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— Messieurs, le Conseil est terminé, vous pouvez disposer. Enguerran, et vous Charles, restez à mes côtés.

Un par un, tous les hommes sortirent de la Grand’Salle en saluant révérencieusement le roi. Il y avait là ses fils, Louis Ier de Navarre et Philippe le Long, mais aussi Louis d’Évreux, demi-frère cadet du roi, Pierre de Latilly, garde du Sceau fraîchement nommé après la mort de Nogaret, le comte de Saint-Pol, le prélat Gilles Aycelin de Montaigut, l’archevêque de Sens, ainsi que moult banquiers, lombards et légistes qui avaient l’honneur, parfois, de participer au Conseil.

Quand la salle se fut vidée, le roi, sans quitter son trône, demanda à son frère et au chambellan de venir plus près de lui.

— Mon frère, et vous, Marigny… Le conflit qui vous oppose l’un à l’autre nuit au gouvernement de la France, il ne peut plus durer. Nous avons beaucoup à faire pour ce pays, des réformes à mener qui ne sauraient souffrir la discorde et la mésintelligence en mon Conseil. Aussi je veux que vous mettiez un terme à votre querelle séance tenante.

Charles de Valois, comme son rang le lui permettait, parla le premier, et il parla fort.

— Je ne vois point de quel conflit Votre Majesté veut parler, et si mes opinions divergent parfois de celle de M. de Marigny, il me semble que c’est une chose bien naturelle en politique, et qu’au contraire, les débats qui en résultent n’ont d’autre dessein que de servir la France.

— Mon frère, de grâce, ne me prenez pas pour un sot. Il y a entre vous deux quelque chose de bien plus personnel qu’un seul différend politique. Enguerran, que dites-vous ?

Le chambellan exprima la même candeur que le comte.

— Je veux assurer Votre Majesté qu’il n’en est rien, ou, tout au moins, qu’il n’est rien qui m’oppose à monsieur le comte de Valois que Votre Altesse ne sache déjà.

Philippe le Bel, poussant un profond soupir de lassitude, posa son menton sur son poing fermé et avisa les deux hommes l’un après l’autre, comme il eût regardé deux jeunes chenapans pris sur le fait d’une dispute infantile.

— Je sais que vous n’avez jamais eu de grande inclination l’un pour l’autre, mais la chose a pris depuis quelques jours des proportions qui dépassent l’entendement. Serait-ce au sujet de cet apothicaire ?

Les deux hommes restèrent silencieux, car ils avaient l’un et l’autre de bonnes raisons de ne rien dire.

— Plus le temps passe et plus je me demande ce qu’il se trame autour de cet homme ! s’emporta le roi. D’abord Nogaret me parle d’une étrange disparition à laquelle le pharmacien serait lié, et qui, je le cite, « éveille des curiosités jusqu’au-delà des frontières de notre royaume »… Ensuite, le chancelier meurt, et tout laisse à penser que c’est l’apothicaire qui l’empoisonne. Sur vos conseils, Enguerran, j’envoie Humbert à ses trousses, mais celui-là torture l’abbé qui était parrain dudit apothicaire. L’abbé meurt à son tour, et j’apprends, mon frère, que l’on vous a vu, vous, à ses côtés, au moment même de son trépas ! Reconnaissez que tout cela respire le secret, si ce n’est le complot, et j’aimerais que vous me disiez ce que vous savez de cette affaire, laquelle semble vous opposer l’un à l’autre.

— Pour ma part, Votre Majesté mon frère, je ne me suis rendu au chevet de l’abbé Boucel que mû par l’indignation. Ayant appris la façon dont ce serviteur de Dieu avait été traité, et ayant appris qu’il était mourant, j’ai voulu l’assurer que Votre Altesse n’était en rien responsable de cette infamie.

— Et depuis quand prenez-vous, mon frère, la défense d’un abbé dont, la veille, sans doute, vous n’aviez jamais entendu parler ?

— Depuis que l’on traite un homme d’Église comme un hérétique. Et puisque Votre Majesté cherche des causes à mon inimitié pour le chambellan, je dois peut-être reconnaître, oui, que l’empressement de celui-ci à envoyer Humbert accomplir cette ignoble besogne y est sûrement pour quelque chose.

Le roi fit une moue sceptique.

— Et que vous aura dit l’abbé Boucel ?

— Le pauvre homme est mort dans mes bras, et je n’ai entendu de lui que la tristesse et le désarroi d’un homme trahi par les siens.

— En somme, rien ne vous oppose à Marigny ?

— Rien de plus que d’ordinaire, Votre Majesté.

— Et vous, Marigny, tenez-vous contre mon frère quelque grief ?

— Aucun que Votre Altesse ne connaisse déjà.

Philippe le Bel secoua la tête, fâché sans doute de n’avoir obtenu le moindre aveu.

— Charles, Enguerran, je ne veux plus entendre parler de cette affaire. Serrez-vous la main devant moi et promettez de mettre fin à vos chamailleries.

Les deux hommes s’exécutèrent docilement, puis Charles de Valois se tourna vers son frère.

— Si Votre Majesté n’a plus besoin de moi, je suis attendu.

— Vous pouvez disposer, Charles, et que Dieu vous bénisse.

Le comte de Valois tira sa révérence, salua poliment Marigny et sortit prestement de la salle.

Le roi et le chambellan restèrent muets quelques instants, échangeant un regard entendu, puis Philippe rompit le silence.

— Qu’en pensez-vous, Enguerran ?

— Notre plan n’a pas fonctionné, Votre Majesté.

— Je crois que mon frère eût parlé s’il avait su quelque chose.

— Peut-être en sait-il plus que nous ne le voudrions, mais cherche-t-il encore quelque preuve.

Le roi hocha la tête d’un air soucieux.

En ce moment même, hors les murs du palais, Charles de Valois retrouvait l’échevin Étienne Bourdon, à l’abri des regards.

— Auriez-vous enfin trouvé quelque chose ?

— Nous avons le début d’une piste, monsieur le comte.

— Dites-moi.

— Après les avoir interrogées toutes, j’ai enfin trouvé une vieille putain du quartier Saint-Denis à qui le nom de la Nubienne disait quelque chose. Ainsi, comme on eût pu le supposer, ce serait une prostituée qui officiait rue Quincampoix il y a fort longtemps, mais que l’on n’a pas vue depuis des années.

— Sait-on si elle est encore en vie ?

— Malheureusement, je n’ai pu m’en assurer.

— Trouvez-la, Bourdon. Si cette femme vit toujours, je dois l’interroger au plus vite. Au plus vite.

L'Apothicaire
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