142

 

 

Quand, le lendemain matin, Andreas, Robin et Aalis mirent le nez dehors, le monastère, baigné de soleil, était déjà animé depuis fort longtemps. Ils assistèrent alors au ballet des Bédouins servants qui s’affairaient à leurs tâches, qui au jardin, qui aux puits, qui aux travaux de réparation que l’on menait sur la muraille, alors que les moines, eux, étaient à l’église pour la fin de l’office des matines. Aussi, nos trois compagnons, contournant la mosquée, se dirigèrent-ils vers icelle, certains d’y retrouver l’higoumène.

La basilique, dite de la Transfiguration, orientée plein est (alors que la muraille du monastère, elle, suivait le sens de la vallée), avait tous ses murs blanchis à la chaux. Au-dessus de son portail, dont les vantaux étaient remarquablement sculptés des figures d’Abraham, d’Isaac, d’Élie, de Moïse et de Zacharie, était gravé le même verset que sur la muraille extérieure du couvent : C’est là la porte du Seigneur, et les justes y entreront. Ils entrèrent.

La divisant en trois nefs, ses douze colonnes corinthiennes de pierre brute soutenaient une belle voûte qui, peinte en bleu et parsemée d’étoiles d’or, figurait le cosmos. Sur chacun de ces piliers était accrochée l’une des icônes des douze saints qui étaient célébrés pour chaque mois de l’année, et l’on racontait que leurs reliques étaient enfermées à l’intérieur même des colonnes. Neuf chapelles encadraient le pourtour de la basilique, dont la principale, à l’extrémité est de l’édifice, était dédiée, bien naturellement, au Buisson ardent qui, selon la tradition, se fût trouvé en cet endroit précis. Le sol, quant à lui, était pavé d’une mosaïque en marbre blanc et noir.

L’ornement étant de mise dans l’art des églises d’Orient, le lieu saint était rempli d’une profusion de dorures fines et capricieuses, d’objets ouvragés, d’argent ou de vermeil, encensoirs, candélabres, chaires sculptées, portes en cèdre, et surtout d’icônes qui, dans le rite de Jérusalem, avaient une grande importance. La légende raconte qu’il y eut dans cette église assez d’argenterie pour charger soixante chameaux.

La plus belle pièce de l’église, sans doute, était une mosaïque réalisée à la fin du VIe siècle sur le plafond du chœur, figurant la Transfiguration du Christ. On y voyait, encadrés de médaillons, Jésus avec Moïse et Élie, et à leurs pieds, les trois disciples Pierre, Jean et Jacques.

Près du maître-autel était une châsse gravée qui renfermait le crâne de sainte Catherine, et devant lui, en ce moment, se tenaient l’higoumène et les pères de la communauté, à savoir le frère dikaios[38], le frère skevophylax[39], le frère oikonomos[40], le frère secrétaire et le frère bibliothécaire.

L’Apothicaire et les deux jeunes gens étaient arrivés à l’issue de l’office, au moment où, après les matutinos ymnos[41], le père Athanasios faisait le « renvoi du matin », une prière conclusive qui s’achevait par la bénédiction de tous les caloyers de la communauté, un par un, par imposition des mains. Chacun de leurs gestes, chacune de leurs paroles respectaient le rite de l’église de Jérusalem, qui différait légèrement de celui de l’église de Constantinople, et plus grandement du rite romain.

Quand la cérémonie fut terminée, Aalis et Robin se signèrent, alors qu’Andreas, lui, avait le regard perdu dans la voûte dont il admirait les étoiles.

Après que tous les moines furent sortis de la basilique, l’higoumène traversa la nef pour rejoindre ses invités.

— Avez-vous bien dormi, chers visiteurs ?

— En vérité, fort bien, affirma Andreas.

— Vous dites cela comme si la chose était étonnante ! s’amusa le père Athanasios.

— Notre soirée avait été mouvementée…

— Ce monastère est un lieu de calme et de sagesse. Songez que, depuis près de mille ans, jamais les Bédouins ne sont venus troubler la quiétude de notre maison. Nous sommes une arche de paix transportant les trésors matériels et spirituels de l’Église au cœur même du désert. Les caprices de la nature, même, n’ont guère raison de nous. Voyez plutôt : il y a six mois, un très violent tremblement de terre a frappé la région. Nos murs, quoiqu’un peu abîmés ici et là, sont toujours debout. Je vous l’avais promis : ici vous êtes en paix.

— Et pourquoi avoir accepté de nous y laisser entrer, après avoir d’abord refusé ?

— N’étiez-vous point en danger de mort à ce moment-là ? Cela relève de la pure charité chrétienne, il me semble !

— Quelque chose me dit qu’il y a un peu plus que cela, risqua Andreas, qui espérait le faire parler.

— Disons que j’ai été convaincu de la pureté de votre quête, et que ceux qui cherchent avec le cœur sont toujours bienvenus dans notre maison.

— Vous en avez été convaincu par la présence de ce Mal’ach à nos trousses ?

— Si vous continuez de me demander pourquoi je vous ai laissé entrer ici, je vais finir par le regretter ! dit-il d’un air taquin.

Andreas inclina la tête en souriant pour lui signifier qu’il n’insisterait pas.

— Allons, dites-moi plutôt ce que vous pensez de notre basilique !

— Elle est… singulière, répondit Andreas.

— Très jolie, corrigea Aalis.

— Admirable, ajouta Robin.

— Nous l’appelons catholikon[42] de la Transfiguration. Ce monastère fut d’abord dédié à la Vierge Marie, qui est très importante dans notre rite, comme vous le savez peut-être. Pour nous, Marie est Theotokos, ce qui signifie « qui a enfanté Dieu », car nous réfutons la distinction que certains font entre l’humanité et la divinité du Christ. Ceux-là prétendent que si Jésus eût été véritablement né d’une femme, il n’eût pu être Dieu. Nous soutenons le contraire : Jésus est Dieu, et donc Marie est mère de Dieu.

— Certains pourraient vous traiter d’hérétiques ! railla Andreas.

— Certains l’ont fait, répliqua l’higoumène. Mais passons… Depuis le IXe siècle, le monastère n’est plus seulement dédié à Marie mais à sainte Catherine d’Alexandrie, dont les reliques ont été trouvées sur un mont non loin d’ici et sont conservées dans cette châsse. Toutefois nous ne manquons pas de continuer à vénérer la Vierge Marie, et avec elle Moïse et Élie, car tous deux vinrent sur le mont Sinaï, et tous deux apparurent auprès du Christ au moment de la Transfiguration. Ainsi, la basilique a été sanctifiée sous le nom de catholikon de la Transfiguration…

— C’est très bien, dit Andreas, mais pourquoi nous dites-vous tout cela ? Vous savez que nous ne sommes pas ici en pèlerinage…

— Eh bien, vous qui me parlâtes hier du Shatirum lâ-mi’umma, j’ai pensé que la chose pourrait éveiller votre intérêt.

— Pourquoi ?

Le père Athanasios – c’était décidément une habitude – sourit de nouveau.

— La Transfiguration est une scène des Évangiles qui est très chère aux gnostiques, monsieur Saint-Loup !

— Je l’ignorais.

— Vous allez comprendre pourquoi. En français on dit Transfiguration, mais le terme exact est Metamorphôsis : Jésus se métamorphose pour révéler sa véritable nature divine à trois de ses disciples. Souvenez-vous : le Christ se rend sur une montagne – qui n’est pas cette fois le mont Sinaï, mais le Mont Thabor, en Galilée. Il est accompagné de Pierre, Jacques et Jean, et pour eux il se métamorphose : son visage se modifie et ses vêtements deviennent d’une blancheur éclatante. « Son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière », dit saint Matthieu. « D’une telle blancheur qu’il n’est pas de foulon sur la terre qui puisse blanchir ainsi », ajoute saint Marc. En somme, il leur livre la connaissance de ce qu’il est réellement, à savoir un être céleste, qui n’appartient pas au bas monde. Pour certains, en cet instant unique, Jésus livre la gnose à ses trois plus fidèles apôtres, et la forme qu’il prend alors est une préfiguration de l’état corporel annoncé aux chrétiens pour leur propre résurrection. Vous comprenez mieux pourquoi je vous en parle ?

Andreas opina du chef.

— Pendant cette scène, continua l’higoumène, les prophètes Élie et Moïse apparaissent miraculeusement à ses côtés : Moïse, celui par qui tout commence, car c’est à lui que le vrai Dieu livre la Loi et dit vouloir sauver les hommes, et Élie, celui par qui tout termine, car il doit arriver avant le Messie et préparer sa venue. Mais, plus intéressant pour vous encore : les morts de ces deux prophètes sont entachées de mystère. Et d’ailleurs, peut-on vraiment parler de mort, ou devrait-on dire « disparition » ? Moïse est emporté par Dieu et découvre du haut d’une montagne le pays qui est promis au peuple d’Israël, et jamais on ne retrouve sa tombe. Élie, quant à lui, est emporté dans les cieux par un char de feu.

— Seriez-vous en train de nous dire que les deux prophètes qui vinrent sur le mont Sinaï, là où est le Buisson ardent, furent tels ces gnostiques dont on dit qu’ils quitteraient le monde en recevant la gnose ? Ou, en l’occurrence, en lisant le Shatirum lâ-mi’umma ?

— Je ne fais que citer la Bible, monsieur Saint-Loup, répondit malicieusement le père Athanasios.

— Et ainsi vous vous intéressez à la gnose ? insista Andreas. Je croyais qu’elle était regardée par l’Église comme la plus grande hérésie ?

— Ici, je vous le répète, est un lieu de paix et un havre d’étude. Nous nous intéressons à tous les mystères, sans distinction. Il y a toujours un peu de vérité même dans les plus grands mensonges. Je pourrais aussi vous parler longuement du soufisme, que nous fréquentons ici quotidiennement, du fait de la proximité des penseurs arabes, et qui entre curieusement en résonance avec la pensée gnostique. Écoutez plutôt : pour les soufis, Mohammad – que vous appelez Mahomet – aurait reçu des révélations ésotériques qu’il n’aurait partagées qu’avec ses plus proches compagnons. Ainsi, les soufis affirment l’existence d’une connaissance cachée, ilm al bâtin, et prônent un refus de s’attacher aux choses de ce monde pour accéder enfin à l’Être suprême…

— Cela fait en effet songer au gnosticisme, admit Andreas.

— N’est-ce pas ? C’est peut-être qu’il y a au fond de tout cela un peu de vérité.

— Peut-être. Hier, quand je vous ai demandé si le Shatirum lâ-mi’umma était ici, vous avez esquivé ma question…

— Ah ! C’est que je ne peux pas y répondre, monsieur Saint-Loup.

— C’est pourtant une question assez simple… Le livre est-il ici, oui ou non ?

— Pour vous, il l’est peut-être.

— Réponse de gnostique ! s’emporta Andreas.

— Allons ! Si vous connaissiez sa nature, vous sauriez que je ne puis vous en offrir de meilleure.

— Ainsi vous reconnaissez son existence, puisque vous évoquez sa nature ?

— Seriez-vous en train d’essayer de me piéger ? s’amusa l’higoumène. Je ne puis point vous parler de son existence, ne l’ayant moi-même jamais vu. Mais son essence m’est connue. Et, véritablement, je ne saurais pas vous en dire plus ! Allons ! Cette quête vous appartient, continuez de la suivre seul. Pour ma part, je vous ai simplement promis une visite des lieux, alors allons !

Andreas ne masqua guère sa déception, mais l’higoumène, toujours souriant, tendit le bras vers le portail de la basilique.

— Vous avez vu notre église, je vais maintenant vous montrer le reste du monastère.

Ainsi, il les conduisit sur le parvis de l’église, depuis lequel il leur fit admirer le minaret qui, accolé à la mosquée, se dressait fièrement au-dessus de toutes les autres constructions.

— Ici était jadis notre réfectoire. Nous l’avons transformé en mosquée, et nous avons fait le minaret bien haut afin que les guerriers du calife Al-Hâkim le voient de loin et ne nous attaquent point !

— C’est fort judicieux, glissa Andreas.

— C’est aussi une marque de respect et une façon de donner corps aux principes de paix et de coopération qui nous unissent aux fidèles du prophète Mohammad. Nous avons d’ailleurs à l’intérieur de la mosquée de fabuleux trésors, tel le minbar[43], qui est en bois sculpté, et qui nous fut offert par Shahan Shah el-Afdal, vizir de la dynastie fatimide. Vous pourrez le voir tout à l’heure, s’il vous plaît.

Lors, descendant un petit escalier, ils contournèrent la basilique par le nord et, au milieu des habitations qui se chevauchaient les unes les autres, le père Athanasios leur montra un puits modeste, protégé par une alcôve de pierre voûtée.

— Ici est le puits près duquel Moïse rencontra les sept filles de Jéthro et dans lequel notre communauté continue aujourd’hui de s’alimenter en eau. Nous avons plusieurs puits dans le monastère, si bien que l’eau ne manque jamais, ce qui est miraculeux en cet endroit. Et dans nos jardins, que vous avez dû voir en arrivant, coule même un ruisseau. C’est le quartier du monastère qui a ma préférence, et je m’y rends souvent quand j’ai besoin de méditer. Son accès se fait par un souterrain. Vous pourrez également vous y rendre, si le cœur vous en dit. Nous y cultivons des légumes, des citrons, des abricots, des pommes… c’est un véritable enchantement.

Ils continuèrent leur visite vers l’est et, longeant le mur nord de la basilique, ils s’arrêtèrent devant un petit bâtiment qui lui était accolé.

— Voici maintenant le skevophylakion, autrement dit le trésor du monastère : il contient des reliques, des icônes très anciennes, des vêtements, des objets de piété fort précieux, et des manuscrits enluminés, dont la plupart sont de Constantinople. Seul le frère skevophylax peut vous faire visiter l’endroit, mais je suis certain qu’il acceptera de le faire si vous le lui demandez.

Longeant ensuite le mur oriental du couvent, ils passèrent devant la petite bâtisse où l’higoumène les avait reçus la veille, puis devant le réfectoire, puis devant les dortoirs, et enfin ils arrivèrent devant l’entrée de la bibliothèque.

— Comme vous pouvez le voir, notre bibliothèque est fort grande, surtout pour un lieu tel que celui-là. Savez-vous que c’est la plus ancienne bibliothèque du monde chrétien ?

— Sans doute, nous le savons.

— Depuis la destruction de la bibliothèque d’Alexandrie, celle-ci est sans doute la plus riche qui soit, plus riche encore que celle de l’abbaye romaine du Mont-Cassin, où saint Benoît fonda l’ordre des Bénédictins.

— Et où séjourna Thomas d’Aquin, intervint Andreas.

— En effet. Monsieur Saint-Loup est connaisseur ! Notre bibliothèque est l’une des fiertés de ce monastère, encore que de tels sentiments ne conviennent guère à notre fonction, ajouta le père Athanasios sur le ton de la plaisanterie.

— Vous devinez que nous aimerions beaucoup entrer à l’intérieur ! s’empressa de dire Andreas, les yeux brillants.

— Mais je vous en prie… Maintenant que je vous ai montré les différents quartiers du monastère, vous pouvez faire comme bon vous semble, à condition, bien sûr, de respecter les gens qui travaillent ici et le silence qui s’impose. Le frère bibliothécaire est toujours prêt à recevoir les visiteurs.

— Merci, père higoumène.

— Seulement, je dois aussi vous prévenir d’une chose : la loi exige que les visiteurs ne passent pas plus de deux nuits dans notre monastère. Aussi, demain, vous devrez nous quitter au plus tard dans la soirée. Et il n’y a aucune exception à cette tradition, monsieur Saint-Loup. Aucune.

— C’est entendu. Mais à mon tour j’ai une dernière question à vous poser.

— Je vous écoute, monsieur.

Andreas, alors, posa une question qui, depuis le début de leur conversation, l’avait hanté :

— Vous nous avez dit tout à l’heure qu’un tremblement de terre avait frappé la région et abîmé votre belle muraille il y a six mois environ…

— En effet. Nous avons aussi eu à déplorer quelques dégâts dans trois de nos vingt-cinq chapelles, mais rien que nos frères maçons ne sachent réparer ; avec l’aide des Bédouins s’entend.

— Vous souvenez-vous de la date exacte à laquelle ce tremblement de terre a eu lieu ?

— Bien sûr ! Comment l’oublier ?

— Et quel jour était-ce donc ?

— C’était le onzième jour de janvier[44].

Andreas, abasourdi, peina à masquer son trouble.

— Du reste, quand j’y pense, c’est étonnant, dit l’higoumène comme s’il n’avait pas remarqué l’émoi de son interlocuteur : c’est le jour où nous célébrons la mémoire de saint Hygin, qui fut le neuvième évêque de Rome en l’an 140, et qui était grec.

— Et alors ? demanda Andreas qui ne voyait là rien de bien étonnant.

— Et alors il fut le premier pape à s’opposer au gnosticisme chrétien, cher ami, et il excommunia d’ailleurs l’Égyptien Valentin et le Syrien Cerdon, deux des plus grands gnostiques de l’histoire… Vous qui êtes passionné par le gnosticisme, voilà une coïncidence troublante, n’est-ce pas ?

Un sourire se dessina sur le visage du père Athanasios sans qu’Andreas pût deviner s’il se moquait de lui ou s’il trouvait réellement la chose amusante.

— Allons, reprit-il, j’ai beaucoup à faire, bonne journée, chers visiteurs ! Et que la paix soit sur vous !

Il les salua et s’éclipsa discrètement.

— Maître ! Qu’y a-t-il ? demanda Robin qui, naturellement, avait remarqué le tourment de l’Apothicaire.

— Le onzième jour de janvier. C’est le jour où… C’est le jour où j’ai découvert la pièce vide. En somme, c’est le jour où eût disparu la personne qui y vivait…

— Vous pensez que ces deux événements ont un lien ?

— La raison voudrait que cela fût une coïncidence, Robin. Mais ma raison est bien ébranlée depuis quelques jours, et je ne sais plus si je puis encore m’y fier.

Andreas, dont le visage avait blanchi, se retourna vers la bibliothèque, ce lieu qu’ils avaient si ardemment désiré trouver depuis leur départ de Compostelle.

— Allons, dit-il en soupirant. La réponse se trouve peut-être à l’intérieur de ces murs.

Et ainsi ils entrèrent, fébriles, dans la bibliothèque du monastère Sainte-Catherine, habités par la plus grande espérance.

L'Apothicaire
titlepage.xhtml
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_000.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_001.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_002.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_003.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_004.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_005.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_006.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_007.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_008.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_009.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_010.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_011.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_012.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_013.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_014.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_015.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_016.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_017.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_018.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_019.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_020.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_021.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_022.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_023.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_024.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_025.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_026.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_027.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_028.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_029.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_030.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_031.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_032.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_033.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_034.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_035.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_036.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_037.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_038.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_039.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_040.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_041.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_042.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_043.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_044.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_045.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_046.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_047.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_048.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_049.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_050.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_051.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_052.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_053.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_054.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_055.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_056.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_057.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_058.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_059.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_060.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_061.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_062.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_063.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_064.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_065.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_066.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_067.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_068.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_069.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_070.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_071.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_072.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_073.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_074.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_075.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_076.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_077.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_078.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_079.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_080.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_081.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_082.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_083.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_084.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_085.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_086.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_087.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_088.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_089.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_090.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_091.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_092.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_093.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_094.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_095.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_096.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_097.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_098.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_099.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_100.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_101.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_102.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_103.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_104.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_105.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_106.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_107.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_108.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_109.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_110.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_111.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_112.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_113.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_114.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_115.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_116.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_117.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_118.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_119.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_120.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_121.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_122.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_123.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_124.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_125.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_126.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_127.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_128.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_129.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_130.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_131.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_132.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_133.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_134.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_135.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_136.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_137.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_138.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_139.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_140.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_141.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_142.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_143.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_144.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_145.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_146.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_147.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_148.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_149.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_150.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_151.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_152.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_153.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_154.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_155.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_156.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_157.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_158.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_159.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_160.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_161.htm
Loevenbruck,Henri-L'Apothicaire(2011).French.ebook.AlexandriZ_split_162.htm