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Andreas fut réveillé subitement par la splendeur colorée des premiers rayons du soleil qui filtraient à travers les vitraux de l’église Saint-Gilles.

Les événements de la veille lui revinrent en mémoire avec la violence d’une houle de tempête, et son cœur se noua comme il pensait à Lambert et Marguerite. Il se redressa péniblement, se leva et lissa tant bien que mal ses vêtements. De toute évidence, il avait fort mal dormi, et encore maintenant il se rappelait la terrible image des deux corps calcinés de ses valets, qu’il n’avait pas même pu rejoindre, pour rendre un dernier hommage à ces deux êtres qu’il chérissait plus que quiconque en cette terre ! Qu’adviendrait-il d’eux maintenant ? Comme il était désormais un fuyard, un banni, et pour longtemps sans doute, il ne pourrait pas s’occuper de leurs funérailles. Seraient-ils enterrés dignement, eux qui avaient tant mérité ? Et Robin ? Où était-il ? Andreas avait été obligé de l’abandonner, et il peinait à se le pardonner.

L’Apothicaire poussa un grognement quand, soudain, des voix s’élevèrent entre les galeries du cloître. Comme les laudes n’auraient pas lieu avant un peu de temps encore, il en déduisit que ce ne pouvait être les moines qui arrivaient, et il se précipita vers une petite porte du transept qu’il ouvrit doucement. Ce qu’il vit alors le plongea dans une grande colère : deux hommes, l’épée à la main, marchaient tout droit vers l’église. On l’avait retrouvé.

— Maudit Boucel !

Il referma la porte. S’il sortait de l’église, les chances de leur échapper étaient faibles. Cela ne lui laissait qu’une seule solution.

Sans perdre de temps, maître Saint-Loup courut vers le bas-chœur, enjamba la barrière de bois et contourna l’autel. Il fulmina quand son cœur, malgré lui, se mit à battre au plus fort. Un homme de raison jamais ne s’alarme et toujours domine sa peur, s’ordonna-t-il. Il glissa derrière l’exèdre, où était le siège de l’abbé, et se précipita au-dessus d’une trappe dissimulée dans le sol de pierres taillées. Les doigts tremblants, il souleva la planche de bois. La faible lumière de l’église éclaira alors les vieilles marches d’un escalier qui s’enfonçait dans la terre et où Andreas se jeta au moment précis où s’ouvrirent, d’un seul coup, les deux grandes portes à l’autre bout de la nef.

L’Apothicaire descendit les premières marches et referma la trappe au-dessus de lui, ce qui l’entoura aussitôt de la plus totale obscurité. D’un pas lent, il reprit néanmoins sa descente, à la façon d’un aveugle : tous ses sens, hormis la vue, en éveil. Ce passage secret, il le connaissait par cœur, il en maîtrisait, de mémoire, chaque recoin, chaque virage. Ainsi, il progressa sans trébucher jusqu’au bas de l’escalier, puis longea sur la droite le couloir long et étroit où, jadis, il venait souvent se cacher quand l’abbé Boucel le cherchait et qu’il était préférable qu’il ne le trouvât point.

Ses chausses s’enfonçaient dans la terre humide et ses paumes raclaient contre les parois rugueuses. Il compta ses pas, prenant garde à ne pas faire de plus grandes enjambées que celles que lui permettait, à l’époque, son corps d’enfant. Quatre-vingt-huit pas. Là, le corridor donnait sur un second escalier dont il gravit les marches une à une jusqu’à tomber sur la petite porte qui, il le savait, ouvrait sur le scriptorium.

Andreas colla son oreille contre le panneau de bois et, comme aucun bruit ne lui était parvenu, appuya sur la poignée et pénétra dans la grande pièce, encore vide à cette heure matinale.

Cherchant l’abri des ombres, il traversa ce havre de lecture et d’écriture, effleurant du bout des doigts les majestueux volumes enluminés qui avaient envoûté son adolescence, puis il en sortit prudemment. Dehors, comme les frères se préparaient pour les laudes et que les servants étaient aux cuisines, il n’y avait encore personne. Rassemblant tout son courage, il longea le cloître au pas de course et retourna dans les jardins par lesquels il était entré la veille, et alors il descendit, sans plus se retourner, jusqu’à l’enceinte de l’abbaye, du côté où une vieille porte donnait sur la rue Quincampoix.

Andreas, voyant que la route était libre, se mit rapidement en marche. Mais après quelques pas à peine sur la chaussée, il fut interpellé par maître Bernard, un sellier de ses voisins, dont les yeux respiraient l’urgence et la peur. L’homme, qui avait surgi sur le pas de sa porte, lui faisait de grands gestes avec les mains.

— Viens ici, Andreas ! Tu ne peux pas rester comme ça ! bafouilla l’artisan en lui désignant, affichée sur un mur, la copie d’une ordonnance royale appelant à son arrestation.

 

« Philippe, par la grâce de Dieu, roi de France, aux prévôts et baillis de France ou leurs lieutenants, salut.

 

Sur le rapport de personnes dignes de foi qui nous fut fait, il nous est revenu que monsieur Andreas Saint-Loup, maître apothicaire de la ville de Paris, sous l’habit de sa confrérie, insultant misérablement à l’honneur de son métier comme au respect du droit romain, s’est rendu coupable du meurtre par empoisonnement du chancelier et garde du Sceau royal Guillaume de Nogaret, et de multiples actes de dépravation hérétique.

Par suite, nous qui sommes établi par le Seigneur sur le poste d’observation de l’éminence royale pour défendre le bon droit et les canons ; vu l’enquête préalable et diligente faite sur les points susdits ; vu la suspicion véhémente résultant contre ledit adversaire du pacte social, tant de ladite enquête que d’autres présomptions diverses, d’arguments légitimes et de conjonctures probables ; attendu que la vérité ne peut être pleinement découverte autrement ; après délibération plénière avec les prélats, les barons de notre royaume et nos autres conseillers, nous avons décrété que ledit Andreas Saint-Loup devait être arrêté, retenu prisonnier et réservé au jugement du Parlement et de l’Église.

C’est pourquoi nous vous chargeons et vous prescrivons rigoureusement d’arrêter monsieur Andreas Saint-Loup, apothicaire, conformément à nos ordonnances et instructions. D’ailleurs, nous donnons l’ordre, par la teneur des présentes, à nos fidèles juges et sujets de vous obéir d’une manière effective et d’être attentifs relativement aux choses qui précèdent, ensemble ou séparément, et à celles qui s’y rapportent.

 

Donné à Paris, le dixième jour du mois de mars de l’an du Seigneur mil trois cent treize. »

 

L’Apothicaire frissonna. Beaucoup de gens dans le quartier connaissaient sa figure, et il portait encore sa robe d’apothicaire dont le bleu se distinguait de loin.

— Entre ! insista le sellier, et Andreas le suivit à l’intérieur.

Maître Bernard, sans dire un mot de plus, partit chercher un manteau qu’il tendit à son voisin. Celui-ci ôta sa cape et enfila le vêtement de laine rouge.

— Tu ne peux pas rester ici. Les sergents te cherchent de tous côtés. Fuis, et que Dieu te garde ! Mon cœur sait que tu ne peux pas avoir commis le plus petit crime.

Andreas lui serra obligeamment les mains puis, sans attendre, il retourna dans la rue, passa la capuche sur son crâne chauve et fila vers le sud.

D’un pas preste – mais sans courir tout de même, pour ne pas attirer l’attention – il descendit tout droit jusqu’à la Seine, en prenant soin d’éviter le quartier du Châtelet, traversa le fleuve et, la tête rentrée dans les épaules, se fondant à la foule des marchands, il quitta Paris par la grande voie Saint-Jacques, que les pèlerins de Compostelle empruntaient pour aller vers Orléans.

Sur cette route se trouvait la ville d’Artenay, où Andreas Saint-Loup, dès lors, décida de se rendre puisqu’il ne pouvait plus se risquer à rester entre les murs de Paris, et que là-bas, selon maître Eckhart, se cachait ce mystérieux moine défroqué auquel il voulait tant parler.

Et c’est ainsi que, en ce matin du 10 mars de l’an 1313, au moment où, au sud du pays, la jeune Aalis quittait Béziers pour Bayonne, maître Saint-Loup, tel Ulysse s’éloignant d’Ithaque, prit cette route de légende que, dix-huit ans plus tôt, il avait suivie pour la première fois.

L'Apothicaire
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