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Les premières heures de marche, pour Aalis, furent bien plus pénibles encore que celles de maître Saint-Loup : les chausses qu’elle portait n’étaient pas à sa taille et elle souffrait toujours des nombreuses blessures que son père, en la battant, lui avait faites.

Comme elle ne voulait rencontrer personne, la jeune Occitane décida de marcher en pleine campagne plutôt que de suivre la route, ce qui ne facilita pas sa tâche, et elle se fia donc au soleil pour se diriger vers l’ouest, bien qu’elle ne fût en aucun cas certaine que cela suffirait pour, un jour, atteindre Bayonne. Elle qui n’avait jamais vraiment voyagé ignorait tout de la façon dont on se repère en pleine nature. Sans doute eût-elle mieux fait de s’en soucier un peu plus tôt, au lieu de partir ainsi sans s’être préparée, mais les événements ne lui en avaient pas laissé le temps ni la liberté, et peut-être pouvait-elle s’en remettre à la Providence, laquelle lui avait trop rarement souri pour ne pas, cette fois au moins, lui être plus clémente.

Plutôt que de traverser l’Orb par le vieux pont, où on eût pu la voir, elle passa de l’autre côté du fleuve plus au nord, en empruntant une petite embarcation abandonnée, puis elle s’engagea péniblement dans les terres viticoles qui s’étendaient à perte de vue tout autour de la grande ville.

Comme l’hiver avait été rude, pour éviter les gelées, les paysans venaient seulement de commencer la taille des vignes, afin de limiter leur encombrement et de favoriser le développement des fruits. Plus on réduisait le nombre de grappes, plus cela permettait d’enrichir celles-ci en sucres, et il fallait donc un savant dosage que seuls des siècles de tradition viticole avaient permis de mettre au point. Ainsi dénudée, la vigne ressemblait à autant de longs doigts grêles et crochus sortis de terre, comme si des milliers de sorcières avaient été enterrées là et tentassent en vain de s’extraire du sol pour revenir dans le monde des vivants. Aalis posa un dernier regard sur ce décor qui avait accompagné toute son enfance et se remit en route vers l’ouest.

La marche provoquait en elle de vives douleurs, qui tiraient à son visage d’horribles grimaces, et sans doute toute autre jeune fille se fût arrêtée depuis longtemps, mais il y avait dans le cœur de celle-là plus de force et de détermination qu’en celui de bien des hommes. Les joues tachées de larmes séchées, le regard dur et droit, elle continuait, courageusement, car chacun de ses pas l’éloignait de Béziers et de tout ce qu’elle voulait oublier.

Au milieu de la journée, comme elle avait passé, par le nord, le petit village de Maureilhan, ses pas la menèrent sur des terres rouges, cuivrées et rocailleuses, plus arides, qui entouraient, au loin, une chaîne de rochers escarpés : elle entrait dans la garrigue.

À l’aide de son couteau, elle se confectionna alors un solide bâton de marche dans du bois de chêne vert, puis elle commença sa lente progression à travers les buissons et arbustes dont les branches dures et griffues lui lacéraient les jambes.

À cette époque de l’année, certains arbres précoces de la garrigue étaient déjà en fleur : les hauts amandiers et leurs boutons d’un blanc rosé, les antiques merisiers, les buissons noirs des prunelliers, les genévriers cades et leurs myriades d’aiguilles acérées… Et ce retour de la flore à la vie était accueilli par une multitude de petits papillons qui, volant d’orchidées en orchidées, faisaient paraître le plateau comme un lac scintillant : aurores, cléopâtres, mégères…

Ici et là, Aalis devait traverser des fossés creusés par les ruisseaux et parsemés de pierres. Parfois, elle s’arrêtait au bord de l’un d’eux pour manger un bout de galette ou pour se reposer, simplement, et puis, s’appuyant de toutes ses forces sur son bâton, elle repartait. Plusieurs de ses blessures saignaient encore et, tant bien que mal, elle devait s’efforcer régulièrement de réarranger les nombreux pansements que le médecin lui avait faits pour qu’ils ne tombent pas.

Si elle en avait eu l’envie, le silence et la beauté de la garrigue lui eussent offert tout le loisir de penser, de méditer, mais comme son esprit était encore plein des terribles images de la veille et son cœur des douleurs accumulées, elle préféra faire le vide dans sa tête, se concentrer sur le bruit de ses pas, qui martelaient le temps, et se laisser réconforter par les effluves du romarin, du thym et de la lavande qui ne disparaissaient jamais tout à fait.

Et ainsi, le soir, ayant gravi une dernière colline coiffée d’une pinède, la jeune fille arriva au-dessus d’une plaine où les pieds de vignes tapissaient la terre rouge et au-delà de laquelle se nichait le village de Puisserguier.

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