À neuf heures du matin, ce mercredi-là, j’attendais devant la porte fermée des bureaux de Schifino Associates, au quatrième étage d’un bâtiment de Charleston Street, dans le centre-ville de Las Vegas. J’étais si fatigué que je me laissai glisser le long du mur pour m’asseoir sur le plancher très confortablement moquetté. Je me sentais vraiment en manque de chance dans une ville censée la susciter.

La première partie de la matinée avait pourtant plutôt bien commencé. Après avoir rempli ma fiche d’hôtel au Mandalay Bay à minuit, je m’étais retrouvé bien trop tendu pour dormir. J’étais descendu dans la partie casino et avais multiplié par trois les deux cents dollars que j’avais apportés avec moi en jouant à la roulette et aux tables de black jack.

Avoir ainsi fait grossir mes réserves de cash et bu pas mal d’alcool gratis en jouant m’avait aidé à m’endormir lorsque j’avais enfin réintégré ma chambre. C’est après l’appel du réveil téléphonique que les choses avaient pris un tour dramatique. Le problème était que je n’aurais pas dû être réveillé par téléphone. La réception m’appelait pour me dire que ma carte American Express du Times avait été refusée.

« C’est insensé ! m’étais-je écrié. J’ai acheté un billet d’avion avec seulement hier soir. Et j’ai loué une voiture à l’aéroport McCarran et il n’y a pas eu de problème quand je vous l’ai passée à la réception. Quelqu’un s’est servi de ma carte.

– Oui, monsieur, c’était juste pour avoir l’autorisation. La note n’est pas portée sur votre carte avant six heures du matin le jour de votre départ. Nous avons fait passer la carte et elle a été refusée. Pourriez-vous descendre nous donner une autre carte ?

– Pas de problème. De toute façon, je voulais me lever pour pouvoir vous prendre encore un peu de votre argent ».

Sauf qu’un problème, il y en avait un : mes trois autres cartes n’avaient pas mieux marché. Toutes étant refusées, j’avais été obligé de rendre la moitié de mes gains pour pouvoir quitter l’hôtel. Et une fois arrivé à ma voiture de location, j’avais sorti mon portable pour appeler mes sociétés de cartes de crédit et m’étais aperçu que je ne pouvais pas le faire parce que mon portable était mort. Et pas parce que je me trouvais dans une zone où la couverture était mauvaise. Non, mon portable était mort parce que mon serveur m’avait déconnecté.

Agacé et déconcerté, mais pas démonté, je m’étais rendu à l’adresse de William Schifino que j’avais retrouvée. J’avais toujours un article à finir.

Quelques minutes avant neuf heures, une femme sortit de l’ascenseur et prit le couloir où je me trouvais. Je remarquai sa légère hésitation lorsqu’elle me vit affalé par terre contre la porte de Schifino. Je me relevai et hochai la tête tandis qu’elle s’approchait.

– Vous travaillez pour William Schifino ? lui demandai-je avec un grand sourire.

– Oui, je suis sa réceptionniste. Que désirez-vous ?

– J’ai besoin de lui parler. J’arrive de Los Angeles et je…

– Vous avez rendez-vous ? Me Schifino ne reçoit ses clients potentiels que sur rendez-vous.

– Je n’ai pas de rendez-vous, mais je ne suis pas non plus un client potentiel. Je suis journaliste. Je veux lui parler de Brian Oglevy. Il a été condamné l’année dernière pour…

– Je sais qui est Brian Oglevy. L’affaire est en appel.

– Je sais, je sais. Mais j’ai de nouvelles informations. Je pense que Me Schifino voudra me parler.

Sa clé à quelques centimètres de la serrure, elle s’immobilisa, puis se tourna vers moi comme pour me jauger pour la première fois.

– Je sais qu’il le voudra, insistai-je.

– Vous pouvez entrer l’attendre, dit-elle. Je ne sais pas quand il arrivera. Il ne doit pas aller au tribunal avant cet après-midi.

– Pourriez-vous l’appeler ?

– Peut-être.

Nous entrâmes et elle me montra un canapé installé dans une petite aire d’attente. Le mobilier était confortable et semblait relativement neuf. J’eus le sentiment que Schifino était un avocat accompli. La réceptionniste passa derrière son bureau, alluma son ordinateur et se lança dans sa routine pour préparer sa journée.

– Vous allez l’appeler ? lui demandai-je.

– Dès que j’ai un instant. Mettez-vous à l’aise.

J’essayai, mais je n’avais pas envie d’attendre. Je sortis mon ordinateur portable de mon sac et l’initialisai.

– Vous avez le wifi ? demandai-je.

– Oui.

– Je peux m’en servir pour vérifier mes mails ? Ça ne prendra que quelques minutes.

– Je crains que non.

Je la regardai un instant.

– Je vous demande pardon ?

– J’ai dit non. C’est un réseau sécurisé et il faudra demander l’autorisation à Me Schifino.

– Eh bien mais… vous pourriez le lui demander quand vous l’appellerez pour lui dire que je l’attends ?

– Dès que ce sera possible, me renvoya-t-elle.

Elle me gratifia de son sourire efficacité et reprit son travail. Le téléphone sonnant, elle ouvrit un carnet de rendez-vous et se mit en devoir d’en trouver un pour un client et de lui parler des cartes de crédit acceptées par l’avocat pour le paiement des honoraires. Cela me rappelant ma situation, je m’emparai d’un des magazines posés sur la table basse pour éviter d’y penser.

Il avait pour titre The Nevada Légal Review et débordait de petites annonces pour des avocats et des services juridiques du genre transcription et stockage de données. On y trouvait aussi des articles sur des affaires judiciaires, la plupart ayant trait à des permis d’ouverture de casinos ou à des infractions perpétrées contre ces établissements. J’avais déjà passé vingt minutes à lire une histoire de recours juridique contre la loi interdisant l’ouverture de bordels dans les contés de Clark et de Las Vegas quand la porte s’ouvrit sur un homme qui entra aussitôt. Il m’adressa un signe de tête et regarda la réceptionniste, qui était encore au téléphone.

– Ne quittez pas, je vous prie, dit celle-ci.

Puis elle me montra du doigt et ajouta :

– Monsieur Schifino, ce monsieur n’a pas de rendez-vous. Il dit travailler comme journaliste à Los Angeles et…

– Brian Oglevy est innocent ! lançai-je en l’interrompant. Et je pense être en mesure de le prouver.

Schifino me regarda longuement. Il avait les cheveux foncés et un beau visage au bronzage inégal à cause de la casquette de base-ball qu’il portait. Il jouait au golf ou était entraîneur dans ce sport. Peut-être même les deux. Il avait le regard vif et prit vite sa décision.

– Dans ce cas, je pense qu’il vaudrait mieux que vous passiez dans mon cabinet, dit-il.

Je l’y suivis et il s’assit derrière un grand bureau en me faisant signe de prendre place de l’autre côté.

– Vous travaillez pour le Times ? me demanda-t-il.

– Oui.

– Bon journal, mais il a pas mal d’ennuis depuis peu. D’ennuis financiers, s’entend.

– Oui. Comme tous les journaux.

– Bon alors, comment êtes-vous arrivé à la conclusion là-bas à L.A. que mon gars ici était innocent ?

Je lui décochai mon plus beau sourire de fripouille.

– C’est que… je n’en suis pas sûr, mais il fallait que je vous voie. Voici ce que j’ai. J’ai un gamin qui traîne en prison à L.A. pour un meurtre qu’à mon avis il n’a pas commis, et il me semble que les détails de ce meurtre ressemblent beaucoup à l’histoire d’Oglevy, enfin… d’après ce que j’ai. Cela dit, mon affaire à moi s’est produite il y a quinze jours.

– Ce qui fait que si ces détails sont semblables, mon client a un alibi évident et qu’il y a peut-être une tierce personne impliquée ?

– Exactement.

– Bon, bien, voyons voir ce que vous avez.

– C’est-à-dire que… j’espérais pouvoir apprendre ce que vous avez, vous aussi.

– Ça me semble juste. Mon client est en prison et je ne pense pas qu’au point où il en est, il se soucie beaucoup du respect de la confidentialité des rapports client-avocat… surtout si échanger certaines de mes informations avec vous peut aider sa cause. De plus, les trois quarts des choses que je peux vous dire sont disponibles au greffe du tribunal.

Il sortit ses dossiers et nous entamâmes une petite séance de tu-me-montres-ce-que-tu-as-je-te-montre-ce-que-j’ai. Je lui racontai ce que je savais sur Winslow et contins mon excitation au fur et à mesure que nous avancions dans la lecture de nos documents. Mais quand nous passâmes à la comparaison des photos de scène de crime, l’adrénaline entra en action et j’eus le plus grand mal à me contrôler. Non seulement les photos de l’affaire Oglevy ressemblaient à s’y méprendre à celle du dossier Babbit, mais les victimes elles-mêmes étaient d’une ressemblance frappante.

– C’est incroyable ! m’écriai-je. On dirait presque la même femme.

Babbit et Oglevy étaient en effet de grandes brunes aux yeux marron, au nez busqué et aux longues jambes de danseuse. Je fus aussitôt en proie à l’impression que ces deux femmes n’avaient pas été prises au hasard par leur assassin. Elles avaient été choisies. Elles correspondaient à une espèce de modèle qui en faisait des cibles.

Schifino était lui aussi très troublé. Une photo après l’autre, il soulignait les similitudes dans la scène de crime. Les deux femmes avaient été asphyxiées à l’aide d’un sac en plastique qu’on leur avait attaché autour du cou avec un fin cordon blanc. L’une comme l’autre, elles avaient été déposées dans le coffre entièrement nues et le visage tourné vers le plancher, leurs habits étant ensuite simplement jetés sur leurs cadavres.

– Mon Dieu !… Regardez ça ! s’écria-t-il. Ces crimes sont absolument identiques et il n’y a pas besoin d’être un expert pour le voir. Il faut que je vous avoue quelque chose, Jack. Quand vous êtes arrivé, je me suis dit que vous seriez le clown de la matinée. Une belle diversion, quoi. Le journaliste fou qui traque ses chimères. Mais ça… (Il montra les jeux de photos que nous avions posées côte à côte sur son bureau.) Ça, c’est la liberté de mon client. Il va sortir de taule !

Trop excité pour rester assis, il se tenait debout derrière son bureau.

– Comment ça se fait ? demandai-je. Comment cela a-t-il pu échapper à tout le monde ?

– C’est arrivé parce que ces affaires ont été résolues rapidement, dit-il. Dans les deux cas, les flics ont été dirigés sur un suspect évident et n’ont pas cherché plus loin. Ils n’ont pas cherché de similitudes parce qu’ils n’en avaient pas besoin. Ils tenaient leurs suspects, ils sont partis faire la fête.

– Mais comment l’assassin a-t-il, lui, compris qu’il fallait déposer le cadavre de Sharon Oglevy dans le coffre de la voiture de son ex ? Comment a-t-il pu même seulement savoir où trouver sa voiture ?

– Je ne sais pas, mais c’est sans importance. L’important, c’est que ces deux meurtres sont de factures tellement semblables qu’il n’y a tout simplement pas moyen que Brian Oglevy ou Alonzo Winslow en soient les auteurs. Les autres détails se mettront en place quand la véritable enquête aura commencé. En attendant, je n’ai aucun doute que vous êtes en train de mettre au jour quelque chose d’absolument énorme. Parce qu’enfin… comment être sûr qu’il n’y a que ces deux-là ? Il pourrait y en avoir d’autres.

J’acquiesçai d’un signe de tête. Je n’avais pas envisagé cette possibilité. La recherche en ligne menée par Angela n’avait donné que l’affaire Oglevy. Cela dit, il suffit de deux meurtres pour avoir un mode opératoire. Et il pouvait y en avoir d’autres.

– Qu’est-ce que vous allez faire ? lui demandai-je.

Schifino finit par se rasseoir. Et se mit à tourner et virer dans son fauteuil en réfléchissant à la question.

– Je vais rédiger et soumettre une requête en habeas corpus[14]. Ce nouvel élément d’information est susceptible de disculper mon client et nous allons le présenter à la cour.

– À ceci près que moi, je ne suis pas censé être en possession de ces dossiers. Vous ne pouvez pas y faire référence.

– Bien sûr que si. Je ne suis simplement pas obligé de dire d’où je les tiens.

Je fronçai les sourcils. Leur origine serait plus qu’évidente dès la parution de mon article.

– Combien de temps vous faudra-t-il pour que ça arrive devant un juge ?

– Je vais devoir faire quelques recherches, mais je soumettrai ma requête à la fin de la semaine.

– Ça va tout faire péter. Je ne suis pas certain d’être prêt à publier mon article avant.

Schifino ouvrit grand les bras et hocha la tête.

– Mon client est incarcéré à Ely depuis plus d’un an. Savez-vous que les conditions d’internement y sont si mauvaises qu’il n’est pas rare de voir des condamnés à mort renoncer à tout pourvoi en appel et demander à être exécutés juste pour pouvoir sortir de là ? Chaque jour supplémentaire qu’il y passe est un jour de trop.

– Je sais, je sais. C’est juste que…

J’arrêtai de réfléchir et, non, rien ne justifiait de garder Brian Oglevy un seul jour de plus en prison de façon à ce que moi, j’aie le temps de préparer et rédiger mon article. Schifino avait raison.

– Bon, d’accord, dis-je. Mais vous m’avertissez dès que vous soumettez votre requête. Et je veux parler avec votre client.

– Pas de problème. Dès qu’il sort, l’exclusivité est à vous.

– Non, non, pas à ce moment-là. Maintenant. Je veux écrire l’article qui les fera sortir de taule, lui et Alonzo Winslow. Je veux lui parler aujourd’hui. Comment faut-il faire ?

– Il est au quartier de haute sécurité et à moins que vous ne figuriez sur sa liste de visiteurs, vous ne pourrez pas le voir.

– Mais vous, vous pouvez me faire entrer, non ?

Il était toujours assis derrière le porte-avions qu’il appelait son bureau. Il porta la main à son menton, réfléchit à la question, puis hocha la tête.

– Oui, dit-il, je peux vous faire entrer. Il faut que je faxe une lettre à la prison pour dire que vous êtes enquêteur et que, comme vous travaillez pour moi, vous avez accès au prisonnier. Après, je vous donne une lettre « à qui de droit » que vous portez toujours sur vous et qui vous identifie comme travaillant pour moi. Quand on travaille pour un avocat, on n’a pas besoin d’une licence d’État. Vous avez la lettre sur vous et vous la montrez au portillon. Ça vous permettra d’entrer.

– Techniquement, je ne travaille pas pour vous. Mon journal a des règles strictes sur le fait de se présenter sous un faux jour.

Il glissa la main dans sa poche, en sortit du liquide et me passa un dollar par-dessus le bureau. Je tendis la main au-dessus des photos de scène de crime pour le lui prendre.

– Tenez, dit-il, je viens de vous payer un dollar. Vous travaillez pour moi.

Ça ne réglait pas vraiment la question, mais vu l’état dans lequel je me trouvais côté emploi, je ne m’en inquiétai pas trop.

– Ça devrait marcher, dis-je. C’est loin, Ely ?

– Selon votre manière de conduire, c’est à trois ou quatre heures de route d’ici, vers le nord. C’est au milieu de nulle part et, à ce qu’on dit, la route qui y mène est la moins fréquentée d’Amérique. Je ne sais pas si c’est parce qu’elle conduit à la prison ou si c’est à cause du paysage qu’elle traverse, mais on ne l’appelle pas comme ça pour rien. Il y a un aéroport. Vous pourriez prendre un saute-montagnes pour y monter.

Je me dis qu’un saute-montagnes devait être un petit avion à hélice. Je fis non de la tête. J’avais écrit trop d’articles sur le crash de ce genre d’appareils. Je ne les prenais jamais à moins d’y être absolument obligé.

– Je vais y aller en voiture, dis-je. Écrivez-moi vos lettres. Et je vais avoir besoin d’une copie de tous les documents de votre dossier.

– Je m’attaque aux lettres et je demande à Agnes de commencer la photocopie. Moi aussi, je vais avoir besoin de copies de ce que vous avez pour la requête en habeas corpus. On pourra dire que c’est ce que mon dollar a acheté.

J’acquiesçai d’un signe de tête et songeai : « C’est ça, mettez donc la très zélée Agnes à mon service ! J’aimerais assez. »

– Vous permettez que je vous pose une question ? ajoutai-je.

– Allez-y.

– Avant que je vienne ici vous montrer tout ça, avez-vous jamais pensé que Brian Oglevy puisse être innocent ?

Il pencha la tête de côté et se mit à réfléchir.

– Strictement entre nous ?

Je haussai les épaules. Ce n’était pas ce que je voulais, mais je prendrais.

– Si c’est la seule façon que vous acceptiez de me répondre…

– Bon, d’accord. Pour le journal, je peux vous dire que j’ai su que Brian était innocent dès le premier jour. Il n’y avait tout simplement pas moyen qu’il ait commis ce crime horrible.

– Et strictement entre nous ?

– J’ai toujours pensé qu’il était coupable comme c’est pas permis. C’était la seule façon que j’avais d’accepter de perdre le procès.

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