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C’est précisément en ce moment que Guillaume Humbert entra dans le bourg d’Artenay accompagné de ses hommes, et ainsi, donc, ils avaient déjà grandement rattrapé leur retard, puisqu’ils étaient à moins d’une journée de leur proie.

Très vite, le Grand Inquisiteur de France apprit du maître de relais que deux coquillards lui avaient volé un cheval, et quand Humbert le questionna sur ces deux brigands, l’homme livra une parfaite description d’Andreas Saint-Loup et de son apprenti, puis il précisa que, avant que de le déposséder de ce magnifique coursier islandais, ils étaient allés voir Arnaud de Roulay.

— Il n’y avait pas une femme avec eux ? avait demandé Humbert.

— Non. Seulement ces deux marauds.

L’instant d’après, l’Inquisiteur frappait à la porte du moine défroqué, qu’il connaissait de réputation, car la destitution du franciscain, cinq ans auparavant, avait fait grand bruit dans tout le royaume. Pour ce que l’Inquisiteur s’en souvenait, Arnaud de Roulay avait été renvoyé de l’ordre des Frères mineurs car on lui reprochait de s’acoquiner avec les spirituels, qui prêchaient un retour strict à l’esprit de pauvreté de saint François d’Assise, s’opposant ainsi aux conventuels, lesquels maîtrisaient la confrérie à présent. Pis, on le soupçonnait d’entretenir quelque lien avec les fraticelles, ces anciens franciscains devenus hérétiques, et de défendre avec eux des thèses gnostiques. En somme, pour Guillaume Humbert, ce moine défroqué était un client de choix : l’Inquisiteur avait déjà confondu nombreux renégats de son acabit.

Comme personne ne se présentait, Humbert fit signe à ses deux hommes d’enfoncer la porte. Ils pénétrèrent prestement dans la petite maison emplie de livres, et surprirent Arnaud de Roulay qui s’apprêtait à s’enfuir par une petite fenêtre. Les geôliers l’interceptèrent sans peine et le ligotèrent à une chaise pendant que l’évêque parcourait la pièce du regard avec une apparente désinvolture, lissant les poils de sa longue barbe gris et noir, qui descendait jusqu’à son scapulaire de moine. Déambulant au milieu des livres, l’Inquisiteur tourna ici quelques pages, d’autres là, souleva un volume et le laissa tomber avec bruit, et ce faisant il avait sur le visage une sorte de répugnance désabusée.

— Je vois, Arnaud, que vous avez ici de nombreux livres bannis par l’Église. Le Prophetia anglicana d’Alain de Lille, le De secretis mulierum et virorum d’Albertus Magnus, des textes d’Anacréon, d’Arius ou de Marcion, la traduction que donna Philippe de Tripoli du Secretum secretorum et, bien sûr, le Speculum simplicium animarum de la sinistre Porete, que je fis moi-même conduire au bûcher de Paris, il y a trois ans de cela. Et je ne compte pas les ouvrages gnostiques, qui semblent avoir votre plus grande faveur ; une traduction latine – douteuse d’ailleurs – de l’Évangile de Judas, nombreux textes de Platon, et je constate que vous avez même une copie du Pistis Sophia, dont je croyais qu’il n’existait qu’un seul exemplaire de par le monde… Arnaud, Arnaud ! Que voilà de bien vilaines lectures !

Le moine défroqué, les mains liées, s’agitait sur sa chaise, et sur les traits tirés de son visage se lisait une grande terreur.

— Être renvoyé de votre ordre ne vous a-t-il point suffi ? Il faut maintenant que vous continuiez ici vos pratiques hérétiques ?

— Non ! Non ! se défendit le pauvre homme. Monseigneur ! Je ne les lis plus, ces livres, je le jure devant Dieu !

— Et que font-ils là, alors ?

— Mais je ne peux les jeter ! Ce sont de si précieux ouvrages !

— Précieux ? Précieux ? répéta l’Inquisiteur d’un air menaçant. Impies, voulez-vous dire !

Il ramassa sur la table la copie du Secretum secretorum, s’approcha de la cheminée et, sans la moindre hésitation, jeta le volume dans les flammes, ce qui fit pousser un cri abominable au moine défroqué.

L’Inquisiteur fit volte-face, s’avança vers Arnaud de Roulay, et, le dominant de toute sa redoutable figure, il cria :

— N’avez-vous point renoncé à l’hérésie il y a cinq ans de cela, Arnaud ?

— Si monseigneur ! Si, j’y ai renoncé !

— Alors, seriez-vous relaps ?

— Non, non ! jura l’homme, qui tremblait comme une pauvre bête entourée par une meute de chiens de chasse.

— Il y a ici plus de preuves qu’il n’en faut pour vous conduire au bûcher ! Je pourrais vous brûler sur place, Arnaud !

Les larmes coulèrent sur les joues du moine défroqué.

— Je vous en supplie, Votre Excellence… J’ai abandonné tout cela. Je ne suis qu’un vieil homme solitaire, qui n’a plus de lien avec le monde profane. Je vis seul, ici, seul avec Dieu, dont j’attends le Jugement dernier.

— Et pourquoi ne prononcerais-je pas moi-même ce jugement, ici et maintenant, puisque j’en ai le pouvoir ?

— De grâce, monseigneur ! Dites ce que vous attendez de moi, et je me plierai à votre volonté !

Un sourire se dessina alors sur le visage de l’Inquisiteur, qui s’approcha encore du vieil homme, le saisit délicatement par la nuque et murmura à son oreille :

— Deux hommes sont venus vous voir, hier, vêtus comme des pèlerins.

— Oui, monseigneur ! Oui ! s’exclama le moine, le visage soudain illuminé. C’était un apothicaire parisien, et son apprenti ! Saint-Loup ! Il s’appelait Saint-Loup !

— Et que voulait-il, ce Saint-Loup ?

Roulay hésita. Ses paupières battaient nerveusement et son regard ne se fixait nulle part, à la manière d’un dément.

— Que voulait-il ? répéta l’évêque d’une voix plus douce encore.

— Il voulait des renseignements sur la schola gnosticos, monseigneur. Mais je lui ai dit que je ne savais rien de cela, que je n’ai plus rien à voir avec les gnostiques, que je me suis repenti, comme je vous le dis à vous. Et comme il m’a menacé, je lui ai dit d’aller à Saintes, voir un homme qui connaît ces choses-là.

— Quel homme ?

— Denis de Tourville, Votre Excellence.

— Et Saint-Loup est parti le voir ?

— Je le crois, monseigneur, je le crois !

Humbert caressa les cheveux du vieux moine défroqué, comme il l’eût fait avec ceux d’un enfant, puis il se redressa, avisa la pièce une dernière fois et ordonna à ses geôliers :

— Jetez ce vieux fou dehors, et mettez le feu à cette maison hérétique.

— Non ! s’exclama Roulay. Non ! Ne brûlez pas mes livres ! Je vous en supplie !

— Estimez-vous heureux, Arnaud, que cela ne soit point vous que l’on brûle.

Et sur ces mots, l’Inquisiteur sortit.

On raconte que, tant amoureux de ses livres, et bien qu’on l’eût jeté dehors, le moine retourna aussitôt au milieu des flammes et se laissa brûler vif parmi les milliers de pages embrasées, et il est de l’avis du narrateur attristé que la somme de savoir qui disparut ce jour-là par le feu fut au moins aussi grande que celle des plus grandes bibliothèques.

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