III
La destruction des hommes
Les démographes évaluent ainsi les ravages provoqués par la Seconde Guerre mondiale : 16 à 18 millions d’hommes et de femmes sont morts au combat, des dizaines de millions de combattants et de combattantes ont été blessés, parfois mutilés.
Combien de civils ont été tués ? Entre 50 et 55 millions. Quant aux blessés civils, ils se chiffrent à plusieurs centaines de millions. Et environ 12 à 13 millions de naissances ont été perdues à cause de la guerre. Ces chiffres ne tiennent pas compte des réalités chinoises où les statistiques manquentcxx. Qu’est devenu aujourd’hui ce monde nouveau libéré du nazisme, cette terre de justice, de sûreté et de dignité, voulue par les vainqueurs de la guerre de 1939-1945 ?
Conformément aux chiffres publiés par les organisations spécialisées des Nations unies, les décès induits par le sous-développement économique et la misère extrême dans les 122 pays du tiers-monde se sont élevés en 2001 à un peu plus de 58 millions. Quant aux invalidités graves et permanentes, conséquence du manque de revenus, de nourriture, d’eau potable, d’accès aux médicaments, elles concernent plus d’un milliard de personnes.
Autrement dit, la faim, les épidémies, la soif et les conflits locaux dus à la misère détruisent chaque année presque autant d’hommes, d’enfants et de femmes que la Seconde Guerre mondiale pendant six ans. Pour les peuples du tiers-monde, la troisième guerre mondiale a bel et bien commencé.
Certains économistes allemands ont forgé un concept nouveau, celui de Killerkapitalismus (« capitalisme de tueurs »)cxxi. Voici comment fonctionne ce capitalisme de type nouveau :
1. Les États du tiers-monde se battent entre eux pour attirer les investissements productifs contrôlés par des entreprises de services étrangères. Pour gagner cette bataille, ils n’hésitent pas à réduire la protection sociale, les libertés syndicales, le pouvoir de négociation des salariés autochtones déjà particulièrement faibles.
2. En Europe, en particulier, les entreprises industrielles, de gestion, etc., procèdent de plus en plus souvent à la délocalisation de leurs équipements, de leurs laboratoires et de leurs centres de recherche. Cette délocalisation s’effectue souvent au profit de « zones spéciales de production » où les salaires sont misérables et la protection des travailleurs inexistante. Par un effet en retour singulièrement pervers, la simple menace de délocalisation induit l’État d’origine à céder de plus en plus aux exigences du capital, à consentir à une réduction de la protection sociale (licenciements, déréglementations, etc.), bref, à précariser, à « fluidifier » le marché local du travail.
3. Les travailleurs de tous les pays entrent ainsi en compétition les uns avec les autres. Il s’agit pour chacun et chacune de s’assurer un emploi, un revenu pour sa famille. Cette situation provoque la concurrence effrénée entre les différentes catégories de travailleurs, la démobilisation, la mort du syndicalisme – bref, le consentement honteux, souvent désespéré, du travailleur à la destruction de sa propre dignité.
4. À l’intérieur des démocraties européennes, la fracture est ouverte entre ceux qui ont du travail et qui tentent par tous les moyens de le conserver en se battant contre ceux qui n’en ont plus et qui, probablement, n’en retrouveront plus. La solidarité des travailleurs est rompue. Autre phénomène : entre la fonction publique et le secteur privé, une antinomie s’installe. Dernier phénomène, le plus grave de tous : le travailleur autochtone, fréquemment, se met à haïr l’ouvrier immigré. Le serpent raciste dresse sa tête hideuse.
Dans les États industriels occidentaux, on comptait 25 millions de chômeurs de longue durée en 1990. Ils sont 39 millions en 2001. En Grande-Bretagne, en 2001, seul un travailleur sur six a un travail stable, régulier et à plein temps. Aux États-Unis, les travailleurs dits dépendants (à l’exclusion des cadres dirigeants), qui formaient 80 % de la population active en 1996, ont subi une diminution de leur pouvoir d’achat de 14 % entre 1973 et 1995.
En France, le chômage frappe, en mars 2002, plus de 9 % de la population active. Alors que la croissance reste insuffisante, un Français sur trois n’a qu’un travail précaire. Quelque 86 000 personnes, dont 16 000 enfants, sont sans domicile fixe (SDF) en France ou bien dorment dans des centres d’hébergement ou des abris de fortune, indique la première enquête réalisée par l’INSEE sur cette populationcxxii. Ce chiffre ne prend pas en compte les SDF n’ayant eu recours, lors de la période considérée, ni à un centre d’accueil, ni à une distribution de repas chauds. Ce chiffre n’inclut pas non plus les personnes sans logement propre, mais qui vivent à l’hôtel à leurs frais (51 400, selon le recensement de 1999), ni celles qui ont trouvé refuge dans des constructions provisoires, baraques de chantier, locaux agricoles reconvertis, caravanes immobilisées (41 400 selon le recensement). Les SDF en France, enfants compris, avoisineraient ainsi les 200 000.
L’Allemagne compte plus de 4 millions de chômeurs en mars 2002. Environ 30 % des entreprises versent des salaires inférieurs au minimum syndicalcxxiii. Dans les pays industrialisés, selon l’OCDE, 100 millions de personnes vivent au-dessous du seuil de pauvreté. En 2002, dans ces mêmes pays, 37 millions ne disposaient que de l’allocation chômage pour vivre ; or, il faut savoir que, tendanciellement, cette allocation se réduit dans le temps et en quantité. 15 % des enfants en âge scolaire ne fréquentent pas l’école. Londres, à elle seule, compte plus de 40 000 sans-abri. Aux États-Unis, 47 millions de personnes ne disposent d’aucune assurance maladiecxxiv.
Le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) dresse pour sa part le constat suivant : dans les pays du tiers-monde, 1,3 milliard d’êtres humains disposent de moins d’un dollar par jour pour survivre. 500 millions de personnes mourront avant d’avoir atteint l’âge de 40 ans. La distribution de la propriété, notamment celle de la terre arable, est scandaleuse. Au Brésil, par exemple, 2 % des propriétaires contrôlent 43 % des terres arables. 153 millions d’hectares restent en friche. Et, pendant ce temps, 4,5 millions de familles paysannes spoliées et faméliques errent sur les routescxxv.
Évoquant, dans une lettre, le capital financier et le capital industriel, Marx utilise une expression curieuse : fremde Mächte (« puissances étrangères »). Ce qu’il veut dire : comme des armées occupantes, étrangères au pays qu’elles asservissent, ces puissances dénaturent, et plus fréquemment encore neutralisent, la libre volonté des hommes agressés.
La maximalisation du profit, l’accumulation accélérée de la plus-value, la monopolisation de la décision économique sont contraires aux aspirations profondes et aux intérêts singuliers du plus grand nombre. La rationalité marchande ravage les consciences, elle aliène l’homme et détourne la multitude d’un destin librement débattu, démocratiquement choisi. La logique de la marchandise étouffe la liberté irréductible, imprévisible, à jamais énigmatique de l’individu. L’être humain est réduit à sa pure fonctionnalité marchande. Les « puissances étrangères » sont bien les ennemies du pays et du peuple qu’elles occupent.
Naomi Klein décrit d’une façon saisissante les conditions de travail des jeunes ouvrières philippines recrutées, dans les campagnes reculées, par les sous-traitants – coréens, taïwanais – des multinationales du textile, de l’équipement sportif, des composants d’ordinateurs. On les enferme dans les usines préfabriquées des « zones spéciales de production » près de Manille. Les journées de 14 à 16 heures sont monnaie courante. Aucune loi nationale ne s’applique en ces lieux. Les salaires sont misérables. Les heures supplémentaires rarement payées. Les droits des travailleurs sont superbement ignorés par les contremaîtres et les miliciens armés qui font régner l’ordre du patron à l’usinecxxvi.
De la Chine au Honduras, au Mexique et au Guatemala, de la Corée du Sud aux Philippines, au Sri Lanka et à Saint-Domingue, l’esclavage contemporain frappe aujourd’hui près de 30 millions d’êtres humains. L’Organisation internationale du travail évalue à 850 le nombre de « zones spéciales » réparties dans 70 pays.
Les usines où ces esclaves fabriquent les produits destinés aux sociétés transcontinentales de marque s’appellent en anglais, nous l’avons dit, sweat-shops (ateliers de la sueur), maquiladoras en espagnol. Elles sont toutes situées dans des zones franches où le propriétaire de l’usine ne paie ni droits d’importation (pour les matières premières) ni droits d’exportation (pour les produits finis en partance pour l’Amérique du Nord ou l’Europe), ni impôts d’aucune sorte.
J’ai vu moi-même les baraquements gris et tristes, entourés de barbelés, qui s’étendent au pied de la vieille ville de Saint-Domingue, dans les Caraïbes. Je me souviens de ces cortèges de jeunes ouvrières, au visage prématurément vieilli, aux gestes lourds, au corps fatigué, qui s’écoulent vers 20 heures au son d’une sirène, depuis la zone de production spéciale de cette République.
En 2001, 65 % de tous les jouets d’enfants – poupées, chemins de fer miniatures, ballons, robots, Monopoly, etc. – importés par les quinze pays de l’Union européenne provenaient de ces zones. Les deux plus grandes sociétés transcontinentales contrôlant le marché sont Mattel (la poupée Barbie) et Hasbro (le Monopoly). Elles appliquent des stratégies différentes : Mattel installe ses propres usines dans les zones, Hasbro confie la fabrication de ses produits à des sous-traitants (chinois, coréens, etc.) opérant dans les mêmes zonescxxvii.
La Chine, on le sait, vit sous le régime du parti unique. Le système d’exploitation mis en place par les apparatchiks communistes avec la complicité des sociétés transnationales du jouet est d’une férocité implacable : dans les « zones spéciales de production » chinoises, les ouvriers et les ouvrières triment jusqu’à 16 heures par jour, sept jours sur sept. Le salaire horaire moyen représente l’équivalent de 50 centimes suisses. Le paiement des heures supplémentaires et du travail de nuit ? Le salaire minimum ? Inconnus dans les zones chinoises. Les congés maternité ? Les ouvrières des zones n’en ont jamais entendu parler.
La pause est chronométrée. Dans nombre d’ateliers, elle ne dépasse pas cinq minutes.
Le système fonctionne à merveille : lorsque les jouets arrivent dans les magasins de Berlin, de Paris, de Rome ou de Genève, les coûts salariaux atteignent à peine 6 % du prix de vente. Les trusts internationaux du jouet font ainsi des affaires en or et les apparatchiks communistes se remplissent joyeusement les pochescxxviii.
Quant aux ouvriers et ouvrières chinois, ils mourront prématurément, à coup sûr, des effluves toxiques infestant les ateliers insalubres – les jouets ont de jolies couleurs –, de malnutrition et des nombreuses maladies induites par la misère.
Observons successivement le destin du capital industriel, puis celui du capital financier. Ils sont complètement divergents, selon Pierre Veltzcxxix.
En ce qui concerne le capital industriel, la mondialisation est beaucoup moins avancée qu’on ne le pense souvent. Les entreprises de production et de services véritablement globalisées sont encore relativement peu nombreuses. Un réseau squelettique de lieux de production « mondialisés » couvre la planète. Autour des cités minières ou des installations de production employant de coûteuses technologies de pointe s’étendent des déserts où les hommes vivent en économie de subsistance ou croupissent dans la misère.
Le capital financier, lui, est affranchi des pesanteurs du temps et de l’espace. Il se meut dans un monde et un cyberespace virtuellement unifiés. Il s’est en outre graduellement autonomisé : des milliards de dollars « flottent » ainsi sans amarres, en toute liberté. Le processus ne date pas d’aujourd’hui, mais il s’accélère à un rythme étonnant. La révolution de la téléphonie, la transmission des données en temps réel, la numérisation des textes, des sons et des images, la miniaturisation extrême des ordinateurs et la généralisation de l’informatique rendent pratiquement impossible la surveillance de ces mouvements de capitaux – plus de 1 000 milliards de dollars par jour. Aucun État, si puissant soit-il, aucune loi et aucune assemblée de citoyens ne peuvent prétendre exercer un contrôle sur ces mouvements.
La vitalité et l’inventivité des marchés financiers forcent bien sûr l’admiration. De nouveaux produits, tous plus sophistiqués, plus complexes, plus novateurs les uns que les autres, se succèdent à un rythme époustouflant. Prenons la galaxie des produits financiers dits « dérivéscxxx ». Ils s’élèvent à plus de 1 700 milliards de dollars. Tout peut faire l’objet de spéculation « dérivée » aujourd’hui : je conclus un contrat pour l’achat à date fixe et à prix fixe d’une cargaison de pétrole, d’un lot de monnaie, d’une récolte de blé, etc. Si, à cette date, la Bourse indique un prix inférieur à celui auquel j’ai conclu l’affaire, je perds. Dans le cas inverse, je gagne.
La folie réside en ceci : je peux monter une opération de spéculation sur des produits dits « dérivés » en n’y investissant que 5 % de mon propre argent. Le reste, c’est du crédit. Or, on peut spéculer sur des produits dérivés d’autres produits dérivés, et ainsi de suite… Extrême fragilité, donc, d’une interminable pyramide de crédits qui grandit sans cesse et pousse vers le ciel.
Ces jeunes génies (hommes et femmes) qui, grâce à leurs modèles mathématiques élaborés sur ordinateur, tentent d’anticiper les mouvements du marché, de maîtriser le hasard et de minimiser les risques, travaillent comme des pilotes de formule 1. Ils doivent réagir en une fraction de seconde. Or, toute décision erronée peut entraîner une catastrophe. La tension est énorme : le marché boursier fonctionne de fait vingt-quatre heures sur vingt-quatre : on l’a dit, quand New York ferme, et que les traders américains s’effondrent dans leur lit, Tokyo ouvre. Et quand la Bourse japonaise clôture, la guerre se déplace à Francfort, Londres et Paris.
Les traders, justement, sont la quintessence du capitalisme financier : une passion démentielle du pouvoir et du profit les anime, une volonté inépuisable d’écraser le concurrent les dévore. Les amphétamines les tiennent éveillés. Ils produisent de l’or avec du vent. Dans les grandes banques multinationales du monde, ces jeunes génies gagnent deux à trois fois plus que le PDG de leur banque. Ils encaissent des gratifications, des participations aux bénéfices astronomiques qu’ils assurent à leurs établissements. Ils sont les Crésus de notre époque. Leur folie rapporte de l’argent.
Mais des catastrophes surviennent.
En mars 1995, un Anglais de vingt-huit ans au visage poupin et au cerveau enfiévré a fait perdre à ses patrons, en l’espace de quarante-huit heures, la modique somme de 1 milliard de dollars. Nick Leeson était un des traders de la Barings Bank de Londres à la Bourse de Singapour. Sa spécialité : les dérivés de papiers-valeurs japonais issus du secteur de la production de l’électricité.
Au début de 1995, un terrible tremblement de terre dévastait la région de Kobe et d’autres contrées fortement industrialisées du Japon. Des centrales électriques, des installations de transmission, des usines en grand nombre furent détruites. À la Bourse de Singapour (de Tokyo, etc.) les papiers-valeurs liés à la production de l’électricité s’effondrèrent en quelques heures. C’est ainsi que les pyramides de dérivés, patiemment édifiées par Leeson, se retrouvèrent par terre.
Plus vaniteux qu’un coq, Leeson refusa d’admettre sa défaite. Il falsifia des documents. C’est pourquoi il fut finalement arrêté et condamné pour fraude à six années de prisoncxxxi. Quant à sa banque, le plus ancien et le plus prestigieux des établissements privés anglais (fondée en 1762), elle a été engloutie par la tempête.
D’autres exemples ? La liste est longue. En avril 1994, la puissante Deutsche Metallgesellschaft de Munich se fait gruger sur des dérivés, par spéculateurs interposés, pour 1,4 milliard de dollars. Aux États-Unis, Orange Country et d’autres entités publiques de l’État de Californie perdent, en spéculant sur des dérivés, des centaines de millions de dollars. Le contribuable américain doit réparer les dégâts.
Un cauchemar hante les responsables des banques centrales : que le système capitaliste lui-même puisse un matin être balayé par la réaction en chaîne et les effondrements successifs des pyramides de crédits, provoqués par des traders malchanceux ou criminels…
En août 1996, le gouvernement de Washington annonçait une série d’excellentes nouvelles : le chômage baissait massivement, l’économie américaine reprenait sa croissance, la productivité industrielle augmentait, la consommation suivait, les exportations progressaient. Comment réagit la Bourse de Wall Street ? Par la panique ! Les principaux titres industriels amorcèrent une forte descente. Pour les spéculateurs, la création de centaines de milliers d’emplois tient du cauchemar. L’augmentation de la consommation intérieure aussi. Elles annoncent toujours une possible reprise de l’inflation, et l’augmentation probable des taux d’intérêt. Et, par là, un déplacement massif des capitaux spéculatifs du marché des actions vers le marché monétaire, vers les obligations et les municipal bonds.
Aujourd’hui, les banques centrales des principaux États du globe n’ont qu’un seul moyen à leur disposition pour tenter de réguler le marché financier : la fixation des taux de change et des taux d’intérêt. Armes totalement insuffisantes, comme le montre la baisse des cours de la Bourse de Wall Street en août 1996. Ce qui gouverne le monde, ce sont les obscures angoisses, les « intuitions », les désirs, les « certitudes », le goût effréné du jeu et du profit des opérateurs de bourse. Pour tenter de rationaliser tout cela, les banquiers privés genevois engagent volontiers des spécialistes de la physique théorique, généralement issus du CERNcxxxii. Ces physiciens élaborent des modèles mathématiques complexes destinés à minimiser les risques liés aux décisions d’achat et de vente prises par les traders. Mais rien n’y fait : les mouvements de la Bourse sont directement liés aux réactions affectives, aux « intuitions », aux rumeurs gouvernant l’imaginaire des acteurs…
Environ 1 000 milliards de dollars ont été échangés chaque jour ouvrable durant l’année 2001. 13 % de cette somme seulement a correspondu au règlement d’une dette commerciale (livraison d’une marchandise, paiement de royalties pour un brevet, achat d’un terrain, investissement industriel, etc.), 87 % du montant total relevant de la pure transaction monétaire, sans création de valeur. Dans L’Éthique protestante et l’esprit du capitalismecxxxiii, le sociologue allemand Max Weber écrivait en 1919 : « Reichtum ist eine Kette Wertschöpfender Menschen » (« La richesse est une chaîne d’hommes créateurs de valeur »). Rien de tel aujourd’hui !
De nos jours, la richesse est le fruit des agissements imprévisibles de spéculateurs cupides et cyniques, obsédés par le gain à tout prix et la maximalisation des profits.
La bulle spéculative enfle sans cesse. L’économie virtuelle prend le pas sur l’économie réelle.