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Le couvent de Saint-Magloire avait été fondé au Xe siècle par des moines de Bretagne, chassés par les Normands. Ils avaient apporté à Paris les reliques de Magloire, évêque de Dol, et avaient bâti leur monastère sur l’île de la Cité. Mais en 1138, les Bénédictins s’y étant sentis trop à l’étroit s’installèrent sur un terrain de la rive droite qui leur appartenait, sur les bords de la rue Saint-Denis. Le monastère ne cessa de grandir jusqu’à recevoir le titre d’abbaye, et c’est dans l’enceinte de ce bel édifice qu’Andreas entra au milieu de l’après-midi.

En passant, nous ferons noter au lecteur que si, en ce temps, les assemblées de la confrérie des apothicaires se tenaient dans l’église de l’hôpital Sainte-Catherine, la coïncidence veut qu’ensuite elles se tinrent précisément à Saint-Magloire, mais ne nous égarons pas et revenons à Andreas.

Ainsi, donc, on ne lui posa pas la moindre question à l’entrée, comme il était ici presque chez lui. Le monastère jouissait alors d’une vaste seigneurie foncière, entre son ancien domaine de la Cité et celui de la rue Saint-Denis, qui s’élargissait vers le nord et le sud. Depuis près de deux siècles, les religieux de Saint-Magloire possédaient la haute justice sur leur domaine, ainsi que la voierie. C’était donc un établissement puissant et profitant d’une certaine indépendance.

Au centre du cloître, parmi les tombes couvertes de neige s’érigeait l’ancienne chapelle, dont la nef avait été agrandie et, plus au sud, l’église Saint-Gilles, qui avait été construite plus tard pour accueillir le nombre croissant de fidèles, et sur le parvis de laquelle Andreas, disions-nous, avait été trouvé.

L’Apothicaire, qui maîtrisait fort bien l’ordonnance de l’abbaye pour y avoir séjourné toute son enfance, traversa le cloître sans s’arrêter. En chemin, il croisa plusieurs moines qu’il connaissait et d’autres qu’il ne connaissait pas. Tous, vêtus du scapulaire noir à capuchon, lui adressèrent un salut amical, mais aucun ne prit le temps de converser avec lui, la règle de saint Benoît et les charges de travail qu’elle entraînait ne leur en laissant pas le loisir.

Il longea la salle capitulaire et s’arrêta devant le parloir de l’abbé, où il savait pouvoir trouver Boucel à cette heure, puisque l’office de sexte venait de se terminer. De son poing serré, il frappa trois coups forts sur la lourde porte en chêne sculptée. Un jeune moine vint rapidement lui ouvrir et sembla surpris de voir un apothicaire en ces lieux.

— Vous avez une audience avec l’abbé ? demanda le jeune homme, visiblement gêné.

Mais avant même qu’Andreas pût répondre, une voix grave et rauque s’éleva de l’autre côté de la pièce et résonna entre les hautes parois de pierre.

— Laisse-le entrer, Jean-Baptiste, c’est M. Saint-Loup, mon filleul.

Les joues du moine s’empourprèrent et il s’effaça devant le nouvel arrivant. Andreas traversa la pièce et vint se placer devant la table où l’abbé Boucel était occupé à écrire.

— Excuse mon secrétaire, Andreas, il vient d’entrer à l’abbaye, il ne peut pas te connaître. Jean-Baptiste ? Vous pouvez nous laisser.

Le jeune moine s’éclipsa, soulagé sans doute.

— Je ne cache pas que c’est une surprise de te voir, Andreas.

— J’ai toujours aimé vous surprendre, père abbé.

— C’est le moins qu’on puisse dire. Assieds-toi, je t’en prie.

L’Apothicaire s’installa face au vieil homme. La pièce n’avait pas beaucoup changé. Richement décorée, elle comptait toujours autant de tapisseries qui détonnaient avec la pauvreté requise par la règle de saint Benoît. Le plafond, très haut, était voûté et la devise Ora et labora y était peinte en lettres pourpres. Sur des meubles de maîtres menuisiers se bousculaient cierges dorés, calices, sculptures et croix, et au milieu du mur méridional se dressait un retable. Derrière l’abbé, une très haute bibliothèque accueillait ceux des livres qui n’étaient pas conservés par le frère archiviste au scriptorium.

C’est le moment, nous le croyons, de donner à nos lecteurs une idée exacte de l’abbé Boucel, comme il est destiné à jouer quelque rôle dans le cours de notre histoire.

Selon les calculs d’Andreas, l’homme venait de passer sa soixante-dixième année, et il le trouva transformé. Les marques du temps et le poids de ses responsabilités se lisaient sur son front ridé, ses paupières tombantes et la blancheur des quelques cheveux que lui laissaient la tonsure. Les veines rouges sur son nez et le haut de ses joues trahissaient le goût que le Très Révérend Père avait pour la boisson tirée des vignes de son domaine, mais en cela il ne se distinguait pas beaucoup des autres bénédictins. C’était un homme petit et rond, mais dans le corps duquel on sentait circuler encore beaucoup de force et d’assurance. Le front était court, mais large ; la bouche fine, mais expressive.

— Que me vaut l’honneur de ta visite, à moi qui ne t’ai pas vu depuis presque trois ans ? Aurais-tu quelque service à me demander ?

Andreas choisit de ne pas s’offusquer de la perfidie et, au contraire, entreprit de la retourner contre son émetteur.

— Certes. Vous ne pensez tout de même pas que je suis venu par plaisir ?

— Qu’est-ce qui t’amène, Andreas ?

— J’ai peine à croire que vous ne le sachiez déjà, Baudouin.

— Comment le saurais-je ?

— La chose a déjà dû venir à vos oreilles, père abbé.

— Tu sais bien que nous vivons loin du monde profane, entre ces murs, et que ce qu’il se passe au dehors ne nous concerne pas.

— Si seulement !

L’allégation de l’abbé était outrageusement fallacieuse ; une provocation. Nul n’ignorait – et certainement pas Andreas – à quel point, au contraire, les intérêts des Bénédictins dépassaient largement la limite du pouvoir spirituel, mais s’ingéraient de plus en plus dans le temporel ; chaque jour davantage, les frères noirs se mêlaient des questions de politique et, plus encore, de finances. Les domaines gérés par la communauté étaient de plus en plus vastes, ce qui faisait des abbés de véritables seigneurs, gardiens de somptueux trésors, et la multiplication des ordres du clergé régulier – Franciscains, Dominicains, Cisterciens, Bernardins, Carmes, Augustins, Chartreux – alimentait des luttes de pouvoir intestines bien éloignées des idéaux originels de pauvreté. Tout ce joli monde se querellait bruyamment sur des questions plus ou moins théologiques, Franciscains disputant aux Dominicains le privilège de l’Inquisition, scotistes reprochant aux thomistes leur adhésion à la philosophie d’Aristote, mystiques s’opposant aux scolastiques, mendiants aux prédicateurs, conventuels aux spirituels, et cætera, mais toute cette tapageuse disputatio masquait en réalité une bataille qui était bien plus triviale que métaphysique : celle du pouvoir et de l’argent. Ainsi, les Bénédictins, comme tous les cénobites, s’étaient fastueusement écartés du précepte même de leur saint fondateur, lequel avait affirmé que les moines n’avaient « pas besoin de se disperser au-dehors, ce qui n’est pas du tout avantageux pour leurs âmes »…

— Mais soit, reprit Andreas. Faisons comme si vous ne saviez pas : je suis venu vous entreprendre au sujet des trois fillettes qui logent dans une maison de la rue Saint-Denis et que l’échevin Bourdon tente d’exproprier au motif qu’elles n’auraient pas payé leur fonds de terre.

L’abbé poussa un soupir.

— Et ?

— Et je veux savoir si vous avez ordonné cela.

— Je me demande pourquoi tu prends cette affaire à cœur, Andreas. Est-ce pour le plaisir de me contrarier, ou bien entretiens-tu avec ces femmes quelque inavouable relation ?

— Les deux, mon père.

Boucel ne put retenir un sourire.

— J’avais presque oublié avec quelle générosité le Seigneur t’a doté d’un esprit sagace.

— Merci. Je comprends votre sentiment d’injustice en la matière…

— Ce que tu peux être insolent ! Dire que je t’ai élevé comme un fils !

— Comme un fils ? Comme un fils ? s’emporta soudain Andreas, piqué au vif. Vous semblez avoir une perception fort corrompue des attributs paternels !

Une ombre passa sur le visage de l’abbé, et Andreas savoura la gêne occasionnée par le silence qui s’ensuivit. D’un air soudain plus grave, le vieil homme se rapprocha de sa table.

— La présence de ces fillettes – dont l’hygiène et le mode de vie sont effroyables – dans un quartier aussi pieux que la rue Saint-Denis, n’est simplement plus tolérable.

— C’est donc bien ce que je pensais : l’accusation selon laquelle elles n’auraient pas payé leur fonds de terre est une fabrication. La cause de leur expulsion n’est pas celle qu’on prétend.

— Leur maison est sur la censive de l’abbaye, Andreas, tout comme ta boutique, d’ailleurs. En tant qu’abbé, je possède la haute justice sur mon domaine et je peux y faire ce que bon me semble.

L’Apothicaire pencha la tête sur le côté et fronça les sourcils.

— Ce que vous venez de me dire et la manière dont vous l’avez dit me laissent penser que l’idée, au contraire, ne vient pas de vous.

L’abbé Boucel secoua la tête.

— Parfois, je regretterais presque de t’avoir si bien instruit dans l’art de la dialectique.

— Qui est derrière tout ça ? La hanse des marchands de l’eau ?

Boucel fit non de la tête.

— Le roi ?

— Tu n’y es pas du tout.

Andreas laissa sa tête retomber vers l’arrière en riant.

— L’évêque ! Cela vient de l’évêque de Paris, n’est-ce pas ?

— Non pas, Andreas. Il s’agit d’une ordonnance venue directement du pape.

— Du pape ? s’exclama Andreas, avant d’allonger les lèvres comme fait l’homme qui doute.

— Clément V a décidé qu’il était du devoir de l’Église de mettre de l’ordre dans la prostitution à travers tout le pays.

— Mettre de l’ordre ? Vous voulez dire que l’Église va l’organiser, c’est ça ?

— Tu ne peux pas nier que les prostituées seront mieux logées et mieux traitées, y compris d’un point de vue sanitaire, dans des maisons gérées par l’Église.

— Des bordels ! Des bordels tenus par le Très Saint-Père ! Oui, bien sûr, comment n’y ai-je pas songé plus tôt ?

— Il ne s’agit pas de bordels, Andreas ! Et ces femmes y seront mieux loties. Toi qui te disais jadis disciple de Thomas d’Aquin, tu sais qu’entre deux maux, il faut choisir le moindre. Nous pourrons réglementer la profession.

— Vous pourrez surtout en tirer de substantiels bénéfices ! Après avoir pris l’argent du Temple, Avignon a donc besoin de celui des putains…

— Surveille ton langage, Andreas ! Il n’y a aucun rapport avec le procès du Temple qui, je te le rappelle, a été initié par le roi.

— Et soutenu par l’Église. Quant au rapport que cela a avec vous, mon père, dois-je vous rappeler que c’est votre ami, l’archevêque de Sens, qui a condamné plus de cinquante templiers à mort et les a fait brûler sur le bûcher, il y a trois ans de cela ?

— Cela n’a rien à voir, Andreas. Il ne s’agit pas de condamner la prostitution, mais de codifier cette regrettable mais nécessaire activité afin qu’elle ne nuise plus à l’ordre public.

— La codifier ?

— Oui. Limiter le déplacement des filles, par exemple, garantir les jours et les horaires de fermeture des maisons, en interdire l’entrée aux hommes mariés, aux prêtres et aux Juifs…

— Mais pas aux moines, je suppose…

L’abbé poursuivit sans relever :

— Contraindre les prostituées à porter des tenues distinctes de celles des femmes de bonnes mœurs afin que celles-ci ne soient plus importunées, réglementer leurs pratiques sexuelles et, enfin, les accompagner dans leur repentir afin que, telle Marie-Madeleine, elles puissent sauver leur âme.

— C’est amusant, Baudouin, vous discourez, vous proférez toutes ces belles paroles, et moi, pourtant, je n’entends que « profit, profit, profit ». Percevoir le fonds de terre de ces femmes ne vous suffit donc plus, vous voulez votre part de leur commerce ?

— Tu peux l’entendre comme tu veux, Andreas, mais c’est ainsi que le pape en a décidé, et ta petite croisade n’empêchera pas le cours de l’histoire.

— Non, certes. En revanche, elle pourrait salir les dernières années de la vôtre.

— C’est une menace ?

— Oui.

L’abbé Boucel resta pantois devant la froideur impudente et franche de cette réponse.

L’Apothicaire, lui, estima qu’il avait dit ce qu’il avait à dire, se leva de son siège, réajusta sa cape et se dirigea tout droit vers la porte de sortie. Avant de quitter la pièce, il se retourna vers le vieil homme et ajouta simplement :

— Très Révérend Père, laissez ces femmes tranquilles et j’en ferai autant de notre passé.

L'Apothicaire
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