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— Quand tu marches ainsi dans la nature, Robin, il n’est pas une plante sur laquelle ton regard puisse se poser que tu ne doives lier à la pharmacopée, car toutes, ou presque, te serviront un jour dans ta carrière d’apothicaire.

Le soir commençait à tomber, et au loin se profilait la belle ville fortifiée d’Étampes, où Andreas avait prévu qu’ils dormiraient, puisque c’était une étape importante du pèlerinage de Compostelle et qu’il y avait là de nombreuses auberges pour accueillir les marcheurs.

— Je sais, maître, et je puis vous assurer que je le fais.

— Comme il est mignon, ton arpète ! s’extasia la Ponante.

— Ainsi, poursuivit Andreas, tu dois distinguer les herbes vulnéraires comme l’aigremoine, le pied de lion ou la pervenche, les cinq racines apéritives qui sont celles de petit houx, d’asperge, de fenouil, de persil et d’ail, les cinq capillaires qui sont l’adiantum noir, l’adiantum blanc, le polytric, la scolopendre et la ruta muraria, les fleurs cordiales comme la bourrache ou la violette, les carminatives comme la camomille ou l’aneth, les herbes émollientes comme la guimauve, le violier, la mercuriale ou le lis, les semences froides comme celles de courge, de citrouille ou de melon, les semences chaudes comme celles d’anis ou de cumin…

Et Andreas continua ainsi pendant bien plus de temps que la patience du lecteur ne saurait sans doute le souffrir, plus de temps d’ailleurs que celle de Magdala l’eût voulu, mais celle de Robin était grande et il écouta pieusement son maître jusqu’à ce qu’ils fussent arrivés, au-delà des bouquets de verdure, devant les remparts de la ville d’Étampes, du côté de la porte Saint-Jacques.

La veille au soir, l’Apothicaire avait emprunté aux bénédictins d’Étréchy plumes et parchemins pour fabriquer dans le secret de leur chambre des lettres de recommandation pour le pèlerinage de Compostelle, bien mieux falsifiées que celles qu’ils avaient trouvées dans la besace des coquillards. Pour ce faire, il avait lui-même teinté l’encre de différentes manières en y ajoutant un peu de suie ou de vinaigre, et imité plusieurs écritures avec une habileté qui avait ébloui Robin, quoi que celui-ci fût quelque peu gêné par le procédé. Ainsi, on les laissa entrer tous les trois dans la ville fortifiée sans leur poser la moindre question. Ils gardèrent néanmoins leurs chapeaux bien enfoncés sur la tête, de telle sorte que leur visage, dans l’ombre, ne se voyait point trop.

Une fois passée l’enceinte, en plus de la commanderie d’hospitaliers de Saint-Jacques-de-l’Épée, où se rendaient la plupart des marcheurs, les auberges ne manquaient pas, signe que la ville était une étape importante. De chaque côté de la rue qui menait à l’église Saint-Gilles – où allaient prier les pèlerins – on pouvait en dénombrer plus de dix : la Fontaine, les Trois-Rois, le Lion-d’Or, le Cygne, le Lion-d’Argent, la Tête-Noire, l’Aigle-d’Or, le Chêne-Vert, le Grand-Courrier

— Allons-nous séjourner dans l’une de ces auberges, maître ?

— Non.

— Pourquoi ? demanda le jeune apprenti d’un air déçu.

— Parce que je voudrais retrouver l’hôpital Saint-Antoine.

— Qu’est-ce donc ?

— C’est le lieu où, il y a dix-huit ans, j’ai séjourné une première fois lors de mon voyage vers Compostelle, puis une seconde fois neuf ans plus tard sur le trajet du retour. J’aimerais revoir l’endroit.

— Et où se trouve-t-il ?

— Je… Je ne me souviens plus, avoua l’Apothicaire.

Et comme il disait cela, ils passèrent devant une rue étroite et obscure où travaillaient des fillettes.

— Attendez-moi ici, je vais aller me renseigner, annonça Magdala en se dirigeant aussitôt vers le passage où œuvraient ses consœurs étampoises.

Plutôt que de s’adresser à l’une des jeunes catins qui racolaient le chaland sur les hauts du pavé, elle s’approcha d’une vieille femme au teint hâlé, assise sur un tabouret à l’huis d’une maisonnette, et qui était, à l’évidence, ce que l’on appelait alors la Mère du quartier, entendu une ancienne prostituée qui ne travaillait plus mais qui, installée là tout le jour, surveillait les affaires de ses cadettes et réglait les nombreux conflits qu’occasionnait immanquablement le métier.

La vieille femme fronça les sourcils en la voyant arriver.

— Si tu cherches du travail, ma mignonne, tu n’es pas venue au bon endroit. La rue est déjà bien servie, tu peux décaniller.

Magdala répondit avec un petit sourire. Ainsi, malgré son habit de pèlerin, on l’avait reconnue pour ce qu’elle était : une putain. Entre elles, il faut croire que les fillettes se remettaient aisément. Quelque chose dans le regard, sans doute.

— Flanchez pas, la Mère, je cherche pas une place dans votre rue.

D’ordinaire, les prostituées se tutoyaient. La seule exception survenait lorsqu’on s’adressait à une Mère, et alors, par respect, il convenait d’employer le voussoiement.

— Tu veux me faire croire que tu vas vraiment en pèlerinage ? demanda la vieille femme, suspicieuse.

— En quelque sorte, oui.

La Parisienne tendit poliment la main à son aînée.

— Magdala. On m’appelle la Ponante.

— Ici, les filles m’appellent Mère, mais pour toi, ce sera Izia.

— Bonsoir Izia, et que saint Nicolas vous protège, vous et vos fillettes.

— Alors qu’est-ce que tu veux, si c’est pas du travail ?

— Mes compagnons et moi, on cherche l’hôpital Saint-Antoine, mais comme on est tricards, on préfère pas demander à n’importe qui.

La vieille prostituée dévisagea Magdala un long moment, se demandant sans doute si elle se moquait d’elle, puis, voyant qu’elle était sérieuse, elle finit par lui donner le chemin à suivre.

— Merci, Izia.

— De rien, c’est normal, entre ponifles. Si tes amunches et toi on vous cherche des noises, tu peux venir me voir. Mais si j’apprends que tu as travaillé dans la ville, alors ça sera une autre histoire. Compris ?

Magdala acquiesça et retourna auprès d’Andreas et Robin, qu’elle conduisit fièrement jusqu’à l’hôpital Saint-Antoine.

Le bâtiment, constitué d’une chapelle et d’une aumônerie, permettait de recevoir de nombreux pèlerins, non pas seulement ceux de Saint-Jacques, mais aussi ceux qui se rendaient à Rome ou à Jérusalem. Tenue par un prêtre et quelques frères, cette maison-Dieu était un lieu paisible et spirituel, où les voyageurs ne se parlaient presque pas, car on y priait beaucoup.

Andreas, Magdala et Robin, tels de parfaits pèlerins, furent donc accueillis à l’entrée de la maison par le père Gineste en personne, qui apposa sa signature sur leur lettre de recommandation et les invita, s’ils le souhaitaient, à signer à leur tour le registre de l’hôpital, où ils pouvaient inscrire leur nom, leur date d’arrivée et leur date de départ. L’Apothicaire accepta volontiers. Laisser son nom sur un registre, quand il était recherché par le roi, n’était certainement pas la plus lumineuse des idées, mais décliner l’invitation eût sans doute éveillé la suspicion, car à sa façon de parler et à sa tenue on devinait qu’il était un homme érudit, et donc capable de signer. En outre, Andreas avait inventé un faux nom de famille sur la lettre de recommandation pour lui, Magdala et leur supposé fils – Roquesec, référence que seuls les grands lecteurs de Thomas d’Aquin pouvaient saisir – et il était fort simple de l’utiliser pour l’occasion.

Prenant la plume, il imita donc une belle signature.

— Ce registre est magnifique, vous le conservez depuis longtemps, mon père ? demanda-t-il avant de le refermer.

Le prêtre, prenant la chose pour un compliment, ne put retenir un petit sourire de fierté.

— Il est tenu depuis que l’hôpital a été confié au chapitre de Notre-Dame par l’archevêque de Sens.

— C’est-à-dire ?

— Depuis 1210, monsieur.

— Doux Jésus ! s’exclama Andreas, sans que le prêtre pût deviner l’ironie sous-jacente, laquelle n’échappa point, en revanche, à Robin et Magdala, qui connaissaient leur apothicaire. Quel splendide ouvrage ! Vous permettez que je jette un œil ? Cent ans d’histoire rassemblés en un seul volume ! C’est prodigieux !

— Mais je vous en prie, mon fils, je vous en prie ! Vous verrez que, malgré la modestie de notre maison, nous avons reçu ici des hôtes fort illustres !

— Mais je n’en doute pas un seul instant, mon père !

Et alors Andreas, qui savait exactement ce qu’il cherchait, se mit à tourner les pages en arrière en poussant des « Oh ! » et des « Ah ! » d’admiration simulée, jusqu’à ce qu’il arrivât à l’année 1295, année où, du haut de ses vingt et un ans, il s’était arrêté ici la première fois.

Approchant son visage du registre, il fit glisser son doigt sur les noms et les dates qui se succédaient, puis un sourire se dessina sur ses lèvres quand il reconnut la signature qu’il avait faite dix-huit ans plus tôt. Son écriture n’avait pas beaucoup changé, quoique, plus élancée, elle portât à l’époque les traces de sa jeunesse. Il se remit à tourner les pages, dans l’autre sens cette fois, pour revenir vers une période plus récente, et il trouva rapidement l’année 1304, qui était celle de son retour, et donc de son second passage. De nouveau, son doigt effleura délicatement le parchemin, et soudain, il s’arrêta.

Aussitôt, Robin vit que le visage de son maître avait blêmi. L’Apothicaire, comme pétrifié, resta un instant immobile, la mâchoire serrée, puis il referma le volume, se fabriqua une espèce de sourire et rendit sa plume au bienheureux prêtre.

— Je vous remercie, mon père.

— Vous voudrez une chambre ? Le donativo vous donne droit au souper et au dortoir, mais pour une chambre privée, l’hôpital demande six deniers.

— Alors mon épouse, notre fils et moi-même prendrons une chambre.

— Très bien, très bien. Je vous conduis. Une cloche annoncera tout à l’heure que le souper est servi et sachez que la chapelle reste ouverte à toute heure pour les prières.

— À la bonne heure ! répliqua Magdala avec une imperceptible grimace.

Ils suivirent le prêtre jusqu’à leur chambre, qui était petite et spartiate, mais bien isolée, et ils n’en demandaient pas plus.

Magdala, épuisée par cette longue journée de marche, se laissa tomber sur la couche aussitôt que le père Gineste fut parti.

— Eh bien, mes bichons, j’ai beau faire les cent pas tous les jours dans la rue Saint-Denis depuis des longes, ça faisait longtemps que j’avais pas eu aussi mal aux guibes, parole d’ambulante !

— Qu’y avait-il sur le registre ? s’empressa de demander Robin.

L’Apothicaire, l’air soucieux, tomba plutôt qu’il ne s’assit sur un banc posé près de la fenêtre.

— Ah ! s’exclama-t-il, si seulement mon oculus corpuscula n’avait pas brûlé et que j’eusse pu l’emporter !

— Mais qu’y avait-il donc ? répéta l’apprenti, impatient. Votre nom n’y était pas ?

— Si. Il y était. Deux fois.

— Mais alors ? N’est-ce pas normal ?

— En 1295, pour mon premier passage, tout est dans l’ordre des choses. On peut lire distinctement ma signature, la date d’arrivée et celle de départ. Mais pour 1304, l’année de mon retour, juste au-dessus de ma signature, il y a une ligne blanche, Robin. La seule ligne blanche de tout le registre. Comme si on avait effacé un nom !

— Peut-être que monsieur l’Apothicaire aura sauté une ligne pour se donner un peu d’importance ? railla Robin dans un accès d’impertinence.

— Ne dis pas de sottise ! Tu ne vois pas qu’il y a un lien entre cela et les deux autres mystères qui nous ont amenés ici aujourd’hui ? La pièce vide et le tableau effacé ?

Le sourire s’effaça du visage de l’apprenti.

— Vous pensez vraiment que quelqu’un a effacé un nom au-dessus du vôtre ?

— Je n’ai pour l’instant pas le droit de l’affirmer, Robin. Tout ce que je puis dire, c’est qu’il y a chez moi une pièce vide qui ne devrait pas l’être, qu’un personnage a disparu de la surface de mon tableau, et qu’une ligne a aussi disparu de ce registre, juste au-dessus de mon nom, et qu’il y a de fortes chances que ces trois singularités soient liées !

— Dites donc, les oiseaux, intervint Magdala, vous voudriez pas la fermer un peu, y en a qui essaient de battre la couverte, ici.

Robin se prit le menton dans la main droite d’un air songeur.

— Il y a une autre singularité, maître, murmura-t-il.

— Laquelle ? demanda Andreas en relevant la tête.

— Les dates. Vous êtes passé trois fois ici, et chacun de vos passages est espacé de neuf ans.

L’Apothicaire secoua la tête.

— Pure coïncidence.

— Tout de même ! se rebella Robin. Le chiffre trois et le chiffre neuf ! Tout de même ! Le trois est le symbole de la Trinité, et donc du principe divin – le Père, le Fils, et le Saint-Esprit – il est le signe de l’accomplissement, de la finition, que l’on retrouve aussi dans la structure des métiers : apprenti, compagnon, maître. Le trois est le chiffre de la perfection ! En outre, le triangle est le symbole de Jéhovah, le dieu de l’Ancien Testament, peut-être le démiurge dont parlait votre ami Eckhart, et d’ailleurs, la coquille Saint-Jacques, symbole du pèlerinage que vous avez accompli, est un triangle inversé ! Et le neuf… Eh bien, le neuf, c’est trois fois le trois !

L’Apothicaire se leva, attrapa son apprenti à l’épaule et, face à lui, le dévisagea longuement de ses yeux plissés, avant de déclarer, solennel :

— Robin, tu es un imbécile.

L'Apothicaire
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