sa main vint prendre la place de sa cuisse et il plongea deux doigts en elle.
— Sabin…
— Par tous les dieux ! Ce que tu es chaude et étroite…
— Je vais… Je… Je ne peux plus… Je ne devrais pas…
Rien qu’avec deux doigts, il l’avait déjà menée au bord de l’orgasme.
— Laisse-toi aller, ne t’inquiète de rien, il n’arrivera rien.
— Et si… Si la harpie…
Elle n’arrivait plus à aligner deux idées, elle ne pouvait plus se concentrer que sur ces doigts épais qui allaient et venaient en elle, de plus en plus vite.
— Viens, murmura-t-il.
Son pouce entra en action, pour caresser son clitoris, et il ne fut plus question de lui résister. L’orgasme la secoua. Elle poussa un long cri, tout en continuant à onduler contre lui. Puis elle le mordit jusqu’au sang.
Des spasmes de plaisir la secouaient encore quand il la prit par les hanches pour venir placer son sexe contre le sien. Par tous les dieux, que c’était bon de se frotter contre ce pénis en érection… Elle lui enfonçait maintenant les ongles dans le dos. Profondément. Sans se soucier de lui entamer la peau.
Il laissa échapper un gémissement rauque, sans cesser d’imprimer à ses hanches un mouvement de va-et-vient. Ce gémissement la rendit folle. Elle voulait l’entendre encore et se jeta contre lui, en rythme, tout en continuant à le mordre et à goûter son sang.
— C’est ça. C’est parfait. C’est si bon…
Il ne cessait de parler, comme s’il voulait qu’elle n’oublie pas qui elle était, avec qui elle était.
— Je ne peux pas résister, poursuivit-il. Je vais exploser, je ne voulais pas, mais… Ça n’aurait pas dû être si bon. Je…
Il se tut brusquement et se remit à l’embrasser, fouillant sa bouche avec sa langue, tout en déversant sa semence tiède contre son ventre, en tremblant de tout son corps. À l’idée qu’il prenait tant de plaisir, elle eut un deuxième orgasme. Puis ils restèrent quelques minutes silencieux, étourdis, pantelants, haletants.
Elle se laissa aller contre lui, surprise de s’être à ce point abandonnée. Sans la pénétrer, il lui avait donné deux orgasmes. La harpie ne s’était pas manifestée. Et le plus dingue de tout, c’est qu’elle n’aurait pas refusé s’il lui avait proposé de recommencer sans tarder.