CHAPITRE VIII

Système d’Aphran, Aphran IV

Aphran IV était un monde très boisé dont les continents verts formaient un vif contraste avec le bleu des océans. Le climat était chaud, puisqu’il n’y avait pas de pôles glacés et pas de lunes générant des marées. La population vivait dans une relative pauvreté. Ses produits d’ébénisterie étaient très connus et des collectionneurs de l’univers entier appréciaient sa marqueterie artistique.

Yan avait appris tout cela par une lecture rapide des enregistrements du Faucon. On pouvait en déduire aussi qu’Aphran ne résisterait pas à une attaque mineure des Yuuzhan Vong. Proche de la région contrôlée par l’envahisseur, et pas très éloigné de Bilbringi, ce monde devait son salut à son manque d’importance.

Yan se tourna vers sa femme. Elle ne se ressemblait pas, ses cheveux noirs, longs et raides. Elle avait épaissi ses sourcils pour aller avec, et portait des vêtements que Leia Organa Solo n’aurait jamais mis – même morte.

La combinaison d’un noir brillant en tissu synthétique crissait comme du cuir à chaque mouvement de Leia. Les bottes, la ceinture et les gants étaient taillés dans un matériau similaire, mais mat. Tout à son rôle, Leia avait posé les jambes, chevilles croisées, sur le tableau de bord.

— Tu mates quoi, marin d’eau douce ? demanda-t-elle, l’air sévère.

— Si ta fille te voyait…, répondit Yan avec un haussement d’épaules.

Leia quitta son rôle un instant pour sourire.

— R-2 enregistrera un holo pour elle. Il faut que tu sois également dessus !

— Tout à fait. Je suis magnifique.

Yan avait passé beaucoup de temps devant un miroir pour perfectionner son déguisement et rendre le personnage convaincant.

Il portait une barbe courte d’un gris argenté identique à celui de ses cheveux. Mais il ne tendait pas vers une allure distinguée : son uniforme était d’un gris un peu plus foncé que les anciennes tenues de la marine impériale, et assorti de nombreux accessoires. Un blaster flambant neuf pendait à sa hanche, deux vibrolames à l’autre, et sa poitrine était ornée d’un chapelet de vibrolames et de blasters miniatures.

La main gauche de Yan était couverte d’un gantelet métallique. A l’intérieur, il y avait assez de câbles et de circuits pour tromper la plupart des détecteurs, qui le prendraient pour une prothèse.

Dans l’œil gauche, Yan portait une lentille de contact qui conférait à sa pupille un reflet argenté. Le maquillage était complété par une longue cicatrice factice qui laissait deviner la violence de la lutte où il avait perdu son œil.

Assis sur le siège du passager, C-3PO prit la parole, pompeux comme à son habitude :

— Princesse, afin de ne pas nuire à votre mission par des commentaires mal appropriés ou des omissions, permettez-moi de demander le pourquoi de cette supercherie.

— Aphran est une terre inconnue, répondit Leia. Les contrebandiers que nous allons convaincre d’organiser la résistance locale nous ont dit qu’il y a eu beaucoup d’allers et venues de vaisseaux gouvernementaux. Qu’en déduis-tu ?

— Cette question est hors de mon champ d’expertise, répliqua le droïd. Mais il semble que le gouvernement planétaire n’ait aucune raison d’avoir recours à la clandestinité pour envoyer des représentants à la Nouvelle République. Cela suggère que la Nouvelle République ne doit pas avoir connaissance de la destination de ces émissaires.

— Pas mal. De quelle destination s’agirait-il, selon toi ?

— Le gouvernement le plus important, en dehors de la Nouvelle République, étant celui des Yuuzhan Vong, les statistiques suggèrent une réponse évidente.

— Bien vu. On peut aussi penser à la Brigade de la Paix, agissant comme intermédiaire pour les Vong.

— Oh, j’espère que non, princesse ! La Brigade de la Paix est, comment dire, très désagréable. Très problématique…

Un euphémisme : la Brigade de la Paix était une alliance de mercenaires qui coopéraient avec les Yuuzhan Vong. Convaincus que la paix régnerait dans une galaxie dominée par les Vong – ou pensant simplement pouvoir y traiter de meilleures affaires – ils traquaient les Jedi. Ils en avaient capturé quelques-uns, les livrant à l’ennemi.

Très « désagréables », sauf pour ceux qui accusaient l’univers entier d’être responsable de la guerre – à part les véritables agresseurs – ils étaient généralement considérés comme des traîtres.

— Et si ces gens sont en rapport avec les Vong, il ne faut pas qu’on reconnaisse les Solo ici, expliqua Yan.

— Si les Yuuzhan Vong apprennent la présence des Solos, ajouta Leia, ils viendront. Même si nous utilisons de fausses identités, il suffira qu’un cargo corellien de la série YT-1300, piloté par un type impétueux, brillant et vaniteux atterrisse ici pour que tout le monde pense : c’est Yan Solo !

— Brillant et vaniteux ? fit Yan, l’air offensé.

— Brillant et vaniteux ! Tout à fait. Les deux. Essaie de le nier !

— Bon, tu marques un point…

 

La balise ne conduisait pas le Faucon vers un poste d’amarrage situé dans le district commercial de la capitale planétaire, comme il aurait été habituel. Elle l’éloignait de la cité, en direction d’une aire gouvernementale. La base immense, longue de plusieurs kilomètres, comportait des zones d’atterrissage et des entrepôts en forme de dômes aménagés qui ressemblaient à une monstrueuse créature tentaculaire.

Pendant qu’ils suivaient le dispositif de guidage, Yan essaya d’argumenter avec un fonctionnaire de bas étage, puis avec un deuxième, d’un niveau hiérarchique supérieur. Presque arrivé à destination, il se laissa aller contre le dossier de son siège en soupirant.

— Nous ne pouvons pas atterrir dans le district commercial, dit-il.

— Pourquoi pas ? demanda Leia.

— Tout chargement doit être débarqué et inventorié ici. Des nouvelles réglementations ! Quand ce sera fait, nous pourrons décider où nous voulons faire transporter notre fret, soit sur notre vaisseau pour le transférer ailleurs, soit dans un de leurs entrepôts afin de le présenter aux acheteurs potentiels. Mais indépendamment de l’endroit, il faut payer… et le retour dans le vaisseau coûte plus cher que le stockage dans leurs installations.

— Une incitation à leur confier la marchandise, dit Leia, désabusée. Comme ça, ils choisissent les clients qui viennent la voir et gardent la maîtrise des prix et des offres.

— Et c’est moi qu’on traite de malhonnête, grommela Yan. Par ailleurs, nous ne sommes pas obligés de rester sur place pendant leur inventaire. Nous pouvons aller dans la capitale à bord d’un landspeeder public. Ça leur laissera du temps pour voler les éléments de valeur de notre chargement. Au fond, c’est à ça qu’il est destiné…

 

Deux Aphrans qui conversaient devant un poste de carburant virent deux personnes sortir de la baie d’atterrissage où s’était posé le cargo YT-1300 corellien.

— Je vois un homme et une femme que je ne reconnais pas, dit l’un d’eux.

Il était de taille moyenne, les cheveux et la barbe grisonnants. Ses manières réservées et comtoises, plus que ses habits colorés et coûteux, identifiaient un marchand à succès. Mais la dureté de son expression, visible quand il n’essayait pas de gagner la confiance de quelqu’un, suggérait qu’il était moins inoffensif qu’on l’aurait cru.

— Cet homme et cette femme pourraient être les époux Solo…, mais aussi des milliards d’autres gens.

— Je n’ai pas dit qu’ils étaient Leia et Yan Solo, répliqua le deuxième homme.

Portant une combinaison – de la même couleur lavande à rayures noires que le décor du poste à carburant –, il était mince et si musclé qu’il avait des allures de cyborg.

— J’ai dit que c’était le Faucon Millenium. On peut y appliquer des hectolitres de peinture et monter des dizaines de nouvelles antennes, je sais à quoi il ressemble. Je reconnais son grincement au moment de l’atterrissage.

— Hum. Avant d’être sûrs de nous, nous jouerons la sécurité.

— Jouer la sécurité rapporte moins…

— Ça laisse aussi plus de temps à vivre pour dépenser son fric.

— Vous êtes le chef.

Le barbu dévisagea son compagnon. L’expérience lui avait appris que : « Vous êtes le chef » signifiait en général : « Je me tais pour l’instant, et je vous planterai une vibrolame entre les omoplates quand le profit sera le plus élevé. »

Par conséquent, dans sa grille mentale de référence, il fit passer son compagnon de la catégorie utile à la rubrique sacrifiable.

— Je vais m’occuper des préparatifs, dit-il. Merci de cette information.

— Toujours à votre disposition.

Le barbu partit en direction de son landspeeder personnel, un modèle du dernier cri qu’il s’était payé avec une récompense de la Brigade de la Paix. Si ces gens étaient vraiment les Solo, il pourrait s’offrir un vaisseau spatial – même déduction faite des frais à consentir pour se débarrasser de son informateur.

 

Assise sur le balcon de l’appartement qu’ils avaient loué, les chevilles croisées, Leia saisissait des notes sur son databloc.

Les choses se passaient bien… globalement. L’organisation de Talon Karrde lui avait déjà présenté deux contrebandiers à la retraite – plutôt une semi-retraite, soupçonnait-elle. Des gens de confiance aussi enthousiastes qu’elle à l’idée de ralentir l’invasion des Yuuzhan Vong. Leur savoir-faire leur permettrait de monter eux-mêmes la base opérationnelle, et ils pourraient être utiles pour se procurer des véhicules et d’autres équipements. Yan et Leia devaient maintenant les aider à installer un système de communication : une combinaison d’holocoms et d’unités com capables de transmettre et de recevoir des paquets de données compressés. Aucune résistance ne pouvait travailler sans ce dispositif.

Leia posa son appareil, distraite par la vue. Sous leur balcon s’étendait un lac. Sur la rive opposée, des collines verdoyantes ondulaient à l’infini. Le soleil de la planète, Aphran, allait se coucher sur l’horizon, disque rouge-or légèrement déformé par l’effet de la distance et de l’atmosphère. L’ombre des collines grandissait déjà, alors que les rayons de l’astre illuminaient encore les eaux bleu-vert, ourlant les vagues de couronnes dorées.

Un simple coucher de soleil… Leia en avait vu de ravissants partout dans la galaxie. Mais depuis combien de temps n’avait-elle plus fait attention à ce phénomène naturel ? Ou pris du plaisir à l’observer ?

Ce coucher de soleil n’avait aucune importance face à l’invasion des Yuuzhan Vong, à la mort d’Anakin, à la disparition de Jacen ou à la longue séparation des survivants de la famille. Mais en ce soir, ces sacrifices n’enfonçaient aucun poignard dans son cœur, et elle pouvait apprécier la beauté de l’instant.

— Mets-le en bouteille pour le vendre, nous ferons fortune.

Leia sursauta. Elle leva les yeux vers Yan, qui se tenait derrière elle. Le champ de force qui gardait l’air plus frais dans l’immeuble générait un bourdonnement qui avait couvert le bruit des pas.

Yan regarda les ultimes rayons d’or éclairer les sommets des collines alors que le soleil descendait lentement. Pour une fois, il n’afficha ni ironie ni cynisme, satisfait de se réjouir du spectacle…

Leia prit la main de son mari. Il s’assit sur une chaise, à côté de la sienne.

— Qu’as-tu obtenu au cours de tes pérégrinations ?

— Des résultats assez satisfaisants. L’inventaire est à moitié effectué, et les autorités locales n’ont relevé aucune irrégularité.

Ces mots correspondaient à un code réservé à ce type de missions. Les irrégularités désignaient les compartiments secrets et la nacelle de sauvetage protégée.

— En plus, j’ai pu faire quelques achats. Des coffrets. Il faut encore que je m’occupe des détails de livraison.

Il avait pu trouver le matériel de communication ! Mais il fallait encore attendre que les nouveaux résistants aient préparé la place.

— Et toi, ma chérie ?

— Je me suis fait quelques amis.

— C’est parfait. Tu sais quoi ?

— Non.

— Je n’ai plus envie de parler boulot aujourd’hui.

— Moi non plus…

Borleias

Tam et Wolam étaient assis dans les fauteuils de pilotage de la navette de l’historien, un ancien destroyer volé à l’Empire au début de sa carrière. Peu à peu, Wolam l’avait transformé en bureau mobile à armement léger. A présent, l’appareil était posé dans la zone de combat, devant le complexe de biotique, un des rares vaisseaux éclairés de l’intérieur à cette heure de la nuit.

Ne disposant pas de véritables installations émettrices, Wolam avait quand même implanté des outils de sauvegarde dans le système informatique de son vaisseau. Tam et lui analysaient leurs enregistrements des deux derniers jours, sélectionnant les passages à effacer ou à conserver pour le prochain documentaire historique.

— Voilà ce que je cherchais !

Wolam arrêta le défilement et désigna un personnage qui travaillait frénétiquement sur un moteur d’aile X.

— Un mécanicien, fit Tam.

— Une mécanicienne, précisa son chef agrandissant l’image. Une Corellienne, célibataire et séduisante. J’ai parlé un peu avec elle pendant que tu montrais les fonctions du zoom à Tare.

— Ah, je vois. Nous faisons une pause, histoire que tu essayes une fois encore de me trouver une femme.

— Exact.

— Je devrais sortir avec elle parce qu’elle est jolie. Ce qu’elle est, d’ailleurs… Mais suis-je si superficiel ?

— A ton âge, tu devrais !

Tam soupira et continua à visionner l’enregistrement. Le hall principal du complexe de biotique apparut sur l’écran.

— En plus, ce n’est pas le moment, dit Tam. Avant, j’ai quelques points à régler. Par exemple m’occuper de ma réputation de traître.

— Une réputation qui n’existe que dans ta tête.

— N’oublions pas non plus que toutes mes économies étaient sur Coruscant. Tout ce que je possède entre dans un sac que je peux soulever sans peine.

— Alors, cherche-toi une femme moins superficielle que je voudrais que tu le sois…

— Qu’est-ce que c’est ? s’écria soudain Tam.

Sur l’écran, les images brouillées d’une mer de ventres et de boucles de ceinture se succédèrent. Puis, Wolam, surexposé, apparut, filmé à hauteur de la taille. Il grimaçait et clignait des yeux, ébloui.

— La technique de notre jeune ami Tare…

— Exact… Lors de notre deuxième tour du bâtiment.

— Je pense qu’il a tenté d’utiliser la lampe-torche de l’holocaméra comme une arme.

Tam ricana, puis redevint sérieux.

— Wolam, il n’est pas à sa place ici.

— C’est vrai.

— Et les Solo… Je ne les critique pas, car ils ont des missions importantes à accomplir. Mais ils ne sont pas souvent présents. Ils le rassurent seulement un temps…

— Oui. Ils ont accepté de se charger de lui malgré leurs absences fréquentes, parce qu’il a besoin de quelqu’un, et qu’il n’y a pas d’autre quelqu’un.

— Un peu comme tu m’as pris sous ton aile, il y a une dizaine d’années.

— Non, rectifia Wolam, pas vraiment. A seize ans, tu étais plus ou moins adulte.

— Comme maintenant.

Wolam sourit.

— Ecoute, Tam. Si tu as un défaut, c’est celui de ne pas prendre d’initiative. De ne pas saisir les occasions qui s’offrent à toi. Comme, par exemple, passer une soirée avec des gens de ton âge – il y en a beaucoup ici, dont la mécanicienne. Autre exemple : découvrir par toi-même que les soucis que tu te fais au sujet de ta « réputation de traître » sont dépourvus de fondement. Cela dit, ce défaut n’est pas un péché capital. Ses conséquences t’affectent, mais ne blessent personne, à part toi. Tu ne fais pas de mal aux autres, tu accomplis tranquillement un travail important, et quand une tâche difficile se dresse sur ton chemin – comme se débarrasser de la domination des Yuuzhan Vong – tu t’en sors à merveille.

— Au bout du compte…

— J’essaie de te dire, en tant qu’ami, pas en tant qu’employeur, que je suis fier de toi et que je voudrais que tu le sois également.

Tam regarda Wolam, puis détourna les yeux pour dissimuler ses larmes.

— Wolam, ce garçon a besoin de quelqu’un. Quand le moment sera venu de quitter Borleias, j’aimerais l’emmener avec moi. Avec nous, si tu acceptes sa présence.

— Tu vois ? Encore un fardeau dont tu te charges. Une tâche gigantesque, comparée à l’effacement de l’endoctrinement yuuzhan vong – prendre la responsabilité d’un enfant. Mais lui as-tu posé la question ? En as-tu parlé avec les Solo ?

— Non, pas encore. Je vais le faire. Si un seul dit non, ce sera non. Mais Tare mérite qu’on lui fasse la proposition.

— Tu as raison. Bien sûr, je serai heureux de l’avoir avec nous. S’il est capable de tenir en place, il sera un opérateur de secours fort utile.

Tam sourit.

L’enregistrement de Tare continuait à sautiller sur l’écran.

A présent, Tam et Wolam descendaient dans le sous-sol du bâtiment de biotique.

Sur un mur, au-dessus d’une porte, une lumière se réfléchit un instant puis disparut.

Tam sursauta.

— Arrêt sur image !

Il revint en arrière jusqu’à ce qu’on distingue de nouveau l’embrasure de la porte.

— Qu’est-ce que c’est ?

— Je ne sais pas exactement, avoua Tam.

Mais si son soupçon était fondé, ça sentait mauvais.

Il se repassa en boucle cette seconde d’enregistrement. Un instant, le mur au-dessus de la porte était vierge. L’instant d’après, on y voyait ce reflet, puis il redevenait vierge.

— Maintenant, tu sais ce que c’est ?

— Allons voir sur place.

 

Le couloir lui-même était du type « sécurité normale », mais certaines portes correspondaient à un niveau de protection plus élevé. Des claviers y étaient installés, et toute contravention au protocole déclenchait des alarmes locales et à distance. A l’intersection suivante, le passage vers l’ascenseur spécial de l’Escadron Soleils Jumeaux était gardé par deux membres du personnel de sécurité.

Wolam et Tam étaient arrivés devant une porte, à gauche, équipée d’un clavier à code d’accès et marquée environnement. La deuxième, à leur droite, ouvrait sur une armoire remplie de fournitures.

Tam passa le doigt sur le mur, au-dessus de cette porte. Au-delà de quelques centimètres de peinture, il rencontra une surface plus lisse. Le changement de texture était invisible à l’œil humain. La longueur de la zone au contact différent était d’environ dix centimètres avant que le revêtement normal réapparaisse.

— Je vois de quoi tu parlais…, dit Wolam. C’est quoi ?

— Un jouet des Yuuzhan Vong. Pendant qu’ils me contrôlaient, j’en ai installé un sur le mur devant le laboratoire de Danni Quee. Regarde.

Tam glissa un doigt le long du bord gauche de la surface, comme il l’avait appris lors de son séjour – bref et douloureux – parmi les Vong.

Soudain, le morceau de mur devint un écran. On y distinguait le clavier de la porte d’en face et des mains volant sur les touches : la saisie du code d’accès.

Tam regarda Wolam, l’air malheureux. Puis, il sortit un comlink de sa poche.

— Tam Elgrin au central de communication. S’il vous plaît, passez-moi le service des renseignements.

— Ici le central de communication. Veuillez répéter votre nom et votre rang.

— Ici Tam Elgrin, je suis un des civils de la base.

— Oh. En effet… Vous êtes ce civil. A qui vouliez-vous parler ?

— Au service des renseignements.

— Il n’y a pas de personnel présent en permanence, et vous n’êtes pas autorisé à contacter le chef du service. Je suis d’ailleurs étonné que vous soyez autorisé à rester ici.

Tam couvrit le micro de la main et se tourna vers Wolam avec un sourire cynique.

— Ma réputation est le produit de mon imagination, tu disais ?

— Donne-moi ce communicateur.

Tam obéit.

— Hallo, ici Wolam Tser. Je veux également parler au directeur des renseignements ou à celui de la sécurité, et tout de suite !

Pendant ce temps, Tam enfonça plusieurs touches sur le clavier. Avec un cliquetis audible, le mécanisme de déverrouillage déclencha l’ouverture de la porte. Derrière, des étagères allant du sol au plafond étaient remplies de matériel mécanique et électronique. Mais un homme passait sans difficulté au milieu.

— Non, c’est toujours Tam Elgrin, essayant de déguiser sa voix. Si vous continuez d’émettre sur cette fréquence, je vous ferai traîner dans la zone de combat, attaché à un landspeeder.

— Précisez votre nom et votre rang.

— Je suis l’adjudant Urman Nakk, sécurité.

— Adjudant Urman Nakk, sécurité, êtes-vous en général considéré comme un idiot ?

— Pardon ?

— Parce que je vous garantis que vous le serez dans moins d’un jour ! Par vos collègues de la sécurité, vos supérieurs, votre famille et même vos animaux domestiques. Sans parler des officiers qui vous jugeront en cour martiale. Et vous en supporterez les conséquences toute votre vie. Parce que je suis un historien et un commentateur brillant, et que vous êtes – au mieux – un « pilote de bureau » médiocre. Tout ça se produira sans que vous puissiez y changer quelque chose… à moins que vous me mettiez en rapport avec une des personnes que j’ai demandées…

Tam montra son approbation en levant un pouce. Puis, il entra dans la petite pièce.

Il en ressortit, se pencha et étudia le sol.

— Je… oui, enfin, restez en ligne.

Entre le sol métallique de l’armoire à fournitures et le permabéton du couloir, la jointure avait attiré l’attention de Tam. En exerçant une pression sur le côté, la plaque en métal se leva et révéla un trou aux arêtes lisses, mais de forme irrégulière. Sans la précision géométrique d’une découpe mécanique…

Un écho monta de l’ouverture, venant de très loin. Néanmoins, on reconnaissait un gémissement de désespoir et de douleur.

Assis au bord du trou, Tam laissa pendre ses jambes dans le vide.

— J’y descends.

— Certainement pas.

— Je prends l’initiative, Wolam.

— Non, tu attends qu’un officier prenne la communication.

Tam poussa la plaque métallique contre un panneau de machine pour éviter qu’elle retombe sur l’accès. Puis, il se laissa glisser dans l’orifice.

— Tam ! Tu ne dois pas suivre bêtement à la lettre ce que j’ai dit, mais comprendre que…

Derrière les lignes ennemies 2 - La résistance rebelle
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