CHAPITRE VI

Vannix, système de Vankalay

Un homme de haute taille enveloppé d’un large manteau gris à capuche entra dans la boutique. Son visage était invisible. Par ailleurs, il portait un pantalon foncé et une tunique, comme n’importe quel travailleur. Derrière lui roulait un astromec bleu et blanc de classe R2.

Le propriétaire des locaux, un humain aux cheveux blanchis par l’âge, les yeux bleus chassieux, glissa la main sous le comptoir pour saisir la crosse du blaster qu’il y cachait. Il détestait les clients qui préféraient rester anonymes. Dans le meilleur des cas, ils bossaient sur des affaires susceptibles d’intéresser la police. Souvent, ils entendaient voler plutôt que payer.

Celui-là, au moins, avait un droïd. Ça laissait supposer que sa demande correspondrait aux spécialités de l’endroit.

— Réparez-vous les droïds ? demanda l’homme encapuchonné.

— C’est bien ce que nous faisons, répondit le propriétaire des lieux. Mais nous l’avons intelligemment dissimulé en accrochant une enseigne où est écrit Ningal, atelier de réparation droïdes.

L’ironie ne semblait pas être du goût du client, car il hocha simplement la tête.

— Celui-là a besoin d’un dépannage.

— Bien sûr. Quel est le problème ?

L’homme au grand manteau soupira.

— Il a pour partenaire un droïd de protocole et ils se disputent tout le temps. Le droïd de protocole a dû trafiquer ses vocalisateurs et il ne profère plus que des insultes. Nous voudrions que cette programmation soit effacée et que ses mémoires syntaxiques soient supprimées – pas toute sa programmation, seulement ces mémoires-là.

— Aucune difficulté.

— Pouvez-vous les effacer de façon à ce qu’elles ne soient pas récupérables ? Par aucun pirate, quels que soient ses talents d’informaticien ?

— Pas de difficulté non plus… J’écraserai chaque segment de la mémoire d’enregistrement, plusieurs fois pour être sûr que le matériel le plus sophistiqué ne puisse plus rien déterrer sous les nouvelles données.

— Très bien, dit le client avec un soupir de soulagement.

Le propriétaire de l’atelier désigna la prise installée sur le comptoir :

— Branche-toi ici !

Obéissant, l’astromec avança sur ses roulettes. Il tendit son bras télescopique et se connecta. Après un court instant, un écran alphanumérique apparut sur le comptoir.

— Comment tu t’appelles, petit ? demanda le propriétaire.

Ça ne vous regarde pas. De toute manière, l’expression de votre visage montre que vous n'avez pas suffisament d’intelligence pour retenir un nom plus d’une nanoseconde. On a dû vous apprendre à reproduire des sons dont vous ne comprenez pas le sens.

— Je vois ce que vous voulez dire…, fit le commerçant. Mais c’est un travail assez facile, qui devrait être bouclé en fin d’après-midi.

— Bien, dit l’homme à la capuche, faisant mine de partir.

— Attendez ! Comment vous faire savoir que la réparation est terminée ?

— Je vais revenir…

— Et nous n’avons pas parlé du prix non plus.

— C’est exact. Je n’ai pas de monnaie locale.

— Je crains que les crédits de la Nouvelle République ne soient pas acceptés ici…

— Je dispose d’une batterie chargée à bloc pour le R2.

— Si vous en avez deux, ça suffirait pour régler l’intervention.

— Pour un « travail facile » qui ne vous prend pas l’après-midi ?

Le propriétaire de l’atelier sourit.

— La batterie est neuve ?

— Toute neuve, avec l’emballage d’usine. Je l’ai achetée sur Coruscant un mois avant sa chute.

Le client sortit de sous son manteau une batterie d’alimentation standard pour astromec.

Après avoir vérifié l’indicateur de charge, le propriétaire de l’atelier hocha la tête.

— C’est bon. Je vous verrai plus tard cet après-midi.

— Merci.

Deux minutes après la sortie de l’homme encapuchonné, une jeune femme entra dans la boutique. Ce n’était pas une cliente, et le propriétaire s’en aperçut tout de suite. Malgré ses cheveux clairs, elle paraissait très sombre. Toute son attitude trahissait son appartenance à l’armée.

Elle présenta une identipuce des services secrets de Vannix dont le lecteur de l’atelier confirma l’authenticité.

— Que voulait cet homme ? demanda-t-elle.

Ningal soupira. Quelle malédiction ! Toujours deviner quel client allait causer des ennuis !

 

La sénatrice Addath Gadan continua de sourire. Parfois, cet effort supplémentaire lui permettait de garder un ton doux et agréable.

— Vous ne pouvez vraiment pas venir à ce meeting ?

Tout aussi agréable et hypocrite, la voix de Leia Organa Solo sortit du comlink posé sur le bureau :

— Pas à celui d’aujourd’hui. Désolée, Addath… Yan est malade, et je veux rester avec lui. Mais envoyez-moi les horaires des manifestations de demain. Je crois que je pourrais y participer.

— J’y veillerai. Souhaitez un prompt rétablissement à votre époux.

— Volontiers…

Addath enrageait. Malade – tu parles ! En tout cas, Solo n’avait pas été trop malade pour quitter la résidence du président au nez et à la barbe de deux équipes de surveillance, avant que la troisième le détecte et le file.

N’importe quel agent était capable de passer les deux premiers niveaux de sécurité intérieure. Mais Solo était accompagné par un astromec de classe R2. Un bel exploit !

Qui ne lui avait quand même servi à rien. Addath appuya sur une touche de son comlink pour écouter encore une fois la conversation copiée sur la mémoire du R2 avant l’effacement.

— Alors, ça fait combien au total ? murmura la voix de Leia.

— Elle me promet deux escadrons de chasseurs et un transporteur léger pour leur servir de base.

— Je ne sais pas, Yan… Ce serait te vendre pour pas cher, je trouve.

— Nous avons besoin de toutes les ressources, et c’était sa meilleure offre. J’ai dit oui. Le planning prévoit d’en prendre livraison vite. Il nous faudra quitter Vannix.

— Ce sera un rude coup pour Addath, soupira Leia.

— Je sais. Mais la survie compte plus que l’amitié.

Folle de colère, Addath arrêta l'enregistrement.

Elle n’était pas fâchée parce que Leia s’était retournée contre elle. Ces choses-là arrivaient en politique.

Mais ça aurait pu marcher ! Si elle n’avait pas disposé d’un filet suffisamment serré, Yan serait passé à travers, et le marché entre les Solo et l’amirale aurait été conclu. Addath aurait raté sa chance – l’occasion de faire une contre-proposition plus alléchante.

 

Elles se promenaient seules dans la longue véranda, à l’arrière de la résidence du président. Addath avait fait sortir tous les visiteurs et tous les fonctionnaires pour s’entretenir en tête-à-tête avec Leia.

Vêtu de son grand manteau à capuche, Yan les suivait un pas derrière.

Pour être honnête, Addath préférait cette configuration. Après tout, Yan Solo, malgré sa renommée relative, était indiscutablement d’un rang inférieur au sien.

— Je suis venue vous faire une offre, dit la sénatrice. Qui vous incitera à vous engager dans ma campagne.

— Sur ce point, Addath…, fit Leia sur un ton hésitant, je ne peux pas vous aider. Les circonstances ne sont plus pareilles. Yan et moi devons retourner sur Borleias sans délai. Nous partons ce soir.

— Ecoutez-moi d’abord. Je crois que ma proposition vous fera changer d’avis…

— Je ne… enfin, allez-y.

— Six escadrons d’intercepteurs Vigilance A-Neuf dernière version et une frégate Nébulon-B réaménagée pour les loger tous. C’est plutôt un transporteur léger qu’une frégate. Les vaisseaux de ce type sont l’épine dorsale de notre nouvelle flotte.

— Impressionnant. Et vous donneriez tout ça pour me garder ici et vous soutenir…

— Oui. J’estime que votre influence sera déterminante.

— Addath, ce n’est pas vous qui pouvez disposer de ces appareils. L’amirale Werl…

— Jusqu’à ce que je gagne l’élection ! coupa la sénatrice. Ensuite, je prendrai le contrôle de l’armée. De toute façon, nous n’aurons pas besoin de troupes, puisque nous signerons des accords de non agression avec les Yuuzhan Vong.

— Addath, soupira Leia, vous pourriez perdre l’élection malgré mon intervention. Le résultat n’est pas garanti. Et si un de vos adversaires vous faisait assassiner ? Des milliers d’événements peuvent se produire et vous empêcher de nous fournir ces ressources. Je suis obligée de refuser.

— Et si je vous les obtenais sur-le-champ ?

— Comment le pourriez-vous ?

Addath tira une datacarte de sa manche.

— Cette carte contient des codes d’accès et d’autorisation, plus un grade militaire provisoire pour le titulaire. Elle vous permettra d’entrer dans la base de Vanstar, d’emprunter une navette pour vous rendre à bord d’une de nos nouvelles frégates et d’en prendre le commandement. Pour en faire ce que vous voulez. Envoyez-la directement sur Borleias.

— Addath, vous parlez de vous emparer de ressources militaires sur lesquelles vous n’avez aucun droit.

— Mais je l’aurai bientôt ! Une petite retouche de la documentation, et les dates du transfert de propriété et de responsabilité glisseront au lendemain de mon entrée en fonction.

— Ce n’est pas correct, Addath. Je ne pense pas pouvoir soutenir du tout votre campagne.

— Vous m’étonnez, Leia. Je doute que votre mari soit aussi délicat. (Elle se tourna vers l’ombre encapuchonnée.) Yan, qu’en pensez-vous ?

— Il n’a rien à dire sur ce sujet.

— Laissez-le quand même répondre !

— Je le ferais s’il était là.

— Quoi ?

Addath sentit un frisson glacé dans son dos. Elle étudia le type au grand manteau avec plus d’attention.

— Qui est-ce alors ? Votre garde du corps.

— Addath, je crois qu’il n’est pas nécessaire de vous présenter Fasald Ghem. Vous devez la connaître.

Addath blêmit. Le manteau écarté révéla une grande femme mince aux yeux et aux cheveux noirs. Sur le front, elle portait un dispositif en forme de couronne. A la place de la gemme centrale brillait un objectif : une holocaméra miniature, comme beaucoup de reporters de terrain en portaient.

Addath reconnut le visage d’une des journalistes d’investigation les plus connues de Vannix. Il ne fallait pas s’attendre à de la pitié de sa part.

— Bonjour, sénatrice.

— Fasald, dit Leia, pouvez-vous nous laisser un instant ?

— Volontiers, fit la journaliste avant de s’éloigner de quelques pas.

Addath prit une profonde inspiration, mais Leia plaqua un doigt sur ses lèvres.

— Ne faites pas ça, Addath ! N’appelez pas vos gardes. Fasald a déjà transmis l’enregistrement à sa rédaction. Vous lui vaudriez des désagréments, comme à moi, mais vous ne pourriez pas éviter votre arrestation.

— Leia, pourquoi avez-vous fait ça ?

— Ne jouez pas à l’innocente avec moi. J’ai agi parce que je suis certaine que votre manière de traiter les Yuuzhan Vong conduira à une plus grande tragédie que ma manière.

— Vous avez un côté impitoyable… que je n’aurais pas soupçonné.

— Il a surgi quand les Vong ont commencé à tuer mes enfants.

— Ma foi… Maintenant, quelles options me laissez-vous ?

— Vous avez deux possibilités. Primo, rester sur Vannix. Fasald émettra l’enregistrement sur les ondes dans les trois heures. Vous gérerez ensuite comme vous voudrez votre arrestation et les mouvements populaires. Secundo, partir de la résidence et vous arranger pour avoir quitté Vannix à l’aube. Dans cette éventualité, Fasald vous laissera une journée entière avant de passer son émission. Dans les deux cas, l’enregistrement sera diffusé. Je n’ai pas pu l’en dissuader. (Leia reprit la datacarte.) Je la rendrai à l’amirale.

— Donc, votre époux et vous avez vendu vos services à l’amirale contre deux escadrons et un transporteur léger ?

— Non, répliqua Leia. Nous avions l’intention de l’aider dès notre arrivée. Et elle nous a seulement promis quelques navires démodés. Des antiquités retirées de la circulation.

— Mais alors…

— Ah oui, les escadrons ! C’est ce que le général Antilles a promis à Yan s’il réintégrait l’armée. Yan a eu cette conversation avec Wedge, elle a été entièrement enregistrée. Je peux vous la diffuser en entier.

— Je vois, fit Addath, la mine lugubre.

— Mais je pense que Yan refusera ce poste. Il aime la vie civile. Dans la peau d’un Coquin.

— Un montage très sophistiqué…, reconnut Addath. Je partirai. L’ancien président appréciera peut-être ma compagnie…

— On vous attend au portail principal de la résidence. Un membre de l’équipe de Fasald vous accompagnera jusqu’à ce que vous soyez à bord d’un vaisseau. Pour vous aider à ne pas vous disperser…

— J’apprécie votre minutie, Leia. Vous avez pensé à tout.

 

Leia regarda Addath s’éloigner et analysa ses sentiments.

Elle avait presque de la peine pour la sénatrice. Voir s’évanouir tous les espoirs et les rêves de quelqu’un n’était pas plaisant.

Mais Addath était assez intelligente pour avoir cerné la nature des relations des Yuuzhan Vong avec les mondes « alliés ». Elle n’avait simplement pas pu lâcher les rênes du pouvoir. Une opposition militaire aux Vong impliquant de déléguer trop de choses, elle était prête à conduire son monde à la perte… tant qu’elle restait aux commandes jusqu’au dernier moment.

Qu’elle ait inconsciemment fermé les yeux ou condamné de sang-froid toute la population à l’esclavage et à la mort importait peu. Addath avait fait le mauvais choix, et il fallait l’éliminer du jeu.

Leia décida qu’il n’y avait pas de quoi être triste – ni joyeux. Simplement satisfait d’une affaire rondement menée.

Elle partit rejoindre son mari. Il la comprendrait.

Coruscant

Il suffit de quelques heures à Luke et ses compagnons pour examiner le reste du complexe scientifique, à Kell et à Elassar pour localiser l’autre extrémité du chemin d’évasion emprunté par la grande créature et y souder une épaisse plaque de tôle, et à Bhindi pour faire fonctionner les ordinateurs et en extraire des informations.

La tacticienne les avait tous réunis dans un espace ouvert du dernier niveau – un endroit que Kell, comme il le soulignait, avait péniblement nettoyé et libéré de tous les débris mécaniques – pour présenter ses conclusions. Des chaises étaient installées en cercle. Certaines, en plastique, dataient d’une époque très antérieure. D’autres ressemblaient carrément à des objets que Luke avait vus dans un musée.

Bhindi avait réussi à remonter un droïd médical. Il boitait un peu, parce que sa jambe droite, identique à la gauche, rendait sa démarche hésitante.

— Nous sommes en présence, commença Bhindi, de deux stations scientifiques fondues en une seule. Toutes les deux relèvent des services secrets impériaux, la plus ancienne remonte à cinquante ans alors que le complexe lui-même existe depuis plusieurs siècles. Et lui, c’est CPD-1-13, qui a participé au démarrage de la troisième phase opérationnelle de cette station. 1-13 ?

— Salutations, dit le droïd d’une voix cultivée, avec l’accent typique de Coruscant. Vous êtes des intrus. Préparez vous à mourir.

Il tourna sur lui-même pour les dévisager tous.

— Des droïds militaires devraient sortir de leurs niches et nous tuer, précisa Bhindi.

Elle se pencha sur le robot et manipula le verrou enfiché sur sa poitrine.

— 1-13, notre présence ici prouve que nous sommes du personnel autorisé.

— Correct. Je suis CPD-1-13, droïd médical optimisé pour la maintenance des processus de stase. Vous êtes des intrus. Préparez-vous à mourir.

— Et à quoi sert ce complexe ? demanda Mara.

CPD-1-13 se redressa et prit une voix moins sinistre.

— Bienvenue au Complexe d’assainissement de l’atmosphère Pasarian, sous-station 1, anciennement affecté à Coruscant…

— Silence, ordonna Bhindi. Je vais résumer.

— S’il le faut…

L’humaine jeta un regard furieux au droïd, qui sursauta.

— Le complexe, avec ses sous-stations, est une installation de purification de l’air qui couvrait toute la planète. A une époque reculée, quand les dirigeants de Coruscant ont remplacé les dernières régions boisées par des constructions, ils ont constaté l’apparition d’un déficit de ressources naturelles aptes à débarrasser l’atmosphère des polluants générés par l’industrie et les habitants. Le gouvernement a résolu ce problème avec une série d’installations très efficaces qui transformaient le dioxyde de carbone en oxygène et filtraient les fumées. La « boue rouge » n’est pas un simple éliminateur de déchets. Il s’agit d’une variante de l’organisme mis au point pour avoir des performances élevées en matière de conversion d’oxyde de carbone en oxygène. Il a le même effet que des milliers de kilomètres carrés de forêt. Coruscant comptait des centaines de sous-stations similaires. Certaines sont endommagées ou détruites, mais la plupart sont implantées au niveau le plus bas et pourraient avoir résisté.

— Attends, coupa Luke, il doit rester des mécanismes pour véhiculer l’air.

— C’est exact…

— Vous êtes des intrus. Préparez-vous à mourir !

Avec une grimace, Bhindi manipula de nouveau le verrou du droïd. Il se pétrifia comme s’il avait reçu une décharge électrique.

— Chaque station, continua Bhindi, est reliée à un réseau compliqué de tuyauteries entrantes et sortantes. De l’air vicié est aspiré vers la station, de l’air frais en sort. Ces canalisations doivent être détériorées. Mais ce qui est intéressant, c’est que chacune de ces installations peut servir de centre à des actions de résistance, à condition de les localiser et de pouvoir entrer.

— Elles sont toutes secrètes, comme celle-ci ? demanda Face avec l’air de ne pas y croire.

— Toutes.

— Pourquoi ?

— Nous arrivons à la deuxième phase de l’opération.

Bhindi foudroya 1-13 du regard :

— Peux-tu leur donner un aperçu historique, sans menaces de mort ?

— Je n’ai pas proféré de menaces, seulement annoncé une destruction imminente. Selon les droïds de maintenance qui m’ont précédé ici, la deuxième phase a commencé avec l’élimination progressive, par mise à la retraite ou transfert, de tous les opérateurs humains de cette station. Après plusieurs années d’exploitation assurée uniquement par des droïds, la cuve de l’organisme d’assainissement a été camouflée en bassin de traitement des déchets, et le centre de commande a été dissimulé, accessible uniquement par l’ascenseur.

— Par qui et dans quel but ? demanda Face.

— Par ordre du gouvernement impérial, et dans le but de contrôler l’environnement planétaire en temps de crise.

— Contrôler…, répéta Luke. Tu veux dire qu’en cas de révolution, ils auraient coupé l’air ?

— Correct. Si l’Empereur avait besoin de reprendre les choses en main ou simplement de causer la mort de milliards de personnes, il pouvait menacer d’arrêter le complexe et d’étouffer Coruscant dans ses résidus.

— … Simplement de causer la mort de milliards de personnes. (Luke n’en croyait pas ses oreilles.) Et ça n’entre pas en conflit avec ta programmation médicale ?

— Oh non, monsieur. La mise en œuvre de cette opération relevait de la seule décision de l’Empereur et devait être lancée de sa main.

— Chaque fois que j’apprends quelque chose de nouveau sur l’Empereur Palpatine, j’aurais voulu ne jamais le savoir, dit Face avec un sourire sans joie.

— Et quelle était la troisième phase ? demanda Luke.

— L’installation des systèmes et des organismes nécessaires pour maintenir le Sujet, répondit 1-13. Cette opération n’avait pas de rapport direct avec notre objectif initial, mais la localisation de la sous-station Un, à proximité immédiate des quartiers administratifs de l’Empire, s’y prêtait bien.

— C’est quoi, le Sujet ?

Luke entendait avoir des données précises. Pas des longs discours.

— Un mâle humain. Une femelle humaine et lui sont venus s’installer dans ce complexe il y a treize ans. Plus tard, un autre mâle y résida quelque temps. Ils disposaient des autorisations adéquates, et des droïds spécialisés savaient commander l’ascenseur caché dans le bassin. Après quelques mois, le deuxième mâle est parti, et le premier a été opéré, puis installé dans l’équipement de stase.

— Les mâles humains ne mesurent pas trois mètres.

— Sauf si on leur administre des hormones de croissance et qu’on les soumet dès l’enfance à une stimulation cybernétique.

— Et qui est ce mâle humain ?

— Je ne sais pas, monsieur. Son identité ne nous a jamais été révélée, ni d’ailleurs la nature des modifications en termes de blindage ou d’armement. Toutefois, des plaques d’armure hypoallergénique étaient implantées dans son torse, sa tête, ses coudes et ses genoux. Les zones cérébrales affectées à la mémoire ont été remplacées par des équipements électroniques. Les droïds de maintenance ont supposé qu’il était une sorte de machine de guerre, mais nous ne savions rien de précis.

— As-tu des images de cet être ? Datant du moment où il est revenu à la vie ? Ou même d’avant ?

1-13 secoua la tête.

— Non, monsieur. Nos protocoles nous interdisent tout enregistrement du Sujet. Et je ne comprends pas non plus ce que vous voulez dire par « revenir à la vie ».

Réagissant au regard interrogateur de Luke, Bhindi reprit son explication.

— Leur programmation était très complète. Quand le Sujet est sorti de son unité de stase, une routine s’est automatiquement mise en marche pour les empêcher de le détecter. Il les a taillés en pièces sans qu’ils sachent ce qui leur arrivait.

— C’est merveilleux, fit Luke. Lord Nyax, grand de trois mètres, est un homme, probablement un Jedi, mais certainement quelqu’un capable de se servir de la Force, qui se balade dans un monde auquel il ne comprend rien.

— Ça semble une bonne synthèse, dit Bhindi. Connaître la vérité est stimulant, non ?

Derrière les lignes ennemies 2 - La résistance rebelle
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