72

LORSQUE le taxi parvint au bout du tunnel de la Défense, Marc ne reconnut rien. Il faisait fausse route. Il ne retrouverait jamais ici les terrains vagues qui avaient marqué son enfance. Nanterre avait fait peau neuve. Les constructions étaient si nombreuses, si étincelantes qu’elles avaient effacé jusqu’au souvenir des territoires abandonnés qu’il cherchait.

— Où on va exactement ?

— Continuez tout droit, répondit-il au chauffeur. Jusqu’à la place de La Boule.

Il avait dit cela au hasard. Il tentait de se remémorer ces quartiers. La grande zone des tours, au nord, dont les blocs portaient des noms poétiques : les « Fontenelles », les « Champs-aux-Merles », les tours « Aillaud », surnommées les « tours-nuages »… Le vieux Nanterre, à l’ouest, aux pavillons de briques, serrés les uns contre les autres. Puis, au-delà encore, après la préfecture et l’université, le vrai no man’s land, un ghetto crevé de terrains vagues, de cités délabrées, de casses et d’usines abandonnées. C’était ce quartier qu’il visait, dont la plus célèbre cité s’appelait, justement, La Folie.

— Et maintenant ?

Ils étaient parvenus place de La Boule. Jadis surplombé par un pont-toboggan, le rond-point était maintenant aussi plat et ordonné qu’un jardin public. Tout autour, Marc ne voyait que des bâtiments de verre bleuté, des espaces verts, des pavillons rénovés.

— Allez jusqu’à la gare de Nanterre-ville. On verra après.

— Après, c’est la zone.

Il n’en espérait pas tant. Il observait maintenant les rues où il avait grandi, où ses parents possédaient leur pharmacie. Depuis combien d’années n’avait-il pas mis les pieds au cimetière du Mont-Valérien, où ils étaient enterrés ? Depuis combien de temps n’avait-il pas vu sa sœur ? Il s’était toujours senti étranger à sa famille, à ses propres origines. Pourtant, aujourd’hui qu’il voulait se perdre sur la Terre, trouver un repli secret dans l’univers, c’était naturellement vers Nanterre qu’il s’était dirigé.

— Prenez le boulevard de la Seine.

— Vous êtes sûr ?

— Suivez la direction des cités Komarov.

Le nom lui était revenu sur les lèvres. Les dernières cités avant le fleuve. La voiture passa sous le pont du RER et tomba sur un paysage inespéré : des immeubles gris, des usines, des voies ferrées… Marc reprit confiance.

— Je dois trouver de l’essence.

Le chauffeur lui lança un regard soupçonneux.

— Je suis en panne, expliqua Marc. Ma voiture est en rade plus loin. Trouvez-moi une pompe.

Le taxi stoppa dans une station. Marc acheta un bidon et le remplit. Au même instant, un orage éclata. Une lente marée noire submergeait l’horizon. Les nuages s’écrasaient les uns contre les autres, provoquant des étincelles malsaines, aux teintes d’hématomes. Marc songea à l’île des morts, lorsque la mousson l’avait accompagné dans son dernier périple. « Un nouveau signe », se dit-il.

Il cueillit, sur le présentoir de la caisse, un briquet et régla l’ensemble. Puis il courut jusqu’au taxi, alors que la pluie commençait.

— Continuez tout droit et prenez la première à droite.

Ses souvenirs se précisaient. Enfant, il venait ici avec d’autres mômes, d’autres fils de bourgeois, pour se faire peur, asticoter les chiens et les pauvres.

Le boulevard de la Seine s’achevait sur une rue déserte, cernée d’un côté par d’immenses cuves et de l’autre par des petits pavillons condamnés, aux fenêtres murées. Tout était intact. Une cour des Miracles sans miracle…

Quand il aperçut les cubes noirâtres des cités Komarov, il ordonna :

— Arrêtez-moi ici.

Le chauffeur était de plus en plus sceptique :

— J’vous préviens. J’vous attends pas.

Marc le paya en répétant que sa voiture était stationnée plus loin. Quand il sortit, la pluie redoublait. Grasse, sombre, huileuse. Elle se mêlait à une poussière rougeâtre, qui s’élevait du sol sous l’impact des gouttes.

Il ignora les immeubles aux portes déglinguées et emprunta la ruelle. Il marcha ainsi près de dix minutes, tenant toujours ses enveloppes d’une main et son bidon d’essence de l’autre. Il longeait un mur aveugle, couvert de graffitis et d’annonces de messageries roses. Au fond, le limon gris de la Seine l’attendait.

Il parvint à une barrière, rouge et blanche, sur laquelle on avait écrit au marqueur, en lettres serrées : « Seigneur Dieu, je te demande pardon pour mes péchés…» Tout à fait de circonstance.

Il se glissa sous l’obstacle et accéda à la berge. Un chemin de halage – une bande de terre étroite et déserte. En face, les bois épais de l’île Saint-Martin. L’isolement du lieu, en pleine ville, était stupéfiant : un mélange de pleine campagne et d’abandon industriel. Il était nulle part et il était arrivé.

Il descendit le long du fleuve et marcha encore, croisant d’énormes plots d’arrimage. De l’autre côté, une péniche rouillée abritait des squatters, dont les chiens hurlaient sous la pluie. C’était la seule présence vivante à un kilomètre à la ronde. Il s’éloigna et découvrit une « centrale d’incendie », un bâtiment sans fenêtres, dont les pilotis s’enfonçaient dans l’eau. Il plongea sous les structures et se réfugia au pied d’un des pylônes.

Là, sur la coursive de fer, il groupa les premières lettres – celles qu’il avait déjà lues – et les arrosa d’essence. Il alluma une enveloppe, froissée en flambeau, puis la balança sur le tas imbibé. Les flammes produisirent un claquement sourd. Elles s’élevèrent au-dessus de l’eau morne, qui courait sous la passerelle grillagée.

Marc les observait. Brûler ses remords était son destin. Le certificat de décès de Lady Diana. Le portrait de Khadidja. Mais il n’était pas sûr, cette fois, que les flammes suffiraient.

Il allait jeter les dernières lettres quand il s’arrêta. Il en ouvrit une datée de fin juillet. L’écriture était maintenant tremblée, tourmentée.

 

… Les trois syllabes, que je me refusais encore à prononcer, simplement pour te protéger, explosent maintenant dans mon esprit : trahison.

 

Marc songea aux paroles de la psychiatre d’Ipoh : « Ne le trahissez jamais. C’est la seule chose qu’il ne pourrait vous pardonner. » Il lut, quelques paragraphes plus bas – la fumée lui piquait les yeux :

 

… Tu t’es enfuie, tu m’as abandonné. En un sens, je ne peux t’en vouloir : quel avenir y avait-il avec moi ? Je ne t’en veux pas non plus de profiter de la situation, quel risque y a-t-il à fuir un homme sous les verrous ?

Mais il y a une chose que tu sembles avoir oubliée : tu possèdes quelque chose qui m’appartient. Tu dois me rendre mon Secret…

 

Marc fit une boule avec la feuille et la balança dans le feu. Dans un geste de fureur, il jeta tout le paquet, ou presque. Trempé jusqu’aux os, il regardait les débris de papier noirci qui s’envolaient dans le fleuve. Il aurait voulu s’engloutir lui aussi dans ce feu humide, dans ce courant lourd qui emportait ces vestiges vers nulle part.

Plus que deux lettres dans ses mains. Il en déplia une. Écriture électrique, traversée d’à-coups. Le papier était percé par endroits :

 

… Tu me forces à prendre des décisions que je n’aurais jamais voulu envisager. Mais encore une fois, tu as emporté quelque chose qui m’est cher… Et il n’y a qu’une façon de le reprendre…

 

Marc ne parvenait plus à respirer. L’oppression l’écrasait, à lui craquer les côtes. Qu’est-ce que Reverdi voulait dire ? Il sauta plusieurs lignes puis :

 

… Mon Élisabeth… Souviens-toi de cette citation : « Ce papier est ta peau, cette encre est mon sang. » Il existe un pacte entre nous. D’une façon ou d’une autre, tu vas devoir honorer ton serment…

 

Marc jeta la menace dans le brasier. L’écriture se tordit parmi les flammes. Mais sa conviction se précisa : non, cette fois, le feu ne suffirait pas. Rien ne serait effacé. Rien ne serait oublié.

Plus qu’une lettre. Il l’abandonna au foyer sans l’ouvrir. La dernière citation tournait encore dans sa tête :

«… Cette feuille est tu peau, cette encre est mon sang…» Il ne savait pas quand, ni comment, mais il était certain que cela allait lui tomber dessus. D’une façon ou d’une autre, le sang allait couler.

 

La Ligne noire
titlepage.xhtml
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_000.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_001.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_002.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_003.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_004.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_005.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_006.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_007.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_008.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_009.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_010.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_011.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_012.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_013.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_014.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_015.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_016.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_017.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_018.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_019.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_020.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_021.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_022.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_023.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_024.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_025.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_026.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_027.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_028.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_029.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_030.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_031.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_032.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_033.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_034.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_035.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_036.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_037.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_038.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_039.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_040.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_041.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_042.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_043.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_044.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_045.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_046.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_047.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_048.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_049.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_050.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_051.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_052.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_053.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_054.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_055.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_056.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_057.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_058.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_059.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_060.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_061.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_062.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_063.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_064.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_065.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_066.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_067.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_068.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_069.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_070.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_071.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_072.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_073.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_074.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_075.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_076.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_077.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_078.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_079.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_080.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_081.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_082.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_083.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_084.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_085.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_086.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_087.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_088.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_089.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_090.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_091.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_092.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_093.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_094.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_095.html
Grange,Jean-christophe-La Ligne noire(2004).French.ebook.AlexandriZ_split_096.html