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Après avoir descendu à cheval, tout le matin, les monts des Pyrénées, guettant sans cesse derrière eux si l’on ne les poursuivait pas, Andreas, Robin et Aalis arrivèrent aux portes de Pampelune sous les rayons verticaux d’un soleil radieux, lequel leur offrit l’une des plus belles images de cette ville qui, quoique déchirée en ce temps par des luttes intestines, était d’une royale splendeur.

Bien que le jeune Louis, roi de Navarre et fils de Philippe le Bel, y eût été couronné six ans plus tôt, il n’avait plus jamais remis les pieds à Pampelune depuis lors, préférant rester auprès de son père à Paris et laissant donc à Alphonse de Rouvroy, gouverneur de Navarre, la difficile tâche de gérer les affaires de cette houleuse capitale.

Le royaume de Navarre était, de ce côté-ci, un pays très capricieux, et beau, et curieux, et admirablement plein de contrastes, et l’impétueuse Pampelune était telle une forteresse isolée, dominant tout, juchée sur l’un des derniers contreforts des Pyrénées, d’où l’œil pouvait surveiller d’un seul coup l’étendue entière de cette grande et aride vallée.

Aux pieds de son enceinte coulait l’Arga, qui nourrissait quelques rares peupliers et chênes-lièges, car céans le soleil dessèche la terre rousse, et le fleuve lui-même, sous l’influence de l’astre brûlant comme de la poussière, paraît aussi rouge qu’un filet de sang.

En arrivant devant la ville, y laissant leurs chevaux, l’Apothicaire et ses deux jeunes compagnons de route ne virent d’abord que les multiples clochers qui dentelaient sa silhouette, car la cité navarraise – qui fut, dit-on, la première ville chrétienne de la péninsule ibérique – comptait déjà en cette époque un grand nombre d’églises, telles San Nicolas ou San Saturnino, dont nous reparlerons tout à l’heure. Mais une fois passée la première muraille, ils découvrirent alors une cité éblouissante, tout en couleurs et en oppositions.

Figurez-vous une ville ayant trois populations de cultures différentes, favorables tantôt au royaume de Castille, tantôt à celui de France, se livrant toutes trois des combats acharnés et fratricides et se réfugiant dans autant de quartiers distincts. En l’occurrence, ce fut vers celui de San Saturnino, et plus précisément vers la rúa de las Bolserías – qui était alors l’une des plus grandes artères de Pampelune – que nos héros se dirigèrent, guidés par les habitants auxquels ils avaient demandé où l’on pouvait trouver un homme allant du nom de Juan Hernández Manau.

Réduits au mutisme par l’admiration – et peut-être aussi, en ce qui concernait Andreas, par le manque de diacode, qui se faisait de plus en plus douloureux – ils foulèrent les rues bariolées de tentures et de fresques, longèrent les hautes et massives maisons de granit, maisons peintes aux lignes fières et sévères, le bas de leurs murailles colorié et leurs portes en chêne constellées de clous de bronze, traversèrent les places à arcades, aux sols pavés de mosaïques et où l’on imaginait aisément la furie poussiéreuse des courses de taureaux au milieu de foules en liesse, noyées dans les cris et perdues sous une douche de particules dorées. Les femmes, penchées à leurs fenêtres, se parlaient d’un balcon à l’autre, très fort, et dans les rues les hommes, qui portaient des chapeaux pointus ou des bonnets de peau de mouton, se haranguaient de telle sorte qu’on ne savait pas vraiment s’ils discutaient ou s’ils se disputaient, et tout cela faisait une rumeur joyeuse qui se mariait à merveille à tout ce pittoresque assortiment.

Partout – dans les noms des rues, des églises, des boutiques – on retrouvait ceux de saint Saturnin et de saint Firmin, qui furent respectivement premier apôtre et premier évêque de Pampelune. Et c’était donc vers l’église San Saturnino que nos héros se rendaient, à l’instar des pèlerins de Compostelle qui, comme on approchait de ladite sainte ville, étaient de plus en plus nombreux, de plus en plus fatigués et de plus en plus dévots. Au milieu des rues étroites s’élevait cette imposante forteresse religieuse, tel un empereur dominant la plèbe, flanquée de tours menaçantes et droites qui la rendaient plus militaire que spirituelle.

Les trois voyageurs, qui étaient là pour toute autre chose, s’extirpèrent rapidement de la masse des fidèles en rang et s’engagèrent dans une petite ruelle ombragée, au sud de l’église, où un commerçant leur confirma – dans une langue qu’Andreas seul pouvait comprendre – que le sage Hernández Manau, figure du quartier, se trouvait bien là, dans la plus belle et plus haute demeure à l’entour. Ils se mirent en marche vers la maison indiquée, quand soudain Andreas s’immobilisa au milieu de la petite ruelle, et resta ainsi, comme pétrifié, statue de pierre se fondant au pavé.

— Que se passe-t-il, maître ?

L’Apothicaire, les yeux rivés sur la bâtisse, resta muet un instant, et on eût dit qu’il se sentait mal. De la manche, il essuya les gouttes de sueur qui coulaient à son front, et qui n’étaient pas le fait de la seule chaleur, mais aussi de son insatisfaite addiction.

— Je… Je me souviens maintenant. Je suis déjà venu ici, dit-il à voix basse, comme pour lui-même, mais assez fort toutefois pour que Robin et Aalis l’entendissent.

— Eh bien ? Vous le saviez, non ? Denis de Tourville vous l’avait dit…

— Je le savais, oui, mais à présent, je m’en souviens. Ce n’est pas la même chose. Allons-y.

Il se remit en route, la mine grave, le front soucieux, et les deux jeunes le suivirent sans mot dire, car sans doute ils pouvaient sentir le tourment qui l’habitait soudain.

Quand ils furent devant la porte, Andreas frappa trois coups, et après un certain temps une vieille femme, qui portait sur la tête un fichu, vint ouvrir une petite trappe qui servait de regard et leur demanda, dans la langue d’ici (qui était une forme de castillan), ce qu’ils voulaient.

— Nous sommes venus voir Juan Hernández Manau, et nous venons de la part de Denis de Tourville, expliqua l’Apothicaire dès l’abord, avec une aisance et un accent remarquables.

— Puis-je avoir vos noms ?

Andreas les lui donna, et alors elle leur demanda de patienter, referma la petite trappe et ils l’entendirent s’éloigner, puis, plus tard, revenir et ouvrir la porte.

La vieille femme, sans un mot, les laissa entrer, les guida dans une petite pièce où, d’un geste autoritaire, elle fit signe aux deux jeunes de s’asseoir.

— Maître Manau vous recevra vous seul, monsieur Saint-Loup.

L’Apothicaire acquiesça et demanda à son apprenti et à la jeune Occitane de l’attendre – ce qu’ils durent faire à contrecœur, car l’un et l’autre eussent aimé entendre ce qui allait se dire, mais que le lecteur se rassure, il aura la chance, lui, de pouvoir suivre cette conversation tant attendue – puis il suivit la servante dans la pièce attenante, dont il devina aussitôt, malgré la pénombre, le luxe avec lequel elle était décorée.

Les deux fenêtres de la pièce avaient été couvertes de grands panneaux de bois qui empêchaient toute lumière extérieure de violer les lieux, et seul un candélabre, posé sur une table ronde, permettait d’entrevoir la richesse de l’antre, qui faisait songer davantage à une chambre de château que de maison bourgeoise. Il y avait là meubles à foison, tous de belle facture, et un nombre considérable de bibelots de nobles matières, semés ici et là avec un pittoresque désordre, tant même qu’on n’eût pu les distinguer tous sans y passer du temps. Deux des murs étaient couverts de bibliothèques qui couraient du sol au plafond et sur lesquelles s’alignaient harmonieusement codices et volumes joliment reliés, disposés avec un ordonnancement indubitablement méticuleux. Le troisième mur était habillé d’une large tapisserie dont on percevait mal les motifs, mais dont la grande finesse laissait penser qu’elle était de Flandre ou de Hollande. Quant au quatrième, on ne pouvait le voir, car la pièce était coupée en deux par une tenture qui le dissimulait, et Andreas eut la prémonition que le maître des lieux, lui aussi, était caché derrière icelle. À l’odeur pénétrante de bois brûlé qu’exhalait cet intérieur, et aux petits craquements secs que l’on pouvait y entendre, on devinait aussi la présence d’une cheminée, dont les flammes projetaient d’ailleurs sur la tenture des reflets dansants et orangés.

La vieille femme le fit s’asseoir sur un fauteuil confortable, au bois sculpté et couvert d’un épais tissu, puis elle sortit prestement de la pièce et referma cérémonieusement la porte derrière elle.

Andreas, quelque peu désemparé par cette mise en scène, mais aussi intrigué, et excité, et impatient, s’enfonça dans son fauteuil et croisa les mains devant lui, frottant ses doigts contre ses paumes comme pour en chasser la moiteur. Il ne fut pas vraiment surpris quand, soudain, une voix grave et rauque s’éleva de derrière la tenture.

— Bonjour, monsieur Saint-Loup.

— Et bonjour à vous, monsieur. Je suppose que vous êtes Juan Hernández Manau…

— Vous devriez même en être certain, vous qui déjà entendîtes ma voix.

— Je devrais l’être, en effet, mais les années ont passé, et je dois vous avouer – en espérant ne point vous heurter ce faisant – que je ne garde de notre rencontre qu’un souvenir très confus.

— La chose est cohérente et ne saurait donc me heurter. Mais, si vous le voulez bien, j’aimerais toutefois savoir quels souvenirs il vous en reste.

Andreas, que la nausée ne quittait pas, serra poings et mâchoire. Il régnait dans cette pièce une atmosphère de conte, de fantaisie, et il eût pu croire à une farce, mais son interlocuteur semblait des plus sérieux, des plus graves même, et l’Apothicaire éprouvait au fond de lui une étrange impression d’urgence et de profondeur qui ne portait certainement pas à rire. À vrai dire, il était même désorienté, son cœur battait vite et fort, et il était habité par un frénétique désir de comprendre, ou tout au moins de savoir. L’homme qui se cachait derrière cette voilure était le troisième maître de la schola gnosticos qu’il rencontrait depuis son départ de Paris, et il espérait que ce serait le dernier, que cette entrevue-là, aussi singulière fût-elle, lui apporterait suffisamment de réponses pour qu’il puisse enfin se faire sa propre idée et s’en remettre à son propre entendement.

— Eh bien… Pour tout dire, presque aucun. Je sais que je suis venu ici, votre nom m’est familier, ainsi que cette maison, et pourtant, je ne saurais vous dire quand et comment nous nous sommes rencontrés. Peut-être si je voyais votre visage…

— Malheureusement, cela ne sera pas possible, mon ami.

— Et pourquoi donc ?

— Parce que cela n’est pas possible, répéta la voix sentencieuse du Navarrais.

— C’est ridicule !

— Aussi ridicules puissent-ils vous paraître, monsieur Saint-Loup, ce seront les termes de notre rencontre. Et s’ils ne vous conviennent pas, alors vous pouvez sortir sur-le-champ, je ne vous retiendrai pas.

— Ça va, céda l’Apothicaire qui, néanmoins, s’en voulait presque de bien vouloir jouer à ce jeu de comédie.

— Bien. Voulez-vous donc que je vous aide à vous rafraîchir la mémoire ?

— Je vous en conjure ! s’écria candidement Andreas.

— Vous êtes venu ici en 1304.

— En 1304 ? Vous êtes certain ?

Le souvenir en son esprit était si vague que l’Apothicaire avait présumé que ladite rencontre s’était passée lors de son voyage vers Compostelle, en 1295, et non pas sur le trajet du retour, qui était plus récent de neuf ans et qui, donc, n’eût point dû échapper à sa si bonne mémoire.

— Absolument. C’était le 10 février 1304, pour être précis, et vous vous en reveniez de Galice, où vous aviez appris le métier d’apothicaire, pour retourner à Paris.

— Je… Je ne m’en souviens pas, avoua Andreas non sans une certaine consternation. Et en quelle occasion nous sommes-nous rencontrés ?

— Oh ! ce n’était pas de votre initiative – ce qui explique, en quelque sorte, que vous ne vous en souveniez pas – mais de celle de la personne qui vous accompagnait.

— Et qui donc m’accompagnait ? rétorqua l’Apothicaire, que l’imprécision de ses propres souvenirs commençait même à inquiéter.

— À l’évidence, il s’agit de cette personne dont vous ne vous souvenez pas, et qui est à l’origine de vos tourments d’aujourd’hui.

— Mes tourments d’aujourd’hui ? Qui parle de tourments ?

— Allons, Saint-Loup ! Ne jouons pas. Pourquoi êtes-vous ici ?

— Parce que j’ai été confronté à certains mystères, et que l’on m’a dit que l’ordre auquel vous appartenez possédait peut-être certaines réponses, ce dont je doute un peu plus chaque fois que je rencontre l’un d’entre vous.

— Et pourtant, vous continuez de nous interroger…

— C’est qu’à ce jour je n’ai trouvé de meilleure piste.

— Et ces « mystères », donc, ne concernent-ils pas une personne que vous auriez oubliée ?

— C’est ce que Denis de Tourville m’a laissé entendre, comme vous, mais la chose me semble dépasser l’entendement.

— Elle dépasse votre propre entendement, oui, certainement. Pourtant, il s’agit bien de cela.

— Et comment cela serait-il possible ?

— Je crois, Saint-Loup, que vous connaissez la réponse à cette question, même si vous refusez d’y croire. Mais je veux bien vous la formuler moi-même, car peut-être avez-vous besoin de l’entendre encore : la personne qui était ici avec vous en 1304, et qui voyageait à vos côtés, a disparu non seulement de vos souvenirs, mais de la réalité même, et ce phénomène explique les mystères auxquels vous êtes confronté.

— Reconnaissez que la chose est difficile à croire.

— Je n’ai jamais dit le contraire. Homines quod volunt credunt[21].

— Ex falso sequitur quodlibet[22]. Je ne suis pas, moi, de ceux qui s’empressent aveuglément de croire à n’importe quel mensonge, pourvu qu’il pût apaiser leurs tourments. Je me moque de savoir si votre hypothèse résout ces mystères, je veux savoir si elle est juste.

— Je reconnais que je vais avoir bien de la peine à vous prouver que cette personne a bien existé, cher ami, puisque tout ce qui la concernait a disparu. Partant, la seule chose que nous puissions affirmer ensemble aujourd’hui, c’est que cette personne, en ce moment, n’est pas. Pour en arriver à la certitude qu’elle n’est plus, il faudrait que nous ayons recours à l’interprétation, pour ne pas dire l’imagination, car nous devons trouver une information absente, induite par celles que la réalité nous fournit. C’est en quelque sorte un acte de foi, et je sais bien que la foi n’est pas votre fort.

— Jusqu’à ce jour, j’ai toujours cru que mon fort était la raison, mais je commence à en douter moi-même. Toutefois, si je puis me permettre… Si cette personne a, comme vous le prétendez, disparu de la réalité, et donc de nos souvenirs, est-il possible que vous, vous vous souveniez d’elle ?

— Oui.

— Alors c’est qu’elle n’a pas vraiment disparu de la réalité !

— De la vôtre, certainement.

— Insinuez-vous que nous ne sommes point dans la même ? ironisa Andreas.

— Disons que la tenture qui est devant vous n’est pas la seule chose qui nous sépare…

L’Apothicaire secoua la tête, exaspéré d’entendre ici les mêmes mystifications obscures qu’il avait entendues à Saintes ou Artenay. Les hommes de cette schola gnosticos, qui se disaient sages, n’étaient ni plus ni moins que des fous illuminés ! Ou bien des charlatans. Ou bien ils se moquaient de lui. Mais, comme il l’avait dit à Robin, et comme il se l’était dit à lui-même, il avait choisi, pour l’heure, de suivre cette voie-là, de creuser cette hypothèse, pour fantasque qu’elle fût. La seule chose qui importât était de garder la raison, quand bien même celle-ci semblerait totalement absente des thèses de son interlocuteur. Ainsi, il décida de poursuivre.

— Soit, soupira-t-il. Alors si vous vous souvenez de cette personne, dites-moi de qui il s’agit, dites-moi ce que je faisais ici avec elle, chez vous, et dites-moi pourquoi elle a disparu non seulement de mes souvenirs mais aussi de ceux de mon entourage.

— Je pourrais vous dire la plupart de ces choses, en effet, mais il me faudrait de votre part une promesse en retour.

— Du chantage ?

— Un marché. Ce n’est pas moi qui suis venu vous voir, mais bien vous qui me demandez quelque chose.

— Je vous écoute.

Juan Hernández Manau marqua un temps de silence solennel, comme pour donner de l’importance au serment qu’il s’apprêtait à demander, et en réalité, Andreas, de plus en plus en proie à l’affliction que causait en lui l’absence de diacode, se laissa gagner lui-même par la singularité de l’instant.

— Si je réponds à toutes ces questions, monsieur Saint-Loup, me promettez-vous, quand vous aurez la clef de ce mystère entre les mains, de ne point reculer ? D’aller jusqu’au bout de votre quête ?

L’Apothicaire fronça les sourcils.

— Je peine à mesurer la portée d’une telle promesse, ne sachant pas de quelle quête vous voulez parler…

— Promettez-moi simplement d’aller jusqu’au bout des recherches qui, déjà, vous ont mené ici.

— Il semble que la distance que j’ai parcourue soit un témoin honorable de ma détermination…

— Le plus dur reste à faire, monsieur l’apothicaire. Vous n’êtes pas au bout de vos peines.

— Eh bien, voici ce que je peux vous promettre : tant qu’il restera pour moi un mystère, je continuerai à vouloir le percer. Il en va ainsi de toute mon existence.

— Cela me convient, affirma le maître de la schola gnosticos d’une voix sévère et posée.

— Alors parlez, maintenant, je vous en prie.

— Soit. Je vais tout vous dire, monsieur Saint-Loup, mais j’ai une dernière requête : quand je me serai tu, je vous saurais gré de sortir de chez moi sans poser d’autre question, et de partir au plus vite, non seulement de ma maison, mais de Pampelune tout entière.

— Entendu.

— Promettez-le.

— Je le promets.

— Parfait. Alors maintenant, écoutez-moi, et aussi invraisemblable que puisse vous paraître mon histoire, écoutez-la jusqu’au bout.

L'Apothicaire
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