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Le voyage jusqu’à Compostelle dura encore quatre jours, et plus ils avançaient vers la Galice, plus les terres autour d’eux, balayées par les vents, s’habillaient d’un vert que le mélange de soleil et de pluie rendait l’un des plus vifs d’Europe. Les collines et vallées de Galice sont si vertes, même, qu’on les dirait peintes chaque matin de la main d’un artiste.

Andreas, quoique moins taciturne, étant toujours enfermé dans son mutisme, Aalis et Robin échangeaient de plus en plus souvent ensemble, discourant et plaisantant, si bien que l’Apothicaire exigea rapidement que la jeune fille quittât son cheval pour monter derrière l’apprenti, lequel n’en demandait pas plus. Ainsi les deux jeunes gens apprirent à mieux se connaître, et à s’apprécier, mais si les sentiments de Robin, excités par cette nouvelle intimité, ne firent alors que décupler, ceux d’Aalis ne dépassèrent point le stade de l’amitié complice car, on l’aura compris, son cœur, malgré les évidences, battait pour Andreas Saint-Loup. La chose, bien sûr, était ridicule et impossible, mais l’amour l’est souvent.

Au troisième soir, alors que Compostelle n’était plus très loin, ils s’arrêtèrent dans une petite auberge au bord de la route, qui n’était pas réservée aux pèlerins mais où ceux-là étaient tout de même fort nombreux, car plus on approchait de la ville sainte plus les hôpitaux Saint-Jacques étaient complets.

Au milieu du repas, dans une ambiance de fête qui différait grandement de celle, plus spirituelle, qu’on pouvait trouver dans les maisons du pèlerinage, une femme, qui était fort belle et qui était occitane comme Aalis, s’assit sur une table et, s’accompagnant à la vièle, se mit à chanter pour tout le monde. Elle était femme troubadour, de celles qu’on disait trobairitz ou troubadouresses (et dont on peut affirmer aujourd’hui que leurs poésies étaient bien plus libres et plus malicieuses que celles de leurs confrères masculins), et elle était là en voyage, venue chercher l’inspiration sur les routes de Galice, qui sont pour les poètes un véritable enchantement.

C’était une femme de vingt-cinq à trente ans, et sa grâce embellissait tout ce qui l’entourait. Elle avait des cheveux d’un blond châtain, longs et lisses comme des crins d’or, des yeux d’un bleu limpide qui brillaient de malice, et une bouche vermeille d’un rubis lumineux. Ses mains effilées tenaient avec délicatesse instrument et archet, sa taille, à la fois fine et ferme, était celle d’une Vénus et ses jambes d’une Diane. Sa voix, enfin, était à l’image de sa figure : douce mais éclatante.

Quand elle eut fini sa première chanson, tous les clients de l’auberge, qui s’étaient tus les uns après les autres, envoûtés par la pureté de son timbre, s’unirent dans une salve d’applaudissements qui l’encouragea à livrer un deuxième poème chanté.

Andreas, alors, qui avait un peu bu, se tourna vers Aalis et lui demanda si elle voulait bien lui prêter son psantêr. L’Apothicaire, sans quitter sa place, posa l’instrument sur ses genoux et se joignit à la trobairitz par la musique, car elle avait entonné une chanson qui n’était pas d’elle mais qui était bien connue. Composée plus d’un siècle plus tôt par la comtesse Béatrice de Die, qui était l’épouse de Guillaume de Poitiers, la chanson était souvent reprise par les troubadours. Il y était question d’amour et d’adultère, de beauté et d’esprit, mais surtout de l’orgueil des hommes, et l’auteur y vantait la domination de la femme dans les jeux de l’amour courtois.

 

A chantar m’er de so qu’eu no volria,

Tant me rancur de lui cui sui amia ;

Car eu l’am mais que nuilla ren que sia :

Vas lui no.m val merces ni cortezia

Ni ma beltatz ni mos pretz ni mos sens ;

C’atressi.m sui enganad’ e trahia

Com degr’esser, s’eu fos dezavinens.

 

D’aisso.m conort, car anc non fi faillensa,

Amics, vas vos per nuilla captenenssa ;

Ans vo am mais non fetz Seguis Valensa,

E platz mi mout quez eu d’amar vos vensa,

Lo meus amics, car etz lo plus valens ;

Mi faitz orgoil en digz et en parvensa,

Et si etz francs vas totas autras gens.

 

Meraveill me cum vostre cors s’orgoilla,

Amics, vas me, per qui’ai razon queu.m doilla ;

Non es ges dreitz c’autr’ amors vos mi toilla,

Per nuilla ren que.us diga ni acoilla.

E membre vos cals fo.l comensamens

De nostr’amor ! Ja Dompnedeus non voilla

Qu’en ma colpa sia.l departimens.

 

Valer mi deu mos pretz e mos paratges

E ma beutatz e plus mos fins coratges ;

Per qu’eu vos man lai on es vostr’ estatges

Esta chanson, que me sia messatges :

E voill saber, lo meus bels amics gens,

Per que vos m’etz tant fers ni tant salvatges ;

No sai si s’es orgoills o mal talens.

 

Mais aitan plus voill li digas, messatges,

Qu’en trop d’orgoill an gran dan maintas gens.

 

Pendant tout le temps que dura la chanson, la femme regarda fixement Andreas, et il sembla que c’était à lui qu’elle faisait la leçon ; il y avait dans son expression du défi et du jeu, et cet échange de regards amusa beaucoup les auditeurs, hormis Aalis, peut-être.

Quand ils eurent terminé, ils s’adressèrent l’un à l’autre un salut respectueux et un sourire entendu, sous les acclamations des convives qui, bientôt, se remirent à manger et à boire avec encore plus de bruit et d’entrain.

Avant la fin du repas, Andreas se retira soudain sans rien dire et disparut rapidement dans la foule des clients, laissant les deux jeunes gens face à face.

— Tu… Tu crois qu’il est déjà parti se coucher ? demanda Aalis d’un air inquiet.

— Ce n’est pas notre affaire ! rétorqua l’apprenti, amusé.

Le visage de la jeune fille se rembrunit et elle se pressa de terminer son souper, prétextant qu’elle voulait dormir tôt.

— Allons, laisse-le un peu tranquille ! Passons la soirée tous les deux ! Pour une fois que nous pouvons oublier un peu nos soucis !

— Je veux seulement aller dormir, répondit Aalis en haussant les épaules.

— Eh bien moi, je reste encore un peu ici ! répliqua le rouquin fièrement.

Quand la jeune fille se leva de table, elle vit que la musicienne avait disparu elle aussi. D’un pas preste elle monta à l’étage et entra dans la chambre qu’ils avaient louée. Mais Andreas n’y était pas.

L'Apothicaire
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