Edith Piaf

Les paroles de 255 chansons


A l'enseigne de la fille sans coeur

<p>A l'enseigne de la fille sans coeur</p>

Paroles et Musique: Gilles (Jean Villard)

autres interprètes: Gilles (Jean Villard) + Urfer, Edith Piaf (1951), Georgette Plana (1965), Les Quatre Barbus, Michel Bühler + Sarclo (1993), Entre 2 Caisses (2000)

Le ciel est bleu, le vent du large Creuse la mer bien joliment Vers le port montant à la charge Galopent ses escadrons blancs C'est un port tout au bord du monde Dont les rues s'ouvrent sur l'infini Mais de là comme la Terre est ronde On ne voit pas les États-Unis. Tout le monde s'en fout, y a du bonheur Y a un bar chez Rita la blonde Tout le monde s'en fout, y a du bonheur A l'enseigne de la Fille Sans Cœur! L'accordéon joue en majeur Les refrains de ce vaste monde Y a Rita et ses accroche-cœurs A l'enseigne de la Fille Sans Cœur. Dans ce petit bar, c'est là qu'elle règne On voit flamber sa toison d'or Sa bouche est comme un fruit qui saigne Mais on dit que son coeur est mort Pourtant les gars sont là, tout drôles: Les petits, les durs, les malabars Qui entrent en roulant des épaules Y en a qui sont venus de Dakar. Y en a d'Anvers, y en a d'Honfleur Bourlinguant parfois jusqu'aux pôles Ils la regardent, c'est tout leur bonheur, Mais pas un n'connaît ses faveurs L'accordéon joue en majeur Tous les airs: les tristes, les drôles Y a la belle blonde, cette rose en fleurs A l'enseigne de la Fille Sans Cœur. Ils l'aimaient, plus elle était dure Plus son regard était cruel Mettaient un cran à leur ceinture C'était l’enfer, c’était le ciel. Un sourire et c’était dimanche Les gars disaient: "Bois avec nous" Ils tremblaient devant sa main blanche Versant le rhum et le vin doux Bière, café, bons vins et liqueurs Le patron retroussait ses manches L’argent roulait, c’était un bonheur A l’enseigne de la Fille Sans Cœur L’accordéon joue en majeur L’ouverture de «La Dame Blanche» Et des gars qui jouent leur bonheur A l’enseigne de la Fille Sans Cœur. L’patron connaissait la musique: Il aimait le son des écus Il disait à sa fille unique: "Fuis l'amour, c'est du temps perdu!" Mais un soir, la mer faisait rage On vit entrer un étranger Aux beaux yeux d'azur sans nuage C'est alors que tout a changé Il a r’gardé la fille sans coeur Elle était comme un ciel d'orage Quelqu'un a fait: "Y a un malheur" On entendait battre les cœurs. L'accordéon joue en mineur Une chanson "Dans le vent sauvage" Y a une fille le visage en pleurs A l'enseigne de la Fille Sans Cœur. Il a dit: "C'est toi, ma divine!" Elle répondit: "Je suis à toi" Elle a pleuré sur sa poitrine Il l'a serrée entre ses bras. Les autres alors mélancoliques Sont partis avec un soupir Le vent chantait sur l'Atlantique Pour ce coeur qui venait de s'ouvrir Ils ont filé vers leur grand bonheur Le patron dut fermer boutique On l'a vu boire toutes ses liqueurs A l'enseigne de la Fille Sans Cœur Alors l'État, cet accapareur, Qu'a jamais eu l’sens du comique A mis l'bureau du percepteur A l'enseigne de la Fille Sans Cœur

Adieu mon coeur

<p>Adieu mon coeur</p>

Paroles: Henri Contet. Musique: Marguerite Monnot 1946

Adieu mon cœur. On te jette au malheur. Tu n'auras pas mes yeux Pour mourir Adieu mon cœur. Les échos du bonheur Font tes chants tristes Autant qu'un repentir. Autrefois tu respirais le soleil d'or. Tu marchais sur des trésors. On était vagabonds. On aimait les chansons. Ç'a fini dans les prisons. Adieu mon cœur. On te jette au malheur. Tu n'auras pas mes yeux Pour mourir Adieu mon cœur. Les échos du bonheur Font tes chants tristes Autant qu'un repentir Un repentir

Aquoi ça sert l'amour?

<p>Aquoi ça sert l'amour?</p>

Paroles et Musique: Michel Emer 1962

note: duo: Edith Piaf et Théo Sarapo

– A quoi ça sert l'amour? On raconte toujours Des histoires insensées. A quoi ça sert d'aimer? – L'amour ne s'explique pas! C'est une chose comme ça Qui vient on ne sait d'où Et vous prend tout à coup. – Moi, j'ai entendu dire Que l'amour fait souffrir Que l'amour fait pleurer. A quoi ça sert d'aimer? – L'amour ça sert à quoi? A nous donner d'la joie Avec des larmes aux yeux C'est triste et merveilleux! – Pourtant on dit souvent Qu'l'amour est décevant Qu'il y en a un sur deux Qui n'est jamais heureux – Même quand on l'a perdu L'amour qu'on a connu Vous laisse un goût de miel. L'amour c'est éternel! – Tout ça, c'est très joli Mais quand tout est fini Il ne vous reste rien Qu'un immense chagrin – Tout ce qui maintenant Te semble déchirant, Demain, sera pour toi Un souvenir de joie! – En somme, si j'ai compris Sans amour dans la vie Sans ses joies, ses chagrins On a vécu pour rien? – Mais oui! Regarde-moi! A chaque fois j'y crois Et j'y croirai toujours Ça sert à ça, l'amour! Mais toi, t'es le dernier Mais toi, t'es le premier! Avant toi, y avait rien Avec toi je suis bien! C'est toi que je voulais C'est toi qu'il me fallait! Toi que j'aimerai toujours Ça sert à ça, l'amour!

Au bal de la chance

<p>Au bal de la chance</p>

Paroles: Jacques Larue. Musique: Norbert Glanzberg 1952

Le long de l'herbe L'eau coule et fait des ronds. Le ciel superbe Eblouit les environs. Le grand soleil joue aux boules Avec les pommiers fleuris. Le bal, devant l'eau qui coule Rabâche des airs de Paris. Danse, danse au bal de la chance Danse, danse ma rêverie Les parasols sur la berge en gestes lents Saluent d'une révérence Les chalands. Tandis qu'une fille danse Dans les bras d'un marinier Le ciel fait des imprudences Mais l'amour n'est pas le dernier Danse, danse au bal de la chance Danse, danse au ciel printanier Le vent, tournant dans les feuilles des bosquets Avec le chant des pinsons, fait des bouquets Mais elle n'écoute guère Que les mots de ce garçon Des mots d'amour si vulgaires Qu'ils font rire au ciel les pinsons. Danse, danse au bal de la chance Danse, danse avec ma chanson Je pense encore à ce jour de l'an dernier. Sur mon épaule, mon rêve est prisonnier. Cela n'a ni queue ni tête. Pourtant, j'ai le cœur bien gros Pour les marins en goguette. L'amour, ça coule au fil de l'eau. Danse, danse au bal de la chance Danse, danse mon cœur d'oiseau

Avant l'heure

<p>Avant l'heure</p>

Paroles: Marcel Achard. Musique: Marguerite Monnot 1951

Avant l'heure, c'est pas l'heure. Après l'heure, c'est plus l'heure. Je l'ai rencontré un peu trop tard. Il avait déjà vu Germaine. Il m'a aimée pendant cinq semaines. Je me foutais du tiers comme du quart Et puis un jour, il a compris. Il m'a menti encore trois semaines Puis il est allé vers Germaine. Ah mes enfants! Qu'est-ce que j'ai pris!… J' lui en veux pas… Que faire à ça? Avant l'heure, c'est pas l'heure. Après l'heure, c'est plus l'heure. Quand on dit "moins l' quart", c'est moins le quart! Je l'ai rencontré un peu trop tard! Pierre aime la femme de Jean. Jean aime la femme de Pierre. La femme de Pierre aime un sergent. La femme de Jean aime un notaire. Qu'est-ce qu'ils espèrent, Ces pauvres gens? Si la femme de Pierre avait vu le sergent Avant de rencontrer Pierre… Si la femme de Jean avait vu le notaire Avant de rencontrer Jean… Ce serait une toute autre affaire! 'y aurait du bonheur à Nogent Au lieu qu'on y pleure… L'heure, c'est l'heure… Avant l'heure, c'est pas l'heure. Après l'heure, c'est plus l'heure. Quand on dit "moins l' quart", c'est moins l' quart! Je l'ai rencontré un peu trop tard! …trop tard!…

Avant nous

<p>Avant nous</p>

Paroles: René Rouzaud. Musique: Marguerite Monnot 1956

Un printemps meurt, en vient un autre Et tout change, et tout est pareil. Le bonheur n'est pas le nôtre Pas plus que le soleil. Écoute, écoute dans le monde Cet orchestre de cœurs battants. De partout ils se répondent Depuis combien de temps? Avant nous D'autres amants ont dit: "Je t'aime." Comme nous Avant nous D'autres ont souffert, ont trahi même Comme… Non! Ne crois pas ça! Ne crois pas ça! L'amour n'est pas cette misère. L'amour, c'est toi entre mes bras Avant nous D'autres ont dansé sur des "Je t'aime." Comme nous Avant nous D'autres se sont quittés quand même Comme… Non! Pas comme nous… Ne crois pas ça! On a dansé sur toute la Terre Et l'on dansera sur ces mots-là. Aimons-nous Comme ceux-là qui tant s'aimèrent Comme nous Et comme ceux qui nous suivront Et comme ceux qui s'aimeront Après nous

Avec ce soleil

<p>Avec ce soleil</p>

Paroles: Jacques Larue. Musique: Philippe Gérard 1954

Avec ce soleil, on avait envie De ne pas parler, De boire de la vie A petites goulées. Sous le ciel superbe Le long du talus, mâchant un brin d'herbe Et jupe collée, elle regardait D'un air triomphant Ce jeune homme imberbe Ou encore presqu'enfant Qui la désirait. Il aurait fallu presque rien, peut-être, Un geste de lui, Un sourire d'elle qui lui dise "viens". Il aurait fallu presque rien, peut-être, Qu'un oiseau s'enfuie Avec un bruit d'ailes pour que tout soit bien… Pour que par-dessus le toit de l'usine, Le long des murs gris, Pour que par-dessus la route voisine Et ses pavés gris, Pour que par-dessus toutes les collines, Pour que par-dessus toutes les forêts, Pour que monte au ciel, sans cloches et sans noces, Un amour de gosses Qui purifierait… Mais c'était déjà deux enfants durcis Qui ne croyaient plus d'avoir à se dire Que les mots des grands… Que la vie déjà, broyait sans merci, Qui ne savaient plus ni rêver, ni rire Cœur indifférent… Et ce jour encore Le long du talus Le coquelicots avec les bleuets En vain attendirent Une main cruelle Qui les cueillerait…

Bal dans ma rue

<p>Bal dans ma rue</p>

Paroles et Musique: Michel Emer 1949

Ce soir, il y a bal dans ma rue. Jamais encore, on n'avait vu Une telle gaieté, une telle cohue. Il y a bal dans ma rue Et, dans le p'tit bistrot Où la joie coule à flots, Sept musiciens perchés sur un tréteau Jouent pour les amoureux Qui tournent deux par deux, Le rire aux lèvres et les yeux dans les yeux. Ce soir, il y a bal dans ma rue. Tout l'monde se sent un peu ému. Peut-être bien qu'on a trop bu. Il y a bal dans ma rue. Il était si beau que lorsqu'il me sortait, Aussitôt tout le monde sur lui se retournait. J'étais si fière de lui, j'ai pas pu résister A ma meilleure amie, un jour j' l'ai présenté. Ils se sont plus immédiatement Ils se sont mariés ce matin. Ils formaient un couple épatant Et moi, j'étais témoin… Et voilà pourquoi… Ce soir, il y a bal dans ma rue. Jamais encore on n'avait vu Une telle gaieté, une telle cohue. Il y a bal dans ma rue Et, dans le p'tit bistrot Où la joie coule à flots, Sept musiciens perchés sur un tréteau Jouent pour les amoureux Qui tournent deux par deux, Le rire aux lèvres et les yeux dans les yeux. Ce soir, il y a bal dans ma rue. Jamais encore on n'avait vu Une telle gaieté, une telle cohue. Il y a bal dans ma rue… 'y a eu bal dans ma rue…

Boulevard du crime

<p>Boulevard du crime</p>

Paroles: Michel Rivgauche. Musique: Claude Léveillée 1960

Sur le boulevard du Crime, Pour voir la pantomyme, Ce soir, on se bouscule. Au théâtre des Funambules, Les amours de Pierrot, Ça fait pleurer Margot Et rire dans la tourmente Le Paris de mille huit cent trente. Masques sont vert damasques Et la foule coasse, Au milieu du carnaval des grimaces. Mais dans la foule qui rit de Pierrot, Il y a toujours un Arlequin. Dans la vie, faut des arlequins, Sans quoi l'amour, ce ne serait que des mots. Aussi, lorsque Pierrot sourit, C'est là-haut vers les amants du paradis… Sur le boulevard du Crime, Pour voir la pantomyme, Ce soir, on se bouscule. Au théâtre des Funambules, Les amours de Pierrot, Ça fait pleurer Margot Et rire dans la tourmente Le Paris de mille huit cent trente. Masques sont vert damasques Pour des danses fantasques Et la foule coasse Au milieu du carnaval des grimaces. Mais tous ces gens qui rient de Pierrot. Il n'y a que lui, pleure pour de vrai Puisque la femme qu'il aimait Est partie ce soir sans un mot. Aussi, lorsque Pierrot sourit, Tout là-haut pleurent les amants du paradis… Sur le boulevard du Crime, Pour voir la pantomyme, Ce soir, on se bouscule. Au théâtre des Funambules, Les malheurs de Pierrot Sous les cris, les bravos Font rire dans la tourmente Le Paris de mille huit cent trente. Quel talent fantastique. Qu'il est drôle et comique. Ça, c'est un vrai Pierrot. Allez! Vas-y! Refais ton numéro… Tout là-haut pleurent les amants du paradis.

Bravo pour le clown

<p>Bravo pour le clown</p> Un clown est mon ami Un clown bien ridicule Et dont le nom s'écrit En gifles majuscules Pas beau pour un empire Plus triste qu'un chapeau Il boit d'énormes rires Et mange des bravos Pour ton nez qui s'allume Bravo! Bravo! Tes cheveux que l'on plume Bravo! Bravo! Tu croques des assiettes Assis sur un jet d'eau Tu ronges des paillettes Tordu dans un tonneau Pour ton nez qui s'allume Bravo! Bravo! Tes cheveux que l'on plume Bravo! Bravo! La foule aux grandes mains S'accroche à ses oreilles Lui vole ses chagrins Et vide ses bouteilles Son cœur qui se dévisse Ne peut les attrister C'est là qu'ils applaudissent La vie qu'il a ratée! Pour la femme infidèle Bravo! Bravo! Et tu fais la vaisselle Bravo! Bravo! Ta vie est un reproche Qui claque dans ton dos Ton fils te fait les poches Et toi, tu fais l'idiot Pour la femme infidèle Bravo! Bravo! Et tu fais la vaisselle Bravo! Bravo! Le cirque est déserté Le rire est inutile Mon clown est enfermé Dans un certain asile Succès de camisole Bravos de cabanon Des mains devenues folles Lui battent leur chanson Je suis roi et je règne Bravo! Bravo! J'ai des rires qui saignent Bravo! Bravo! Venez, que l'on m'acclame J'ai fait mon numéro Tout en jetant ma femme Du haut du chapiteau Bravo! Bravo! Bravo! Bravo!

Browning

<p>Browning</p>

Paroles: Raymond Asso. Musique: Jean Villard 1938

Y avait qu'à r'garder sa figure Et tout de suite on comprenait: Monsieur Browning, qu'on l'appelait, Un nom qui sentait l'aventure. C'était le roi du revolver. Il en avait de magnifiques Qu'il avait ram'nés d'Amérique, Où qu'on fabriqu' les vrais gangsters. Il nous racontait son histoire, Son premier crim' et puis la gloire, Browning, Browning. Il nous montrait des tas d'photos Pris's en premièr' pag' des journaux, Browning, Browning. Il nous disait: "Vous autr's en France, Vous manquez encor' d'expérience.", Browning, Browning. Avec ça, pas besoin d'êtr' fort. C'est l'maladroit qu'a toujours tort Et viv' Browning. Parc' qu'il avait de l'élégance Et des costum's de cinéma, Il nous r'gardait de haut en bas Avec mépris et insolence Et tout's nos femm's, ell's l'admiraient "Ah! comment c'est qu'il a d'allure Et ce typ' là, quelle envergure." Mais nous, les homm's, il nous courait. C'était toujours la mêm' histoire: Son premier crim' et puis la gloire, Browning, Browning. On l'voyait sur les grands journaux, Juste à côté d'Greta Garbo, Browning, Browning. A l'écouter, on d'venait bête. On n'avait plus qu'ça dans la tête, Browning, Browning Et nous pensions "Marre à la fin! Il nous ennuie, l'Américain Et son Browning." Pour nous apprendr' la vraie manière, Pour nous donner un' bonn' leçon, Il a tenu, ce brav' garçon, A nous montrer son savoir-faire. C'est dans un' sall' de restaurant Qu'il a voulu fair' l'expérience, Mais le pauvr' typ' n'a pas eu d'chance. Comme il sortait ses instruments, Il a roulé sous la banquette Avec un p'tit trou dans la tête, Browning, Browning. Oh ça n'a pas claqué bien fort Mais tout de mêm', il en est mort, Browning, Browning, Et puis quelqu'un dans le silence A dit "Maint'nant à quoi qu'tu penses, Browning, Browning?" Il pens' plus rien puisqu'il est mort. Tu parlais trop… ben t'as eu tort. Bye-Bye, Browning.

C'est à hambourg

<p>C'est à hambourg</p>

Paroles: Claude Delécluse, Michèle Senlis. Musique: Marguerite Monnot 1955

C'est à Hambourg, à Santiago, A White Chapel, ou Bornéo, C'est à Hambourg, à Santiago, A Rotterdam, ou à Frisco… Hello boy! You come with me? Amigo! Te quiero mucho! Liebling! Kom dort mit mir! C'est à Hambourg, au ciel de pluie, Quand les nuages vont à pas lents, Comme s'en vont les lourds chalands, Le long des quais, crevant d'ennui, C'est à Hambourg ou bien ailleurs Qu'à tous les gars en mal d'amour, Qu'à tous les gars, depuis toujours, Moi j'balance du rêve en plein cœur… C'est à Hambourg, à Santiago, A White Chapel, ou Bornéo, C'est à Hambourg, à Santiago, A Rotterdam, ou à Frisco… C'est à Hambourg, au ciel de pluie, Qu'il a posé ses mains sur moi Et qu'il m'a fait crier de joie En me serrant fort contre lui, M'a dit "je t'aime!" à plus finir, "Laisse donc là tous tes marins! Laisse donc la mer, et puis viens! Moi, j'ai du bonheur à t'offrir…" "Ma p'tite gueule…" C'est à Hambourg, au ciel de pluie, Dans les bastringues à matelots Que je trimballe encore ma peau, Les bras ouverts à l'infini… Car moi je suis comme la mer, J'ai l' cœur trop grand pour un seul gars, J'ai l' cœur trop grand et c'est pour ça Qu' j'ai pris l'amour sur toute la terre… C'est à Hambourg, à Santiago A White Chapel, ou Bornéo… So long, boy… Adios, amigo… Nacher, Schatz… …Au r'voir, p'tite gueule!…

C'est d'la faute à tes yeux

<p>C'est d'la faute à tes yeux</p>

Paroles: Edith Piaf. Musique: Robert Chauvigny 1950

J'avais tant d'amour pour un homme. Il en avait si peu pour moi. C'est peu de chose la vie, en somme. Je l'ai tué, tant pis pour moi… Tout ça… C'est d'la faute à ses yeux, Aux tiédeurs des matins, A son corps près du mien. Tout ça… C'est d'la faute aux beaux jours, C'est d'la faute à l'amour, Le ciel était trop bleu… L'avocat qui prit ma défense Conta notre roman d'amour Et, pour prouver mon innocence, Il en salit les plus beaux jours… Tout ça… C'est d'la faute à tes yeux, Aux tiédeurs des matins, A son corps près du mien. Tout ça… C'est d'la faute aux beaux jours, C'est d'la faute à l'amour, Mon ciel était trop bleu… Le juge avait un air sévère. Ses yeux n'avaient pas d'horizon. D'une voix grave et sans colère, M'a condamnée à la prison. Tout ça… C'est d'la faute à mes yeux. Ils ont vu dans les tiens Que dansait mon chagrin. Tout ça… C'est d'la faute aux beaux jours Et j'ai vu mon amour Pleurer sur mon ciel bleu…

C'est l'amour

<p>C'est l'amour</p>

Paroles: Edith Piaf. Musique: Marguerite Monnot 1960

C'est l'amour qui fait qu'on aime. C'est l'amour qui fait rêver. C'est l'amour qui veut qu'on s'aime. C'est l'amour qui fait pleurer… Mais tous ceux qui croient qu'ils s'aiment, Ceux qui font semblant d'aimer, Oui, tous ceux qui croient qu'ils s'aiment Ne pourront jamais pleurer… Dans l'amour, il faut des larmes, Dans l'amour, il faut donner… Et ceux qui n'ont pas de larmes Ne pourront jamais aimer… Il faut tant, et tant de larmes Pour avoir le droit d'aimer… Mon amour, oh toi que j'aime, Tu me fais souvent pleurer… J'ai donné, donné mes larmes, J'ai pleuré pour mieux t'aimer, J'ai payé de tant de larmes Pour toujours le droit d'aimer… Pour toujours… le droit d'aimer!

C'est lui que mon coeur à choisi

<p>C'est lui que mon coeur à choisi</p>

Paroles: Raymond Asso. Musique: Max d'Yresne 1938

Je m'rappelle plus comment on s'était rencontrés Je ne sais plus si c'est lui qui a parlé l'premier Ou bien si c'était moi qui avais fait les avances Ça n'a plus d'importance Tout c'que je veux me rappeler:

{Refrain:}

C'est lui que mon cœur à choisi Et quand il me tient contre lui Dans ses yeux caressants Je vois le ciel qui fout le camp C'est bon… C'est épatant! Il n'a pas besoin de parler Il n'a rien qu'à me regarder Et je suis à sa merci Je peux rien contre lui Car mon cœur l'a choisi. Je n'sais pas s'il est riche ou s'il a des défauts, Mais d'l'aimer comm' je l'aime, un homme est toujours beau. Et quand on va danser, qu'il pose sur mes hanches Ses belles mains si blanches, Ça m'fait froid dans le dos

{Refrain}

J'sais pas c'qui m'arrivera, si ça dur'ra longtemps, Mais j'me fich' du plus tard, j'veux penser qu'au présent. En tout cas il m'a dit qu'il m'aim'rait tout'la vie C'que la vie s'ra jolie Si il m'aim'… pour tout l'temps!

{Refrain}


C'est merveilleux

<p>C'est merveilleux</p>

Paroles: Henri Contet. Musique: Marguerite Monnot 1946

Le jour où tu m'as rencontrée Etait un jour triste à mourir Et je traînais dans mes pensées Un ennui à n'en plus finir Mais il a suffi que tu viennes Pour que j'oublie toutes mes peines

{Refrain:}

C'est merveilleux Quand on est tous les deux Le bonheur nous surveille C'est merveilleux Quand on est amoureux Les beaux jours se réveillent C'est merveilleux La vie est peinte en bleu A grands coups de soleil Puisque je t'aime et que tu m'aimes C'est merveilleux Nous passerons toute la vie A chanter un si grand amour Pour une chanson si jolie La vie n'a pas assez de jours Nous en ferons une harmonie Qui ne sera jamais finie

{Refrain}


C'est peut-être ça

<p>C'est peut-être ça</p>

Paroles: Michel Vaucaire. Musique: Charles Dumont 1961

C'est peut-être ça L'amour, le grand amour, C'est peut-être ça Qui m'a prise à mon tour, Ce je ne sais trop quoi Qui fait froid dans le dos Et soudain donne chaud Quand tout le monde a froid… C'est peut-être ça Qui fait battre le cœur Et, pendant des heures, Vous fera rester là Devant un téléphone Pour entendre une voix, Devant un téléphone Qui ne sonnera pas… C'est peut-être ça, L'amour, le grand amour, C'est peut-être ça Qui m'a prise à mon tour, Ce sentiment brutal, Lorsque tout allait bien, De se sentir très mal Sans savoir d'où ça vient. C'est peut-être ça Qui fait pleurer de rire Et vous fait courir A minuit sous la pluie, Sous la pluie, sans manteau En gueulant qu'il fait beau, En gueulant que la vie, 'y a rien de plus joli… Avant, juste avant D'aller se foutre à l'eau… C'est peut-être ça L'amour…Le grand amour!…

C'est pour ça

<p>C'est pour ça</p>

Paroles: Henri Contet. Musique: Marguerite Monnot 1947

Il était une amoureuse Qui vivait sans être heureuse. Son amant ne l'aimait pas. C'est drôle, mais c'était comme ça. Elle courut à la fontaine Afin d'y noyer sa peine Et tout le diable et son train La poussaient dans le chemin. C'est pour ça que l'amour pleurait dans son coin, C'est pour ça que le ciel n'y comprenait rien. Les jours de lumière, Les mots des prières, Tous en procession, Lui faisaient escorte Mais la fille est morte En criant: "pardon". C'est pour ça que l'amour pleurait dans son coin, C'est pour ça que le ciel n'y comprenait rien… Toutes les fleurs se fanèrent Et la nuit couvrit la terre Pour chanter le dernier jour De cette morte d'amour. Échappés du noir manège, Les mal-aimés en cortège Partent essayer d'empêcher Le soleil de se lever. C'est pour ça que l'amour n'avait plus d'amis, C'est pour ça que le ciel cherchait un abri. Les jeux et les rondes, Toutes les joies du monde Voulaient s'en aller Et le cœur des hommes, Tout pourri d'automne Allait se fâner… C'est pour ça que l'amour n'avait plus d'amis, C'est pour ça que le ciel cherchait un abri. Mais voilà que ma légende Va danser sous les guirlandes. Ça ne pouvait pas durer. L'amour a tout arrangé Et, depuis, c'est lui qui chante. Tant pis pour qui se tourmente. Vous pouvez toujours pleurer. Il est plus fort à chanter… C'est pour ça qu'on entend les accordéons, C'est pour ça que la rue éclate en chansons. Le chagrin des âmes, Dans tout ce vacarme, On ne l'entend plus. L'amour fait la fête Et chacun, c'est bête, A cœur que veux-tu. C'est pour ça qu'on entend les accordéons, C'est pour ça que la rue éclate en chansons.

C'est toi le plus fort

<p>C'est toi le plus fort</p>

Paroles: Raymond Asso. Musique: R. Cloërec 1936

Ah, c'que t'es grand! T'as une belle gueule Et quand ton rire m'a croché le cœur, Parc' que j'suis v'nue vers toi toute seule Sans que tu m'cherches, Tu fais le crâneur Et, sur le boulevard, Quand tu te balades, Tu marches comme un bel animal. Tu regardes les femmes. Ça m'rend malade Et tu le sais bien Qu'ça m'fait du mal Mais j'te dis rien Parce que je t'aime. Souffrir par toi C'est bon tout d'même. Tu pourrais m'faire Plus de mal encore Que j'dirais rien, Alors t'es fort. Parce que t'es grand, Moi toute petite Et que tes poings Ont l'air d'être lourds, J'dis toujours oui Et t'en profites Et j't'obéis. Tu gagnes toujours. Ah… t'es pas méchant. T'es un peu brute. C'est pas d'ta faute Si t'es comm' ça, Et puis moi J'aime pas les disputes. J'ai peur des coups. On s'refait pas, Alors j'dis rien Parce que je t'aime Et qu't'obéir C'est bon tout d'même. Puis ça vaut mieux Car j'aurais tort. Y a qu'à nous voir, C'est toi le plus fort. Mais y a des jours Où t'es plus l'même. Quand t'as l'cafard Ou des ennuis, Quand t'as besoin d'sentir Qu'on t'aime Et ces jours-là, Tu deviens tout petit. Alors j'te prends Sur ma poitrine. J'écoute ton cœur Et c'est très doux. J'deviens toute grande Et j'te câline. J'suis presque heureuse Et j'oublie tout. Là, dans mes bras, T'oses plus rien dire. T'as sur les lèvres Un beau sourire Et, comme un petit môme, Tu t'endors. Ben là… vraiment, C'est toi l'plus fort.

C'est un gars

<p>C'est un gars</p>

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Pierre Roche 1949

autres interprètes: Lucienne Delyle, Charles Aznavour

Sous mes pieds mes s'mell's se dérobent On voit l'jour à travers ma robe Mon corsage est tout rapiécé Et mes effets très fatigués Qu'import' ce qu'on dit à la ronde Je me fous du reste du monde Car depuis hier je suis aimée C'est fou ce qui m'est arrivé C'est un gars qu'est entré dans ma vie C'est un gars qui m'a dit des folies Tu es jolie, tu es jolie On m'l'avait jamais dit C'est un gars qui r'ssemblait à un ange C'est un gars qui parlait comme un ange Tu es jolie, tu es jolie J'en suis tout étourdie Mon Dieu je ne suis plus la même Quand il me murmure je t'aime Je trouve ça si merveilleux Qu'il y a des larmes dans mes yeux C'est beau l'amour qui se promène Quand un beau gars en tient la chaîne On voudrait rester prisonnier Rien qu'pour contempler son geôlier C'est un gars qu'est entré dans ma vie C'est un gars qui m'a dit des folies Tu es jolie, tu es jolie On m'l'avait jamais dit C'est un gars qui r'ssemblait à un ange C'est un gars qui parlait comme un ange Tu es jolie, tu es jolie J'en suis tout étourdie C'est merveilleux en moi la vie bourdonne L'amour jaillit dès que je m'abandonne Et quand il m'a soûlée De mots et de baisers Et qu'il sourit, c'est drôle Je mords dans son épaule C'est un gars qu'est entré dans ma vie C'est un gars qui m'a dit des folies Tu es jolie, tu es jolie Veux-tu d'moi pour la vie Oui.

C'est un homme terrible

<p>C'est un homme terrible</p>

Paroles et Musique: JP Moulin 1958

C'est un homme terrible Avec des yeux doux. Il me prend pour cible. Il me donne des coups. Il me fait pleurer Avec un regard. Il me fait trembler Quand il est en retard. C'est un homme terrible Avec des yeux verts. Il voit à travers. Il me passe au crible. Je suis transparente Quand il est devant moi. Je pleure, je me lamente. Je reste sans voix. Je descends la pente De la peur et de l'effroi. Cet homme me hante. Il me met en croix. C'est un homme terrible. C'est un homme terrible… Mais quand il me caresse, Quand je sens ses deux mains Se poser comme des compresses Sur mes yeux pleins de chagrin, Alors je ressuscite, Je retrouve le printemps. Le bonheur invite Au creux de mon amant. C'est un homme terrible Avec des yeux bleus. Mon cœur est la cible Où il vise le mieux. Il revient vers moi. Il revient toujours. Avec un grand "A", Ça s'appelle l'Amour. C'est un homme terrible. Il a peur, la nuit. Dans mes bras fragiles, Il s'apaise et rit Et puis il s'endort Et je le regarde. Il n'a plus de force. C'est moi qui le garde. Sentinelle dehors, A moi, la toquarde. Quand viendra l'aurore, Je quitterai la garde De cet homme terrible, De cet homme terrible, De cet homme terrible, De cet homme terrible, Terrible! Terrible! Hhhhhan!

C'est un monsieur très distingué

<p>C'est un monsieur très distingué</p>

Paroles: Edith Piaf. Musique: Louiguy 1941

Il descend dans les grands hôtels. Il a beaucoup de personnel. Il a aussi beaucoup d'argent, C'est pour ça qu'il est mon amant. C'est un Monsieur très distingué. C'est un Monsieur qui est marié. Ses enfants seront bien él'vés. Sa femme est née dans le grand monde. C'est un Monsieur très demandé. Tous les gens l'écoutent parler. Il est de la haute société. C'est c'qu'on appell' un homme du monde. Il a aussi un petit chien. On dit qu'il fait beaucoup de bien. Sa femme, moi et puis le chien, Nous faisons partie de ses biens. C'est un Monsieur très distingué. C'est un Monsieur qui est marié. Ses enfants seront très bien él'vés. Comme il se doit, je n'suis pas blonde. Je n'suis pas née dans le grand monde. Ce Monsieur-là peut tout ach'ter, Même l'illusion d'être aimé. Il est de la haute société. C'est c'qu'on appelle un homm' du monde. Je sais pourtant qu'un jour viendra Où, doucement, il me dira: "Chère amie, je suis désolé, Nos relations doivent cesser." C'est un Monsieur très distingué. C'est un Monsieur qui est marié. Ses enfants seront très bien él'vés. Comme il se doit, sa femme est blonde. Sa femme est née dans le grand monde. Je resterai seule à pleurer. Mon amour sera bien payé. C'est comm' ça dans la haut' société. C'est c'qu'on appelle les gens du monde.

C'était pas moi

<p>C'était pas moi</p>

Paroles: Robert Gall. Musique: Francis Laï 1963

Dans sa prison, il a pleuré, S'est révolté, s'est résigné Et d'une voix désespérée, Il ne cessait de répéter: "C'était pas moi qui, ce jour-là, passait par là. C'était pas moi! C'était pas moi qui avais fait ça, cette histoire-là. Ce n'est pas moi! Mais je n'ai pas su m'expliquer Cet homme trouvé dans le fossé. J'ai beau crier mon innocence Dans ma prison, J'ai beau crier dans le silence: Non, non, et non! Je reste là depuis des mois Et j'attends là ce qu'on fera de moi… Oui, je l'aimais Cette femme pour qui On a trouvé Cet homme tué… Oui, je l'aimais. J'en étais fou Et très jaloux Mais c'est pas vrai!… Coïncidence? Manque de chance? C'était pas moi! C'était pas moi! J'ai beau crier dans le silence De ma prison, J'ais beau crier mon innocence, Non, non, et non! Je reste là depuis des mois Et j'attends là ce qu'on fera de moi… Et face au ciel, Mon seul témoin, Tendant les mains Je veux crier: Ce n'est pas moi! Ce n'est pas moi! Ce n'est pas moi! Ce n'est pas moi!"

C'était un jour de fête

<p>C'était un jour de fête</p>

Paroles: Edith Piaf. Musique: Marguerite Monnot 1941

1. C 'était un jour de fête J'crois bien qu'c'était l'printemps Ça m'a tourné la tête J'venais d'avoir vingt ans I' m'a dit qu'j'étais belle Peut-être pour m'faire plaisir M'a dit des ritournelles Avec un beau sourire

{Refrain:}

I' m'en a donné des caresses I' m'a fait tout plein de serments Ce qu'il m'en a fait des promesses Avant de dev'nir mon amant I' m'en a donné des ivresses M'a juré de m'aimer tout l'temps Alors j'ai donné ma jeunesse C'est comme ça qu'on perd ses vingt ans 2. On s'est mis en ménage Dans le faubourg Saint-D'nis Hôtel du Beau Rivage Ça sentait bon Paris C'est au sixième étage Que j'ai connu l'amour Vous parlez d'un voyage Et quel joli séjour

{au Refrain}

3. Ces histoires là ça dure Ce que ça doit durer Ma petite aventure Hélas est terminée Fini le beau voyage Me voici de retour L'Hôtel du Beau Rivage A gardé mes amours

{au Refrain}


C'était une histoire d'amour

<p>C'était une histoire d'amour</p>

Paroles: Henri Contet. Musique: J.Jal 1943

J'ai connu des jours magnifiques L'amour était mon serviteur La vie chantait comme une musique Et elle m'offrait des tas d'bonheurs Mais j'en achetais sans compter J'avais mon cœur à dépenser C'était une histoire d'amour C'était comme un beau jour de fête Plein de soleil et de guinguettes Où le printemps m'faisait la cour Mais quand les histoires sont trop jolies Ça ne peut pas durer toujours C'était une histoire d'amour Ma part de joie, ma part de rêve Il a bien fallu qu'elle s'achève Pour me faire un chagrin d'amour Et tant pis si mes nuits sont blanches Tant pis pour moi si j'pleure tout l'temps C'est le chagrin qui prend sa r'vanche Y a qu'le chagrin qui est content Vraiment, il y a de quoi rire J'ai l'impression d'vouloir mourir! C'était une histoire d'amour C'était comme un beau jour de fête Plein de soleil et de guinguettes Où le printemps m'faisait la cour Mais quand les histoires sont trop jolies Ça ne peut pas durer toujours C'était une histoire d'amour Dont rien désormais ne demeure Il faut toujours que quelqu'un pleure Pour faire une histoire d'amour

Ça fait drôle

<p>Ça fait drôle</p> Ça fait drôle, ça fait vraiment drôle Quand nos corps se frôlent De nous éveiller Emerveillés… Ça fait drôle de sortir d'un rêve Au creux d'un lit tiède Surpris par le jour Dans notre amour… L'existence, Toujours étonnante, Fait de ces miracles. Faudrait l'applaudir Comme au spectacle. Ça fait drôle, j'avais peur de vivre Et puis tout arrive, Et ce tout pour moi, Ça veut dire toi. Ça fait drôle de rejouer ce rôle Contre ton épaule, Ce rôle oublié De femme aimée… De renaître, De me reconnaître Dans les yeux d'un être Lorsque lui non plus N'y croyait plus, Il me semble Que mes jambes tremblent, Que tout recommence, Après des années de longue absence. Ça fait drôle, je reprends ma place. Faut que je m'y fasse. J'apprends le bonheur, J' l'apprends par cœur. Ces voyages, je ne peux pas y croire, J'ai eu trop d'histoires. Je traîne avec moi trop de mémoire Mais quand même: Ça fait drôle quand même D'entendre "je t'aime" Car si cette fois-ci… Si cette fois-ci… Si cette fois-ci… Si cette fois-ci… Si cette fois-ci… Si cette fois-ci…

Carmen's story

<p>Carmen's story</p>

Paroles: Michel Rivgauche. Musique: Charles Dumont 1961

Dans le grand studio De cinéma, Sur le plateau, Tout le monde est là, Les deux vedettes et les acteurs, Metteur en scène et producteur, Décorateurs, et assistants Et puis la foule des figurants. On va tourner la première scène Du nouveau film d'après Carmen Et quelqu'un crie: "Silence! On tourne!" Carmen's story! Carmen's story! Comme si le destin, tout simplement N'attendait plus que ce moment, Il vient frapper en cet instant Parmi la foule des figurants. Alors soudain, elle l'aperçoit, Il lève la tête, et il la voit, Et dans leurs yeux il y a l'amour, Mais un amour de fin des jours… Et quelqu'un crie: "Très bon! Coupez!" Carmen's story! Carmen's story! Elle ne voit que lui dans le studio, Il ne voit qu'elle sur le plateau, Et dans la foule des figurants Habit brodé, habit clinquant, En somnambules, au fil des jours, Illuminés par leur amour, Sans le savoir, transfigurés, Ils sont Carmen et Don José, Et quelqu'un crie: "Silence! On tourne!" Carmen's story! Carmen's story! Mais dans le studio de cinéma, Voilà qu'un jour il l'aperçoit En train de rire, rire aux éclats Avec cet homme qui est là-bas… Ça lui fait mal, il veut partir… Mais le destin doit s'accomplir Et dans la foule des figurants Elle est tombée, sans même crier… Quelqu'un a dit: "Très bon! Coupez!" Carmen's story! Carmen's story!

Céline

<p>Céline</p>

Paroles: Arrangements: L. Liébart, Marc Herrand 1946

Sont trois jeunes garçons S'en allant à la guerre, S'en allant à la guerre, Tout droit en regrettant, Tout droit en regrettant Bien leurs maîtresses. Le plus jeune des trois Regrettait bien la sienne, Regrettait bien la sienne Et il a bien raison: C'est la plus jolie fille De tous les environs. Le bon soldat s'en va Trouver son capitaine: "Bonjour, mon capitaine. Donnez-moi mon congé Pour allez voir Céline Qui ne fait que pleurer…" Son capitaine répond Comme un homme de guerre Ton joli passeport Va t'en, va voir ta fille Tu reviendras d'abord. Puis le galant s'en va Au château de son père. "Bonjour mon père, ma mère. Bonjour mes chers parents, Sans oublier Céline Que mon cœur aime tant." Son père lui répond: "Mais ta Céline est morte Mais ta Céline est morte, Est morte en t'appelant. Son corps est dans la terre, Son âme, au Paradis." Puis le galant s'en va Pleurer dessus sa tombe: "Céline, ma Céline, Parle, parle, parle-moi! Mon cœur se désespère De jamais plus te voir…" Céline lui répond: "Ma bouche est pleine de terre Ma bouche est pleine de terre… La tienne est pleine d'amour! Je garde l'espérance De te revoir un jour…" Le bon soldat s'en va Trouver son capitaine "Bonjour, mon capitaine! Me voici de retour Puisque Céline est morte, Je servirai toujours…"

Celui qui ne savait pas pleurer

<p>Celui qui ne savait pas pleurer</p>

Paroles: Henri Contet. Musique: Ch.Normand 1936

C'est l'histoire d'un type moyen Qui n'avait jamais pu pleurer. Il en avait pas les moyens, Pourtant, il aurait bien aimé, Car de pleurer, ça vous soulage Et ça vous met du baume dans l'cœur, Mais lui, il avait passé l'âge D'apprendre le chagrin par cœur. Il essayait de se concentrer Pour s'émouvoir à l'improviste, Mais non: il savait pas pleurer Et c'est ça qui le rendait triste. Pour se payer ce petit instant Où l'on est vraiment malheureux, Y s'fabriquait des embêtements, Inventait des ennuis sérieux Et pour ça, il savait s'y prendre, A en juger par son passé. Il avait même tenté de se pendre, Preuve qu'il aimait pas rigoler. Quand s'présentait un beau malheur, Tout de suite il lui faisait du charme Mais il avait beau s'crever l'cœur, Il pouvait pas trouver une larme. Ça lui a passé subitement, Rencontrant près d'une fontaine Où se débarbouillait l'printemps, Une gosse qui avait de la peine. Dans son petit tablier de toile, Elle pleurait comme une enfant. Il a vu ses yeux pleins d'étoiles, Alors il en a fait autant. Un type comme ça, c'est pas commun Car il était pas comme nous autres. Puisque, pour qu'il ait du chagrin, Il lui fallait l'chagrin des autres. La gosse était toute seule au monde, Tout' seule le jour, tout' seule la nuit Et puis surtout, elle était blonde, Alors il l'a prise avec lui. Il est content puisque c'est elle Qui lui a appris à pleurer Mais la leçon était trop belle La fille aussi… tout a raté. Il est devenu bien malheureux, Trompé plus qu'il ne le mérite Et tous les jours, il pleure un peu Maintenant qu'il sait, il en profite.

'Chand d'habits

<p>'Chand d'habits</p>

Paroles: J. Bourgeat. Musique: R. Alfred 1936

Dis-moi, 'chand d'habits, N'as-tu pas trouvé, Parmi le lot de mes vieilles défroques Que, ce matin, je te vendis à regret, 'Chand d'habits, parmi elles, N'as-tu trouvé, tout en loques, Triste, lamentable, déchiré, Un douloureux cœur abandonné? Rends-moi, je t'en prie, mon ami, Cette chose meurtrie… C'est mon pauvre cœur… j'en ai besoin… Crois-tu, mon vieux, que c'est bête! Quand tu est venu à mon appel Faire l'emplette Je croyais bien n'y pas tenir autant… Quand tu partis chargé de ton triste fardeau, Tout mon passé suivit, et je pleure… Je pleure mes soucis, mon enfance, Mes chers amours qui ne sont plus que souvenance… Rends-moi mon pauvre cœur, Triste objet périmé… Revends-moi la joie qui m'a quittée… Dis! 'chand d'habits!… Cette pauvre chose, c'était pour l'oubli… C'est toute ma vie… Oui… Dis-moi, 'chand d'habits, Parmi mes défroques, N'as-tu pas trouvé mon pauvre cœur en loques?…

Chanson bleue

<p>Chanson bleue</p>

Paroles: Edith Piaf. Musique: Marguerite Monnot 1951

Je vais te faire une chanson bleue Pour que tu aies des rêves d'enfant Où tes nuits n'auront plus de tourments. Alors, le jour, tu vas chanter Pour que les autres puissent espérer… Quand le monde l'aura appris, Tu pourras quitter la vie. Tu viendras chanter dans les cieux… …Chanson Bleue… Tu feras pleurer les anges En leur racontant tes souffrances. Apporte dans tes mains trop jolies, Ton cœur, tes pleurs, et puis la vie… Quand Jésus est mort sur sa croix, Il a souffert autant que toi, Pardonne ta mère, et le Bon Dieu Et laisse sur la terre comme Dieu… …Chanson Bleue… Voilà ta mission terminée… Tes amis, tu vas les quitter… Caresse les cheveux des enfants, Souris aux vieillards en passant, Toi, tu n'as plus de lendemains: Finis tes matins pleins de chagrin… Saint-Pierre, les anges, et le Bon Dieu Vont t'ouvrir les portes des cieux… …Chanson Bleue…

Chanson de Catherine

<p>Chanson de Catherine</p>

Paroles: C. Youri, A. Joumiaux. Musique: P. Damine 1951

Te voilà mariée, Catherine, Sans joie et sans amour. Celui que tu aimes, Catherine, Est perdu pour toujours… Qu'ils étaient doux, les jours passés, Mais à quoi bon les évoquer? Un oiseau noir crie dans la nuit. Hier, Catherine, tu as dit "oui" Et maintenant, il faut danser. Il faut danser… et oublier. Pourquoi pleurer, la belle enfant? Les violons jouent tendrement… Te voilà mariée, Catherine, Sans joie et sans amour. Celui que tu aimes, Catherine, Est perdu pour toujours… Il est au bout de ton jardin, Un très vieux chêne, où un garçon Avait jadis gravé ton nom Dans un seul cœur, auprès du sien. Vois-tu, celui qui tu aimais, Vois-tu, celui qui tant t'aimait… Eh! L'oiseau noir!… Que me dis-tu? C'est à ce chêne qu'il s'est pendu… Te voilà mariée, Catherine, Sans joie et sans amour. Celui que tu aimes, Catherine, Est perdu pour toujours… Petite Catherine, demain matin, Dans l'eau glacée de ton chagrin, Dans l'eau étrange de la mer, Tu flotteras, les yeux ouverts, Les yeux ouverts sur ton destin Et, dans ta robe de satin, Juste où la mer se mêle au ciel, Tu rejoindras l'amant fidèle… Te voilà mariée, Catherine, Mariée avec l'amour… Celui que tu aimes, Catherine, Est à toi pour toujours…

Comme moi

<p>Comme moi</p>

Paroles: Claude Delécluse, Michèle Senlis. Musique: Marguerite Monnot 1957

Peut-être bien qu'ailleurs, Une femme a le cœur Eperdu de bonheur Comme moi… Et que d'un geste heureux Elle soulève un peu Le rideau de soie bleue, Comme moi… Pour regarder en bas Son amour qui viendra La prendre dans ses bras, Comme moi… Elle attend son amour, Les yeux de son amour, Les bras de son amour, Comme moi… Peut-être bien aussi, Qu'à l'instant, elle vit, Le meilleur de sa vie, Comme moi… Et qu'en fermant les yeux, Elle abandonne un peu Sa main dans ses cheveux, Comme moi… Peut-être qu'à son cœur, Elle épingle une fleur Et puis regarde l'heure, Comme moi… Et pense à son amour, Aux yeux de son amour, Aux bras de son amour, Comme moi… Peut-être bien encore Qu'elle entendra plus fort Son cœur battre et qu'alors, Comme moi… Elle voudra crier En entendant monter Un pas dans l'escalier, Comme moi… Comme moi dans l'instant Où mon cœur en suspens Se retient un moment, Contre toi… Et puis meure, mon amour, Dans tes yeux, mon amour, Dans tes bras mon amour, Mon amour…

Comme un moineau

<p>Comme un moineau</p>

Paroles: M. Hély. Musique: J. Lenoir 1925

autres interprètes: Edith Piaf, Berthe Sylva (1935), Jackie Sardou

1. C 'est près d'une gouttière à matous Dans une mansarde de n'importe où A Montparnasse Que j'suis venue au monde sur les toits Et que j'ai pour la première fois Ouvert les chasses Mes pères et mères déchards comme tout Qui de plus n'aimaient pas beaucoup Sucer d'la glace A l'heure des repas dans notre garno M'laissaient souvent sans un mélo Le bec ouvert Comme un moineau! 2. A l'âge où tous les autres marmots A l'école vont s'meubler l'cerveau De bonne grammaire Avec un tas d'mauvais loupiots Dans les coins on allait jouer au Père et à la mère Bien sûr ces petit jeux innocents Ne développent pas précisément Les bonnes manières A quinze ans, droite sur mes ergots J'allumais tous les gigolos L'œil effronté Comme un moineau! 3. L 'premier qu'a voulu ma vertu Pour me posséder n'a pas eu A faire de siège Il n'a eu qu'à m'ouvrir les bras Et mon amour est tombé là Comme dans un piège Si j'avais l'esprit perverti Mon cœur, au contraire, était lui Pur comme la neige Nous éveillant sous les bécots Nous allions à tous les échos Chanter l'amour Comme deux moineaux! 4. Il me plaqua, a-t-il eu tort? Je me suis consolée d'un sort Qui est le nôtre Avec un p'tit gars dessalé, Mais qui, pour ne pas travailler, M'vendit à d'autres On s'accoutume à ne plus voir La poussière grise du trottoir Où l'on se vautre Chaque soir sur l'pavé parigot On cherche son pain dans le ruisseau Le cœur joyeux Comme des moineaux! 5. L 'hiver viendra et mon seul bien Ce pauvre corps qui, je l'sens bien Déjà se lasse Tombera sur le pavé brutal J'passerai sur un lit d'hôpital Un soir d'angoisse Pas plus mauvaise que beaucoup J'aurais préféré malgré tout, Au lieu d'un poisse Un homme qui m'eût aimée d'amour Pour avec lui finir mes jours Dans un nid chaud Comme un moineau!

Corrèque et réguyer

<p>Corrèque et réguyer</p>

Paroles: M.Hély. Musique: Paul Maye 1938

Le grand Totor qu'est en ménage avec Totoche Qui la filoche Et la défend, C'est pas un mec à la mie d' pain, poisse à la manque Qui fait sa planque Comme un fainéant. Comme un chef d'administration, Il organise la production, Le nécessaire et l' superflu. Tout est réglé, tout est prévu Pendant les heures d'exploitation, C'est pas un homme, c'est un démon Mais en dehors de ses fonctions C'est pas un homme, c'est un mouton Après l' boulot, si qu'elle veut faire des heures en plus, C'est son affaire et dans l' fond ça n' le r'garde plus Comme dit Totor, ça m'fait pas tort Pour l'argent qu'elle gagne au-dehors, On est d'accord comme dit Totor Faut pas s'conduire comme un butor Comme dit Totor, j'y laisse le droit d' la dépenser A volonté, d' la ramasser ou d' la placer De s' tuyauter, d' boursicoter D'ach'ter d' la rente ou du foncier En suivant les cours financiers Des charbonnages ou des aciers J'ai pas l' droit d'y fourrer mon nez. CORRÈQUE… et RÉGUYER! Pendant qu' les autres vont jouer l' pastis à la belote Avec les potes Dans les bistros, Totor contrôle tout c' que la Totoche lui raconte Et fait des comptes Dans son bureau. Pour le resquillage et l' boni, Avant qu'elle parle, il a compris Y a rien à chiquer avec lui C'est pas un homme, c'est un taxi A moins d'erreur ou d'omission, A la première contestation, La machine à coller des j'tons Est prête pour la distribution Dans les affaires, quand on s' laisse faire, on est foutu Comme dit Totor, il faut d'abord quand ça n' va plus Y aller d'autor et taper fort! Mais une fois qu'on a fait du sport, Comme dit Totor, ce s'rait un tort Que de s' conduire comme un butor Quand qu' c'est réglé, à quoi qu' ça sert d'être rancunier? Comme dit Totor, une fois qu'il a la main tournée, Il lui colle du taff'tas gommé Et lui dit pour la consoler: Blessée en service commandé, C'est un accident du métier… Demain, t'iras pas travailler CORRÈQUE et RÉGUYER! Et malgré ça, y a des jours où qu' la môme Totoche Fait sa caboche Et r'prend l' dessus Ça fait qu'un soir, a s'est fait voir avec Tatave, Et c' qu'est l' plus grave, Totor l'a su! Comme dit Totor, qu'on soye bourgeois, Barbeau, prince ou n'importe quoi, Chacun son bien, chacun son dû Sans ça, la morale est foutue, C' qui fait qu'en sortant du restaur Tatave s'est trouvé d'vant Totor Qui y a dit, les yeux dans les yeux, On va régler ça tous les deux! Dans les affaires, quand on s' laisse faire, on est foutu Mais l' môme Tatave y a dit: Totor, j'te comprends pus! J' te jure, Totor, t'es dans ton tort! Avec la môme, j'ai pas d'remords On est d'accord, et quand on a sort, J'y r'file cent balles dans l' collidor, Alors Totor y a dit: j'ai rien à te r'procher! Tu vois, mon pote, si tu m'avais pas renseigné, On s'rait en train d' s'entrelarder Mais moi, j'pouvais pas l' deviner Vu qu'a m'a jamais rien donné Final'ment, tu peux t'en aller Mais c'est elle qui va dérouiller! CORRÈQUE et RÉGUYER!

Coup de grisou

<p>Coup de grisou</p>

Paroles: Henri Contet. Musique: Louiguy 1943

C'était un homm' sans condition, Un typ' qu'avait pas d'ambition, Pourtant, Bon Dieu! qu'il était fort. Il n'avait pas d'situation Et il travaillait au charbon Dans les villes noires du Nord. On l'avait app'lé: "Coup d'grisou" Un jour qu'il était en colère Et qu'il avait mis sens d'ssus d'ssous Tout un bistro avec les verres. A forc' de peiner dans le noir, Il n'aimait qu'la couleur du soir. Le soleil lui brûlait les yeux. Le grand jour l'empêchait d'parler. C'était un dieu d'l'obscurité, Un dieu bien triste et malheureux, Un dieu bien triste et malheureux Car il aimait par-dessus tout Un' fill' des plain's aux cheveux roux, Roux comm' les sarments des vignes, Des cheveux où la lumièr' pleut. Ça l'forçait à cligner des yeux Comm' si l'soleil lui faisait sign'. Ell' l'emmenait dans les moissons Par les frais chemins du dimanche. Tout était clair, tout était blond Et la clarté prenait sa r'vanche. Ça lui f'sait mal derrièr' le front Mais il faisait des concessions. Dame, il essayait d'être heureux. C'est comm' ça qu'on perd un amour. Ell' l'a trompé par un beau jour Avec un qui aimait l'ciel bleu, Avec un qui aimait l'ciel bleu. Quand "Coup d'grisou" a tout appris, Il travaillait au fond du puits Tout luisant de reflets tout noirs Pendant dix s'cond's il n'a rien dit Et puis d'un seul coup ça l'a pris. Ah! c'était pas joli à voir, Rien qu'à l'entendre on s'demandait Si l'diable n'était pas sous terre. Probabl' que ça lui ressemblait Puisqu'il a tout foutu par terre. Quand l'vrai grisou s'en est mêlé, A eux deux, ils ont fait sauter La terre, la mine et tout l'fourbi! Après trois jours on l'a r'monté Avec sa part d'éternité Et quand on l'a sorti du puits, La lumièr' se moquait de lui. Le soleil donnait un gala Pour l'embêter un' dernièr' fois Mais Coup d'grisou était guéri: Il avait épousé la nuit…

Cri du coeur

<p>Cri du coeur</p>

Paroles: Jacques Prévert. Musique: Henri Crolla 1960

C'est pas seulement ma voix qui chante. C'est l'autre voix, une foule de voix, Voix d'aujourd'hui ou d'autrefois, Des voix marrantes, ensoleillées, Désespérées, émerveillées, Voix déchirantes et brisées, Voix souriantes et affolées, Folles de douleur et de gaieté. C'est la voix d'un chagrin tout neuf, La voix de l'amour mort ou vif, La voix d'un pauvre fugitif, La voix d'un noyé qui fait plouf. C'est la voix d'une enfant qu'on gifle, C'est la voix d'un oiseau craintif, La voix d'un moineau mort de froid Sur le pavé d' la rue d' la joie… Et toujours, toujours, quand je chante, Cet oiseau-là chante avec moi. Toujours, toujours, encore vivante, Sa pauvre voix tremble pour moi. Si je disais tout ce qu'il chante, Tout c'que j'ai vu et tout c'que j'sais, J'en dirais trop et pas assez Et tout ça, je veux l'oublier. D'autres voix chantent un vieux refrain. C'est leur souvenir, c'est plus le mien. Je n'ai plus qu'un seul cri du cœur: "J'aime pas l'malheur! J'aime pas l'malheur!" Et le malheur me le rend bien Mais je l' connais, il m' fait plus peur. Il dit qu'on est mariés ensemble. Même si c'est vrai, je n'en crois rien. Sans pitié, j'écrase mes larmes. Je leur fais pas d'publicité. Si on tirait l'signal d'alarme Pour des chagrins particuliers, Jamais les trains n'pourraient rouler Et je regarde le paysage. Si par hasard, il est trop laid, J'attends qu'il se refasse une beauté Et les douaniers du désespoir Peuvent bien éventrer mes bagages, Me palper et me questionner, J'ai jamais rien à déclarer. L'amour, comme moi, part en voyage. Un jour je le rencontrerai. A peine j'aurai vu son visage, Tout de suite je le reconnaîtrai…

Dans leur baiser

<p>Dans leur baiser</p>

Paroles: Michel Vaucaire. Musique: Charles Dumont 1961

Il y avait dans leur baiser, Dans leur baiser désespéré, Tous les regrets, tous les chagrins du monde entier, Tout le chagrin de nos amants Que le destin va séparer, De deux amants qui ont compris Que c'est fini… Ce n'était, parmi tant d'autres, Qu'un pauvre baiser d'adieu. Ce n'étaient, parmi tant d'autres, Que deux cœurs très malheureux. Il y avait dans leur baiser, Dans leur baiser désespéré, Le désarroi d'un grand amour qui s'est brisé, Le désarroi d'un grand amour Contre lequel tout s'est ligué. Il y avait dans leur baiser Deux vies ratées. Ce n'était, parmi tant d'autres, Qu'un pauvre baiser d'adieu. Ce n'étaient, parmi tant d'autres, Que deux cœurs très malheureux. Il y avait dans leur baiser, Dans leur baiser désespéré, Ce grand secret dont les passants se moquaient bien, Dont les passants se moquaient bien Comme ils s'étaient moqués de nous, Moqués de nous, ah! Ce triste soir Comme ce soir… Ce n'était, parmi tant d'autres, Qu'un pauvre baiser d'adieu Mais soudain, c'était le nôtre, Mais soudain, c'était nous deux… Et c'était toi, et c'était nous Que tout d'un coup je voyais là… Dans ce baiser, Dans ce baiser désespéré…

Dans ma rue

<p>Dans ma rue</p>

Paroles: Edith Piaf. Musique: Jacques Datin 1952

J'habite un coin du vieux Montmartre Mon père rentre soûl tous les soirs Et pour nous nourrir tous les quatre Ma pauvr' mére travaille au lavoir. Moi j'suis malade, j'rêve à ma fenêtre Je r'garde passer les gens d'ailleurs Quand le jour vient à disparaître Il y a des choses qui me font un peu peur Dans ma rue il y a des gens qui s' promènent J'les entends chuchoter dans la nuit Quand je m'endors bercée par une rengaine J'suis soudain réveillée par des cris Des coups d'sifflet, des pas qui traînent, qui vont et viennent Puis le silence qui me fait froid dans tout le coeur Dans ma rue il y a des ombres qui s' promènent Et je tremble et j'ai froid et j'ai peur Mon père m'a dit un jour: "la fille, Tu ne vas pas rester là sans fin T'es bonn' à rien, ça c'est d'famille Faudrait voir à gagner ton pain Les hommes te trouvent plutôt jolie Tu n'auras qu'à sortir le soir Il y'a bien des femmes qui gagnent leur vie En "s' balladant sur le trottoir" Dans ma rue il y a des femmes qui s' promènent J'les entends fredonner dans la nuit Quand je m'endors bercée par une rengaine J'suis soudain réveillée par des cris Des coups d'sifflet, des pas qui traînent, qui vont et viennent Puis le silence qui me fait froid dans tout le coeur Dans ma rue il y a des femmes qui s' promènent Et je tremble et j'ai froid et j'ai peur Et depuis des semaines et des semaines J'ai plus d' maison, j'ai plus d'argent J' sais pas comment les autres s'y prennent Mais j'ai pas pu trouver d' client J'demande l'aumône aux gens qui passent Un morceau d' pain, un peu d' chaleur J'ai pourtant pas beaucoup d'audace Maintenant c'est moi qui leur fait peur Dans ma rue tous les soirs je m' promène On m'entend sangloter dans la nuit Quand le vent jette au ciel sa rengaine Tout mon corps est glacé par la pluie Mais je n' peux plus, j'attends sans cesse que le bon Dieu vienne Pour m'inviter à me réchauffer tout près de Lui Dans ma rue il y a des anges qui m'emmènent Pour toujours mon cauchemar est fini

Dans un bouge du vieux port

<p>Dans un bouge du vieux port</p>

Paroles: A. Deltour. Musique: A. Liaunet, F. Decruck 1937

Quand de troubles rêves Hantent le vieux marin A l'heure où le soir vient L'appel des flots câlins A quoi bon l'écouter sur la grève? Car d'autres mers là-bas Lui murmuraient tout bas Des mots que celle-ci ne dit pas

{Refrain:}

Dans un bouge du vieux port Il se réfugie Et berce sa nostalgie De rêves d'or L'ardent regret qui le mord S'éteint pour une heure Quand l'accordéon pleure Dans un bouge du port Le chant des sirènes Jamais il ne l'entend Ce n'est pas en rêvant Auprès des flots mouvants Qu'il évoque les terres lointaines Non, ce n'est pas le chant Au bord de l'océan Qui lui parle des amours d'antan

{au Refrain, x2}


De l'autre côté de la rue

<p>De l'autre côté de la rue</p>

Paroles et Musique: Michel Emer 1943

Des murs qui se lézardent, Un escalier étroit, Une vieille mansarde Et me voilà chez moi. Un lit qui se gondole, Un' table de guingois, Une lampe à pétrole Et me voilà chez moi Mais le soir, quand le cafard me pénètre Et que mon cœur est par trop malheureux, J'écarte les rideaux de ma fenêtre Et j'écarquille les yeux.

{Refrain:}

D'l'autr' côté d'la rue, Y a un' fille, Y a un' bell' fille Qui a tout c'qu'il lui faut Et mêm' le superflu. D'l'autr' côté d'la rue, Elle a d'l'argent, un' maison, des voitures, Des draps en soie, des bijoux, des fourrures. D'l'autr' côté d'la rue, Y a un' fille, Y a un' bell' fille. Si j'en avais le quart, je n'en d'mand'rais pas plus, D'l'autr' côté d'la rue. Souvent, l'âme chagrine, Quand je rentre chez moi, Je vais courbant l'échine, Il pleut ou il fait froid. Faut monter sept étages, Suivre un long corridor. Je n'ai plus de courage. Je me couche et je dors Et le lend'main faut que tout recommence. J'pars au travail dans le matin glacé, Alors je m'dis y'en a qui ont trop d'chance Et les autres pas assez. D'l'autr' côté d'la rue, Y a un' fill', Y a un' bell' fille Pour qui tout's nos misèr's S'ront toujours inconnues. D'l'autr' côté d'la rue, Quand il fait froid, ell' dans' des nuits entières, Quand il fait chaud, ell' s'en va en croisière. D'l'autr' côté d'la rue, Y a un' fill', Y a un' bell' fille. Vivre un seul jour sa vie, je n'en d'mand'rais pas plus, D'l'autr' côté d'la rue. J'le connaissais à peine, On s'était vu trois fois Mais à la fin d'la s'maine Il est venu chez moi. Dans ma chambre au septième, Au bout du corridor, Il murmura: "Je t'aime". Moi j'ai dit: "Je t'adore". Il m'a comblée de baisers, de caresses, Je ne désire plus rien dans ses bras. Je vois ses yeux tout remplis de tendresse, Alors je me dis tout bas: D'l'autr' côté d'la rue, Y a un' fill', Y a un' pauvr' fille Qui n'connaît rien d'l'amour, Ni d'ses joies éperdues. D'l'autre côté d'la rue, Ell' peut garder son monsieur qu'ell' déteste, Ses beaux bijoux, tout son luxe et le reste. D'l'autr' côté d'la rue, Y a un' fill', Y a un' pauvr' fille Qui regarde souvent, d'un air triste et perdu, D'l'autr' côté d'la rue.

Demain (il fera jour)

<p>Demain (il fera jour)</p>

Paroles: Marcel Achard. Musique: Marguerite Monnot 1951

Demain il fera jour. C'est quand tout est perdu Que tout commence. Demain il fera jour. Après l'amour, Un autre amour commence. Un petit gars viendra en sifflotant, Demain… Il aura les bras chargés de printemps, Demain… Les cloches sonneront dans votre ciel, Demain… Tu verras la lune de miel briller, Demain… Car demain: Tu vas sourire encore, Aimer encore, souffrir encore, Toujours… Demain il fera jour. Dans ton cœur brisé pour toujours, Il reste encore de l'amour. Tu crois ta douleur si profonde Que ta vie va s'arrêter là… La plus belle fille du monde Peut toujours donner plus qu'elle a… Demain il fera jour. C'est quand tout est perdu Que tout commence. Demain il fera jour. Après l'amour, Un autre amour commence. Un petit gars viendra en sifflotant, Demain… Il aura les bras chargés de printemps, Demain… Les cloches sonneront dans votre ciel, Demain… Tu verras la lune de miel briller Demain… Car demain: Tu vas sourire encore, Aimer encore, souffrir encore, Toujours… Demain il fera jour. Demain…

Des histoires

<p>Des histoires</p>

Paroles: Michel Vaucaire. Musique: Charles Dumont 1960

Histoire de pas savoir pour qui, Histoire de pas savoir pourquoi j' vivais ma vie, Je me suis raconté, raconté, raconté, Je me suis raconté, raconté des histoires, Histoire d' savoir pourquoi on rit, Pourquoi on pleure. A quoi ça sert d'avoir un cœur? Je me suis raconté, raconté, raconté Je me suis raconté, raconté des histoires Et, petit à petit, J'ai fini par t'aimer Et un jour ton histoire Est entrée dans ma vie. Histoire de pas être aguerrie, J'ai d'abord pas très bien compris Mais malgré moi, je me suis raconté, raconté, raconté, Je me suis raconté, raconté des histoires, Histoires d'amour, un peu, beaucoup, Jamais toujours, et tout d'un coup, à la folie. Je me suis raconté, raconté, raconté, Je me suis raconté, raconté des histoires Et, petit à petit, J'ai fini par t'aimer, Par beaucoup trop t'aimer Pour que tu m'aimes aussi. Histoire de pas savoir pour qui, Histoire de pas savoir pourquoi tu m'as quittée, Je me suis raconté, raconté, raconté, Je me suis raconté, raconté des histoires: C'était pas vrai, ton manque de cœur Et qu' tu voulais seulement me faire peur, Que tu reviendrais, Que c'était jamais rien, jamais rien, jamais rien, Que c'était jamais rien, jamais rien qu'une histoire, Mais il était trop tard, Cette fois-là, pour le croire, Trop tard pour t'oublier, Trop tard pour plus t'aimer. Histoire de pas savoir pour qui… Histoire de pas savoir pourquoi…

Ding din dong

<p>Ding din dong</p>

Paroles: Raymond Asso. Musique: P. Dreyfus 1936

Quand il naquit, son père sa mère, Depuis longtemps, ne s'aimaient plus. Ça fait qu'il arriva sur terre Un peu comme un enfant perdu. Quand on est môme, ça vous dégoûte De ne jamais rire de tout son cœur, Alors, très jeune, il prit la route Et s'enfuit chercher le bonheur.

{Refrain:}

Ding Din Dong, chantons sa plainte. Ding Din Dong, chantons-la donc. Il chercha dans la solitude. Il chercha aussi dans le bruit. De chercher, ayant l'habitude, Quand il le trouva, il s'enfuit. Puis il aima, elle était blonde. Elle l'aimait bien, oui mais voilà: Elle se donnait à tout le monde. Il la battit puis s'en alla.

{Refrain}

Il se dit: "Les blondes sont volages, Mais les cheveux noirs c'est plus sérieux." Il prit un brune, promit mariage, Pensant qu'cette fois il s'rait heureux. Au bout de cinq à six semaines, Elle s'ennuyait à la maison. "Vraiment", dit-il, "je n'ai pas d'veine. Elle a pourtant pas les ch'veux blonds."

{Refrain}

Il ne savait pas que les femmes, Ça n'aime pas l'bonheur quotidien Et l'pauvre garçon s'torturait l'âme: "Mais j'l'aime… mon Dieu… Ah que j'l'aime bien." Et, mordu par la jalousie, Y n'savait plus que s'lamenter. "On va m'la prendre, elle est jolie." Alors il voulut la tuer.

{Refrain}

Mais elle était vraiment fidèle. Il l'aimait tant qu'il préféra Se faire sauter la cervelle. Il en mourut et puis voilà. Si cette histoire vous fait rire, C'est que vous n'avez rien compris. Il cherchait le bonheur, le pire Est qu'il trouva la mort, tant pis… Ding Din Dong, finit sa plainte… Ding Din Dong, et Ding et Dong…

Du matin jusqu'au soir

<p>Du matin jusqu'au soir</p>

Paroles et Musique: Edith Piaf 1951

Du matin jusqu'au soir Et du soir au matin, Moi, je l'aime. Ce qu'il dit, ce qu'il fait, Moi, je trouve ça parfait Car je l'aime… Dès le lever du jour, Ce sont des mots d'amour. Dis m'amour, On s'aimera toujours… Il sourit, puis il dit: "Tu bouleverses ma vie." C'est qu'il m'aime. C'est bon d'être amoureux Surtout quand on est deux Et qu'on s'aime. Je t'aime, tu m'aimes, On s'aime… Je l'aime, il m'aime Et l'on s'aime… Du matin jusqu'au soir Et du soir au matin. Je ne suis pas du tout Aveuglée par l'amour. Je vois objectivement Le contre et puis le pour. Vous voyez qu'honnêtement Je ne suis pas de parti pris Mais j'avoue franchement 'y en a pas deux comme lui… Du matin jusqu'au soir Et du soir au matin, Moi, je l'aime. Ce qu'il dit, ce qu'il fait, Moi, je trouve ça parfait Car je l'aime. Dès le lever du jour Ce sont des mots d'amour. Dis m'amour, On s'aimera toujours… Il sourit puis il dit: "Tu bouleverses ma vie." C'est qu'il m'aime. C'est bon d'être amoureux Surtout quand on est deux Et qu'on s'aime. Je t'aime, tu m'aimes, On s'aime. Je l'aime, il m'aime Et l'on s'aime Du matin jusqu'au soir Et du soir au matin…

Eden blues

<p>Eden blues</p>

Paroles et Musique: Georges Moustaki 1960

autres interprètes: Edith Piaf, Yvette Giraud

En descendant le fleuve argent Qui roule jusqu'au Névada On voit la plaine qui s'étend A l'est de Santa Lucia Les villes s'appellent Natividad, San Miguel ou San Lorenzo Les filles s'appellent Soledad Les garçons gardent les troupeaux C'est là que Jim a rencontré Sur une route un soir de pluie Catherine la fille d'un fermier Et qu'ils s'aimèrent toute la nuit Le soleil fait briller son or Dans quelques rares flaques d'eau Le cactus forme le décor Le chardon couvre les coteaux C'est là qu'Adam le sénateur Est venu finir ses vieux jours Puis il est mort d'un coup au cœur On prétend que c'est du mal d'amour Mais les fleurs couchées par le vent Semblent prier pour son repos La lune verse une larme d'argent Sur la croix blanche du tombeau En descendant le fleuve argent Qui roule jusqu'au Névada On voit la plaine qui s'étend A l'est de Santa Lucia Les villes s'appellent Natividad, San Miguel ou San Lorenzo Les filles s'appellent Soledad Les garçons gardent les troupeaux

Elle a dit

<p>Elle a dit</p>

Paroles: Edith Piaf. Musique: Gilbert Bécaud 1952

Elle a dit: "Tu sais, nous deux, c'est fini! A quoi ça sert de s'accrocher? Il faut savoir garder sa dignité, Et puis… j'aime pas voir un homme pleurer… Il vaut mieux qu'on se quitte bons amis, Comprends, aide-moi, et souris…" Alors il a fait comme elle demandait: Devant elle, en partant, il chantait Là-là-là… Elle a dit: "Tu sais, nous deux, c'est fini! A quoi ça sert de s'accrocher? Il faut savoir garder sa dignité, Et puis… j'aime pas voir un homme pleurer…" Quand il s'est couché seul dans son grand lit, Alors d'un coup, il a compris Que ça serait plus dur qu'il ne pensait, Et tout seul dans son lit, il pleurait… Ah-ah-ah… Il a dit: "J'peux pas croire que c'est fini! Je sens que je vais m'accrocher… C'est très beau de garder sa dignité Et ça fait tellement de bien de pleurer. Quand je pense au jour qui va se lever, Aux choses qu'il me faudra cacher, Je sens que j'pourrai jamais m'habituer…" Pour finir dignement, il s'est… Aaaah-aaaah-aaaah… Tout seul il pleure dans l'éternité…

Elle fréquentait la rue Pigalle

<p>Elle fréquentait la rue Pigalle</p>

Paroles: Raymond Asso. Musique: L.Maitrier 1939

Ell' fréquentait la rue Pigalle. Ell' sentait l'vice à bon marché. Elle était tout' noire de péchés Avec un pauvr' visage tout pâle. Pourtant, y avait dans l'fond d'ses yeux Comm' quequ' chos' de miraculeux Qui semblait mettre un peu d'ciel bleu Dans celui tout sale de Pigalle. Il lui avait dit: "Vous êt's belle." Et d'habitud', dans c'quartier-là, On dit jamais les chos's comm' ça Aux fill's qui font l'mêm' métier qu'elle Et comme ell' voulait s'confesser, Il la couvrait tout' de baisers, En lui disant: "Laiss' ton passé, Moi, j'vois qu'un' chos', c'est qu' tu es belle." Y a des imag's qui vous tracassent Et, quand ell' sortait avec lui, Depuis Barbès jusqu'à Clichy Son passé lui f'sait la grimace Et sur les trottoirs plein d'souv'nirs, Ell' voyait son amour s'flétrir, Alors, ell' lui d'manda d'partir, Et il l'emm'na vers Montparnasse. Ell' croyait r'commencer sa vie, Mais c'est lui qui s'mit à changer. Il la r'gardait tout étonné, Disant: "J'te croyais plus jolie, Ici, le jour t'éclair' de trop, On voit tes vic's à fleur de peau. Vaudrait p't'êtr' mieux qu' tu r'tourn's là-haut Et qu'on reprenn' chacun sa vie." Elle est r'tourné' dans son Pigalle. Y a plus personn' pour la r'pêcher. Elle a r'trouvée tous ses péchés, Ses coins d'ombre et ses trottoirs sales Mais quand ell' voit des amoureux Qui r'mont'nt la rue d'un air joyeux, Y a des larm's dans ses grands yeux bleus Qui coul'nt le long d'ses jou's tout's pâles.

Embrasse-moi

<p>Embrasse-moi</p>

Paroles: Jacques Prévert. Musique: Wal-Berg 1940

C'était dans un quartier de la ville Lumière Où il fait toujours noir où il n'y a jamais d'air Et l'hiver comme l'été là c'est toujours l'hiver Elle était dans l'escalier Lui à côté d'elle elle à côté de lui C'était la nuit Et elle lui disait Ici il fait noir Il n'y a pas d'air L'hiver comme l'été c'est toujours l'hiver Le soleil du bon Dieu ne brill' pas de notr' côté Il a bien trop à faire dans les riches quartiers Serre moi dans tes bras Embrasse-moi Embrasse-moi longtemps Embrasse-moi Plus tard il sera trop tard Notre vie c'est maintenant Ici on crèv' de tout De chaud de froid On gèle on étouffe On n'a pas d'air Si tu cessais de m'embrasser Il m'semble que j'mourrais étouffée T'as quinze ans j'ai quinze ans A nous deux ça fait trente A trente ans on n'est plus des enfants On a bien le droit de travailler On a bien celui de s'embrasser Plus tard il sera trop tard Notre vie c'est maintenant Embrasse-moi

Emporte-moi

<p>Emporte-moi</p>

Paroles: Jacques Plante. Musique: Francis Lai 1962

A Paris, la nuit, Pigalle s'illumine. Les clients des bars ont des mauvaises mines. Sous les lampes crues, Les sourires se fardent. Dans un coin, éperdus, Deux amants se regardent. Emporte-moi bien loin, bien loin d'ici. Emporte-moi là-bas, dans ton pays. Arrache-moi de ce monde où je vis. Emporte-moi bien loin, bien loin d'ici… A Paris, la nuit, les cœurs vieillissent vite. Sur le seuil des bars, des lèvres vous invitent. Sous les lampes crues, Des souvenirs grimacent. Dans un coin, éperdus Nos deux amants s'enlacent. Emporte-moi bien loin, bien loin d'ici. Emporte-moi là-bas, dans ton pays. Arrache-moi de ce monde où je vis. Emporte-moi bien loin, bien loin d'ici… Au petit matin, le ciel devient tout rose. Le quartier s'éteint, c'est l'heure où l'on arrose. Au dernier bistrot, Le patron fait la gueule. Une femme au bar chantonne toute seule. La-la-la… Emporte-moi bien loin, bien loin d'ici…

Enfin le printemps

<p>Enfin le printemps</p>

Paroles: René Rouzaud. Musique: Marguerite Monnot 1954

Vise, mon Jules, Cette crapule Qui nous tombe sur les bras. Depuis le temps Qu'on l'attend, Comme une bombe, le voilà. Le voilà, le printemps, Tout fleuri de lilas Qui rapplique en dansant, En dansant la java. Le voilà, ce voyou, Au son d'l'accordéon Qui court le guilledou En poussant la chanson. Entends comme ça chahute Dans tous les palpitants. L'hiver se tire des flûtes. Enfin le printemps Ne fais pas la tête. Tu serais bien bête De te faire du mouron Quand sur toute la terre Flotte un petit air De révolution. J'ai sorti pour toi Ma robe de soie, Mes colifichets Pour dormir sur l'herbe En écoutant tinter les muguets Vise, mon Jules, Cette crapule Qui nous tombe sur les bras. Depuis le temps Qu'on l'attend Comme une bombe, le voilà. Le revoilà, le printemps Tout fleuri de lilas Qui rapplique en dansant, En dansant la java. Y a la foule dans les rues Qui suit les orphéons, Des épaules toutes nues Et du monde au balcon. C'est la fête aux poètes Et je t'aime éperdument Et ça tourne dans ma tête. Enfin le printemps J'ai le vertige dans tes yeux. Je voltige dans du bleu. Je vois double et c'est mieux. Vise mon cœur tout là-haut Qui fait du cerf-volant. Rattrape-le si tu peux, Mon amour, mon amour Qui fout le camp… Enfin le printemps!

Entre Saint-Ouen et Clignancourt

<p>Entre Saint-Ouen et Clignancourt</p>

Paroles: M.Aubret. Musique: A.Sablon 1933

J'ai vendu des fleurs aux terrasses Quand j'avais dix-sept ans Mais la roue tourne, le temps passe: J'ai du fric, à présent. Eh bien! Malgré mon compte en banque, Ma bagnole, mes bijoux, Certains jours quelque chose me manque. J'ai l'cafard tout à coup. Entre Saint-Ouen et Clignancourt, De temps en temps faut qu'j'fasse un tour Sur la zone. Je r'trouve alors tout mon passé, Le ciel si doux, les durs pavés, L'herbe jaune Et, pataugeant dans les ruisseaux, Des bandes de gosses moitié poulbots, Moitié faunes, L'odeur de frites et de lilas. En frissonnant je r'trouve tout ça Sur la zone. A mon avis, les gens du monde Ne sav'nt pas fair' l'amour. Au moment critique ils abondent En bobards, en discours, Alors cell's qui, comm' moi, connaissent C'que c'est qu'un mâle, un vrai, Cell's 'là s'dis'nt: un mec, en vitesse Et je me rattrap'rai. Entre Saint-Ouen et Clignancourt, De temps en temps faut qu'j'fasse un tour Sur la zone. On s'envoie chez le gros Léon, Tandis que chant' l'accordéon, Un vieux Beaune. C'est le printemps et c'est le soir. Calmes et forts, devant l'comptoir, Des gars trônent Et dans l'tas on n'a qu'à choisir Pour apaiser tous les désirs Sur la zone. Quelquefois mêm' le cœur s'en mêle Et pour entendre mieux, La voix qui dit: "Môm' c'que t'es belle" On ferme les deux yeux Mais on n'vit d'amour et d'eau claire Que dans certains romans, Alors, bien vite, on s'fait la paire Sans rêver plus longtemps. Entre Saint-Ouen et Clignancourt Je suis rev'nue hier faire un tour Sur la zone. Quel chang'ment alors j'ai trouvé: On démolit de tous côtés. Quel cyclone… Plus d'bosquets, plus d'baraqu's en bois, Plus d'ces chansons qu'étaient pour moi Une aumône Et devant mes souv'nirs détruits, Tout' seul' j'ai pleuré dans la nuit Sur la zone.

Escale

<p>Escale</p>

Paroles: Jean Marèze. Musique: Marguerite Monnot 1938

autres interprètes: Edith Piaf (1945), Colette Renard, Perrette Souplex

Le ciel est bleu, la mer est verte Laisse un peu la fenêtre ouverte. Le flot qui roule à l'horizon Me fait penser à un garçon Qui ne croyait ni Dieu ni diable. Je l'ai rencontré vers le nord Un soir d'escale sur un port Dans un bastringue abominable L'air sentait la sueur et l'alcool Il ne portait pas de faux-col Mais un douteux foulard de soie En entrant je n'ai vu que lui Et mon coeur en fut ébloui De joie. Le ciel est bleu, la mer est verte Laisse un peu la fenêtre ouverte. Il me prit la main sans un mot Et m'entraîna hors du bistrot Tout simplement d'un geste tendre Ce n'était pas un compliqué Il demeurait le long du quai Je n'ai pas cherché à comprendre Sa chambre donnait sur le port Des marins saoûls chantaient dehors Un bec de gaz d'un halo blême Eclairait le triste réduit Il m'écrasait tout contre lui Je t'aime Le ciel est bleu, la mer est verte Laisse un peu la fenêtre ouverte. Son baiser me brûle toujours Est-ce là ce qu'on dit l'amour Son bateau mouillait dans la rade Chassant les rêves de la nuit Au jour naissant il s'est enfui pour rejoindre les camarades Je l'ai vu monter sur le pont Et si je ne sais pas son nom Je connais celui du navire Un navire qui s'est perdu Quant aux marins nul n'en peut plus Rien dire Le ciel est bas, la mer est grise Ferme la fenêtre à la brise.

Et ça gueule ça madame

<p>Et ça gueule ça madame</p>

Paroles: Edith Piaf. Musique: Gilbert Bécaud 1952

note: du film "Boum sur Paris"


{en duo avec Jacques Pills (son mari)}

C'est haut comme ça… Non… J'exagère… Mettons, comme ça… Enfin… à peu près ça! Ça paie pas d'mine, Mais nom d'un chien! Ça tient d'la place Ce bout de rien…

{Refrain:}

Et ça gueule, ça, madame On n'entend qu'elle, dans la maison Y a pas, faut qu'elle se cherche des raisons De ça, elle en fait tout un drame! Et ça gueule, ça, madame Elle me dit de toute sa hauteur: "Faudrait pas croire que tu m'fais peur!" Elle est crispée, elle tape du pied! Elle sort ses griffes, elle ouvre ses yeux Ça bouge, ça crie, c'est tout furieux J'ai envie de la prendre dans mes bras Et de la serrer tout contre moi… Mais… ça gueule, ça, madame! Moi, ça me fait rire, mais en dedans, D'abord, je suis un gentleman, Et c'est plus prudent! 2 – Pour la calmer, je cherche un truc Je me dis, voyons… Je vais lui donner raison! Et je lui dis: "Eh ben! C'est moi qui ai tort!" "Ah! tu l'avoues! " qu'elle dit. Alors… tut-tut-tut…

{Refrain:}

Et ça re-gueule, ça, madame Même quand tout valse dans la maison Y a pas, faut qu'elle cherche des raisons De ça, elle en fait tout un drame Et ça gueule, ça, madame! Elle m'arrive là, juste à mon cœur, Alors, des fois, pour lui faire peur, Je serre les poings, je lève la main… Elle a regard tellement surpris Qu'on dirait que ses yeux sont punis! Alors, bien sûr, j'ouvre les bras Et elle se jette tout contre moi. Et ça pleure, ça, madame On cherche partout un grand mouchoir Pour y cacher son désespoir Qui fait peine à voir… Je la console et je la mouche Un peu après j'embrasse sa bouche Je la reprends tout contre moi Et je l'enferme dans mes bras… Elle se fait petite, petite… Mais alors, toute petite… Pour un peu, ça dirait "pardon"… Oh! Mais c'est pas fier, ça, madame! C'est tout de même une satisfaction Lui faire admettre qu'elle a tort Et que je suis l'plus fort… "JACQUES!!! Tu viens, oui?!…"

Et moi

<p>Et moi</p>

Paroles et Musique: Michel Emer 1953

Je ne savais pas prier. Je n'avais pas la manière. Si quelquefois, je l'ai fait, C'était lorsque j'avais faim. Maintenant, chaque matin, Je fais la même prière. Donnez-moi aujourd'hui Son amour quotidien. Les arbres ne peuvent pas vivre sans la pluie. Les fleurs ne peuvent éclore dans la nuit. Sans eau, les poissons d'or ne respireraient plus Et moi… sans toi je suis perdue… Sans brise, le voilier ne pourrait jamais avancer. Sans la musique, personne ne pourrait plus danser. Sans le soleil, les oiseaux ne chanteraient plus Et moi… sans toi je suis perdue… Je n'ai ni foi ni loi. Quand tu es loin de moi, Tout est sombre et sans joie, …Sans toi… Sans toi, tout semble amer. La terre est un enfer. Tu m'es plus nécessaire que l'air. Les blés, pour se dorer, ont besoin de lumière. Dieu, pour être adoré, a besoin de mystères. Le cœur des hommes, sans amour, ne battrait plus Et moi… sans toi je suis perdue… Le cœur des hommes, sans amour, ne battrait plus Et moi… sans toi, je suis perdue…

Et pourtant

<p>Et pourtant</p>

Paroles: Pierre Brasseur. Musique: Michel Emer 1956

Je t'aime… Tu m'aimes… Bonheur… Nos cœurs… Et pourtant… Il y aura toujours un pauvre chien perdu, Quelque part, qui m'empêchera d'être heureuse. Il y aura toujours, dans un journal du soir, Une gosse de vingt ans qui meurt de désespoir. Voyages… Mirages… Heureux… Nous deux… Et pourtant… Il y aura toujours, seul devant l'océan, Une femme en noir qui pleure et qui attend. Il y aura toujours un petit garçon pas riche Qui rêvera des îles devant une belle affiche. Caresse… Ivresse… Tes bras… Prends-moi… Et pourtant… Il y aura toujours une lettre anonyme Qui viendra salir le bonheur des amants. Il y aura toujours dans la chambre à côté Un silence de mort après les cris d'amour. Je t'aime… Tu m'aimes… Bonheur… Nos cœurs… Et pourtant… Il y aura toujours un pauvre chien perdu, Quelque part, qui m'empêchera d'être heureuse…

Exodus

<p>Exodus</p>

Paroles: P.Boone, Fr: Eddy Marnay. Musique: Ernest Gold 1961

autres interprètes: Les Classels

note: du film d'Otto Preminger "Exodus"

Ils sont partis dans un soleil d'hiver Ils sont partis courir la mer Pour effacer la peur, pour écraser la peur Que la vie a clouée au fond du cœur Ils sont partis en croyant aux moissons Du vieux pays de leurs chansons Le cœur chantant d'espoir Le cœur hurlant d'espoir Ils ont repris le chemin de leur mémoire Ils ont pleuré les larmes de la mer Ils ont versé tant de prières: "Délivrez-nous, nos frères! Délivrez-nous, nos frères!" Que leurs frères les ont tirés vers la lumière Ils sont là-bas dans un pays nouveau Qui flotte au mât de leur bateau Le cœur brisé d'amour Le cœur perdu d'amour Ils ont retrouvé la terre de l'amour. Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah!

Fais comme si

<p>Fais comme si</p>

Paroles: Michel Rivgauche, musique: Marguerite Monnot, enr. 23 mai 1958

Fais comme si, mon amour, Fais comme si on s'aimait, Rien qu'un jour, rien qu'un jour, L'amour c'était vrai… Fais comme si, mon amour, Fais comme si on pouvait, Mon amour, mon amour, S'aimer à tout jamais… Fais comme si… En fermant mes bras, mes bras sur moi, Je m'évade un peu Et, croyant que je suis dans tes bras, Je rêve à tes yeux… Fais comme si, mon amour, Fais comme si on s'aimait, Et qu'un jour, rien qu'un jour, L'amour c'était vrai… Fais comme si, mon amour, Fais comme si on pouvait, Mon amour, mon amour, S'aimer à tout jamais… Fais comme si…

Fais-moi valser…

<p>Fais-moi valser…</p>

Paroles: Telly. Musique: Ch.Borel-Clerc 1935

Le jazz reprend pour nous sa valse d'amour. Pourtant, du beau roman, c'est le dernier jour. J'ai mal, mais devant toi, je n'ose pas pleurer, Puisque tout est fini, avant de nous quitter:

{Refrain:}

Fais-moi valser une dernière fois. Serre-moi tout près de toi. Dis-moi tout bas de jolis mots d'amour, Les mêmes qu'au premier jour. Berce-moi doucement comme un oiseau blessé. Dans tes bras, un instant, je veux encor rêver. Comme un reflet de mon bonheur passé, Mon amour, fais-moi valser. Sur terre; tu sais bien, je n'avais que toi! Tu veux déjà partir… Je ne comprends pourquoi… Chéri, elle attendra… Je l'ai fait si souvent… Va-t'en vers ton bonheur, si tu veux… mais avant:

{Refrain}

Malgré que mon tourment pour toi, compte peu… Je n'ai qu'un seul désir… que tu sois heureux! Je vivrai désormais avec ton souvenir… Adieu mon bel ami… mais avant de partir:

{Refrain}


Fallait-il

<p>Fallait-il</p>

Paroles: Michel Vaucaire. Musique: Charles Dumont 1962

Pour partir de chez moi, Pour partir de chez toi, Pour laisser tout tomber Sans regarder derrière soi, Fallait-il, fallait-il, Fallait-il que l'on s'aime… Fallait-il en avoir, De l'amour, toi et moi… Pour chaque fois se quitter Sur un mot maladroit, Pour chaque fois le regretter Et chaque fois recommencer, Fallait-il, fallait-il, Fallait-il que l'on s'aime… Fallait-il en avoir, De l'amour, toi et moi… Pour s'aimer aussi mal, Aussi mal qu'on s'aimait, Pour se faire autant de mal, Autant de mal qu'on s'est fait, Fallait-il, fallait-il, Fallait-il que l'on s'aime… Fallait-il en avoir, De l'amour, toi et moi… Pour n'avoir jamais pu Etre heureuse… Etre heureuse après toi…

Faut pas qu'il se figure

<p>Faut pas qu'il se figure</p>

Paroles: Michel Rivgauche. Musique: Georges Moustaki 1961

Faut pas qu'il se figure Que je vais me jeter dans ses bras Sitôt qu'il va venir vers moi Et lui crier: "Je suis à toi.". Faut pas qu'il se figure Que je vais rester médusée Sitôt qu'il va me regarder Pour essayer de m'impressionner. Faut pas qu'il se figure Que moi je n'attendais que lui Pour lui avouer tout épanouie: "Tu est mon ciel, tu es ma vie…" Faut pas qu'il se figure Qu'il fera toujours ce qu'il voudra, Qu'il a gagné quand il est là Et qu' j' suis perdue s'il n'est pas là… …Mais qu'est-ce qu'il fait, il est en retard! V'là l'ascenceur… premier… deuxième… troisième… quatrième… Et s'il v'nait pas?… Non! Ça j' crois pas! Mais qu'est-ce qu'il fait? Trois heures et quart!… Ah! L'ascenceur… premier… deuxième… troisième… Ça y est…On va sonner… On a sonné… Il a sonné… Tu as sonné… Enfin! Je savais bien… Faut pas qu'il s'aperçoive Que soudain, depuis qu'il est là, Je sens que je lutte contre moi Pour pas me jeter entre ses bras. Faut pas qu'il s'aperçoive Que j' fais semblant de plaisanter Et que je n'ose pas le regarder Parce que mon cœur va éclater. Faut pas qu'il s'aperçoive Que j' suis heureuse à en mourir Et que je sais plus d'vant son sourire Si j' dois pleurer ou si j' dois rire. Faut pas qu'il s'aperçoive Que je ferai toujours ce qu'il voudra, Que j' suis perdue s'il n'est pas là Faut pas… Faut pas… Faut pas… Oh! Mon amour! …Si tu savais…

Heureuse

<p>Heureuse</p>

Paroles: René Rouzaud. Musique: Marguerite Monnot 1953

Heureuse comme tout, Heureuse malgré tout, Heureuse, heureuse, heureuse… Il le faut! Je le veux! Mon amour, pour nous deux… Heureuse d'avoir Enfin une part De ciel, d'amour, de joie. Dans tes yeux, Dans tes bras, Heureuse comme tout, Heureuse n'importe où Par toi! Le meilleur et le pire, nous le partageons. C'est ce qu'on appelle s'aimer pour de bon, Mais pour moi, désormais le pire Serait de perdre le meilleur, D'être là près de toi Et d'en pleurer de joie. Heureuse comme tout, Heureuse malgré tout, Heureuse, heureuse, heureuse… Il le faut! Je le veux! Mon amour, pour nous deux… Heureuse demain De tout et de rien, Pourvu que tu sois là. Tu verras, tu verras… Heureuse comme tout, Heureuse jusqu'au bout Pour toi…

Il a chanté

<p>Il a chanté</p>

Paroles: C.Didier. Musique: Marguerite Monnot 1948

Il est venu pour la moisson. C'était un fort et beau garçon Aux yeux câlins, aux lèvres dures. Tout en moissonnant, il chantait Et, dans sa voix, l'on entendait Toutes les voix de la nature. Il a chanté le clair printemps, Les oiseaux, les prés éclatants, Les taillis verts, les fleurs nouvelles. Le soir, pour les gens rassemblés, Il a dit la chanson des blés Dans la fausse courbe des Javelles. Il a chanté. Les moissonneurs l'ont écouté Et la maîtresse aussi l'écoute. Il a chanté Puis il a dit: "A ma santé! Et demain, je reprends la route" Quand tout dormait, vers la minuit, Comme il allait partir sans bruit, La femme du maître est venue, Toute pâle et le cœur battant Et belle de désir pourtant Et sous sa mante presque nue. Elle a dit: "C'est toi que j'attends, Depuis des jours, depuis des ans. Qu'importe une existence brève. Reste auprès de moi jusqu'au jour… Chante-moi la chanson d'amour Et que je vive enfin mon rêve!" Il a chanté. Les yeux clos, elle a écouté Sa douce voix qui la prend toute. Il a chanté L'amour, la mort, la volupté Et, tous deux, ils ont pris la route. Ils sont partis le lendemain. Elle a connu l'âpre chemin, La faim, le travail, la tristesse Car son amant, vite lassé, Sans un regret pour le passé, A caressé d'autres maîtresses. N'en pouvant plus d'avoir souffert, Après des nuits, des jours d'enfer Elle a dit, la pauvre amoureuse: "Bien-aimé, n'aie point de remords. Chante-moi la chanson des morts… Et laisse-moi, je suis heureuse… " Il a chanté. Les yeux clos, elle a écouté Le grand frisson qui la brûlait toute. Il a chanté. Dans un soupir, elle a passé Et puis il a repris la route…

Il fait bon t'aimer

<p>Il fait bon t'aimer</p>

Paroles: Jacques Plante. Musique: Norbert Glanzberg 1950

Un jour que j'avais du chagrin, Tu l'as fait voler en éclats. Prenant mes larmes dans tes mains, T'as dit: "T'es trop belle pour ces bijoux-là!" Pour toi, j'ai appris à sourire Et, dès ce jour là, j'ai compris Qu'on puisse avoir peur de mourir Quand on connait déjà le paradis… Il fait si bon t'aimer. T'as l'air d'être fait pour ça, Pour être blotti, les yeux fermés, La tête au creux de mes bras. Ta lèvre appelle si fort mes baisers. Je n'ai pas besoin d' me forcer. J' n'ai qu'à m' laisser bercer Et tout devient léger. Il fait si bon t'aimer. Auprès de toi je n'ai plus peur. Je me sens trop bien, à l'abri. T'as fermé la porte au malheur. Il n'entrera plus, t'es plus fort que lui Et quand, par les rues, je m'en vais, Je porte ma voix dans les yeux, Comme si tes baisers me suivaient Et que les gens se retournaient sur eux. Il fait si bon t'aimer. T'as l'air d'être fait pour ça, Pour être blotti, les yeux fermés, La tête au creux de mes bras. Ta lèvre appelle si fort mes baisers. Je n'ai pas besoin d' me forcer. J' n'ai qu'à m' laisser bercer Et tout devient léger. Il fait si bon t'aimer.

Il fait des…

<p>Il fait des…</p>

Paroles: Edith Piaf. Musique: Edward Chekler 1946

autres interprètes: Yves Montand (1953)

Habits sans style Visage hostile Toujours ailleurs Les yeux rêveurs, La voix austère Ne parlant guère, Les gens disaient Il n'est pas gai… Oui, mais… mais… mais…mais… Dès qu'il entend la musique On dirait un hystérique Il fait des… la la la la La la la la, la la la la La la la la, la la la la Et puis des… oh! La la la la la la la la La la la la souvent des… oh! Willy, Willy, Willy, Willy, Willy, Willy, Willy, Willy, Willy, Willy, Willy, Willy, Wi… Rarement des… Plaisir d'amour ne dure qu'un moment Non, lui, c' qu'il lui faut, c'est des… Hé dy, hé dy, hé dy, hé dé dy, oh Intellectuel, Industriel, Il est tout ça Mais ne l' dit pas, Les mots d'amour Et les toujours Ça, ça l'endort Autre chose encore! Dès qu'on lui joue du classique Il devient mélancolique Il fait des… oh! Et puis des… beh! Souvent des… oui… oui… oui… Rarement des… ah! ah! ah! Non, lui, c' qu'il lui faut, c'est des… Hé dy, hé dy, hé dy, hé dé dy, oh

Il n'est pas distingué

<p>Il n'est pas distingué</p>

Paroles: M.Hély. Musique: Paul Maye 1936

Zidor qu'on s'arrache à la ronde, C'est un titi sans instruction Mais qui fait fureur dans le grand monde. C'est un as de l'accordéon. Entre deux javas populaires, Les marquises, les baronnes, s'inquiètent tour à tour De ses idées particulières, Ses pensées sur la femme et ses vues sur l'amour. Zidor n'emploie pas les mots sophistiqués Mais leur dit: "J'vais vous expliquer: L'amour c'est rudement compliqué. Y a rien comme les gonzesses Pour vous l'faire rechiquer. Un coup d'chance, on a fabriqué Un rancart et l'on a l'palpitant culbuté. Moi, j'ai les pieds plats pour douiller Et quand une poule se gourre Que j'vas les envoyer… J'y refile en poire "Va te laver". J'renkiff mon benard et j'resbigne en louss'dé." Il n'est pas distingué… Quelqu'un lui d'mande: "Pardon si j'ose Solliciter un autre avis. Vous amusâtes-vous la même chose Avec Topaze qu'avec Fanny? Vous réjouissez-vous davantage Avec Paganini qu'avec Nina Rosa?" "Ah bah!" fait Zidor "C'est dommage Mais j'vous jure que j'connais pas toutes ces gonzesses-là." Quand il s'aperçut qu'il avait détonné, Il reprit sans plus s'extasier: "L'théatre c'est bon pour les nichés. L'musical c'est pas mal, mais j'préfère le ciné. J'aime mieux voir la bouille à Bouboule Qu'une vieille poule qui s'écroule Et qu'y faut faire étayer. J'regrette pas mes trois larantquès, Quand j'vois Liliane Harvey et Garat s'embrasser Et l'soir j'm'endors dans mon pucier En rêvant que Marlène m'a pris comme régulier." Il n'est pas distingué! Sur le gâchis diplomatique, On daigne l'interviewer aussi Mais Zidor devient pathétique Quand Hitler est sur le tapis. Quelqu'un fait: "C'est l'type spécifique D'l'historien désaxé au faciès hilarant, Mégalomane pathologique, indiscutablement, Un rétro déficient… " Au premier abord ça paraît compliqué Mais Zidor vient tout expliquer: "D'abord y a qu'à pas s'dégonfler. Moi, Hitler, j'l'ai dans l'blerre Et j'peux pas le renifler. Les nazis ont l'air d'oublier Qu'c'est nous, dans la bagarre, Qu'on les a dérouillés… Moi si j'le poissais à jacter, J'y ferais: Marr' de bobards. Y faut les envoyer. Si t'es nazi, va t'faire piquoûzer Et pis j'y balancerais ma godasse dans l'fouign'dé." Il n'est pas distingué.

Il pleut

<p>Il pleut</p> Il pleut. Les pépins, tristes compagnons, Comme d'immenses champignons, Sortent un par un des maisons. Il pleut Et toute la ville est mouillée. Les maisons se sont enrhumées. Les gouttières ont la goutte au nez. Il pleut. Comme dirigés par un appel, Les oiseaux désertent le ciel. Nuages et loups, Les fenêtres, une larme à l'œil Semblent toutes porter le deuil Des beaux jours. Il pleut Et l'on entend des clapotis. La ville n'a plus d'harmonie. Solitaires, les rues s'ennuient. Il pleut… J'écoute, Quand s'égoutte La pluie qui me dégoûte Sur les chemins des routes Et, partout alentour, Les gouttes Qui s'en foutent Ne savent pas sans doute Que mon cœur en déroute A perdu son amour… Il pleut. Les pépins, tristes compagnons, Comme d'immenses champignons, Sortent un par un des maisons. Il pleut Et toute la ville est mouillée. Les maisons se sont enrhumées. Les gouttières ont la goutte au nez. Il pleut. La nature est chargée d'ennui. Là-haut, tout est vêtu de gris. Le ciel est boudeur. Le nez aplati au carreau, J'attends, laissant couler le flot de mes pleurs. Il pleur. Dans mon cœur aux rêves perdus, Sur mon amour comme dans la rue Et sur mes peines sans issue, Il pleut…

Il y avait

<p>Il y avait</p>

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Charles Aznavour, Pierre Roche 1950

Il y avait un garçon qui vivait simplement, Travaillant dans le faubourg. Il y avait une fille qui rêvait simplement En attendant l'amour. Il y avait le printemps, Le printemps des romans Qui passait en chantant Et cherchait deux cœurs troublants Pour prêter ses serments Et en faire des amants. Il y a eu un moment merveilleux, Lorsque leurs regards se sont unis. Il y a eu ces instants délicieux Où, sans rien dire, ils se son compris. Il y a eu le destin Qui a poussé le gamin A lui prendre la main. Il y a eu la chaleur, La chaleur du bonheur Qui leur montait au cœur. Il y avait cette chambre meublée Aux fenêtres donnants sur la cour. Il y avait ce couple qui s'aimait Et leurs phrases parlaient de toujours. Il y avait le gamin Qui promenait sa main Dans les cheveux de lin De la fille aux yeux rêveurs Tandis que dans leur cœur S'installait le bonheur. Il y a eu ces deux corps éperdus De bonheur, de joies sans pareils. Il y a eu tous les rêves perdus Qui remplaçaient leurs nuits sans sommeil. Il y a eu le moment Où, soudain, le printemps A repris ses serments. Il y a eu le bonheur Qui s'est enfui en pleurs D'avoir brisé deux cœurs. Il y avait un garçon qui vivait simplement, Travaillant dans le faubourg. Il y avait une fille qui pleurait en songeant A son premier amour. Il y avait le destin Qui marchait son chemin Sans s'occuper de rien. Tant qu'il y aura des amants, Il y aura des serments qui ne dureront qu'un printemps…

Inconnu, excepté de Dieu

<p>Inconnu, excepté de Dieu</p>

Paroles: Louis Amade. Musique: Charles Dumont 1962

autres interprètes: Charles Dumont (1962)

L'inscription d'une croix ancienne Près d'un champs de blé merveilleux M'arrêta… Je lis à grand peine: "Inconnu, excepté de Dieu." Quel destin, à vrai dire immense, Repose sous ce granit bleu Parmi le blés qui se balancent? "Inconnu, excepté de Dieu." Est-ce un enfant ou est-ce un homme Pour qui la mort fit, c'est tant mieux, De mettre un carré de royaume? "Inconnu, excepté de Dieu." A-t-il souffert, fut-il coupable? A-t-il fait pleurer de beaux yeux? Fut-il tragédie ou bien fable? "Inconnu, excepté de Dieu." A-t-il la pluie comme village Et le vent d'hiver pour chef-lieu, Le soleil pour grand équipage? "Inconnu, excepté de Dieu." J'ai pris par la voie charretière Un chemin de grands amoureux. J'étais inondé de lumière. "Inconnu, excepté de Dieu."

J' m'en fous pas mal

<p>J' m'en fous pas mal</p>

Paroles et Musique: Michel Emer 1946

Je suis née, Passage de la Bonne Graine. J'en ai pris d' la graine, et pour longtemps J' travaille comme un chien toute la semaine J' vous jure que l' patron, il est content Mes amies se sont mises en colère: "C'est pas bien malin, c' que tu fais là… Faut c' qu'y faut, mais toi, tu exagères, Tu verras qu'un jour, tu le regretteras…" J' m'en fous pas mal. Y peut m'arriver n'importe quoi, J' m'en fous pas mal. J'ai mon dimanche qui est à moi. C'est p't'êt' banal, Mais ce que les gens pensent de vous, Ça m'est égal! J' m'en fous! Il y a les bords de la Seine. Il y a l'avenue de l'Opéra. Il y a le Bois de Vincennes. Quel beau dimanche on a là Et puis, y a l' bal Qui vous flanque des frissons partout. ' y a des étoiles Qui sont plus belles que les bijoux. ' y a les beaux mâles Qui vous embrassent dans le cou. L' reste, après tout, J' m'en fous! Ce fut par un de ces beaux dimanches Que, tous deux, l'on se mit à danser. De grands yeux noirs, de longues mains blanches, Alors, j' me suis laissée embrasser. Mes amies se sont mises en colère: "C' type-lâ, c'est connu, il a pas d' cœur. C'est un va-nu-pieds, un traîne-misère. Y t'en fra voir de toutes les couleurs…" J' m'en fous pas mal. Il peut m'arriver n'importe quoi, J' m'en fous pas mal. J'ai mon amant qui est à moi. C'est p't'êt' banal Mais ce que les gens pensent de vous, Ça m'est égal! J' m'en fous! Il y a ses bras qui m'enlacent. Il y a son corps doux et chaud. Il y a sa bouche qui m'embrasse. Ha, mon amant, c' qu'il est beau! Et puis ' y a l' bal. Quand je suis dans ses bras, c'est fou. J' me trouverais mal. Quand il m' dit: "Viens! Rentrons chez nous!" Ah l'animal! Avec lui, j'irais n'importe où. L' reste après tout, J' m'en fous! J'ai vécu des heures si jolies Quand il me tenait entre ses bras. J' n'aurais jamais cru que, dans la vie, On puisse être heureuse à ce point-là Mais un jour où tout n'était que rires, Un jour de printemps rempli de joie, Il s'en est allé sans rien me dire, Sans même m'embrasser une dernière fois… J' m'en fous pas mal. ' y peut m'arriver n'importe quoi, J' m'en fous pas mal. J'ai mon passé qui est à moi. C'est p't'êt' banal Mais ce que les gens pensent de vous, Ça m'est égal. J' m'en fous! Les souvenirs qui m'enlacent Chantent au fond de mon cœur Et tous les coins où je passe Me rappellent mon bonheur, Et puis ' y a l' bal. Je danse, et je ferme les yeux. Je crois que c'est encore nous deux. Parfois, j'ai mal. J'ai mon cœur qui frappe à grands coups. Ça m'est égal. J' m'en fous!…

J'ai dansé avec l'amour

<p>J'ai dansé avec l'amour</p>

Paroles: Edith Piaf. Musique: M. Monnot 1941


{Refrain:}

J'ai dansé avec l'amour. J'ai fait des tours et des tours. Ce fut un soir merveilleux. Je ne voyais que ses yeux si bleus, Ses cheveux couleur de blond. Lui et moi, que c'était bon. L'amour avait dans ses yeux Tant d'amour, tant d'amour, Tant d'amour, d'amour. Lui et moi contre lui, Au-dessus la nuit, Tournent dans le bruit. Moi, n'osant pas parler, Le corps bousculé, J'étais admirée. Lui, la musique et lui. Partout l'amour, partout la fièvre Et nos corps frissonnants. Moi, la musique et moi. Partout ses yeux, partout ses lèvres Et puis mon cœur hurlant.

{Refrain}


J'ai qu'à l'regarder…

<p>J'ai qu'à l'regarder…</p>

Paroles: Edith Piaf. Musique: A.Siniavine 1943

Il a plutôt la gueule gentille. Y s'laisse aimer tout comm' les filles Puis y vous r'garde en rigolant, Alors, bien sûr, c'est désarmant. Y vous donne rendez-vous un jour. S'il y v'nait, ça s'rait trop facile. On attend comme un imbécile. Il est vraiment fait pour l'amour.

{Refrain:}

J'ai qu'à l'regarder, J'ai envie d'chanter, D'courir dans les champs Avec le printemps, De chanter pour moi, De crier ma joie. Dès que j'l'aperçois, Y m'regard' comm' ça Puis y m'dit tout bas: "Viens, on va s'aimer." J'ose plus respirer. C'que c'est bon d'l'aimer. Tra la la la… Ça s'ra ma dernière aventure, Oh! mon Dieu, pourvu qu'elle dure. Si j'devais plus l'revoir un jour, Je serais dégoûtée d'l'amour. Il a tant d'femm's autour de lui Qui rôd'nt autour des ses épaules… Alors j'suis là, j'm'accroche à lui. Y a vraiment qu'lui qui trouv' ça drôle.

{Refrain}


J'en ai tant vu

<p>J'en ai tant vu</p>

Paroles: René Rouzaud. Musique: Michel Emer 1963

Quand je colle le nez à la portière, Je vois passer ma vie entière Au fil de mes peines, de mes joies Et j'en vois beaucoup, croyez-moi Mais pour toujours recommencer, Faut croire que j'en ai pas vu assez… J'en ai tant vu, tant vu, tant vu. Dans ma tête, 'y avait la cohue Et je me disais "On ne m'aura plus." J'en ai trop vu, trop vu, trop vu, Oui mais, à chaque fois, Je remettais ça Et bien entendu Je me trouvais encore de la revue. J'en ai trop fait, trop fait, trop fait, De la corde raide sans filet, Mais, aussitôt que je comprenais, Que je me disais "T'en as trop fait!", On me tendait l'échelle, Alors, de plus belle, Je montais encore… Pour me retrouver dans le décor. J'en ai trop cru, trop cru, trop cru, Des boniments de coin de rue. On m'en a dit, tant dit, tant dit, Des "Je t'adore", des "Pour la vie". Tout ça pourquoi, tout ça pour qui? Je croyais que j'avais tout vu, Tout fait, tout dit, tout entendu Et je me disais "On ne m'aura plus." Et mais c'est alors qu'il est venu Et depuis que je l'ai vu, C'est vrai, je marche plus, Oui, mais je cours, je cours ma chance, Je cours vers la vie qui commence, Je ne marche plus, je cours, je cours, Je cours, je cours, je cours, je cours, Je cours, je cours, je cours, je cours, Je cours, je cours…

J'entends la sirène

<p>J'entends la sirène</p>

Paroles: Raymond Asso. Musique: Marguerite Monnot 1936

J'entends encore la sirène Du beau navire tout blanc Qui, voilà bien des semaines, Va des Iles sous le Vent Lorsqu'à la marée montante Il entra dans le vieux port Je riais, j'étais contente Et mon cœur battait très fort. Le vent chantait sur la dune Et jouait avec la mer Où se reflétait la lune. Dans le ciel, tout était clair. Le premier qui vint à terre Fut un jeune moussaillon, Le deuxième, un vieux grand-père, Puis un homme à trois galons. Donnez-moi, ô capitaine, Du beau navire tout blanc Qui venait des mers lointaines, Un beau marin pour amant. Je l'attendrai sur la dune, Là-bas, tout près de la mer. Au ciel brillera la lune. Dans mon cœur tout sera clair. Il est venu, magnifique, Avec une flamme… en Dieu, Venant des lointains tropiques, Savait des mots merveilleux, Me piqua toute une bague, Me jura d'éternels serments Que se répétaient les vagues En clapotant doucement. Nous étions seuls sur la dune. Le vent caressait la mer. Dans le ciel riait la lune Et lui mordait dans ma chair. Il partit sur son navire, Son beau navire tout blanc Et partit sans me le dire, Un soir, au soleil couchant. J'entends toujours la sirène Du bateau qui l'emporta. Sa voix hurla, inhumaine, "Tu ne le reverras pas!" Et, depuis lors, sous la lune, Je vais écouter le vent Qui vient le soir, sous la dune, Me parler de mon amant.

J'suis mordue

<p>J'suis mordue</p>

Paroles: L. Carol, R. Delamare. Musique: J. Lenoir 1936

Quand les copines parlent de mon p'tit homme, Disent: "Ah! c'qu'il est laid! Il est tatoué, ridé comme une vieille pomme. Il n'a rien qui plaît." C'que je me bidonne avec toutes leurs salades, Bobards à la noix. Qu'est-ce que je peux rendre aux reines de la panade Qui bêchent mon p'tit roi? S'il est simple, s'il a l'air d'un fauché. En douce, comment qu'il vous fait guincher. Avec sa face blême, Son col café-crème, Quand il me dit "je t'aime", J'suis mordue! Ses grandes patoches blanches, Son corps qui se déhanche, C'est Dandy la planche: J'suis mordue! C'lui qui l'connait pas le prend pour un bon apôtre. Il sait si bien faire meilleur que les autres. Si je lui fais un 'vanne Avec ses tatanes, Oh! comment qu'il me dépanne: J'suis mordue! Si on lui demande: "Qu'est-ce que tu fais dans la vie?" Il répond froidement: "Je suis chômeur, j'mange mes économies." C'est navrant, vraiment, Puis il exhibe sa carte de chômage Et s'plaît d'ajouter: "Ça m'sert en plus 'près d'certains personnages D'carte d'identité." Puis sortant sa photo, il s'écrie "Ah y a rien de mieux à l'anthropométrie!" Avec sa face blême, Son col café-crème, Quand il me dit "je t'aime", J'suis mordue! Toujours y m'resquille. Il me prend pour une bille Mais j'suis une bonne fille. J'suis mordue! Au billard russe, chaque soir, il s'exerce. "Faut bien", dit-il, "faire marcher le commerce." Il peut tout me faire. C'est là mon affaire. Il n'y a rien à faire… J'suis mordue! Quand je serai vieille, il me plaquera, j'en suis sûre, A moins qu'il claque avant moi, ça me rassure! Ah, c'est un phénomène. J'suis faite comme une reine, Mais dès qu'il s'amène, J'suis mordue!

Je m'imagine

<p>Je m'imagine</p>

Paroles: Nita Raya. Musique: Marguerite Monnot 1960

Je m'imagine ton enfance Avec tes grands yeux étonnés. Oh comme j'envie ceux que la chance A fait grandir à tes côtés. J'aurais tant voulu te connaître Depuis des années, des années. Tu serais devenu mon maître, Moi, ton esclave passionnée. J'aurais aimé vivre dans l'ombre, Au moindre souffle intervenir Pour éclairer tes heures sombres, Faire partie de tes souvenirs… Mais parle-moi de ta jeunesse Que je veux suivre pas à pas, Dans tes plaisirs, dans tes tristesses, Dans tes soucis et dans tes joies. Si tu savais comme je veux boire Les mots de ta bouche adorée. Tu me raconterais des histoires Sans jamais vouloir t'arrêter. Tu m'as dit que ta vie commence Depuis que tu m'as rencontrée Et que jamais tu ne repenses Aux événements de ton passé… Répète encore pour moi ces choses Qui pénètrent au fond de mon cœur. Ah, mon amour, redis ces choses, Ces choses qui ressemblent au bonheur. Est-ce vrai que là, dans la tête Rien d'autre ne te fait envie Et que jamais tu ne regrettes D'être mon homme pour la vie?

Je me souviens d'une chanson

<p>Je me souviens d'une chanson</p>

Paroles: Félix Marten. Musique: J.-P. Moulin 1958

Je me souviens d'une chanson, D'une chanson quand on s'aimait. Elle disait, cette chanson, Des mots d'amour. Je me souviens d'une chanson, D'une pauvre chanson d'amour Qui m'a fait pleurer, pleurer Quand on s'aimait… Une guitare a réveillé Une chanson presqu' endormie. Tu reviens, tu me fais rêver, Chanson d'amour en Italie. Douce guitare, tendre mémoire, Raconte-moi la vieille histoire, Belle comme l'amour Au premier jour, Comme un cœur Au premier bonheur. Je me souviens d'une chanson, D'une chanson quand on s'aimait. Elle disait, cette chanson, Des mots d'amour. Je me souviens d'une chanson, D'une pauvre chanson d'amour Qui m'a fait pleurer, pleurer Quand on s'aimait…

Je n'en connais pas la fin

<p>Je n'en connais pas la fin</p>

Paroles: Raymond Asso. Musique: Marguerite Monnot 1939

Depuis quelque temps l'on fredonne, Dans mon quartier, une chanson, La musique en est monotone Et les paroles sans façon. Ce n'est qu'une chanson dus rues Dont on ne connaît pas l'auteur. Depuis que je l'ai entendue, Elle chante et danse dans mon cœur

{Refrain:}

Ha ha ha ha, Ô mon amour, Ha ha ha ha, A toi toujours, Ha ha ha ha, Dans tes grands yeux, Ha ha ha ha, Rien que nous deux Avec des mots naïfs et tendres, Elle raconte un grand amour Mais il m'a bien semblé comprendre Que la femme souffrait un jour. Si l'amant fut méchant pour elle, Je veux en ignorer la fin Et, pour que ma chanson soit belle, Je me contente du refrain

{au Refrain}

Ils s'aimeront toute la vie. Pour bien s'aimer, ce n'est pas long. Que cette histoire est donc jolie. Qu'elle est donc belle, ma chanson. Il en est de plus poétiques, Je le sais bien, oui, mais voilà, Pour moi, c'est la plus magnifique, Car ma chanson ne finit pas

{au Refrain}


Je sais comment

<p>Je sais comment</p>

Paroles: Julien Bouquet. Musique: Robert Chauvigny, Julien Bouquet 1959

Ecoute-moi, mon ami. Aimes-tu la liberté? Voudrais-tu t'enfuir d'ici? Aimerais-tu t'évader? Veux-tu revivre à la vie, Marcher sans chaînes à tes pieds? Oh, réponds-moi, mon ami, Aimerais-tu t'évader? Je sais comment… Comment scier tous ces barreaux Qui sont là en guise de rideaux. Je sais comment… Comment faire sauter les verrous Entre la liberté et nous. Je sais comment… Comment faire tomber en poussière Ce mur énorme d'énormes pierres. Je sais commment… Comment de sortir de ce cachot Fermé comme l'est un tombeau. Je sais comment revoir les fleurs Sous un ciel bleu. Je sais comment avoir le cœur Libre et heureux… Tu ne dis rien, mon ami, Mais tu as au fond des yeux Plus de rêves que d'envie Pour voir ce coin de ciel bleu. Tu crois que je t'ai menti, Que je n'ai pas de secret. Pourtant, tes yeux l'ont compris C'est eux qui sont dans le vrai… Je sais comment… Comment faire tourner sur ses gonds La porte en fer de la prison. Je sais comment… Comment faire voler en éclats Les boulets qui gênent nos pas. Je sais comment… Comment briser de nos mains nues Toutes ses entraves sans être vus. Je sais comment… Comment sortir de ce cachot Sans risquer d'y laisser la peau. Je sais comment revoir les fleurs Sous un ciel bleu. Je sais comment avoir le cœur Libre et heureux… Dors!…

Je suis à toi

<p>Je suis à toi</p>

Paroles et Musique: Julien Bouquet 1960

Un matin le printemps est sorti De son lit pour aller faire la vie Et pour repeindre en bleu tout le gris Qui traînait sur les murs de Paris. Du gris, il y en avait dans ma vie, Mais ce jour-là, mais ce jour-là, D'un seul coup, tout fut repeint en bleu, Le ciel et les yeux des amoureux. Du coup, pour le Pont-Neuf et la Seine, Ce fut l'heure pour eux d'entrer en scène. Sur ce pont, nous nous sommes croisés. Moi, ce jour là j'allais tout droit, Droit devant moi, vers je ne sais quoi… Rappelle-toi… Des jonquilles, 'y en a eu par milliers. On savait où aller les chercher. Qu'ils sont chauds, les prés au mois de mai. Qu'ils sont hauts, les blés au temps d'aimer. Qu'ils sont beaux, les mots que tu disais: "Je suis à toi… Je suis à toi." Ces mots-là, on ne s'en lasse jamais. Ils sont faits, semble-t-il, pour durer. J'aimais t'entendre les murmurer, D'autant plus que pour moi ils semblaient vrais. Pour moi-même, ne t'ai-je pas crié: "Je suis à toi… Je suis à toi Mais garde-moi et serre-moi tout contre toi…" Un matin, l'été a fichu le camp En laissant en souvenir du printemps Des feuilles qui virevoltent au vent D'un automne qui ne prend pas de gants Pour venir me dire à bout portant: "Je suis à toi…" Aujourd'hui, les beaux jours sont sortis. C'est fini, ils ont quitté Paris. L'hiver va revenir mettre en gris Tout le bleu que notre amour y avait mis. Du gris, mon Dieu, qu'y en a dans ma vie. Je suis à toi… Je suis à toi… Mais reviens-moi comme autrefois… …Je suis à toi…

Je t'ai dans la peau

<p>Je t'ai dans la peau</p>

Paroles: Jacques Pills. Musique: Gilbert Bécaud 1952

note: du film "Boum sur Paris"

Toi… Toujours toi… Rien que toi… Partout toi… Toi… toi… toi… Toi… Je t'ai dans la peau, 'y a rien à faire. Obstinément, tu es là. J'ai beau chercher à m'en défaire, Tu es toujours près de moi. Je t'ai dans la peau, 'y a rien à faire. Tu es partout sur mon corps. J'ai froid, j'ai chaud. Je sens la fièvre sur ma peau. Après tout, je m'en fous de ce qu'on peut penser. Je n'peux pas m'empêcher de crier. Tu es tout pour moi, j' suis intoxiquée Et je t'aime, je t'aime à en crever. Je t'ai dans la peau, 'y a rien à faire. Obstinément, tu es là. J'ai beau chercher à m'en défaire, Tu es toujours près de moi. Je t'ai dans la peau, 'y a rien à faire. Tu es partout sur mon corps. J'ai froid, j'ai chaud. Je sens tes lèvres sur ma peau. 'y a rien à faire, j' t'ai dans la peau…

Jean et Martine

<p>Jean et Martine</p>

Paroles et Musique: Michel Emer 1953

Jean le routier roule sur la route. Il y a les arbres, il y a les champs, La pluie qui tombe à grosses gouttes, 'y a les virages, il y a le vent. Il y a le froid et le soleil. Il y a le jour, il y a la nuit Et la fatigue, et le sommeil Et les quinze tonnes, ça fait du bruit …Mais il y a aussi à la maison Sa petite Martine et sa chanson. "Jean va rentrer de sa tournée", Chante Martine dans sa cuisine. "Il sera sûrement fatigué, Il aura sa pauvre petite mine Mais je pourrai le regarder Et l'embrasser pendant qu'il dîne Et le soigner, le cajoler Et me serrer sur sa poitrine. Plus tard quand il s'endormira Moi, je serai dans ses bras…" Il y a du brouillard à sa fenêtre. Martine attend… On a sonné C'est un monsieur avec une lettre. Il a l'air sombre et ennuyé. " La Compagnie… Condoléances… Un accident… Faut signer là… Il y a les obsèques et l'assurance…" Pourtant Martine ne comprend pas Ce n'est pas vrai… Elle n'y croit pas. Dans cinq minutes il sera là… "…Jean va rentrer de sa tournée", Chante Martine dans sa cuisine. "Il sera sûrement fatigué Il aura sa pauvre petite mine. …Je vais le soigner, le cajoler… Et me serrer sur sa poitrine Plus tard quand il s'endormira… Non! Non! NON!… Jean… Jean… Oh! Jean!"

Jean l'Espagnol

<p>Jean l'Espagnol</p>

Paroles et Musique: Georges Moustaki 1958

Sur le chemin de Notre-Dame Il y avait Jean l'Espagnol Qui allait pour sauver son âme Offrir un cierge à la Madone Jean l'Espagnol n'aurait pas dû Voler la corde du pendu Madame la Vierge Marie Si j'ai volé, si j'ai menti Pardonnez-moi je vous en prie J'ai déjà tant et tant souffert M'envoyez pas en enfer Sur le chemin y avait une fille Qui s'en allait tout doucement C'est fou ce que le soleil brille Sur une bague de diamants Jean l'Espagnol, t'aurais pas dû Toucher aux choses défendues Madame la Vierge Marie Si j'ai volé, si j'ai menti Pardonnez-moi je vous en prie J'ai déjà tant et tant souffert M'envoyez pas en enfer Sur le chemin de Notre-Dame Il y avait Jean l'Espagnol Qui marchait entre deux gendarmes Les fers aux pieds, le chanvre au col Toi l'Espagnol, t'aurais pas dû C'est toi qui feras le pendu Madame la Vierge Marie Si j'ai volé, si j'ai menti Pardonnez-moi je vous en prie Mais si le ciel est ouvert M'envoyez pas en enfer

Jérusalem

<p>Jérusalem</p>

Paroles: M. Chabrier, musique: Jo Moutet, enr. 24 novembre 1960

Seul… Dans le désert et brûlé par le soleil De Jérusalem, de Jérusalem Seul… Un homme en blanc, au loin, assiste au réveil De Jérusalem, de Jérusalem. Dans Ses yeux, il y a bonté du monde. Dans Son cœur, il y a tout l'amour du monde. Dans Ses mains, il y a la magie du monde. Tout l'univers est là grâce à Lui dans ce désert. Et l'Homme seul, Transfiguré, va, guidé par l'oiseau blanc Vers Jérusalem, vers Jérusalem, Là… Il marche parmi les soldats et les gens De Jérusalem, de Jérusalem Dans les yeux, il y a la misère du monde. Dans les cœurs, il y a la douleur du monde. Dans leurs mains, il y a la colère du monde Mais l'Homme en blanc sourit, le regard posé sur eux. Le tambour bat Pour announcer que s'accomplit le destin De Jérusalem, de Jérusalem Car… Un homme est tombé sur les pierres du chemin De Jérusalem, de Jérusalem. Dans Ses yeux, il y a le pardon du monde. De Son cœur, se répand tout l'amour du monde. De Ses mains, a surgi la Lumière du monde. C'est un soleil nouveau qui renaît dans le soleil… De Jérusalem… De Jérusalem…

Jezebel

<p>Jezebel</p>

Paroles: Charles Aznavour. Musique: W. Shanklin 1951

autres interprètes: Les Chaussettes Noires (1963)

Jezebel… Jezebel… Ce démon qui brûlait mon cœur Cet ange qui séchait mes pleurs C'était toi, Jezebel, c'était toi. Ces larmes transpercées de joie, Jezebel, c'était toi… Jezebel, c'était toi… Mais l'amour s'est anéanti. Tout s'est écroulé sur ma vie, Écrasant, piétinant, emportant mon cœur, Jezebel… Mais pour toi, Je ferais le tour de la terre, J'irais jusqu'au fond des enfers. Où es-tu? Jezebel, où es-tu? Les souvenirs que l'on croit fanés Sont des êtres vivants Avec des yeux de morts vibrants encore de passé Mais mon cœur est crevé d'obsession. Il bat en répétant Tout au fond de moi-même Ce mot que j'aime, Ton nom… Jezebel… Jezebel… Mais l'amour s'est anéanti. Tout s'est écroulé sur ma vie, Écrasant, piétinant, emportant mon cœur Jezebel… Mais pour toi, Je ferais le tour de la terre, J'irais jusqu'au fond des enfers En criant sans répit, Jour et nuit, Jezebel… Jezebel… JEZEBEL…

Jimmy c'est lui

<p>Jimmy c'est lui</p>

Paroles: Kamke. Musique: Walberg 1942

Le ciel est blanc blanc Et déserte l'immensité blanche De neige blanche. Comme un point noir noir noir, Seul, erre, minuscule, Un nègre vêtu de noir Et qui titube Et se lamente. Jimmy mon ami, D'où es-tu, oh oh oh. Tu es perdu, Jimmy. Tu es perdu, salaud. Le grand Jimmy gémit oh oh. La poudre blanche t'a brûlé les yeux Jimmy. T'as peur, maintenant. Jimmy, tu te sauveras. Tout n'est que brouillard, Ah mais là-bas, tiens, tu vois, Tu vois près de toi, Ah ah, s'approchant, Le soleil, les palmiers, L'oasis Takana. Jimmy, mon ami, Tu chantes oh oh oh. Tu es heureux, Jimmy. Tu es dans ton pays. Soleil oh oh te brûle Jimmy. Le délire est dans ton cerveau. Le noir est blanc vêtu de blanc Et la neige met sa robe blanche Comme la balance. Dans ce désert, désert, Seul, perdu, minuscule, Le nègre tout recouvert. Plus de murmure Mais l'écho chante. Jimmy, mon ami, Où es-tu oh oh? Tu t'es perdu, Jimmy. Tu t'es perdu, salaud. Le vent, salaud, Le vent, oh oh, La poudre blanche t'a fermé les yeux, Jimmy. Tu dors maintenant. Jimmy, qui te sauvera? Tout n'est que brouillard, Ah mais là-bas, tiens, tu vois, Tu vois près de toi, Ah ah, s'approchant, Ton soleil, les palmiers, L'oasis Takana. Jimmy, mon ami, Tu n'es plus ooh ooh. Tout est fini, Jimmy. Le monde t'a trahi. Le monde, salaud, te laisse crever. Tu n'as plus qu'à foutre le camp Là-haut.

Johnny, tu n'es pas un ange

<p>Johnny, tu n'es pas un ange</p>

Paroles: Francis Lemarque. Musique: Les Paul 1953

autres interprètes: Catherine Sauvage (1954), Philippe-Gérard (1956), Anny Gould, Vaya Con Dios (1988), Les Croquants (2004)

Johnny, tu n'es pas un ange. Ne crois pas que ça m'dérange. Jour et nuit, je pense à toi. Toi, te souviens-tu de moi Qu'au moment où ça t'arrange? Et quand revient le matin, Tu t'endors sur mon chagrin. Johnny, tu n'es pas un ange! Johnny! Johnny! Si tu étais plus galant, Johnny! Johnny! Je t'aimerais toujours autant. Johnny, tu n'es pas un ange. Ne crois que pas que ça m'dérange. Si tu me réveilles la nuit, C'est pour dire que tu t'ennuies, Que tu veux une vie de rechange Mais, quand revient le matin, Tu t'endors sur mon chagrin. Johnny, tu n'es pas un ange! Johnny! Johnny! Si tu étais plus galant, Johnny! Johnny! Je t'aimerais tout autant. Johnny, tu n'es pas un ange. Entre nous, qu'est-ce que ça change? L'homme saura toujours trouver Toutes les femmes du monde entier Pour lui chanter ses louanges. Dès qu'il en sera lassé, Elles seront vite oubliées. Vraiment, vous n'êtes pas des anges. Johnny! Johnny! Depuis que le monde est né, Johnny! Johnny! Il faut tout vous pardonner. Ahhh! Johnny!…

Kiosque à journaux

<p>Kiosque à journaux</p> L'Humanité! Le Figaro! France-soir! Les travailleurs ont le droit de savoir? Carreaux, lorets, phosphate, rio, dicto, La princesse portait un nouveau chapeau, Zizi place dix-sept, gagnant vingt-deux… Venez chercher les mots, Puisqu'il vous faut des mots, Et puis soyez heureux… On précisait hier dans les couloirs Que l'Eminence grise serait pas noire. La France bat la Pologne par trois-zéro Grâce à Lopez, Kobarsky et Aszlo. La Princesse va faire couper ses cheveux. Venez chercher des mots, Puisqu'il vous faut des mots, Et puis soyez heureux… Eclaircie passagère et temps couvert. Trois pièces: cuisine, moquette, très bonne affaire Et la poitrine sera plus haute au printemps. Mon linge a vraiment la blancheur du blanc. Ma foi, ce sera un événement heureux… Venez chercher des mots, Puisqu'il vous faut des mots, Et puis soyez heureux…

L'accordéoniste

<p>L'accordéoniste</p>

Paroles et Musique: Michel Emer 1942

autres interprètes: Chimène Badi (2005)

La fille de joie est belle Au coin de la rue là-bas Elle a une clientèle Qui lui remplit son bas Quand son boulot s'achève Elle s'en va à son tour Chercher un peu de rêve Dans un bal du faubourg Son homme est un artiste C'est un drôle de petit gars Un accordéoniste Qui sait jouer la java Elle écoute la java Mais elle ne la danse pas Elle ne regarde même pas la piste Et ses yeux amoureux Suivent le jeu nerveux Et les doigts secs et longs de l'artiste Ça lui rentre dans la peau Par le bas, par le haut Elle a envie de chanter C'est physique Tout son être est tendu Son souffle est suspendu C'est une vraie tordue de la musique La fille de joie est triste Au coin de la rue là-bas Son accordéoniste Il est parti soldat Quand y reviendra de la guerre Ils prendront une maison Elle sera la caissière Et lui, sera le patron Que la vie sera belle Ils seront de vrais pachas Et tous les soirs pour elle Il jouera la java Elle écoute la java Qu'elle fredonne tout bas Elle revoit son accordéoniste Et ses yeux amoureux Suivent le jeu nerveux Et les doigts secs et longs de l'artiste Ça lui rentre dans la peau Par le bas, par le haut Elle a envie de chanter C'est physique Tout son être est tendu Son souffle est suspendu C'est une vraie tordue de la musique La fille de joie est seule Au coin de la rue là-bas Les filles qui font la gueule Les hommes n'en veulent pas Et tant pis si elle crève Son homme ne reviendra plus Adieux tous les beaux rêves Sa vie, elle est foutue Pourtant ses jambes tristes L'emmènent au boui-boui Où y a un autre artiste Qui joue toute la nuit Elle écoute la java… … elle entend la java … elle a fermé les yeux … et les doigts secs et nerveux… Ça lui rentre dans la peau Par le bas, par le haut Elle a envie de gueuler C'est physique Alors pour oublier Elle s'est mise à danser, à tourner Au son de la musique… ARRÊTEZ! Arrêtez la musique!…

L'effet qu'tu m'fais

<p>L'effet qu'tu m'fais</p>

Paroles: Edith Piaf. Musique: Marc Heyral 1953

Y a des gens qui savent exprimer La grandeur de leurs sentiments. Moi je n'ai aucune facilité. C'est une question d' tempérament. Je n' peux pas dire l'effet qu' tu m' fais, Mais vrai: tu m' fais un drôle d'effet. Ça commence là, ça passe par là, Ça continue, et ça s'en va… Je m'demande où, ça je n' sais pas. Mais ça revient, et ça remet ça. Il n'y a qu'un remède pour calmer ça, C'est quand tu me prends dans tes bras. T'as dans ta main ma ligne de chance Et dans tes yeux, mes jours heureux. On peut bien dire que l'existence A des moments si merveilleux Que je m' demande si l' paradis, Quoi qu'on en dise, est mieux qu'ici. Si j' pouvais dire l'effet qu' tu m' fais, Mais vrai: tu m' fais un drôle d'effet. Si tu veux savoir mon impression, Notre amour c'est comme un peu d' blanc. C'est beau l' blanc, mais c'est salissant, Aussi j'y fais très attention. Je n' peux pas dire l'effet qu' tu m' fais, Mais vrai: tu m' fais un drôle d'effet. Ça commence là, ça passe par là, Ça continue, et ça s'en va… Je m' demande où, ça je n' sais pas Mais ça revient, et ça remet ça. Il n'y a qu'un remède pour calmer ça, C'est quand tu me prends dans tes bras. Crois-tu vraiment qu'on a d' la chance De nous aimer et d'être heureux? Y a tant de gens dans l'existence Qui voudraient bien être amoureux. T'as des façons de m' regarder. Vraiment, t'as pas besoin d' parler Et si j' te fais l'effet qu' tu m' fais, Ben vrai, on s' fait un drôle d'effet…

L'escale

<p>L'escale</p> Le ciel est bleu, la mer est verte Laisse un peu la f'nêtre ouverte Le flot qui roule à l'horizon Me fait penser à un garçon Qui ne croyait ni Dieu ni Diable Je l'ai rencontré vers le nord Un soir d'escale sur un port Dans un bastringue abominable L'air sentait la sueur et l'alcool Il ne portait pas de faux-col Mais un douteux foulard de soie En entrant, je n'ai vu que lui Et mon coeur en fut ébloui de joie Le ciel est bleu, la mer est verte Laisse un peu la f'nêtre ouverte Il me prit la main sans un mot Il m'entraîna hors du bistrot Tout simplement d'un geste tendre Ce n'était pas un compliqué Il demeurait le long du quai Je n'ai pas cherché à comprendre Sa chambre donnait sur le port Des marins soûls chantaient dehors Un bec de gaz, un halo blême Eclairait le triste réduit Qu'il m'écrasait tout contre lui! Je t'aime Le ciel est bleu, la mer est verte Oh laisse un peu la f'nêtre ouverte! Son baiser me brûle toujours Est-ce là ce qu'on dit l'amour Son bateau mouillait dans la rade Chassant les ombres de la nuit Au jour naissant il s'est enfui Pour rejoindre ses camarades Je l'ai vu monter sur le pont Et si je ne sais pas son nom Je connais celui du navire Un navire qui s'est perdu Quant au marin Nul n'en peut plus rien dire Le ciel est bas, la mer est grise Ferme la f'nêtre à la brise

L'étranger

<p>L'étranger</p> Il avait un air très doux, Des yeux rêveurs un peu fous Aux lueurs étranges. Comme bien des gars du Nord, Dans ses cheveux un peu d'or, Un sourire d'ange. J'allais passer sans le voir Mais quand il m'a dit bonsoir D'une voix chantante, J'ai compris que, ce soir-là, Malgré la pluie et le froid, Je serais contente. Il avait un regard très doux. Il venait de je ne sais où. D'où viens-tu? Quel est ton nom? Le navire est ma maison. La mer mon village. Mon nom, nul ne le saura. Je suis simplement un gars Ardent à l'ouvrage Et si j'ai le cœur trop lourd, Donne-moi donc un peu d'amour, Espoir de caresses. Et moi, fille au cœur blasé, J'ai senti, sous ses baisers, Une ardente ivresse. Il avait un regard très doux Il venait de je ne sais où. Simplement, sans boniments, J'aimais mon nouvel amant, Mon époux d'une heure. Comme bien des malheureux, Il croyait lire en mes yeux La femme qu'on pleure Et, follement, j'espérais Qu'au matin, il me dirait Suis-moi je t'emmène. J'aurais dit oui, je le sens, Mais il a fui, me laissant Rivée à ma chaîne. Il avait un regard très doux. Il venait de je ne sais où. J'ai rêvé de l'étranger Et, le cœur tout dérangé Par les cigarettes, Par l'alcool et le cafard, Son souvenir chaque soir M'a tourné la tête Mais on dit que, près du port, On a repêché le corps D'un gars de marine Qui, par l'amour délaissé, Ne trouva pour le bercer Que la mer câline. Il avait un regard très doux. Il s'en allait je ne sais où.

L'homme à la moto

<p>L'homme à la moto</p>

Paroles: Jean Dréjac. Musique: Mike Stoller amp; Jerry Leiber 1955

Titre origina "Black denim trousers and motorcycle Boots"

autres interprètes: Juliette (1991), Fanny (1991)

note: Adaptation française du titre de "The Cheers" (1955).


{Refrain:}

Il portait des culottes, des bottes de moto Un blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos Sa moto qui partait comme un boulet de canon Semait la terreur dans toute la région. Jamais il ne se coiffait, jamais il ne se lavait Les ongles pleins de cambouis mais sur les biceps il avait Un tatouage avec un cœur bleu sur la peau blême Et juste à l'intérieur, on lisait: "Maman je t'aime" Il avait une petite amie du nom de Marie-Lou On la prenait en pitié, une enfant de son âge Car tout le monde savait bien qu'il aimait entre tout Sa chienne de moto bien davantage…

{au Refrain}

Marie-Lou la pauvre fille l'implora, le supplia Dit: "Ne pars pas ce soir, je vais pleurer si tu t'en vas…" Mais les mots furent perdus, ses larmes pareillement Dans le bruit de la machine et du tuyau d'échappement Il bondit comme un diable avec des flammes dans les yeux Au passage à niveau, ce fut comme un éclair de feu Contre une locomotive qui filait vers le midi Et quand on débarrassa les débris… On trouva sa culotte, ses bottes de moto Son blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos Mais plus rien de la moto et plus rien de ce démon Qui semait la terreur dans toute la région…

L'homme au piano

<p>L'homme au piano</p>

Paroles: JC Darnal. Musique: H.Henning, Terington 1954

Demandez à l'homme au piano, Au piano, au piano, De frapper à coups de marteau, Coups de marteau, coups de marteau. Qu'il frappe à tire larigot, Larigot, juste ou faux. J'sais qu'ses doigts ne sont pas en bois, Mais, quand il les cassera, On les fera remplacer… Le principal, c'est qu'il joue Comme une machine à sous, Jusqu'au bout, sans arrêt… P't'être que ton cœur entendra Un peu de tout ce fracas Et qu'alors tu comprendras Que le piano joue pour toi. Je dois chasser comme je peux Le fantôme silencieux. Si le bonhomme fait du bruit, C'est que moi je lui crie De frapper comme un sourd. Ça ne sonnera jamais plus faux Que la chanson des mots Qui parlaient de notre amour… Demandez à l'homme au piano, Au piano, au piano, De frapper à coups de marteau, Coups de marteau, coups de marteau Pour casser dans mon cerveau Mon amour en morceaux. Même s'il ne lui reste plus qu'un doigt, Qu'il tape avec les bras, Après tout, moi j' m'en fous: Le principal, c'est qu'il joue, Comme une machine à sous, Jusqu'au bout, jusqu'au bout… Demandez à l'homme au piano Au piano, au piano… …au piano…

L'homme de Berlin

<p>L'homme de Berlin</p>

Paroles: Michèle Vendôme. Musique: Francis Laï 1963

Sous le ciel crasseux qui pleurait d'ennui, Sous la petite pluie qui tombait sur lui, Lui… l'homme de Berlin… Dans le vieux faubourg, au milieu de la nuit, Il se tenait là. Je n'ai vu que lui, Lui… l'homme de Berlin… Etrangère à Berlin, où je venais d'arriver, Quand on n'attend plus rien, Quand on veut tout changer, Berlin vaut bien Berlin. Moi, il m'en faut peu pour croire, dans la vie, Que tout peut changer, et pourquoi pas lui?… Lui… l'homme de Berlin. J' me voyais déjà l'aimer pour la vie. J' recommençais tout, c'était avec lui. Lui… l'homme de Berlin… Ne me parlez pas de hasard, De ciel, ni de fatalité, De prochains retours, ni d'espoir, De destin, ni d'éternité. Ne me parlez pas de Berlin Puisque Berlin n'est rien pour moi. Ne me parlez pas de Berlin, Même si Berlin, c'est tout pour moi. Sous le ciel crasseux qui pleurait d'ennui, Sous la petite pluie qui tombait sur lui, Lui… l'homme de Berlin… J' l'ai pris pour l'amour, c'était un passant, Une éternité de quelques instants, Lui… l'homme de Berlin, Car lui, l'homme de Berlin, cherchait aussi l'oubli. Il est parti trop loin Car, pour user sa vie, Il n'y a pas que Berlin. Dans chaque visage, je ne vois que lui Et, dans chaque nuit, je dors avec lui, Lui… l'homme de Berlin Sous quel ciel crasseux, passe-t-il sa vie Et dans quel Berlin traîne-t-il sa vie, Lui… l'homme de Berlin? Mais y a pas qu'un homme dans ce foutu pays!… Ici ou ailleurs… Il n'y a pas que lui… Il n'y a pas que lui… Il n'y a pas que lui… Il n'y a pas que lui… Il n'y a pas que lui… Y a pas que lui… que lui… que lui…

L'homme des bars

<p>L'homme des bars</p>

Paroles: Edith Piaf. Musique: Marguerite Monnot 1941

note: du film "Montmartre sur Seine"

Dans un bar, Au comptoir, On peut apercevoir Un garçon aux yeux couleur de suie. Il boit sans s'arrêter. Il boit pour oublier Un mauvais tour que lui a joué la vie. Quand je viens près de lui, Tristement, il sourit Et, doucement, me dit: "On s'est aimé pendant un an, foll'ment Et puis on s'est quitté comm' ça… bêtement." Le cafard, Le brouillard, Sont aussi au comptoir Pour pouvoir lui tenir compagnie Et, quand vient le matin, Il emmène son chagrin. C'est vraiment son seul copain dans la vie. Puis, quand revient le soir, On le voit au comptoir Racontant son histoire: "On s'est aimé pendant un an, foll'ment Et puis on s'est quitté comm' ça, bêtement." Au comptoir, Un beau soir, On vient d'apercevoir Un fille aux yeux couleur de vie. Ell' vient de s'approcher, Ell' vient de lui parler, Elle a une voix tendre, elle est jolie Et c'est un autre amour Qui revient pour toujours. Ils partent dans le jour. Ils s'aimeront toute la vie, foll'ment. Foll'ment.

L'homme que j'aimerai

<p>L'homme que j'aimerai</p>

Paroles: Marcel Achard. Musique: Marguerite Monnot 1951

L'homme que j'aimerai, 'y a si longtemps que je l'aime. Lorsque je l'aurai, J' vous jure que j' le garderai, Du moins, j'essaierai… Les hommes sont tous les mêmes. En tout cas, nous deux, Nous essaierons d'être heureux… L'homme que j'aimerai, Je n' l'ai vu que dans mes rêves. Déjà l'douze avril. Mon amour, quand viendra-t-il? Il a de blanches mains immenses Qui ne vous caressent qu'après Un cœur de quatorze juillet, Plein de pétards et de romance, De petits vins blancs et de danse, Un cœur qui est fait pour s'y blottir Si grand qu' j'en pourrais pas sortir. L'homme que j'aimerai, 'y a si longtemps que je l'aime. Quand il me verra, Sûr qu'il me reconnaîtra. Il murmurera: "Tu es bien toujours la même…" Alors, tous les deux, Nous serons peut-être heureux… Mais quand je l'aurai, Cet amoureux dont je rêve, Je ne penserai Qu'au jour où je le perdrai… L'homme que j'aimerai…

L'hymne à l'Amour

<p>L'hymne à l'Amour</p>

Paroles: Edith Piaf. Musique: Marguerite Monnot 1949

autres interprètes: Armand Mestral, Michel Chaineaud, Marcel Merkès, Mireille Mathieu, Johnny Hallyday, Georgette Lemaire

Le ciel bleu sur nous peut s'effondrer Et la terre peut bien s'écrouler Peu m'importe si tu m'aimes Je me fous du monde entier Tant qu'l'amour inond'ra mes matins Tant que mon corps frémira sous tes mains Peu m'importent les problèmes Mon amour puisque tu m'aimes J'irais jusqu'au bout du monde Je me ferais teindre en blonde Si tu me le demandais J'irais décrocher la lune J'irais voler la fortune Si tu me le demandais Je renierais ma patrie Je renierais mes amis Si tu me le demandais On peut bien rire de moi Je ferais n'importe quoi Si tu me le demandais Si un jour la vie t'arrache à moi Si tu meurs que tu sois loin de moi Peu m'importe si tu m'aimes Car moi je mourrai aussi Nous aurons pour nous l'éternité Dans le bleu de toute l'immensité Dans le ciel plus de problèmes Mon amour crois-tu qu'on s'aime Dieu réunit ceux qui s'aiment

L'orgue des amoureux

<p>L'orgue des amoureux</p>

Paroles: Francis Carco. Musique: Varel amp; Bailly 1949

autres interprètes: Mouloudji (1959)

Un vieil orgue de Barbarie Est venu jouer l'autre jour Sous ma fenêtre, dans la cour Une ancienne chanson d'amour Et pour que rien, rien ne varie, Amour rimait avec toujours. En écoutant cette romance Qui me rappelait le passé, Je crus que j'en avais assez Mais comme hélas, tout recommence, Tout hélas a recommencé, Tout hélas a recommencé. Je t'ai donné mon cœur. Je t'ai donné ma vie Et mon âme ravie, Malgré ton air moqueur, Reprenons tous en chœur, Est à toi pour la vie. C'est pourtant vrai, lorsque j'y pense, Que je l'aimais éperduement Et que jamais aucun amant Ne m'a causé plus de tourments, Mais voilà bien ma récompense D'avoir pu croire en ses serments. Il a suffi d'une aventure Plus banale en vérité Pour qu'un beau soir, sans hésiter, Il obéit à sa nature. Je ne l'avais pas mérité. Je ne l'avais pas mérité. Je t'ai donné mon cœur. Je t'ai donné ma vie Et mon âme ravie, Malgré ton air moqueur, Reprenons tous en chœur, Est à toi pour la vie. Que pouvons-nous contre nous-mêmes? Chacun de nous suit son chemin. C'est le sort de tous les humains Mais ceux qui vont main dans la main En se disant tout bas "je t'aime" Devraient songer aux lendemains Sur une triste ritournelle Dont l'écho s'est vite envolé. L'orgue à la fin s'en est allé Et, pardonnant à l'infidèle, J'ai chanté pour me consoler, J'ai chanté pour me consoler. Je t'ai donné mon cœur. Je t'ai donné ma vie Et mon âme ravie, Malgré ton air moqueur, Reprenons tous en chœur, Est à toi pour la vie. Je t'ai donné mon cœur, je t'ai donné ma vie…

La belle histoire d'amour

<p>La belle histoire d'amour</p>

Paroles: Edith Piaf. Musique: Charles Dumont 1960

Quand un homme vient vers moi, Je vais toujours vers lui. Je vais vers je-ne-sais-quoi. Je marche dans la nuit. Je cherche à t'oublier Et c'est plus fort que moi: Je me fais déchirer. Je n'appartiens qu'à toi… Je n'oublierai jamais Nous deux, comme on s'aimait Toutes les nuits, tous les jours, …La belle histoire d'amour… …La belle histoire d'amour… Pourquoi m'as-tu laissée? Je suis seule à pleurer, Toute seule à chercher… Un jour où j'attendais, J'ai longtemps attendu. J'espérais… J'espérais… Tu n'es pas revenu. Je me suis révoltée. Je me suis résignée. J'ai crié, j'ai pleuré, J'ai nié, j'ai prié… Je n'oublierai jamais Nous deux, comme on s'aimait Toutes les nuits, tous les jours. …La belle histoire d'amour… …La belle histoire d'amour… Pourquoi m'as-tu laissée? Je suis seule à pleurer, Toute seule à chercher… Quand un homme me plaît, J'fais des comparaisons. Je n'arrive jamais A lui donner raison. C'est ta voix que j'entends. C'est tes yeux que je vois. C'est ta main que j'attends. Je n'appartiens qu'à toi… Je n'oublierai jamais Nous deux, comme on s'aimait Toutes les nuits, tous les jours, …La belle histoire d'amour… …La belle histoire d'amour… Pourquoi m'as-tu laissée? Je suis seule à pleurer, Toute seule à chercher… J'espère toujours en toi. Je sais que tu viendras. Tu me tendras les bras Et tu m'emporteras… Et tu m'emporteras… Et tu m'emporteras… Et tu m'emporteras… Et tu m'emporteras… Et tu m'emporteras…

La demoiselle du cinquième

<p>La demoiselle du cinquième</p>

Paroles: Henri Contet. Musique: Louiguy 1943

La demoiselle du cinquième étage Nous chante à plein cœur qu'ell' va se marier. Paraît qu'ce s'ra un sacré mariage. Voilà c'qu'on entend à chaque palier. C'est drôl' l'amour, comm' ça vous change, Ell' qui était si triste avant. Maint'nant elle a d'la joie d'rechange Et des yeux clairs par tous les temps. Alors ell' croit que la vie est belle Et que les caresses ça pousse partout, Que ses amours seront éternelles Et qu'elle a le droit de rir' jusqu'au bout. Lui et moi, c'était pareil. Je croyais au Pèr' Noël. Je l'aimais à perdre haleine, C'était pareil. Bien entendu, il y a eu maldonne. La bell' robe blanche est décommandée. Le gars prétend que la blague est bonne Car il a tout pris sans rien lui donner. L'amour, c'est comm' les ch'mises de soie: Deux chos's qui s'achèt'nt au printemps. On fait un rendu pour la soie Mais l'amour, c'est plus encombrant. Alors la gosse, laissée pour compte, Ell' passe des nuits, des nuits à pleurer Et dans le jour voilà qu'ell' raconte La pein' que ses nuits ont mis de côté. Lui et moi, c'était pareil. Je croyais au Pèr' Noël. Je l'aimais à perdre haleine, C'était pareil. La demoisell', qui avait tant d'peine, C'était à prévoir, voulut se tuer. Elle a voulu se j'ter dans la Seine, Voulu… ou du moins elle en a parlé. Et puis elle a fait une affaire Avec le rire d'un grand gars. Un jour il lui f'ra des misères Mais ell' s'en fout, ell'n'y pens' pas, Et la voilà, tiens, qui recommence A chanter partout qu'ell' va se marier, Crier de joie et pleurer d'avance Voilà c'qu'on entend à chaque palier… Toi et moi, c'est tout pareil. Il faut croire au Pèr' Noël Et je t'aime à perdre haleine, C'est tout pareil.

La fête continue

<p>La fête continue</p>

Paroles et Musique: Michel Emer 1949

La fête bat son plein, musique et manèges, Nougats, carabines, voyantes, femmes nues. Du matin au soir, c'est un long cortège: Chansons, balançoires, la fête continue… A l'étage en-dessous, 'y a des gosses qui braillent. Le père est malade, la mère est partie. Il fout des taloches à toute la marmaille Mais le bruit d' la fête couvre tous leurs cris. Au-dessus, deux jeunes gens. Faut voir comme ils s'aiment, Oui, mais leurs parents ne veulent rien savoir. Ils ont décidé qu'ils s'aimeraient quand même Et qu'ils se tueraient… et c'est pour ce soir… La fête bat son plein, musique et manèges, Nougats, carabines, voyantes, femmes nues. Du matin au soir, c'est un long cortège: Chansons, balançoires, la fête continue… Plus haut, c'est une veuve. Plus rien n' l'intéresse. Elle n'avait qu'un fils, c'était toute sa vie Il a disparu, emportant la caisse. Depuis ce temps-là, elle pleure jour et nuit. Le petit garçon qui sort de l'école A eu un zéro, il sera puni Et dimanche prochain, c'est ça qui l' désole, Au lieu de la fête, il restera chez lui. La fête bat son plein, musique et manèges, Nougats, carabines, voyantes, femmes nues. Du matin au soir, c'est un long cortège: Chansons, balançoires, la fête continue… En face les p'tits vieux qui sont bien aimables Ont perdu leur fille depuis vingt-cinq ans. Ils n'ont qu'une marotte: faire tourner les tables. Esprit, es-tu là?… Et ils sont contents… Et moi comme tout le monde, j'assiste à ces drames Mais je ferme les yeux, j' pense à mon bonheur. Nous nous sommes donnés tout deux corps et âme. On est trop heureux pour avoir du cœur… La fête bat son plein, musique et manèges, Baisers, carabines, "Je t'aime", femme nues. Du matin au soir, c'est un long cortège: Amour, balançoires, la fête continue…

La foule

<p>La foule</p>

Paroles: Enrique Dizeo adapt fr: Michel Rivgauche. Musique: Angel Cabral 1953

Titre origina "Amore de mis amores"

autres interprètes: Armand Mestral (1958) Paco (en espagnol 1988)

Je revois la ville en fête et en délire Suffoquant sous le soleil et sous la joie Et j'entends dans la musique les cris, les rires Qui éclatent et rebondissent autour de moi Et perdue parmi ces gens qui me bousculent Étourdie, désemparée, je reste là Quand soudain, je me retourne, il se recule, Et la foule vient me jeter entre ses bras… Emportés par la foule qui nous traîne Nous entraîne Écrasés l'un contre l'autre Nous ne formons qu'un seul corps Et le flot sans effort Nous pousse, enchaînés l'un et l'autre Et nous laisse tous deux Épanouis, enivrés et heureux. Entraînés par la foule qui s'élance Et qui danse Une folle farandole Nos deux mains restent soudées Et parfois soulevés Nos deux corps enlacés s'envolent Et retombent tous deux Épanouis, enivrés et heureux… Et la joie éclaboussée par son sourire Me transperce et rejaillit au fond de moi Mais soudain je pousse un cri parmi les rires Quand la foule vient l'arracher d'entre mes bras… Emportés par la foule qui nous traîne Nous entraîne Nous éloigne l'un de l'autre Je lutte et je me débats Mais le son de sa voix S'étouffe dans les rires des autres Et je crie de douleur, de fureur et de rage Et je pleure… Entraînée par la foule qui s'élance Et qui danse Une folle farandole Je suis emportée au loin Et je crispe mes poings, maudissant la foule qui me vole L'homme qu'elle m'avait donné Et que je n'ai jamais retrouvé…

La goualante du pauvre Jean

<p>La goualante du pauvre Jean</p>

Paroles: René Rouzaud

Ésgourdez rien qu'un instant La goualante du pauvre Jean Que les femmes n'aimaient pas Mais n'oubliez pas Dans la vie y a qu'une morale Qu'on soit riche ou sans un sou Sans amour on n'est rien du tout (On n'est rien du tout) Il vivait au jour le jour Dans la soie et le velours Il piaussait dans de beaux draps Mais n'oubliez pas Dans la vie on est peau de balle Quand notre coeur est au clou Sans amour on n'est rien du tout (On n'est rien du tout) Il bectait chez les barons Il guinchait dans les salons Et lichait tous les tafias Mais n'oubliez pas Rien ne vaut une belle fille Qui partage notre ragoût Sans amour on n'est rien du tout (On n'est rien du tout) Pour gagner des picaillons Il fut un méchant larron On le saluait bien bas Mais n'oubliez pas Un jour on fait la pirouette Et derrière les verrous Sans amour on n'est rien du tout (On n'est rien du tout) Ésgourdez bien jeunes gens Profitez de vos vingt ans On ne les a qu'une fois Et n'oubliez pas Plutôt qu'une cordelette Mieux vaut une femme à son cou Sans amour on n'est rien du tout (On n'est rien du tout) Et voilà mes brave gens La goualante du pauvre Jean Qui vous dit en vous quittant Aimez-vous…

La java de Cézigue

<p>La java de Cézigue</p>

Paroles: Groffe. Musique: Eblinger 1936

Cézigue est un p'tit bonhomme Aux joues joufflues comme une pomme Qui joue l'accordéon Le soir chez un bougnat de la rue d'Charenton. Hop! Faut l'voir avec sa casquette Mise à la casseur d'assiettes Et son p'tit bout d'mégot Qui l'fait sans arrêt clignoter des carreaux. Moi, d'habitude, la musique, C'est rigolo, ça me donne envie d'roupiller, Ça me rend neurasthénique Et j'me sens pas du tout pour gambiller. Ah oui, mais quand c'est l'p'tit Cézigue En bras d'chemise qui fait l'zigue. Il tire des sons d'son accordéon. Ça fiche le frisson. On vous corne dans les oreilles Que les javas sont toutes pareilles. Et ben ceux qui disent ça C'est qu'ils connaissent pas Cézigue et sa java. Hop! Quand l'Cézigue a fait une touche, La môme n'attrape pas les mouches Et la carrée d'l'hôtel Devient subitement la succursale du ciel Et puis après, le béguin s'tasse. Pour un mot qui n'est pas en place, C'est fini d'rigoler. Cézigue s'est déguisé En machine bosselée. Quand un monsieur ordinaire Corrige une dame parce qu'il a les nerfs agacés, Ça change de place la poussière Et, cinq minutes après, tout est classé. Ah! Ah oui, mais quand c'est l'p'tit Cézigue En bras d'chemise qui fait l'zigue, Il fout des gnons, Oh cré nom de nom, Quelle distribution! On vous corne dans les oreilles Que les javas sont toutes pareilles. Eh ben ceux qui disent ça, C'est qu'ils connaissent pas Cézique et sa java. Hop! Vous pensez bien que Cézigue Ne sort pas d'une caisse de piques Comme on le demande partout. Qu'il fasse n'importe quoi, C'est jamais pour des sous Ni pour être tout comme les potes. On remet ça à la belote Ou bien sur un toquard Qui fait sur la pelouse De grands coups de Trafalguard. Mais non! Ah! Non pour une année à la planque Sans avoir fait la Bugatti Comme un gigolo, Il a un compte à la banque Et une belle petite crèche au bord de l'eau. Aussi, quand on voit Cézigue En bras de chemise qui fait l'zigue Sans attiger, Même les étrangers Disent: "Il sait nager". On vous corne dans les oreilles Que la vie n'est pas une merveille. Hah! Eh ben ceux qui disent ça, C'est qu'ils connaissent pas Cézigue et sa java. Hop!

La Julie jolie

<p>La Julie jolie</p>

Paroles: G.Couté. Musique: L.Daniderff 1936

A la luée de la Saint-Jean, Un fermier qui se raclait des rentes Dans le champ de misère des pauvres gens Alla s'enquérir d'une servante. Après avoir hoché longtemps Pour quatre paires de sabiots par an Avec la croûte, et puis le logement, Il fit embauche de la Julie, La Julie, qu'était si jolie… Il l'employa sans un brin de repos, Du fin matin à la nuit grande, A mener pâturer les bestiaux Dans l'herbe déleudée de la lande, Mais un soir qu'il était tout joyeux D'avoir liché queuqu's coups d'vin, Il se sentit devenir amoureux Et sauta dans le lit de la Julie, La Julie, qu'était si jolie… Depuis c'jour-là, devenu fou d'amour, Il t'y paya des amusettes, Des affutiaux qu'l'orfèv' du bourg Vous compte toujours des yeux d'la tête Puis vendit brêmaill's et genêts, Vendit sa lande et son troupet A seule fin de s'faire des jaunets Pour mettre dans le bas blanc de la Julie, La Julie, qu'était si jolie… Si bien qu'un coup qu'il eut plus rien, Il eut vendu jusqu'à sa ferme, A'l'mit dehors au vent du chemin Comme un gars qui pai' plus son terme, Mais ce jour-là, c'était la Saint-Jean. Pour quatre paires de sabiots par an Avec la croûte et puis le logement, Il s'embaucha chez la Julie, La Julie, qu'était si jolie…

La p'tite marie

<p>La p'tite marie</p>

Paroles: Edith Piaf. Musique: Marguerite Monnot 1950

Tout comme je traversais l'avenue, Quelqu'un s'est cogné dans ma vue Et qui m'a dit à brûle-pourpoint: "Vous connaissiez la p'tite Marie, Si jeune, et surtout si jolie? Ben, elle est morte depuis ce matin…" "Mais comment ça? C'est effroyable!" "C'est pire que ça: c'est incroyable!" "Hier encore… et aujourd'hui…" "Eh oui, voilà… Tous est fini…" Alors là, j'ai pensé à nous, Aux petites histoires de rien du tout, Aux choses qui prennent des proportions Rien que dans notre imagination. C'est pas grand chose, un grand amour. Ah non, vraiment, ça ne pèse pas lourd. Pour peu qu'on se quitte sur une dispute Et que la fierté entre dans la lutte, Qu'on s'en aille chacun de son côté, R'garde un peu ce qui peut t'arriver… Je la revois, la p'tite Marie. Mon Dieu, comme elle était jolie. 'y a des coups vraiment malheureux. Elle avait tout pour être heureuse. Bien sûr, elle est pas malheureuse… Mais lui qui reste, ça c'est affreux. Qu'est-ce qu'il va faire de ses journées Et de toutes ses nuits, et de ses années? Hier encore… et aujourd'hui… Leur belle histoire, elle est finie. Alors là, moi, je pense à nous, Aux p'tites histoires de rien du tout, Aux choses qui prennent des proportions Rien que dans notre imagination. Comment t'ai-je quitté ce matin? On a voulu faire les malins. On s'est quittés sur une dispute Et on a joué à cœur qui lutte, Alors t'es parti de ton côté. Pourvu qu'il n'te soit rien arrivé… Mon Dieu, ayez pitié de moi. Demandez-moi n'importe quoi, Mais lui, surtout, laissez-le moi… Oh, mon chéri, tu étais là… Je parlais seule, comme tu le vois… Mon amour, prends-moi dans tes bras. Non… ne dis rien… C'est ça, tais-toi. Tu te souviens d' la p'tite Marie? La gosse qui aimait tant la vie… Ben, elle est morte depuis ce matin. Oui, comme tu dis, c'est effroyable… C'est pire que ça, c'est incroyable… Serre-moi plus fort tout contre toi… Chéri… Comme je suis bien dans tes bras.

La petite boutique

<p>La petite boutique</p>

Paroles: Roméo Carles. Musique: O. Hodeige 1936

Je sais, dans un quartier désert, Un coin qui se donne des airs De province aristocratique. J'y découvris l'autre saison, Encastrée entre deux maisons, Une miniscule boutique. Un beau chat noir était vautré Sur le seuil quand je suis entrée. Il leva sur moi ses prunelles Puis il eut l'air en me voyant De se dire: "Tiens! Un client… Quelle chose sensationnelle!" Ce magazin d'antiquités Excitait ma curiosité Par sa désuète apparence. Une clochette au son fêlé Se mit à tintinnabuler. Dans le calme et tiède silence, Soudain, sorti je ne sais d'où, Un petit vieillard aux yeux doux Me fit un grand salut baroque Et j'eus l'étrange sentiment De vivre un très ancien moment Fort éloigné de notre époque. Je marchandais un vieux bouquin Dont la reliure en maroquin Gardait l'odeur des chambres closes Lorsque, je ne sais trop comment, Je me mis, au bout d'un moment, A parler de tout autre chose Mais le vieux ne connaissait rien. Quel étonnement fut le mien De constater que le bonhomme Ne savait rien, évidemment, Des faits et des événements Qui passionnaient les autres hommes. Il ignorait tout de ce temps, Aussi bien les gens importants Que les plus célèbres affaires Et c'était peut-être cela Qui, dans ce tranquille coin-là, Créait cette étrange atmosphère. J'acquis le bouquin poussiéreux Et je partis le cœur heureux. Le chat noir, toujours impassible, Dans un petit clignement d'yeux Parut me dire, malicieux: "Tu ne croyais pas ça possible!…" Je m'en allai, et puis voilà. Mon anecdote finit là Car cette histoire ne comprend Ni chute, ni moralité Mais quand je suis trop affectée Par le potins que l'on colporte, Par les scandales dégoûtants, Par les procédés révoltants Des requins de la politique, Afin de mieux m'éloigner d'eux Je vais passer une heure ou deux Dans cette petite boutique…

La rue aux chansons

<p>La rue aux chansons</p>

Paroles et Musique: Michel Emer 1951

C'est la rue aux chansons. C'est la rue de la joie Où, dans toutes les maisons, Sans rimes, ni raison, L'on chante à pleine voix Dès le lever du jour. Tout le monde est heureux Et chacun, à son tour, Dans le gris des faubourgs, Invente le ciel bleu. L'on n'y rencontre pas Des amours malheureuses. On s'aime, on ne s'aime pas. On s'embrasse, on s'en va. On chante, et puis voilà. Vous, les désenchantés Qui pleurez sans raison, Pour apprendre à chanter Venez tous habiter Dans la rue aux chansons. On se serrera Un tout petit peu. 'y en a pour trois Quand il y en a pour deux. Luxe et confort, ça nous est bien égal. Pas besoin de ça dans la rue aux cigales.

{2x l'ensemble}


La sérénade du pavé

<p>La sérénade du pavé</p>

Paroles et Musique: Jean Varney 1894

autres interprètes: Fragson (1895), Edith Piaf (BO film "French Cancan" 1954), Anny Flore (1965), Jack Lantier (1970)

note: dans BO film "French cancan"

Si je chante sous ta fenêtre, Ainsi qu'un galant troubadour Et si je veux t'y voir paraître, Ce n'est pas, hélas, par amour. Que m'importe que tu sois belle, Duchesse, ou lorette aux yeux doux Ou que tu laves la vaisselle, Pourvu que tu jettes deux sous. Sois bonne, ô ma chère inconnue Pour qui j'ai si souvent chanté. Ton offrande est la bienvenue. Fais-moi la charité. Sois bonne, ô ma chère inconnue Pour qui j'ai si souvent chanté. Devant moi, devant moi, sois la bienvenue. L'amour, vois-tu, moi, je m'en fiche. Ce n'est beau que dans les chansons. Si quelque jour, je deviens riche, On m'aimera bien sans façon. J'aurais vite une châtelaine Si j'avais au moins un château Au lieu d'un vieux tricot de laine Et des bottines prenant l'eau. Sois bonne, ô ma chère inconnue Pour qui j'ai si souvent chanté. Ton offrande est la bienvenue. Fais-moi la charité. Sois bonne, ô ma chère inconnue Pour qui j'ai si souvent chanté. Devant moi, devant moi, sois la bienvenue. Mais ta fenêtre reste close Et les deux sous ne tombent pas. J'attends cependant peu de choses. Jette-moi ce que tu voudras. Argent, pain sec ou vieilles hardes, Tout me fera plaisir de toi Et je prierai Dieu qu'il te garde Un peu mieux qu'il n'a fait pour moi. Sois bonne, ô ma chère inconnue Pour qui j'ai souvent chanté. Ton offrande est la bienvenue. Fais-moi la charité. Sois bonne, ô ma chère inconnue Pour qui j'ai si souvent chanté. Devant moi, devant moi, sois la bienvenue…

La valse de l'amour

<p>La valse de l'amour</p>

Paroles: Edith Piaf. Musique: Marguerite Monnot 1951

C'est la valse d'amour Qu'on chante dans les faubourgs. C'est la romance Que chacun danse En attendant l'amour. Il y a toujours un cœur Qui cherche un autre cœur, Alors commence Une romance. C'est la valse d'amour. Il habitait juste en face de chez elle. Elle habitait juste en face de chez lui. Il a pensé: "Oh mon Dieu, qu'elle est belle!" Elle a pensé: "Il n'y a pas mieux que lui." C'est la valse d'amour Qu'on chante dans les faubourgs. C'est la romance Que chacun danse En attendant l'amour. Il y a toujours un cœur Qui cherche un autre cœur, Alors commence Une romance. C'est la valse d'amour. Il y a toujours un garçon pour une fille. Il y a toujours une fille pour un garçon, Alors, pour peu que la fille soit gentille, L'histoire s'arrange d'une tendre façon. C'est la valse d'amour Qu'on chante dans les faubourgs. C'est la romance Que chacun danse En attendant l'amour. Il y a toujours un cœur Qui cherche un autre cœur, Alors commence Une romance. C'est la valse d'amour.

La vie en rose

<p>La vie en rose</p>

Paroles: Edith Piaf. Musique: Louiguy 1946

autres interprètes: Céline Dion, Dalida (1965), Diana Kroll, Donna Summer, Ella Fitzgerald amp; Louis Armstrong, Emilie Simon, Franck Pourcel, Grace Jones, Jacqueline François, Joséphine Baker, Marlène Dietrich, Mireille Mathieu, Patachou, Patricia Kaas, Tohama, Yves Montand

note: Et encore beaucoup d'autres dont: Ute Lemper, Pascal Of Bollywood,…

Des yeux qui font baisser les miens Un rire qui se perd sur sa bouche Voilà le portrait sans retouche De l'homme auquel j'appartiens

{Refrain:}

Quand il me prend dans ses bras, Il me parle tout bas Je vois la vie en rose, Il me dit des mots d'amour Des mots de tous les jours, Et ça m'fait quelque chose Il est entré dans mon cœur, Une part de bonheur Dont je connais la cause, C'est lui pour moi, Moi pour lui dans la vie Il me l'a dit, l'a juré Pour la vie Et dès que je l'aperçois Alors je sens en moi Mon cœur qui bat Des nuits d'amour à plus finir Un grand bonheur qui prend sa place Des ennuis, des chagrins s'effacent Heureux, heureux à en mourir

{au Refrain}


{Nota: variante pour le dernier couplet:}

Des nuits d'amour à en mourir Un grand bonheur qui prend sa place Les ennuis, les chagrins s'effacent Heureux, heureux pour mon plaisir

La vie, l'amour

<p>La vie, l'amour</p>

Paroles: Michel Rivgauche. Musique: Robert Chauvigny 1960

La vie, la vie ça se trouve Dans l'amour. L'amour, l'amour ça se perd Dans la vie. La vie, la vie ça se donne Par l'amour. L'amour, l'amour ça se prend Par envie. La vie, la vie ça rêve A l'amour. L'amour, l'amour s'éveille A la vie, Car la vie, mais c'est l'amour. Oui la vie, c'est l'amour Et l'amour, c'est la vie. Pas de vie, sans amour. Pas d'amour, sans la vie. Notre vie pour l'amour, Notre amour pour la vie. Mon amour, tu es ma vie. La vie, la vie ça chante Dans l'amour. L'amour, l'amour ça crie Dans la vie. La vie, la vie nous donne Tout l'amour. L'amour, l'amour nous prend Toute la vie. La vie, la vie ça meurt Pour l'amour. L'amour, l'amour ça vit Pour la vie. C'est l'amour Et c'est la vie…

La ville inconnue

<p>La ville inconnue</p>

Paroles: Michel Rivgauche. Musique: Charles Dumont 1960

Dans la ville inconnue, Je n'aime rien. Je prends toujours des rues Qui vont trop loin, D'interminables rues Où je me perds, Des quais, des avenues Et des boulevards déserts Puis, entre deux maisons, J'entends le tintamarre D'un long train sur un pont Qui s'en va quelque part. Dans la ville inconnue, Soir et matin, Comme ce chien perdu, Je vais et je reviens. Il y a les passants Qui ont l'air de vous fuir Et qui n'ont pas le temps De vous faire un sourire. Dans la ville inconnue, Quand vient la nuit, J'ai peur des murs tout nus, Des murs tout gris. J'ai peur de cet hôtel Au lit trop froid Et du matin cruel Qui me réveillera, Car je voudrais dormir, Dormir même le jour Avec mes souvenirs, Mes souvenirs d'amour. Dans la ville inconnue, Je pense à toi, Mais toi, te souviens-tu Encore un peu de moi?…

Le ballet des coeurs

<p>Le ballet des coeurs</p>

Paroles: Michel Rivgauche. Musique: Norbert Glanzberg 1958

Dans un coin de la ville, ' y a un cœur bien tranquille Qui se balance, qui se balance. A l'autre bout de la cité, ' y a un cœur isolé Qui s'avance, qui s'avance. Ces deux cœurs, on dirait Deux danseurs d'un ballet Qui s'élancent, qui s'élancent. Ils s'approchent, ils s'écartent, Ils se croisent, ils repartent Et ils dansent! Mais un jour, Sur la pointe des pieds, apparaît, Et glissant comme sur du velours, Le plus grand des maîtres de ballet. C'est l'amour! C'est l'amour! C'est l'amour!… Et l'amour réunit Les deux cœurs épanouis Qui s'élancent, qui s'élancent. Moulinets, battements, Pas de deux tout le temps, Comme ils dansent! Comme ils dansent! Les sourires et les joies Tambourinent chaque fois En cadence, en cadence, Déchaînés, passionnés Martelés, affaissés, Ils s'avancent… C'est alors qu'un troisième Apparaît, et de même Il s'avance, il s'avance… On l'appelle "joli cœur". Il sépare les deux cœurs En silence… en silence… Grand écart et défi, Volte-face, jalousie Qui commence, qui commence Et puis tout recommence: ' y a deux cœurs qui s'élancent Dans la danse… …Possession, impatience… …Un cœur tué, piétiné… Et puis tout recommence: ' y a deux cœurs qui s'élancent Dans la danse…

Le billard électrique

<p>Le billard électrique</p>

Paroles: Louis Poterat. Musique: Charles Dumont 1961

"Pas la peine de suivre l'aiguille.", Dit le patron du bar, "Ça n'avance à rien Elle est en retard! Va jouer aux billes Ça passe le temps et ça fait du bien…" Il met ses vingt balles dans la mécanique Un déclic! Les billes sautent au garde-à-vous! La première bondit comme une hystérique. Ça cavale, ça sonne, ça s'allume partout! Ding! Ding! Ça crépite comme une mitraillette Ding! Un œil fait "tilt"… Ding! Une bouche fleurit! Une pin-up s'éclaire des pieds à la tête Au fond de la vitrine en verre dépoli. Cent mille! C'est le ballet des nombres magiques! Deux cent! Re-ding-ding!! La bille n'écoute pas… Elle baisse dans le couloir comme prise de panique Zut! Raté!… Huit heures… Elle ne viendra pas… "A quoi sert de guetter la porte?", Dit le patron du bar, "Faut pas s'énerver Vous êtes beau gosse Elle, elle est pas morte! Une de perdue, dix de retrouvées…" Il remet vingt balles dans la mécanique. De ses doigts crispés, il tend le ressort. La bille sème partout des flashes électriques, Pas autant, pourtant, Qu' 'y en a dans son corps… Ah! La sacrée garce! Elle ira quand même… Re-ding! Ding! Ça y est! Dans l'trou des cinq cent!!! Une partie à l'œil, il comprend le système Et ding! Et re-ding!! Ça devient angoissant… Ding! Ding! Il s'agrippe, il secoue, il cogne… Ding! Comme si c'était… "Holà! Faudrait voir…! Il va tout casser", dit le patron qui rogne Zut! Le jeu s'éteint!… Neuf heures… Plus d'espoir… Il s'excuse, il s'en va livide, Les nerfs détendus, mais le cœur si gros. "Il va jouer ailleurs", Dit le patron candide "Il va jouer ailleurs, ou bien se foutre à l'eau…" Ding! Cent mille! Ding! Ding! Deux cent mille! Trois cent! Quatre cent! Cinq cent mille! Ding! Ding! Ding! Re-ding! Ding! DING!… TILT!!!…

Le bleu de tes yeux

<p>Le bleu de tes yeux</p> Lorsque je lève les yeux, Je rencontre le ciel Et je me dis: "Mon Dieu, Mais c'est sensationnel, Tant de bleu." Lorsque je lève les yeux, Je rencontre tes yeux Et je me dis: "Mon Dieu, C'est vraiment merveilleux, Tant de bleu." Plus bleu que le bleu de tes yeux, Je ne vois rien de mieux, Même le bleu des cieux. Plus blond que tes cheveux dorés Ne peut s'imaginer, Même le blond des blés. Plus pur que ton souffle si doux, Le vent, même au mois d'août, Ne peut être plus doux. Plus fort que mon amour pour toi, La mer, même en furie, Ne s'en approche pas. Plus bleu que le bleu de tes yeux, Je ne vois rien de mieux, Même le bleu des cieux. Si un jour tu devais t'en aller Et me quitter, Mon destin changerait tout à-coup Du tout au tout. Plus gris que le gris de ma vie, Rien ne serait plus gris, Pas même un ciel de pluie. Plus noir que le noir de mon cœur, La terre en profondeur N'aurait pas sa noirceur. Plus vide que mes jours sans toi, Aucun gouffre sans fond Ne s'en approchera. Plus long que mon chagrin d'amour, Même l'éternité Près de lui serait court. Plus gris que le gris de ma vie, Rien ne serait plus gris, Pas même un ciel de pluie. On a tort de penser, je sais bien, Aux lendemains. A quoi bon se compliquer la vie Puisqu' aujourd'hui… Plus bleu que le bleu de tes yeux, Je ne vois rien de mieux, Même le bleu des cieux. Plus blond que tes cheveux dorés Ne peut s'imaginer, Même le blond des blés. Plus pur que ton souffle si doux, Le vent, même au mois d'août, Ne peut être plus doux. Plus fort que mon amour pour toi La mer, même en furie, Ne s'en approche pas. Plus bleu que le bleu de tes yeux, Je ne vois que les rêves Que m'apportent tes yeux…

Le bruit des villes

<p>Le bruit des villes</p>

Paroles: Louis Poterat. Musique: Charles Dumont 1961

Bam! Bam! V'là la vie, Bam! Bam! En batterie, Bam! Bam! En furie. V'là la vie qui m'fait peur! Bam! Bam! Le tapage Bam! Bam! De l'orage Bam! Bam! Qui soulage Le grand ciel en chaleur… Bam! Bam! De l'usine Bam! Bam! De la mine Bam! Bam! Tambourinent Les marteaux du labeur. Bam! Bam! Dans les soutes Bam! Bam! Sur les routes Bam! Bam! Je l'écoute, Ce Bam-Bam de malheur! Entre tes bras, dans le calme des nuits, J'ai tant besoin d'oublier tout ce bruit! Délivre-moi de l'enfer de cette vie… Fais-moi mon coin de paradis… Bam! Bam! Qui s'entête Bam! Bam! Dans ma tête, Bam! Bam! Ça tempête, Crève le mur du bonheur. Bam! Bam! Ça percute, Bam! Bam! Ça chahute, Bam! Bam! Ça culbute Tout ce que j'ai dans mon cœur. Bam! Bam! J'ai beau faire Bam! Bam! Et me taire, Bam! Bam! Sa colère Roule un bruit de tambour! Bam! Bam! Et je sombre Bam! Bam! Parmi l'ombre Bam! Bam! Des décombres, Sauve-moi mon amour… Bam! Bam! Bam! Bam! Bam! Bam!

Le brun et le blond

<p>Le brun et le blond</p> Dans ma p'tite vie y a deux garçons Y en a un brun et puis un blond Qui m'aiment tous deux à leur manière Le brun a l'air triste et sérieux Et le blond rit de tous ses yeux J'crois bien qu'c'est l'brun que je préfère Il est plus jeune, il est plus beau Il a une belle couleur de peau Un coeur tout pur, plein d'choses toutes belles Oui mais le blond n'a qu'à s'amener Avec son air de rigoler C'est pour lui qu'j'ai envie d'être belle Le brun me parle très gravement De son amour, de ses tourments Avec une belle voix qui chante Il dit qu'il se tuerait sûrement Si je ne l'aimais pas tout l'temps Ou si un jour j'étais méchante Ca m'impressionne, ça m'fait tout drôle C'est vraiment lui qui a l'beau rôle Y a pas à dire, c'est lui qui m'aime Quand j'parle au blond d'se suicider Y m'dit "Non, tu veux rigoler?" Mais j'aime bien l'embrasser quand même Ca s'est passé en plein mois d'août On n'y a rien compris du tout Il était v'nu boire de la bière Quand il a eu vidé son bock On a entendu un p'tit "toc" Ah, la patronne était pas fière! Il était là, tranquille comme tout Avec au front un tout p'tit trou Mon Dieu, que cette histoire est bête C'était mon blond qui était parti En m'laissant un p'tit mot écrit "J'ai assez ri. Salut p'tite tête".

Le chacal

<p>Le chacal</p>

Paroles: Raymond Asso, Charles Seider. Musique: Juel 1938

On l'avait surnommé l'Chacal. C'était un type phénoménal, Un grand, aux épaul's magnifiques, L'air d'un sauvagage, un peu crâneur. Il avait décroché mon cœur Comm' ça, d'un sourire ironique, Le soir, à l'heure de l'apéro. Il s'amenait dans notr' bistro, Toujours tout seul, sans un copain En fredonnant un drôle de r'frain. Pan Pan l'Arbi… C'est l'Chacal qu'est par ici. Y s'mettait au bout du comptoir, Le r'gard lointain comm' sans rien voir. J'attendais toujours qu'il me cause, Qu'y r'mue un peu, qu'y fasse quéqu'chose Mais il restait indifférent Et sifflotait entre ses dents: Pan Pan l'Arbi… C'est l'Chacal qu'est par ici. Personn' connaissait son boulot Et on parlait derrièr' son dos. On disait: "Qu'est c'qu'y manigance?" Les homm's le r'gardaient par en d'ssous. Les femm's lui faisaient les yeux doux. Parfois y avait de grands silences. La peur montait dans les cervaux. "C'est p't'être un flic, ce gars costaud?" Mais lui souriait avec dédain Et leur crachait toujours son refrain. Pan Pan l'Arbi… C'est l'Chacal qu'est par ici. Les mains dans les poch's du veston, Y' semblait dir': "Venez-y donc!" J'attendais toujours qu'il leur cause, Qu'y r'mue un peu, qu'y fass' quéqu'chose Mais il restait indifférent Et sifflotait entre ses dents: Pan Pan l'Arbi… C'est l'Chacal qu'est par ici. Et puis un soir qu'il f'sait très chaud, Qu'les nerfs étaient à fleur de peau Et qu'ça sentait partout l'orage, Comme il gueulait son sacré r'frain Un homm' sur lui leva la main, Alors il bondit pris de rage. Il s'est battu sans dire un mot Mais eux les lâch's, ils étaient trop… Et tout d'un coup, j'l'ai vu tomber… Alors seul'ment il m'a parlé: Pan Pan l'Arbi, Les salauds qu'est c'qu'ils m'ont mis Et puis il a fermé ses yeux En soupirant: "Ça vaut p't'êtr' mieux." Moi, j'avais froid, comm' de la fièvre, Mais j'ai voulu goûter ses lèvres Au moins un' fois, car je l'aimais! On a jamais su c'qu'il cherchait Pan Pan l'Arbi, Plus d'Chacal… C'était fini…

Le chant d'amour

<p>Le chant d'amour</p>

Paroles: Edith Piaf. Musique: Charles Dumont 1963

Si vous voulez bien écouter, Je vais chanter un chant d'amour, Un chant d'amour banal à souhait Pour deux amants qui s'adoraient. Si vous me laissez raconter L'histoire d'amour belle à rêver, Alors, laissez-moi chanter… Si vous me laissez raconter, Je vais pleurer leur chant d'amour Car hélas on a séparé Nos deux amants, nos fous d'amour. Ils en sont morts d'un même chagrin. Je ne peux chanter le chagrin, Alors, laissez-moi pleurer… Oui, mais ceux qui se sont aimés, Vraiment aimés, aimés d'amour, Ils se retrouveront un jour, Là dans le temps, et pour toujours Et je suis sûre que, maintenant, Ils sont ensembles nos amants, Alors, laissez-moi chanter… La-la-la… La-la… Alors, laissez-moi chanter…

Le chant du pirate

<p>Le chant du pirate</p>

Paroles: Henri Contet. Musique: Marguerite Monnot 1946

Marchant par-dessus les tempêtes, Courant dans la vague et le vent, Chassant les blanches goélettes, C'est nous ça, les gaillards d'avant. C'est nous qui sommes les corsaires, Brigands tout comme étaient nos pères.

{Refrain:}

Ho-hisse et Ho! Miséricorde! Pour nous tenir au bout d'une corde, Faudra d'abord nous attraper, Faudra d'abord nous aborder… Ho-hisse-ho! Pavillon noir! Ho-hisse-ho! Pavillon haut! Tant que le vent pousse la frégate, 'y a du bon temps pour les pirates. Tant que la mer est par-dessous, C'est le corsaire qui tient le bon bout! Ho-hisse-ho! Pavillon noir! Ho-hisse-ho! Pavillon haut! Tant pis pour les yeux de ta mère. Tant pis pour la reine et le roi. Tant mieux si tu deviens corsaire. Jésus était un hors-la-loi. Viens donc fréquenter les étoiles. Dormir dans le ventre des voiles.

{Refrain}


Le chasseur de l'hôtel

<p>Le chasseur de l'hôtel</p> Le chasseur de l'hôtel Aime d'un amour pauvre Une certaine mademoiselle Couverte de bijoux Elle habite au numéro vingt Une chambre avec salle de bains Et traîne avec un petit chien, Un amant qui ne lui sert à rien Et puis des tas d'admirateurs Qui lui envoient chaque jour des fleurs Des fleurs que porte le chasseur Et ça lui fait bien mal au coeur Le chasseur de l'hôtel Quand il rentre chez lui Rêve à sa demoiselle Pendant toute la nuit Le chasseur de l'hôtel Qui n'a pas quatre sous Est, c'est bien naturel, Quatre fois plus jaloux Il n'en peut plus de voir toujours Ces inutiles singer l'amour Et un soir qu'il avait ses nerfs Il a sorti son revolver Mais l'autre a tiré le premier A preuve qu'il fallait s'en méfier Surtout que par dessus l'marché La brute, il avait bien visé Le chasseur de l'hôtel N'eut qu'à fermer les yeux Pour arriver au ciel Où vont les malheureux Le chasseur de l'hôtel Par les chemins du ciel Cherchait sa demoiselle Et s'ennuyait sans elle Or, un jour plein de merveilleux Le pauvre n'en crut pas ses yeux Car sa demoiselle était là Sur un nuage de gala Et même, elle semblait lui sourire Car maint'nant elle savait sourire Y a pas à dire, y a un bon Dieu Un bon Dieu pour les amoureux Le chasseur de l'hôtel La serra dans ses bras En remerciant le ciel Et puis, se réveilla.

Le chemin des forains

<p>Le chemin des forains</p>

Paroles: Jean Dréjac. Musique: H.Sauguet 1955

Ils ont troué la nuit D'un éclair de paillettes d'argent. Ils vont tuer l'ennui Pour un soir dans la tête des gens. A danser sur un fil, à marcher sur les mains, Ils vont faire des tours à se briser les reins, Les forains… Une musique en plein vent, Un petit singe savant Qui croque une noisette en rêvant Sur l'épaule d'un vieux musicien Qui, lui, ne rêve de rien. Ils ont troué la nuit D'un grand rire entremêlé de pleurs. Ils ont tué l'ennui Par l'écho de leur propre douleur. Ils ont pris la monnaie dans le creux de leurs mains. Ils ont plié bagages et repris leur chemin, Les forains… Leurs gestes d'enfants joyeux Et leurs habits merveilleux, Pour toujours, sont gravés dans les yeux Des badauds d'un village endormi Qui va rêver cette nuit… Va rêver cette nuit D'un éclair de paillettes d'argent Qui vient tuer l'ennui, Dans le cœur et la tête des gens, Mais l'ombre se referme au détour du chemin Et Dieu seul peut savoir où ils seront demain, Les forains… Qui s'en vont dans la nuit…

Le chevalier de Paris

<p>Le chevalier de Paris</p>

Paroles: A. Vannier. Musique: Philippe Gérard 1950

Le grand chevalier du cœur de Paris Se rappelait plus du goût des prairies. Il faisait la guerre avec ses amis Dedans la fumée, Dedans les métros, Dedans les pavés, Dedans les bistrots. Il ne savait pas qu'il en était saoûl. Il ne savait pas qu'il dormait debout. Paris le tenait par la peau du cou.

{Refrain:}

Ah! Les pommiers doux, Rondes et ritournelles. J'ai pas peur des loups, Chantonnait la belle. Ils ne sont pas méchants Avec les enfants Qu'ont le cœur fidèle Et les genoux blancs… Sous un pommier doux, il l'a retrouvée, Croisant le soleil avec la rosée. Vivent les chansons pour les Bien-aimées. Je me souviens d'elle au sang de velours. Elle avait des mains qui parlaient d'amour Et tressait l'argile avec les nuages Et pressait le vent contre son visage Pour en exprimer l'huile des voyages.

{Refrain}

"Adieu mon Paris", dit le chevalier. "J'ai dormi cent ans, debout sans manger Les pommes d'argent de mes doux pommiers." Alors le village a crié si fort Que toutes les filles ont couru dehors Mais le chevalier n'a salué qu'elle Au sang de velours, au cœur tant fidèle, Chevalier fera la guerre en dentelles.

{Refrain}


Le ciel est fermé

<p>Le ciel est fermé</p>

Paroles: Henri Contet. Musique: Marguerite Monnot 1950

Fatigué des gens de la terre, Le Bon Dieu, qui est surmené, Réfléchit entre deux mystères, Et décida de démissionner. Il éteignit quelques étoiles, Ferma le ciel de haut en bas, Et d'un nuage, fit une voile Qui prit le vent et qui l'emporta. Et voilà le soleil de travers… Tous les hommes qui marchent la tête en bas… Et la terre qui s'enroule à l'envers… Et la mer qui s'embête et s'en va… Mais les prières… Les prières continuent à monter Car tous les hommes… Tous les hommes continuent à prier… Et c'est là qu'elles sont embêtées, Les prières qui n'ont rien demandé… Et c'est là qu'on les voit faire la queue, Les prières qui attendent le Bon Dieu… Alors, comme elles n'ont rien à faire Les prières, Elles se font des confidences: – Vous venez pourquoi, vous? – Moi, je viens de la part d'un dénommé Roméo, et d'une certaine Juliette… – Qu'est-ce qu'on leur fait comme ennuis, sur cette terre? On veut pas les laisser s'aimer tranquilles? Pas commode d'arranger leur histoire… Et vous? – Moi, pour un gars qu'a de gros ennuis avec son percepteur… J' vois d'ailleurs pas ce que j' peux faire pour lui! Mpfff!… Enfin… – Et vous? – Moi, secret professionnel! – Et vous, là-bas? – Moi, Hah! Je viens de la part d'un fou! Enfin, d'un poète… C'est la même chose! D'abord, ce qu'il demande avec la terre, c'est impossible! Et puis, prêcher la bonté, ça fait démodé… – Racontez-nous! C'est peut-être drôle?! – Si vous voulez! De toutes façons, ça changera jamais rien! Alors, voilà: "Je sais bien que je vous dérange, Mais voilà: j'ai besoin de vous! S'il vous plaît, prêtez-moi des anges! Il en faudrait un petit peu partout… Pour le soleil… un par personne! Et pour l'amour… Oh! S'il vous plaît! Tout plein d'amour aux mains des hommes Pour qu'ils en fassent de grand bouquets…" Et voilà le Bon Dieu revenu. Le tonnerre a perdu son emploi. Le soleil est passé par-dessus Et voilà que la terre marche droit. Ouvre les portes, Que l'on porte Le soleil dans les blés, Que la terre, Toute la terre Tourne enfin sans trembler Et l'amour a poussé dans les champs Et les hommes le cueillaient en chantant. Les amants ne mourraient plus jamais C'est pour ça que tout le monde s'aimait… Quel dommage pour les filles, les garçons Que tout ça ne soit qu'une chanson…

Le contrebandier

<p>Le contrebandier</p>

Paroles: Raymond Asso. Musique: Jean Villard 1936

Il était né sur la frontière, Là-haut dans le Nord où c'qu'y a du vent. Contrebandier tout comme son père, Il avait la fraud' dans le sang. Il attendait les nuits sans lune – Quand il fait sombre, on passe bien mieux. – Pour s'faufiler par les grandes dunes Où l'vent de la mer nous pique les yeux. Ohé, la douane! Ohé, les gabelous! Lâchez tous les chiens Et puis planquez-vous Au fond de vos cabanes. Regardez sur la dune L'homme qui passe là-bas. Il est pourtant seul Mais vous n'l'aurez pas. Il s'fout d'la douane Au fond de vos cabanes, Allez, planquez-vous Et lâchez les chiens. Ohé, les gabelous! Ohé, la douane! Quand il avait rien d'autre à faire, Les nuits où qu'il faisait trop clair, Il changeait les poteaux frontières Et foutait le monde à l'envers Ou bien, d'autres fois, en plein passage, Quand il avait bu un bon coup, Il poussait de vrais cris sauvages Et v'là qu'je passe dépêchez-vous. Ohé, la douane! Ohé, les gabelous! Lâchez tous les chiens Et puis planquez-vous Au fond de vos cabanes. Regardez sur la dune L'homme qui passe là-bas. C'est moi, moi tout seul, Mais vous n'm'aurez pas. J'me fous d'la douane Au fond de vos cabanes. Allez, planquez-vous Et lâchez les chiens. Ohé, les gabelous! Ohé, la douane! Il pouvait pas s'mettre dans la tête Qu'la loi des hommes, c'est très sérieux. C'était comme une sorte de poète Et ces types-là, c'est dangereux. Alors une nuit qu'y avait d'la lune, Qu'y baladait pour son plaisir, Ils l'ont étendu sur la dune A coup d'fusil pour en finir. Ohé, la douane! Ohé, les gabelous! Planquez tous vos chiens Et puis amenez-vous. Du fond de vos cabanes, C'est d'la belle ouvrage, Seulement, ce soir, Ce n'était qu'un homme. Il travaillait pas. T'entends, la douane? Alors, fallait pas… Et puis planquez-vous Au fond de vos cabanes. Ohé, les gabelous! Ohé, la douane!

Le dénicheur (2)

<p>Le dénicheur (2)</p>

Paroles: Léon Agel. Musique: Léo Daniderff 1946

autres interprètes: Georgette Plana (1959), Lucienne Delyle (1959), Edith Piaf (A la radio – 1961), Patachou (1964), Mouloudji (1974), Tino Rossi (1976), Francis Lemarque (1988), Jean-Marc Thibault (1991), Jackie Sardou (1993)

note: Seconde version.


{Refrain:}

On l'appelait le Dénicheur Il était rusé comme une fouine C'était un gars qu'avait du cœur Et qui dénichait des combines Il vivait comme un grand seigneur Et quand on rencontrait sa dame On répétait sur toutes les gammes Voilà la femme à Dénicheur Elle avait fait sa connaissance Dans un bar, un soir, simplement Ce fut le hasard d'une danse Qui le fit devenir son amant Il avait de jolies manières Du tact et beaucoup d'instruction Sachant faire de bonnes affaires C'était là toute sa profession. Comme elle avait un peu d'argent Ils se mirent en ménage tranquillement

{au refrain:}

Les combines ça dure ce que ça dure La chance tourne et puis s'en va On perd le goût des aventures Quand le noir vous suit pas à pas N'ayant plus confiance en lui-même Un soir qu'il était sans un sou Afin de résoudre le problème Le Dénicheur fit un sale coup Mais comme il rentrait au logis En pleurant son amie lui dit:

{Refrain:}

On t'appelait le Dénicheur Toi qu'étais rusé comme une fouine Je croyais trouver le bonheur Près de toi, avec tes combines Adieu, c'est fini, pars sans peur Je saurai souffrir et me taire Malgré mon chagrin je préfère Abandonner le Dénicheur

Le diable de la Bastille

<p>Le diable de la Bastille</p>

Paroles: Pierre Delanoë. Musique: Charles Dumont 1962

C'est incroyable mais vrai, Invraisemblable mais vrai. C'est le diable qui dansait Au quatorze juillet, Place de la Bastille. C'est incroyable mais vrai, Invraisemblable mais vrai. Il savait bien, le malin, Qu'il tenait dans ses mains Le destin d'une fille Car il est joli garçon, Il connaît bien la chanson. A la flamme des lampions, Au son d' l'accordéon, Il est méconnaissable Et la fille n'a rien vu. Elle ne l'a pas reconnu. Tourbillonnant dans ses bras, Elle trouvait, ce soir-là, Que c'était formidable. A dix-huit ans, on a le droit De se tromper à ce point-là Tant le démon a l'air si bon. On peut l'aimer sans se damner. C'est incroyable mais vrai, Invraisemblable mais vrai. C'est le diable qui dansait Au quatorze juillet, Place de la Bastille. C'est incroyable mais vrai, Invraisemblable mais vrai. Il savait bien, le malin, Qu'il tenait dans ses mains Le destin d'une fille. Vraiment, il se régalait, Il rigolait, rigolait. Puisque la vie était belle, Elle trouvait naturel Qu'il ait envie de rire. Elle s'est abandonnée. C'était vraiment bon marché, C'était vraiment trop facile, Une âme aussi docile. 'y avait pas de quoi rire. C'est incroyable mais vrai. C'est le diable qui dansait, C'est le diable qui riait, C'est le diable que j'aimais. Le diable que j'aimais… Le diable que j'aimais… Le diable que j'aimais…

Le disque usé

<p>Le disque usé</p>

Paroles et Musique: Michel Emer 1945

Impasse de la gouttière, Dans la ruelle aux mat'lots Où n'entre pas la lumière, Y a un vilain caboulot. La figure triste et pâle, Une servante aux yeux bleus Rêve aux plus belles escales Et à des ciels merveilleux. Chaque sifflet des bateaux Lui dit: "Ton attente est vaine." Mais, dans un coin, un phono Chante sa vieille rengaine. "Tant qu'y a d'la vie, y a d'l'espoir. Vos désirs, vos rêves Seront exaucés un soir. Avant que votre vie s'achève, Le bonheur viendra vous voir. Il faut l'attendre sans trêve. Chassez les papillons noirs. Tant qu'y a d'la vie, y a d'l'espoir." Il était beau comme un ange, Des cheveux blonds comm' le miel. Son regard était étrange, Plus bleu que le bleu du ciel. Il appela la servante Et lui dit: "Je te cherchais." Elle répondit, tremblante: "Y a longtemps que j'attendais." Il l'a serrée dans ses bras, "Quand je serai capitaine…" Et le vieux disque, tout bas, Chante sa vieille rengaine. "Tant qu'y a d'la vie, y a d'l'espoir. Vos désirs, vos rêves Seront exaucés un soir. Avant que votre vie s'achève, Le bonheur viendra vous voir. Il faut l'attendre sans trêve. Chassez les papillons noirs. Tant qu'y a d'la vie, y a d'l'espoir." Impasse de la gouttière, Dans la ruelle aux mat'lots Où n'entre pas la lumière, Y a un vilain caboulot. Elle attend, fière et hautaine, Elle attend, depuis vingt ans, Elle attend son capitaine, Et son regard est confiant. Chaque sifflet des bateaux Lui dit: "Ton attente est vaine." Mais elle écout' le phono Raclant sa vieille rengaine. Tant qu'y a d'la vie y a d'l'esp… Y a d'l'esp… Y a d'l'esp… Vos désirs, vos rêves Seront exaucés un soir. Avant que votre vie s'achève, Le bonheur viendra vous voir. Il faut l'attendre sans trêve. Chassez les papillons noirs. Tant qu'y a d'la vie y a d'l'esp… Tant qu'y a d'la vie y a d'l'esp… Tant qu'y a d'la vie y a d'l'esp…

Le droit d'aimer

<p>Le droit d'aimer</p>

Paroles: Robert Nyel. Musique: Francis Laï 1962

Qu'ils se lèvent ou qu'ils meurent, Ces soleils rouges ou gris, Et que tournent les heures Et que passe la vie A la face des hommes, Au mépris de leurs lois, Jamais rien ni personne M'empêchera d'aimer. J'en ai le droit d'aimer. J'en ai le droit. A la face des hommes, Au mépris de leurs lois, Jamais rien ni personne M'empêchera d'aimer. A souhaiter des noces Comme celles des gosses En âge de l'amour Je l'ai voulu, ce droit! Par des matins d'ivresse Et des nuits de détresse, Luttant pour cet amour, Je l'ai conquis, ce droit! Par la peur de tout perdre, Au risque de me perdre, Pour que vive l'amour, Je l'ai payé, ce droit! Bien que le temps n'efface Ni les deuils ni les joies, Quoi qu'on dise ou qu'on fasse, Tant que mon cœur battra, Quelle que soit la couronne, Les épines ou la croix, Jamais rien ni personne M'empêchera d'aimer… J'en ai le droit d'aimer. J'en ai le droit… A la face des hommes, Au mépris de leurs lois, Jamais rien ni personne M'empêchera d'aimer… De t'aimer… D'être aimée… D'être aimée…

Le fanion de la légion

<p>Le fanion de la légion</p>

Paroles: Raymond Asso. Musique: Marguerite Monnot 1936

autres interprètes: Edith Piaf (1937)

Tout en bas, c'est le Bled immense Que domine un petit fortin. Sur la plaine, c'est le silence, Et là-haut, dans le clair matin, Une silhouette aux quatre vents jette Les notes aiguës d'un clairon, Mais, un coup de feu lui répond. Ah la la la, la belle histoire. Y a trente gars dans le bastion, Torse nu, rêvant de bagarres, Ils ont du vin dans leurs bidons, Des vivres et des munitions. Ah la la la, la belle histoire. Là-haut sur les murs du bastion, Dans le soleil plane la gloire Et dans le vent claque un fanion. C'est le fanion de la légion! Les "salopards" tiennent la plaine, Là-haut, dans le petit fortin. Depuis une longue semaine, La mort en prend chaque matin. La soif et la fièvre Dessèchent les lèvres. A tous les appels de clairon, C'est la mitraille qui répond. Ah la la la, la belle histoire, Ils restent vingt dans le bastion, Le torse nu, couverts de gloire, Ils n'ont plus d'eau dans leurs bidons Et presque plus de munitions. Ah la la la, la belle histoire, Claquant au vent sur le bastion Et troué comme une écumoire, Il y a toujours le fanion, Le beau fanion de la légion! Comme la nuit couvre la plaine, Les "salopards", vers le fortin Se sont glissés comme des hyènes Ils ont lutté jusqu'au matin: Hurlements de rage, Corps à corps sauvages, Les chiens ont eu peur des lions. Ils n'ont pas pris la position. Ah la la la, la belle histoire, Ils restent trois dans le bastion, Le torse nu, couverts de gloire, Sanglants, meurtris et en haillons, Sans eau ni pain, ni munitions. Ah la la la, la belle histoire, Ils ont toujours dans le bastion Mais ne peuvent crier victoire: On leur a volé le fanion, Le beau fanion de la légion! Mais tout à coup, le canon tonne: Des renforts arrivent enfin. A l'horizon, une colonne Se profile dans le matin Et l'echo répète l'appel des trompettes Qui monte vers le mamelon. Un cri de là-haut lui répond. Ah la la la, la belle histoire, Les trois qui sont dans le bastion, Sur leurs poitrines toutes noires Avec du sang crénom de nom Ont dessiné de beaux fanions. Ah la la la, la belle histoire, Ils peuvent redresser leurs fronts Et vers le ciel crier victoire. Au garde-a-vous sur le bastion, Ils gueulent "présent la légion."

Le gitan et la fille

<p>Le gitan et la fille</p>

Paroles et Musique: Georges Moustaki

Le gitan dit à la fille: "Qu'importe le prix de l'amour: Pour toi, j'irai finir mes jours Derrière les grilles. J'irai piller les gens de la ville Pour t'offrir une robe de satin. Tu n'diras plus que j'suis un vaurien, Un inutile… Mes mains, tout à l'heure si fortes, Seront plus douces que le bois De la guitare qui joue pour toi Devant ta porte…" Le gitan dit à la fille: "Qu'importe le prix de l'amour: Pour toi, j'irai finir mes jours Derrière le grilles. J'irai tuer ceux qui te regardent Quand le doux soleil du matin Se glisse dans le creux de tes reins Et s'y attarde… Et là, je te dirai "Je t'aime" Comme on dit le nom de Jésus. Je le crierai dans la rue Comme un blasphème…" Le gitan a dit à la fille: "Qu'importe le prix de l'amour: Pour toi, j'irai finir mes jours Derrière les grilles. Autour de toi, je ferai l'ombre Pour être le seul à te voir, Pour être seul sous ton regard Et m'y confondre… Et quand la mort viendra défaire Les chaînes forgées par l'amour, Pour toi, j'irai finir mes jours Au fond de la terre…"

Le grand voyage du pauvre nègre

<p>Le grand voyage du pauvre nègre</p>

Paroles: Raymond Asso. Musique: R.Cloërec 1937

Soleil de feu sur la mer Rouge. Pas une vague, rien ne bouge. Dessus la mer, un vieux cargo Qui s'en va jusqu'à Bornéo Et, dans la soute, pleure un nègre, Un pauvre nègre, un nègre maigre, Un nègre maigre dont les os Semblent vouloir trouer la peau. "Oh yo… Oh yo… Monsieur Bon Dieu, c'est pas gentil. Moi pas vouloir quitter pays. Moi vouloir voir le grand bateau Qui crach' du feu et march' sur l'eau Et, sur le pont, moi j'ai dormi. Alors bateau il est parti Et capitaine a dit comm' ça: "Nègre au charbon il travaill'ra." Monsieur Bon Dieu, c'est pas gentil. Moi pas vouloir quitter pays. Oh yo… Oh yo…" Toujours plus loin autour du monde, Le vieux cargo poursuit sa ronde. Le monde est grand… Toujours des ports… Toujours plus loin… Encore des ports… Et, dans la soute, pleure un nègre, Un pauvre nègre, un nègre maigre, Un nègre maigre dont les os Semblent vouloir trouer la peau. "Oh yo… Oh yo… Monsieur Bon Dieu, c'est pas gentil. Y'en a maint'nant perdu pays. Pays à moi, très loin sur l'eau, Et moi travaille au fond bateau. Toujours ici comm' dans l'enfer, Jamais plus voir danser la mer, Jamais plus voir grand ciel tout bleu Et pauvre nègre malheureux. Monsieur Bon Dieu, c'est pas gentil, Moi pas vouloir quitter pays. Oh yo… Oh yo…" Au bout du ciel, sur la mer calme, Dans la nuit claire, il voit des palmes, Alors il crie: "C'est mon pays!" Et dans la mer il a bondi Et dans la vague chante un nègre, Un pauvre nègre, un nègre maigre, Un nègre maigre dont les os Semblent vouloir trouer la peau. Oh yo… Oh yo… Monsieur Bon Dieu, toi bien gentil, Ramener moi dans mon pays. Mais viens Bon Dieu… Viens mon secours, Moi pas pouvoir nager toujours. Pays trop loin pour arriver Et pauvre nègre fatigué. Ça y est… Fini!… Monsieur Bon Dieu!… Adieu pays… Tout l'monde adieu… Monsieur Bon Dieu, c'est pas gentil. Moi pas vouloir quitter pays. Oh yo… Oh yo…

Le mauvais matelot

<p>Le mauvais matelot</p>

Paroles: Raymond Asso. Musique: P. Dreyfus 1936

Dans le port de Marseille, Y a un joli bateau. Dans le port de Marseille, Y a un joli bateau. Dans l'vent, sur l'eau, Dans la cale du navire, Loin du ciel, tout au fond, Dans la cale du navire, Y a un mauvais garçon. Oh oh oh tout près de l'eau oh oh, La fille du capitaine Est descendue le voir. La fille du capitaine Est descendue le voir. "Comme il fait noir, Mon cœur a de la peine. Dis-moi joli garçon, Pourquoi, chargé de chaînes, Es-tu là, tout au fond? Oh oh oh si près de l'eau oh oh oh" Je suis fils de la terre. Mon père est laboureur. Je suis fils de la terre Et la mer me fait peur, Oh oh oui bien peur. Je suis dans la Marine Sans l'avoir demandé. Je suis dans la Marine Et ne sais pas nager. Oh oh oh j'ai peur de l'eau oh oh. Je veux revoir ma mère Et les beaux champs de blé. Je veux revoir ma mère Et les beaux champs de blé Blonds et dorés. Faites tomber mes chaînes. Je vous épouserai. Faites tomber mes chaînes. Je vous emmènerai Oh oh oh bien loin de l'eau oh oh. Dans la cale du navire, Le capitaine en pleurs, Dans la cale du navire, Le capitaine en pleurs, Oh quel malheur! Il m'a volé ma fille, M'a déchiré le cœur. Il m'a volé ma fille Et volé mon honneur, Oh oh oh, vilain matelot oh oh. Dans le port de Marseille, Y a un joli bateau. Dans le port de Marseille, Y a un joli bateau Dansant sur l'eau. Y a plus de capitaine. Le capitaine est mort. Trop grande fut sa peine, A sauté par-dessus bord. Oh oh il dort dans l'eau oh oh.

Le métro de Paris

<p>Le métro de Paris</p>

Paroles: Michel Rivgauche. Musique: Claude Léveillée 1960

Des escaliers mécaniques, Portillons automatiques, Couloirs de correspondance, Heures de pointe et d'affluence, Portières en mosaïque, Labyrinthe fantastique Et toujours, en courant, Des gens qui vont et viennent, Et encore, en courant, Les mêmes gens qui reviennent Et le métro qui flânait sous Paris, Doucement s'élance et puis s'envole, S'envole sur les toits de Paris. Des midinettes qui trottinent, Des ouvriers qui cheminent, Des dactylos qui se pressent, Des militaires qui s'empressent, Des employés qui piétinent, Des amoureux qui butinent Et toujours, en courant, Des gens qui vont et qui viennent, Et encore, en courant, Le mêmes gens qui reviennent Et le métro qui flânait sous Paris, Doucement s'élance et puis s'envole, S'envole sur les toits de Paris. Des escaliers mécaniques, Portillons automatiques, Des bruits de pas qui résonnent Dans les couloirs monotones, Basilique fantastique Dans le faubourg électrique, Le métro de Paris, Gigantesque ver luisant Sur les toits de Paris, A tissé des fils d'argent Et, doucement, Il s'étire sur les toits de Paris Et glisse, glisse, glisse, glisse, glisse…

Le petit brouillard

<p>Le petit brouillard</p>

Paroles: Jacques Plante. Musique: Francis Laï 1962

Toujours ce sale petit brouillard, Toujours ce sale petit cafard Qui vous transperce jusqu'aux os Et qui se colle à votre peau. Il me semble le voir encore, Le soir où son copain du port Lui apporta le faux passeport Et son visa pour Buenos Aires. J'ignore ce qu'il avait fait. Je n'avais compris qu'une chose: Que sa dernière chance était Qu'il prenne ce navire à l'aube Et quand vint l'heure du départ, Je reçus son dernier regard Dans le petit matin blafard, Déchiré par les sirènes. Toujours ce sale petit brouillard, Toujours ce sale petit cafard Qui nous transperce jusqu'aux os Et qui se colle à votre peau. La passerelle était levée Et c'est quand je l'ai cru sauvé Que des hommes sont arrivés Et l'on fait redescendre à terre. J'ignore ce qu'il avait fait Mais, pour ne pas me compromettre, Il passa menottes aux poignets Sans avoir l'air de me connaître Et depuis qu'ils l'ont emmené, Je pense à lui des jours entiers En regardant les longs courriers Diminuer et disparaître. Toujours ce sale petit brouillard, Toujours ce sale petit cafard, Toujours ce sale petit brouillard, Toujours ce sale petit cafard, Toujours ce sale petit brouillard, Toujours ce sale petit cafard…

Le petit homme

<p>Le petit homme</p>

Paroles: Henri Content. Musique: Marguerite Monnot 1946

Il y avait de tous les jours, Il y avait le chahut des carrefours Et puis les gens qui achetaient leurs journaux Et puis tous ceux qui prenaient le métro, Il y avait la parade des boulevards, Les boniments du vieux camelot bavard Et se mirant dans l'eau sale des ruisseaux, Le ciel d'avril qui faisait le gros dos. Il y avait un petit homme Qui s'en allait à pas comptés. Il avait l'air bien économe, Le petit homme… Avec son vieux veston râpé Mais il avait une maîtresse Qui lui coûtait beaucoup d'argent. Elle lui vendait sa belle jeunesse Et des caresses Que le petit homme payait comptant… Il y avait sa vie des samedis soirs. Il y avait l'escalier, le couloir. Il y avait la porte tout au bout Et puis deux bras attachés à son cou. Il y avait des fleurs sur le piano. Il y avait la blancheur des rideaux Et puis des heures sur le grand divan bleu Et puis tout ça qui le rendait heureux. Il y a eu la porte close Avec un mot passé dessous, Joli papier bordé de roses Pour dire des choses Que l'on comprend du premier coup. Un petit homme qu'on abandonne Ne peut rien faire que s'en aller. Dans la rue froide où tout résonne Et sans personne Tout à fait seul, pour mieux pleurer. Il y avait la vie de tous les jours Qui continuait sa fanfare de toujours. Il y avait les valses des phonos Qui éclataient en sortant des bistrots. Il y avait un garçon qui chantait. Il y avait une fille qui riait Et puis la ronde de l'amour merveilleux Et le petit homme Qui pleurait au milieu…

Le petit monsieur triste

<p>Le petit monsieur triste</p>

Paroles: Raymond Asso. Musique: Marguerite Monnot 1939

Le petit monsieur triste Qui ne sort que la nuit A de très gros ennuis Mais c'est un égoïste: Il les garde pour lui Et tous les gros ennuis Du petit monsieur triste Le suivent dans la nuit, Courent derrière lui, Galopent sur la piste Du petit monsieur triste Qui a des tas d'ennuis. Le petit monsieur triste A beaucoup de chagrin. Sa femme aimait Chopin. Lui n'était pas pianiste Et le regrettait bien. Or, sa femme, un matin, Suivit un grand pianiste Qui jouait du Chopin Pour faire du chagrin Au petit monsieur triste Qui n'était pas pianiste Et le regrettait bien. Alors, mélancolique Et le cœur tout meurtri, Il ramena chez lui Un piano mécanique Pour calmer ses ennuis Et puis il revendit Cette boîte à musique Qui faisait trop de bruit Et jouait dans la nuit Comme une mécanique Des airs mélancoliques Qui doublaient ses ennuis. Le petit monsieur triste Qui ne sort que la nuit, Car le sommeil le fuit, Boit seul, en égoïste, Pour noyer ses ennuis. Il boit toute la nuit, Le petit monsieur triste, Puis il rentre chez lui Et, seul, dans son grand lit, Le petit monsieur triste Rêve qu'il est pianiste Et qu'il n'a plus d'ennuis. Il rêve d'un joli piano Sur lequel il ferait des gammes, De belles gammes pour sa femme: Do Ré Mi Fa Sol La Si Do. Dodo.

Le prisonnier de la tour

<p>Le prisonnier de la tour</p>

Paroles: Francis Blanche. Musique: Francis Blanche, G. Calvi 1949

Le prisonnier de la Tour S'est tué ce matin, Grand-mère. Nous n'irons pas à la messe demain. Il s'est jeté de la Tour En me tendant les mains, Grand-mère. Il m'a semblé que j'avais du chagrin. Si le roi savait ça, Isabelle, Isabelle, si le roi savait ça, A la robe de dentelle, Vous n'auriez plus jamais droit, Isabelle, si le roi savait ça. Le prisonnier de la Tour Était mon seul ami, Grand-mère. Nous n'irons pas à la messe aujourd'hui. Il était mon seul amour, La raison de ma vie, Grand-mère Et ma jeunesse est éteinte avec lui. Si le roi savait ça, Isabelle, Isabelle, si le roi savait ça, A la robe de dentelle, Vous n'auriez plus jamais droit, Isabelle, si le roi savait ça. Le prisonnier de la Tour, Chaque jour, m'attendait, Grand-mère. Nous n'irons plus à la messe, jamais. C'est un péché que l'amour Et le monde est mal fait, Grand-mère. On a tué mon amant que j'aimais. Si le roi savait ça, Isabelle, Isabelle, si le roi savait ça, A la robe de dentelle, Vous n'auriez plus jamais droit, Isabelle, si le roi savait ça. Le prisonnier de la Tour N'aura pas de linceul Et rien Rien qu'un trou noir où s'engouffrent les feuilles, Mais moi, j'irai chaque jour Pleurer sous les tilleuls Et rien, Pas même le roi, n'empêchera mon deuil. Si le roi savait ça, Isabelle, Il ne pourrait que pleurer avec toi Car il aimait une belle Qui n'était pas pour un roi Et la belle, Isabelle, c'était moi…

Le rendez-vous

<p>Le rendez-vous</p>

Paroles: René Rouzaud. Musique: Francis Laï 1962

Qui se regardaient, les yeux fous. Ils étaient trois au coin de la rue Mais l'un n'était pas attendu. Ils étaient trois qui savaient bien Que l'un d'eux tenait dans sa main De quoi faire d'un ciel de mai Un ciel de deuil à tout jamais. Un de trop… En ce court moment Où un nouveau roman D'un autre prend la place, Un de trop… Qu'un seul bras étendu Peut laisser étendu Parmi les gens qui passent. Ils étaient trois au rendez-vous Qui se regardaient, les yeux fous. Ils étaient trois qui savaient bien Que tout tenait dans une main. "Comme je l'aimais… Comme elle m'aimait… Que de belles heures…" Songeait celui qui venait du passé. "Comme je l'aime… Et comme elle m'aime… Cela vaut bien qu'on meure…" Songeait celui qui l'avait remplacé, Mais elle… Mais elle… A quoi songeait-elle, En cet instant où tout peut s'effacer? Ils étaient trois au rendez-vous Qui se regardaient, les yeux fous. Ils étaient trois au coin de la rue, Mais l'un n'était pas attendu. Et celui-là savait très bien Que le passé n'y pouvait rien, Que l'avenir est le plus fort, Plus fort que tout et que la mort. Et soudain… le bras s'est baissé. Qui pouvait arrêter Un amour près de naître? Le bonheur peut encore danser Et cette vie chanter, Qui pouvait ne plus être… Ils étaient deux au rendez-vous Qui s'en allaient heureux et fous Vers leur soleil sans voir celui Qui revenait seul dans sa nuit…

Le roi a fait battre tambour

<p>Le roi a fait battre tambour</p>

Musique: Marc Herrand 1946

autres interprètes: Guy Béart (1967)

1. Le roi a fait battre tambour Pour voir toutes ses dames Et la première qu'il a vue Lui a ravi son âme 2. Marquis dis-moi la connais-tu Qui est cette jolie dame? Le marquis lui a répondu Sire roi, c'est ma femme 3. Marquis, tu es plus heureux que moi D'avoir femme si belle Si tu voulais me la donner Je me chargerais d'elle 4. Sire, si vous n'étiez le roi J'en tirerais vengeance Mais puisque vous êtes le roi A votre obéissance. 5. Marquis ne te fâche donc pas T'auras ta récompense Je te ferai dans mes armées Beau maréchal de France 6. Adieu, ma mie, adieu, mon cœur! Adieu mon espérance Puisqu'il nous faut servir le roi Séparons-nous d'ensemble 7. La reine a fait faire un bouquet De belles fleurs de lys Et la senteur de ce bouquet A fait mourir marquise.

Le roi Renaud (Complainte du…)

<p>Le roi Renaud (Complainte du…)</p>

XVe.

autres interprètes: Yvette Guilbert, Yves Montand (1955), Edith Piaf, Cora Vaucaire, Colette Renard, Armand Mestral, Pierre Bensusan

note: cf. bas de page

Le roi Renaud de guerre vint tenant ses tripes dans ses mains. Sa mère était sur le créneau Qui vit venir son fils Renaud. – Renaud, Renaud, réjouis-toi! Ta femme est accouché d'un roi! – Ni de ma femme ni de mon fils Je ne saurais me réjouir. Allez ma mère, partez devant, Faites-moi faire un beau lit blanc. Guère de temps n'y resterai: A la minuit trépasserai. Mais faites-le moi faire ici-bas Que l'accouchée n'l'entende pas. Et quand ce vint sur la minuit, Le roi Renaud rendit l'esprit. Il ne fut pas le matin jour Que les valets pleuraient tous. Il ne fut temps de déjeuner Que les servantes ont pleuré. – Mais dites-moi, mère, m'amie, Que pleurent nos valets ici? – Ma fille, en baignant nos chevaux Ont laissé noyer le plus beau. – Mais pourquoi, mère m'amie, Pour un cheval pleurer ainsi? Quand Renaud reviendra, Plus beau cheval ramènera. Et dites-moi, mère m'amie, Que pleurent nos servantes ici? – Ma fille, en lavant nos linceuls Ont laissé aller le plus neuf. Mais pourquoi, mère m'amie, Pour un linceul pleurer ainsi? Quand Renaud reviendra, Plus beau linceul on brodera. Mais, dites-moi, mère m'amie, Que chantent les prêtres ici? – Ma fille c'est la procession Qui fait le tour de la maison. Or, quand ce fut pour relever, A la messe elle voulut aller, Et quand arriva le midi, Elle voulut mettre ses habits. – Mais dites-moi, mère m'amie, Quel habit prendrai-je aujourd'hui? – Prenez le vert, prenez le gris, Prenez le noir pour mieux choisir. – Mais dites-moi, mère m'amie, Qu'est-ce que ce noir-là signifie? – Femme qui relève d'enfant, Le noir lui est bien plus séant. Quand elle fut dans l'église entrée, un cierge on lui a présenté. Aperçut en s'agenouillant La terre fraîche sous son banc. – Mais dites-moi, mère m'amie, Pourquoi la terre est rafraîchie? – Ma fille, ne puis plus vous le cacher, Renaud est mort et enterré. – Renaud, Renaud, mon réconfort, Te voilà donc au rang des morts! Divin Renaud, mon réconfort, Te voilà donc au rang des morts! Puisque le roi Renaud est mort, Voici les clefs de mon trésor. Prenez mes bagues et mes joyaux, Prenez bien soin du fils Renaud. Terre, ouvre-toi, terre fends-toi, Que j'aille avec Renaud, mon roi! Terre s'ouvrit, terre se fendit, Et ci fut la belle engloutie

Note: Ceci n'est qu'une des très nombreuses versions (environ 60) de cette chanson.

Son origine est assez complexe. Elle est issue de la greffe d'une

chanson du XIIIème siècle qui raconte le retour du comte Renaud sur une

chanson du XVIème (le comte Redor) issue d'une légende scandinave qui a

fait fureur en Europe et engendré de nombreux textes dans divers pays.

L'un de ces textes est "le Comte Redor" en Bretagne qui est sans

doute à l'origine de la fusion (car il y a peut être des versions dérivées).}


Le vagabond

<p>Le vagabond</p>

Paroles: Edith Piaf. Musique: Louiguy 1941

J'ai l'air comm' ça d'un' fille de rien Mais je suis un' personn' très bien. Je suis princesse d'un château Où tout est clair, où tout est beau. Un grand jardin rempli de fleurs. Dans le ciel bleu, plane mon cœur. Les fleurs aux arbres s'accrochant Sont toujours blanches comme au printemps. Mais un vagabond, Qui est joli garçon, Me chante des chansons Qui donnent le frisson. Il marche le long des routes En se moquant du temps. Il chante pour qui l'écoute, Les cheveux dans le vent. C'est un vagabond Qui est joli garçon. Il chante des chansons. La la la la… Il m'a dit: "Quitte ton château. Contre mon cœur il fera chaud. Je te donnerai de l'amour Et nous nous aimerons toujours." S'il n'était pas prince d'argent, Il était mon prince charmant. Comm' je suis un' jeune fill' très bien, J'peux pas d'venir un' fill' de rien. C'est un vagabond Qui est joli garçon. Il chante des chansons Qui donnent le frisson. Il marche le long des routes En se moquant du temps. Il chante pour qui l'écoute, Les cheveux dans le vent. C'est un vagabond Qui est joli garçon. Il chante des chansons. La la la la la la la la! Mais mon histoire n'est pas vraie. Ce n'est qu'un rêve que j'ai fait Et quand je me suis réveillée, L'soleil était sur l'oreiller. Et chaque soir, quand je m'endors, Je cherche en vain mon rêve d'or. Cett' fois je quitt'rai mon château Pour suivre mon prince si beau. C'est un vagabond Qui est joli garçon. Il chante des chansons Qui donnent le frisson Et je me vois sur la route En me moquant du temps, Et c'est mon cœur qu'il écoute, Notre amour dans le vent. Nous somm's vagabonds. Nous chantons des chansons. Moi j'ai des frissons. La la la la la la la la!

Le vieux piano

<p>Le vieux piano</p>

Paroles: Henri Contet. Musique: Claude Léveillée 1960

Un piano est mort Et celle-là l'aimait… Quand elle était jeune et quand elle venait se saoûler l' dedans de pathétique En se frottant au piano nostalgique, Qu'il était beau, le piano, bon piano, vieux piano des copains. A l'époque des copains, Chez Bianco l'argentier, Vers trois heures du matin Quand elle buvait son demi d'oubli… Et seule, maintenant, Elle pense au vivant De ce vieux piano mort. Elle voit, elle entend Les messes de ses vingt ans Tomber d'un accord… Au bar, quand elle boit, C'est vrai qu'elle revoit Des mains sur l'ivoire blanc, Les mains de Bianco, Des mains qui lui font cadeau D'un peu du vieux temps Mais dans son jean, Un fantôme en blue jean, Un deuxième et puis vingt Qui discutent en copains D'un bistrot démodé D'un piano démodé. Elle a crié: "Moi je sais! Moi je sais!" Elle va raconter L'histoire enfermée Dans le vieux piano mort Et c'est l'aventure Qui bat la mesure De plus en plus fort. Au clair de la vie, Les mains des amis, Les yeux des lendemains, La vie devant nous, L'amour, et puis tout Et tout, et plus rien… Ils sont tous morts Au milieu d'un accord. Ils sont morts dans Ravel, Dans un drôle d'arc-en-ciel. Un soldat est entré… Un soldat est entré… Un piano est mort, et celle-là l'aimait, Quand elle était jeune et quand elle venait se saoûler l' dedans de pathétique En se frottant au piano nostalgique…

Légende

<p>Légende</p>

Paroles: Edith Piaf. Musique: Gilbert Bécaud 1955

Il existe, dans les landes, Le château des Quatre-Vents Et la fort belle légende Pour les petits et les grands… Il paraît, quand minuit sonne, On entend dans les couloirs Les bruits de pas qui résonnent Et des sanglots dans le noir. J'ai voulu savoir la cause De tous ces morts sans repos. On m'a raconté des choses Qui m'ont fait froid dans le dos… Dès que minuit a sonné, Le bois se met à craquer. Le vent sanglote au dehors. Le chiens hurlent à la mort. Alors, parmi tous ces bruits, Une plainte monte, monte… Une plainte qui raconte l'histoire d'amour qui suit: Il y avait 'y a longtemps Que s'aimaient deux amants Ne vivant que pour lui, Respirant que pour elle, Là, dans ce même lit. Oh Dieu, qu'elle était belle… Mais on ne voulut pas de moi. Je n'étais pas le fils d'un roi. On fit tout pour m'éloigner d'elle. Jamais n'ai pu revoir ma belle. A la fin d'un beau jour, Elle est morte d'amour. Dieu n'a jamais permis De supprimer sa vie. Elle est morte pour moi. Moi, je suis mort pour elle. Il ne le fallait pas, il ne fallait pas. C'est en vain que j'appelle. Chaque nuit, je l'entends pleurer, Seule dans son éternité. Christine, Christine… je t'aime, Christine, Christine… je t'aime, Mais elle ne m'entend pas Et je ne la vois pas. Christine!… Christine!… Christine!!! Et l'irréel disparaît Aussitôt que l'aube apparaît. Est-ce un rêve, ou la réalité? Là, ma légende est terminée…

Les amants

<p>Les amants</p>

Paroles: Edith Piaf. Musique: Charles Dumont 1961

Quand les amants entendront cette chanson C'est sûr, ma belle, c'est sûr qu'ils pleureront… Ils écouteront Les mots d'amour Que tu disais Ils entendront Ta voix d'amour Quand tu m'aimais Quand tu croyais que tu m'aimais Que je t'aimais, que l'on s'aimait… Quand les amants entendront cette chanson C'est sûr, ma belle, c'est sûr qu'ils pleureront… J'entends toujours… j'entends ton rire Quand quelquefois je te disais: "Si un jour… …tu ne m'aimais plus, Si un jour… …on ne s'aimait plus…" Tu répondais: "C'est impossible!" Et tu riais… tu riais… Eh bien, tu vois, tu n'aurais pas dû rire… Quand les amants entendront cette chanson C'est sûr, ma belle, c'est sûr qu'ils pleureront… Ils écouteront Les mots d'amour Que tu disais Ils entendront Ta voix d'amour Quand tu m'aimais Quand tu croyais que tu m'aimais Que je t'aimais, que l'on s'aimait… Quand les amants entendront cette chanson C'est sûr, ma belle, c'est sûr qu'ils pleureront…

Les amants d'un jour

<p>Les amants d'un jour</p>

Paroles: Claude Delecluse amp; Michelle Senlis. Musique: Marguerite Monnot 1956

autres interprètes: Simone Langlois, Lucette Raillat

Moi j'essuie les verres Au fond du café J'ai bien trop à faire Pour pouvoir rêver Mais dans ce décor Banal à pleurer Il me semble encore Les voir arriver… Ils sont arrivés Se tenant par la main L'air émerveillé De deux chérubins Portant le soleil Ils ont demandé D'une voix tranquille Un toit pour s'aimer Au cœur de la ville Et je me rappelle Qu'ils ont regardé D'un air attendri La chambre d'hôtel Au papier jauni Et quand j'ai fermé La porte sur eux Y avait tant de soleil Au fond de leurs yeux Que ça m'a fait mal, Que ça m'a fait mal… Moi, j'essuie les verres Au fond du café J'ai bien trop à faire Pour pouvoir rêver Mais dans ce décor Banal à pleurer C'est corps contre corps Qu'on les a trouvés… On les a trouvés Se tenant par la main Les yeux fermés Vers d'autres matins Remplis de soleil On les a couchés Unis et tranquilles Dans un lit creusé Au cœur de la ville Et je me rappelle Avoir refermé Dans le petit jour La chambre d'hôtel Des amants d'un jour Mais ils m'ont planté Tout au fond du cœur Un goût de leur soleil Et tant de couleurs Que ça m'a fait mal, Que ça m'a fait mal… Moi j'essuie les verres Au fond du café J'ai bien trop à faire Pour pouvoir rêver Mais dans ce décor Banal à pleurer Y a toujours dehors… … La chambre à louer…

Les amants de demain

<p>Les amants de demain</p> Les amants de demain, Le cœur ensoleillé, Les yeux émerveillés, Iront main dans la main. Les amants de demain, Les bras chargés d'amour, S'aimeront à leur tour Dès demain… Les amants de demain S'aimeront d'un cœur pur, Bénissant leurs blessures, Éperdus de s'aimer. Ils iront vers le feu Qui dévore les yeux Et réchauffe leurs mains, Les amants de demain… Ils se rencontreront Autour d'une chanson Qui les aura vus naître. Ils seront les plus beaux Et, sans dire un seul mot, Sauront se reconnaître… Les amants de demain, Le cœur ensoleillé, Les yeux émerveillés, Iront main dans la main. Les amants de demain, Enfermés dans un cœur, Bâtiront leur bonheur Dès demain… Les amants de demain S'aimeront sans raison, Déchirés d'être heureux, Enchaînés deux par deux. Ils iront vers le ciel En cortège éternel Par le même chemin, Les amants de demain…

Les amants de Paris

<p>Les amants de Paris</p>

Paroles: Léo Ferré. Musique: Léo Ferré, E. Marnay 1948

Les amants de Paris couchent sur ma chanson. A Paris, les amants s'aiment à leur façon. Les refrains que je leur dis, C'est plus beau que les beaux jours. Ça fait des tas d'printemps et l'printemps fait l'amour. Mon couplet s'est perdu Sur les bords d'un jardin. On ne me l'a jamais rendu Et pourtant, je sais bien Que les amants de Paris m'ont volé mes chansons. A Paris, les amants ont de drôles de façons… Les amants de Paris se font à Robinson Quand on marque des points à coups d'accordéon. Les amants de Paris vont changer de saison En traînant par la main mon p'tit brin de chanson. 'y a plein d'or, plein de lilas Et des yeux pour les voir. D'habitude c'est comme ça Que commencement les histoires. Les amants de Paris se font à Robinson. A Paris, les amants ont de drôles de façons. J'ai la chaîne d'amour au bout de mes deux mains. 'y a des millions d'amants et je n'ai qu'un refrain. On y voit tout autour les gars du monde entier Qui donneraient bien l'printemps pour venir s'aligner. Pour eux c'est pas beaucoup Car des beaux mois de mai, J'en ai collé partout Dans leurs calendriers… Les amants de Paris ont usé mes chansons. A Paris, les amants s'aiment à leur façon. Donnez-moi des chansons Pour qu'on s'aime à Paris…

Les amants de Teruel

<p>Les amants de Teruel</p>

Paroles: Jacques Plante. Musique: Mikis Théodorakis 1962

note: du film "Les amants de Teruel"

L'un près de l'autre, Se tiennent, les amants Qui se sont retrouvés Pour cheminer côte à côte. Retrouvés dans la mort Puisque la vie n'a pas su les comprendre, Retrouvés dans l'amour La haine n'ayant pas pu les atteindre. Les feuilles, les feuilles tombent Sur leur lit de noces. Que la terre soit douce, Soit douce aux amants de Teruel Enfin réunis dans l'ombre… L'un près de l'autre, Ils dorment maintenant. Ils dorment, délivrés De l'appréhension de l'aube. Se tenant par la main, Dans l'immobilité de la prière, Renouant leur serment Dans la tranquille éternité des pierres, La nuit leur ouvre ses portes. Tout rentre dans l'ordre. Leur étreinte demeure, Demeure à jamais suspendue Ainsi qu'une note d'orgue…

Les amants de Venise

<p>Les amants de Venise</p>

Paroles: Jacques Plante. Musique: Marguerite Monnot 1953

Elle lui disait: "On se croirait à Venise Où les ruisseaux débordaient d'une eau grise…" Comme il pleuvait… Comme il pleuvait… Elle lui disait: "On se croirait en gondole, J'entends ton cœur qui joue sa barcarolle." Comme il pleuvait… Comme il pleuvait… Ils étaient là, blottis dans leur roulotte Avec la nuit et l'orage à la porte. Elle lui disait: "On se croirait à Venise." Il répondait: "Mais on est à Venise!" Comme ils s'aimaient… Comme ils s'aimaient… Voici les feux scintillant par centaines, La jolie nuit bariolée de lanternes. Ferme les yeux… Tu verras mieux… Mais on ne voyait qu'un pauvre réverbère Qui n'éclairait même pas leur misère Et tout là-bas, au coin de la rue, Une petite plaque d'un bleu pâli, Où l'on voyait, écrit dessus: "Porte d'Italie"… La-la-la…

Les amants merveilleux

<p>Les amants merveilleux</p>

Paroles: Robert Gall. Musique: Florence Véran 1960

Dans la petite rue, La rue déserte et nue Qui sent le ciel mouillé, Le pavé du faubourg, J'ai vu deux amoureux Qui m'ont tellement émue, Deux amants merveilleux, Émerveillés d'amour. Ils marchaient lentement Avec les yeux mi-clos, Se tenant par la main Et sans dire un seul mot. Ils ne m'ont même pas vue En passant près de moi Tant leur nuit était belle Et constellée de joie. Les amants merveilleux, L'extase dans les yeux Marchaient comme s'ils portaient en eux Un trésor fabuleux, Presque miraculeux: Cette immense fortune d'être deux. On sentait leur amour Bien plus qu'aucun soleil Qui semblait illuminer le ciel. De voir tant de bonheur, J'en avais presque peur. Je ne croyais pas une chose pareille. Les amants merveilleux, L'extase dans les yeux, Au plus profond d'eux-mêmes entendaient, Entendaient une musique, La musique pathétique De leur cœur, de leurs cœurs qui battaient. Oh, comme ils s'embrassaient, S'embrassaient dans la rue, La petite rue déserte et nue Puis ils ont disparu En marchant lentement Dans la nuit, effacés par le vent. Alors, tout éperdue, J'ai couru, j'ai couru Vers ton cœur et vers tes bras tendus Et, contre toi, blottie, Mon amour, j'ai compris Que nous étions aussi… Des amants merveilleux…

Les bleuets d'azur

<p>Les bleuets d'azur</p>

Paroles: Jacques Larue. Musique: Guy Magenta 1959

autres interprètes: Edith Piaf, Lucienne Delyle (1960), Christian Cardin (1960), Raymond Boisserie

Les bleuets d'azur Dans les grands blés murs Nous font des clins d'œil Au bord du clocher La pie vient percher Sa robe de deuil Seul, le vent du mois d'août A les yeux si doux Qu'on en boirait bien Et l'herbe d'amour Se fait de velours Au creux de mes reins

{Refrain:}

Attention, mon gars! Ce n'est pas toujours Qu'on fait de l'amour Avec ces trucs-là…! Attention, mon gars! Fais-toi des yeux bleus Autant que tu veux, Mais ne gamberge pas… Dans tes cheveux bruns Je plonge mes mains Je vois le soleil C'est l'instant perdu Toujours attendu Mais jamais pareil Et tandis qu'au ciel Le silence est tel Qu'on l'entend crier Dans tes yeux qui battent La vie est si bath Que j'en suis noyée…

{au Refrain}

Pour voir si ça va Patientons jusqu'à dimanche prochain Les bleuets d'azur Dans les grands blés murs Nous attendront bien Le vent du mois d'août Sera bien plus doux La deuxième fois Et l'herbe d'amour Sera là toujours Quand on reviendra… Mais, tu vois, mon gars, J'avais bien raison De faire attention… Je gamberge déjà! Qui peut dire, mon gars, Si l'on reviendra… Si l'on reviendra… Si l'on reviendra… Si l'on reviendra…

Les blouses blanches

<p>Les blouses blanches</p>

Paroles: Michel Rivgauche. Musique: Marguerite Monnot 1960

Ça fera bientôt trois années, Trois années qu'elle est internée, Oui, internée avec les fous… Avec les fous… C'est à cause d'eux si elle est là, Seulement voilà, on ne la croit pas, Mais un jour ça va éclater: la Vérité! Alors comme elle en a assez de pleurer, De toutes ses forces elle se met à crier: "Mais puisque j'vous dis que j'suis pas folle, vous m'entendez?! J'suis pas folle! J'suis pas folle!! J'suis pas folle!!!" …Et à chaque fois y a les blouses blanches… Encore et toujours les blouses blanches… Elles lui disent: "Non, vous n'êtes pas folle!" …pas folle……pas folle… Les blouses blanches… Elle aussi, elle en a eu une blouse blanche, Ah non! C'était une robe… Une petite robe blanche… Une petite robe blanche avec des fleurs, Y avait du soleil tout autour des fleurs, Et dans sa main à elle, y avait une main: Une belle main avec des doigts qui chantaient… Qui chantaient… Qui chantaient… Ah! Encore les blouses blanches!… Ça fera bientôt huit années Huit années qu'elle est internée Oui, internée avec les fous… Avec les fous… Un grand trait sur les huit années Tout comme si rien n's'était passé Une nuit elle ira leur voler leurs huit années… Tiens! V'là la main comme le jour d'la robe blanche… Mais pourquoi qu'elle a mis toutes ces blouses blanches? Non! Puisque j'vous dis que j'suis pas folle, vous m'entendez? J'suis pas folle! Je suis pas folle!! J'suis pas folle!!! Vous voyez bien que c'était vrai… Moi je savais qu'elle reviendrait… la main… La belle main qui riait… riait… riait… On s'aimera toujours… Mon amour… Aha! Toujours… Aha! Mon amour… Ahaha!!… Toujours!… Ahahaha!!!…

Les croix

<p>Les croix</p>

Paroles: Louis Amade. Musique: Gilbert Bécaud 1952

autres interprètes: Gilbert Bécaud (1953), Edith Piaf (1953), Juliette Gréco (1955), Damia (1956), Claire Clément

Mon Dieu, qu'il y en a des croix sur cette terre Croix de fer, croix de bois, humbles croix familières Petites croix d'argent pendues sur des poitrines Vieilles croix des couvents perdues parmi les ruines Et moi, pauvre de moi, j'ai ma croix dans la tête Immense croix de plomb vaste comme l'amour J'y accroche le vent, j'y retiens la tempête J'y prolonge le soir et j'y cache le jour Et moi, pauvre de moi, j'ai ma croix dans la tête Un mot y est gravé qui ressemble à "souffrir" Mais ce mot familier que mes lèvres répètent Est si lourd à porter que j'en pense mourir Mon Dieu qu'il y en a sur les routes profondes De silencieuses croix qui veillent sur le monde Hautes croix du pardon dressées vers les potences Croix de la déraison ou de la délivrance Et moi, pauvre de moi, j'ai ma croix dans la tête, Immense croix de plomb vaste comme l'amour J'y accroche le vent, j'y retiens la tempête J'y prolonge le soir et j'y cache le jour Mais moi, pauvre de moi, j'ai ma croix dans la tête Un mot y est gravé qui ressemble à "souffrir" Mais ce mot familier que mes lèvres répètent Est si lourd à porter que j'en pense mourir

Les deux copains

<p>Les deux copains</p> Y avait une fois deux bons copains Poil dans la main, rien dans la poche Mais des tas d'choses dans la caboche Qui s'en allaient par les chemins Y avait un p'tit et puis un grand Le p'tit avait l'intelligence Le grand il avait la puissance Dans les coups durs, y s'mettait d'vant Et tous les deux Le p'tit et l'grand Le coeur joyeux allaient chantant Bras d'ssus bras d'ssous comme des fous Tralalala, on s'en va Mais un jour on reviendra On aura beaucoup bu Et beaucoup retenu Rien qu'avec nos souv'nirs On pourra s'enrichir Tralalala, on s'en va Mais un jour on reviendra Ils eurent soif, ils eurent faim Crevèrent de froid, firent naufrage S'remplirent la tête d'un tas d'mirages S'collèrent des ampoules plein les mains Ils s'en allaient tout droit d'vant eux Passant de l'Europe en Afrique Et puis de là en Amérique Les v'la un jour rev'nus chez eux Et tous les deux Le p'tit et l'grand Le coeur joyeux allaient chantant Bras d'ssus bras d'ssous comme des fous Tralalala, nous voilà C'est assez roulé comme ça Approchez, les amis On a vu du pays Rien qu'avec nos souv'nirs On va vous enrichir Tralalala, nous voilà C'est assez roulé comme ça Ils s'croyaient des types merveilleux Parce qu'ils savaient des tas d'histoires Mais personne ne voulait les croire On n'les prenait pas au sérieux Et, dégoûtés, les deux copains Froid dans le coeur, rien dans la poche Mais des tas d'choses dans la caboche Sont repartis par les chemins Et tous les deux Le p'tit et l'grand Pleurs dans les yeux, s'en vont gueulant Bras d'ssus bras d'ssous "bah, on s'en fout!" Tralalala, on s'en va Ces gens-là n'nous comprennent pas Y travaillent jusqu'au bout Pour finir dans un trou Sans rien à s'raconter Quand y s'ront d'l'autre côté Tralalala, on s'en va V'là notre soleil qui brille là-bas Tralalala lalalala

Les deux ménétriers (galop macabre)

<p>Les deux ménétriers (galop macabre)</p>

Paroles: Jean Richepin. Musique: Lucien Durand 1924

autres interprètes: Damia (1927), Edith Piaf (1936), Barbara, Armand Mestral

note: Chanson écrite en 1891, parue en 1899 dans le recueil de Jean Richepin "La bombarde – Contes à chanter".

Sur les noirs chevaux sans mors, Sans selle et sans étriers, Par le royaume des morts Vont deux blancs ménétriers. Ils vont un galop d'enfer, Tout en raclant leur crincrin Avec des archets de fer, Ayant des cheveux pour crin. Au fracas des durs sabots, Au rire des violons, Les morts sortent des tombeaux. Dansons et cabriolons! Et les trépassés joyeux S'en vont par bonds et soufflant, Avec une flamme aux yeux, Rouge dans leurs crânes blancs. Et les noirs chevaux sans mors, Sans selle et sans étriers Font halte et voici qu'aux morts Parlent les ménétriers: Le premier dit, d'une voix Sonnant comme un tympanon: "Voulez-vous vivre deux fois? Venez, la Vie est mon nom!" Et tous, même les plus gueux Qui de rien n'avaient joui, Tous, dans un élan fougueux, Les morts ont répondu: "Oui!" Alors l'autre, d'une voix Qui soupirait comme un cor, Leur dit: "Pour vivre deux fois, Il vous faut aimer encor! Aimez donc! Enlacez-vous! Venez, l'Amour est mon nom!" Mais tous, même les plus fous, Les morts ont répondu: "Non!" Et leurs doigts décharnés, Montrant leurs cœurs en lambeaux, Avec des cris de damnés, Sont rentrés dans leurs tombeaux. Et les blancs ménétriers Sur leurs noirs chevaux sans mors, Sans selle et sans étriers, Ont laissé dormir les morts.

Les deux rengaines

<p>Les deux rengaines</p>

Paroles: Henri Contet. Musique: H. Bourtayre 1944

Y a un refrain dans la ville, Un refrain sans domicile. Et c'est comme un fait exprès, Un air qui me court après. Il est fait de deux rengaines Qui ont mélangé leur peine. La première a du chagrin Et la deuxième n'a rien. C'est un air, Ah! Ah! aussi triste que mon amour. C'est un air, Ah! Ah! sans pitié qui me tourne autour. D'un sixième étage, Un phono s'enrage A le rabâcher Et la farandole Des mêmes paroles Entre sans frapper. C'est un air, Ah! Ah! qui se traîne dans les faubourgs. C'est un air, Ah! Ah! aussi triste que mon amour. Mais la première rengaine, Qui avait tant de chagrin, Un jour, oublia ses peines, Et ça fait qu'un beau matin, La chanson était moins triste. Mon cœur n'en revenait pas Et mon voisin le pianiste En a fait une java. C'est un air, Ah! Ah! qui me donne le mal d'amour. C'est un air, Ah! Ah! sans pitié qui me tourne autour. Le piano remplace Le phono d'en face Pour le rabâcher Et la farandole Tourne, tourne et vole Comme un vent d'été. C'est un air, Ah! Ah! qui s'accroche sous l'abat-jour. C'est un air, Ah! Ah! qui me donne le mal d'amour. Puis la deuxième rengaine, Qui n'avait que rien du tout, Hérita, un jour de veine, D'un bonheur de quatre sous, Car le bonheur, ça existe. C'est du travail à façon, Alors nous deux, mon pianiste, On a refait la chanson. C'est un air, Ah! Ah! aussi beau que mon bel amour. C'est un air, Ah! Ah! merveilleux qui me tourne autour. Tous les pianos dansent, Tous les phonos dansent. Qu'il fait bon danser, Et la farandole Tourne, tourne et vole, Tourne à tout casser. C'est un air, Ah! Ah! qui s'envole vers le faubourg. C'est un air, Ah! Ah! aussi beau que mon bel amour.

Les flon-flons du bal

<p>Les flon-flons du bal</p>

Paroles: Michel Vaucaire. Musique: Charles Dumont 1960

Les flonflons du bal, A grands coups de cymbale, Et l'accordéon Secouent ma chanson. Les flonflons du bal Donnent un festival En dessous de chez moi, Tous les soirs du mois. J'ai beau tourner ma clé, Ma clé à triple tour, Ils sont toujours mêlés A mes histoires d'amour. Les flonflons du bal, Le long des murs sales, Montent par bouffées Jusqu'à mon grenier. Les flonflons du bal, A grands coups de cymbale, Et l'accordéon Secouent ma chanson. Quand j'ai du chagrin, C'est le même refrain. Qu'on soit presque mort, Ils jouent aussi fort. J'ai bien failli mourir Le jour où t'es parti Mais, pour les attendrir, Mon cœur n'a pas suffi. Les flonflons du bal, Ça leur est éga Vous pouvez pleurer. Eux, ils font danser… Eux, ils vendent la joie. C'est chacun pour soi. C'est tant mieux pour eux. C'est tant pis pour moi…

Les gars qui marchaient

<p>Les gars qui marchaient</p> Y avait des gars qui marchaient Y avait des gars qui chantaient On n'savait pas où ils allaient On n'savait pas ce qu'ils chantaient Mais la cadence de leur pas Mêlée au rythme des voix Ca vous flanquait à tour de bras Un fameux coup dans l'estomac On n'osait pas s'en mêler On les r'gardait défiler Bon sang d'bonsoir que c'était beau Tous ces hommes sans un drapeau Salut mon gars, salut, viens Dis-nous un peu d'où tu viens Je viens de là où j'ai souffert Et je m'en vais juste à l'envers Alors mon gars, dis, allons-y On a souffert nous aussi Et si tu veux, on ira voir Ce que la vie cache dans ses tiroirs Et tous les gars qui marchaient Avec tous ceux qui suivaient Chanson derrière, chanson devant Ca bourdonnait comme un torrent Ils ont crevé l'horizon Pour y planter leur chanson Ont abattu tous les vieux murs Et dit "bon Dieu, que l'air est pur" Profitons-en, tous les copains On va bâtir à sa place Vous d'bout les hommes auront le droit De vivre en paix si ça leur va Et tous les hommes en cohue Et en venant ils ont vu Le ciel du feu qui s'éclairait Pendant que tous ces gars chantaient

Les gens

<p>Les gens</p>

Paroles: Michèle Vendôme. Musique: Francis Laï 1963

Comme ils nous regardaient, les gens. Nous, on ne voyait pas les gens. Pour nous, ils étaient transparents. On ignorait les gens. On était seuls au monde. Comme ils étaient pressés, les gens, Mais nous, on flânait en rêvant. Un soleil éclatant Inondait notre monde… Comme ils étaient tristes, les gens Car ils ne savaient pas, les gens, Que des fleurs couvraient les pavés, Que le printemps naissait En plein cœur de l'automne. Comme ils étaient surpris, les gens, Peut-être un peu jaloux, les gens, Des amants qui disaient "toujours" Et qui parlaient d'amour Sans s'occuper des gens. Comme ils nous regardaient, les gens. Nous, en ne voyait pas les gens, On se regardait dans les yeux. C'était vertigineux. C'était le grand naufrage. Ils étaient fascinés, les gens. Ils n'avaient jamais vu, les gens, Une telle folie, de tels amants, De tels indifférents Aux gens et à leur âge. Comme ils étaient drôles, les gens. Comme ils baissaient les yeux, les gens, Quand, tous deux, on s'est enlacé, Quand on s'est embrassé En se disant "Je t'aime". Comme ils étaient pressés, les gens, Mais ils se retournaient, les gens, Pour voir encore ces deux amants Qui s'aimaient tellement A faire rêver les gens. Comme ils nous regardaient, les gens. Nous on ne voyait pas les gens. Comme ils étaient pressés, les gens. Nous on ne voyait pas les gens. Comme ils se retournaient, les gens Nous on ne voyait pas les gens…

Les grognards

<p>Les grognards</p>

Paroles: Pierre Delanoë. Musique: Hubert Giraud 1957

Ecoute, peuple de Paris: Tu n'as pas la fièvre. Ecoute ces pas qui marchent dans la nuit, Qui s'approchent de ton rêve. Tu vois des ombres qui forment une fresque gigantesque accrochée dans ton ciel. Ecoute, peuple de Paris: Regarde, peuple de Paris, ces ombres éternelles Qui défilent en chantant sous ton ciel. Nous les grognards, les grenadiers, Sans grenades, sans fusils ni souliers, Sans ennemis et sans armée, On s'ennuie dans la nuit du passé. Nous les grognards, les grenadiers, Sans grenades, sans fusils, ni souliers, Ce soir nous allons défiler Au milieu de vos Champs-Elysées. Wagram, Iéna, Eylau, Arcole, Marengo… Ca sonne bien. Quelles jolies batailles. Tout ce travail, C'était pas pour rien Puisque les noms de rues, Les noms d'avenues Où vous marchez, C'est avec le sang De nos vingt ans Qu'on les a gravés. Nous les grognards, les grenadiers, Sans grenades, sans fusils ni souliers, Sans ennemis et sans armée, On s'ennuie dans la nuit du passé. Nous les grognards, les grenadiers, On est morts sur des champs étrangers. On a visité la Russie Mais jamais nous n'avons vu Paris. On n'a pas eu le temps D'avoir un printemps Qui nous sourit. Nos pauvres amours Duraient un jour, Au revoir et merci. Roulez, roulez tambours. Dans le petit jour On s'en allait. Au son du clairon Et du canon, Notre vie dansait. Nous les grognards, les grenadiers, On nous a oubliés, oubliés… Depuis le temps de nos combats, Il y a eu tant et tant de soldats Mais, cette nuit, vous nous verrez Sans grenades, sans fusils ni souliers, Défiler au pas cadencé Au milieu de vos Champs-Elysées Sans grenades… Sans fusils… Ni souliers… A Paris…

Les hiboux

<p>Les hiboux</p>

Paroles: E. Joullot. Musique: P. Dalbret 1936

Il y en a qui viennent au monde veinards. D'autres, au contraire, toute leur vie sont bignards. Mon père était, pairaît-il, un baron. Ma mère était boniche dans sa maison. L'patron lui ayant fait du boniment Et, de plus, lui ayant fait un enfant, Ma pauv'baronne, par la patronne, Fut balancée en vitesse, et comment! Pour me nourrir ma mère devint catin Et moi, depuis, j'suis d'venu un vaurien. C'est nous qui sommes les hiboux. Les apaches, les voyous, Ils en foutent pas un coup. Dans le jour, nous planquons nos mirettes, Mais le soir nous sortons nos casquettes. Nos femmes triment sur l'Sébasto Pendant qu'nous, chez l'bistrot, dans un coin, bien au chaud, On fait sa p'tite belote avec des mecs comme nous, Des coquins, des apaches, des hiboux. Faut pas s'tromper: nous ne sommes pas bons à tout. On est des poisses, des copards, et c'est tout. On n'nous rencontre jamais sur les boulevards, Seulement le soir, pour chasser leur cafard. Les gens rupins et blasés, les vicieux, Avec leurs poules qui nous font les doux yeux, Viennent dans nos bouges boire du vin rouge Et en dansant, elles nous appellent… Oh mon Dieu!… On sent leur chaleur qui frémit dans nos bras, Alors on serre en leur disant tout bas: C'est nous qui sommes les hiboux. Les apaches, les voyous, Ils en foutent pas un coup. Dans le jour, nous planquons nos mirettes, Mais le soir nous sortons nos casquettes. Nos femmes triment sur l'Sébasto Pendant qu'nous, chez l'bistrot, dans un coin, bien au chaud, On fait sa p'tite belote avec des mecs comme nous, Des coquins, des apaches, des hiboux. Y'en a qui croient être des hommes affranchis. Aha! Y m'font marrer avec tous leurs chichis. Nous, on sait bien que ça finira au grand air, Le cou serré dans l'truc à m'sieur Débler, A moins qu'un soir, un mahoutin, un costaud, Nous r'file un coup d'son surin dans la peau. Ça finit vite, sans eau bénite. Nos héritiers qui touchent tous des bigorneaux, Nous les toquards on claque dans un sale coup. Oh! Que ce soit là ou ailleurs, on s'en fout!… C'est nous qui sommes les hiboux. Les apaches, les voyous, Il en coûte pas un coup. Dans le jour, nous planquons nos mirettes, Mais, le soir, nous sortons nos casquettes. Ecoutez ça, vous les rupins: Gare à moi, le coquin, quand chacun fera son chemin. Si mon père n'avait pas agi comme un voyou, Moi aussi, j's'rais p't'être un homme comme vous…

Les marins, ça fait des voyages

<p>Les marins, ça fait des voyages</p>

Paroles: Raymond Asso. Musique: Mitty Goldin 1936

Il m'avait dit seulement "je t'aime" Et ces mots-là, ça compte tout de même. On s'est aimé huit jours tout plein Puis il m'a dit un beau matin: "V'là que j'm'en vais. N'aie trop d'peine. J'suis matelot, faut qu'tu comprennes." "Les marins ça fait des voyages. On reste jamais pour bien longtemps. On part joyeux, on revient content. Des fois; bien sûr; y a les naufrages, Mais les retours c'est tout plaisir Et nos amours peuvent pas mourir. On sait qu'on r'part, on n'a pas l'cœur De s'faire du mal à son bonheur. Faut pas pleurer! Aie du courage! La mer est belle et puis dis-toi Qu'on n'y peut rien ni toi ni moi Et qu'les marins, faut qu'ça voyage." J'l'ai vu partir sur son navire. Y m'faisait d'loin un beau sourire, Et d'un seul coup je n'l'ai plus vu Et puis l'bateau a disparu. La mer chantait d'une voix câline. On a parlé comme des copines. Les marins ça fait des voyages. Ça reste jamais pour bien longtemps. S'il revient joyeux, il repart content. Pour les aimer, faut du courage, Mais les retours c'est tout plaisir Et leurs amours peuvent pas mourir. Le voilà qui part, mon pauvr'bonheur. Dessus la mer vogue mon cœur Mais v'là qu'je pense qu'y a des naufrages. Sois bonne, la mer: ne l'garde pas. Si tu veux bien, on partagera, Comme les marins, faut qu'ça voyage. J'l'ai attendu pendant des s'maines, Et puis maint'nant c'est plus la peine. Il m'a fait dire par ses amis Qu'y r'viendrait plus, qu'c'était fini. Il m'avait fait cadeau d'une bague. Je l'ai jetée au creux des vagues. Les marins ça fait des voyages. On les espère pendant longtemps. Y'en a qui r'viennent de temps en temps. D'autres s'font crocher l'cœur au passage. Y a plus d'retour, y a plus d'plaisir. Y a plus d'amour, y a qu'à mourir. Celui qu'j'aimais, y r'viendra pas Et puis s'y r'vient, il recommenc'ra, Car les marins, faut qu'ça voyage. Ça court toujours vers d'autres bonheurs Et ça nous laisse avec notre cœur, Notre cœur fané pour tout partage.

Les mômes de la cloche

<p>Les mômes de la cloche</p>

Paroles: Decaye. Musique: Vincent Scotto 1936

autres interprètes: Edith Piaf

D'un bout à l'autre de la semaine, Sur les boulevards, dans les faubourgs, On les voit traîner par centaines, Leurs guêtres sales et leurs amours Dans des chemises de dix jours. Sous la lumière des réverbères, Prenant des airs de Pompadour, Ce sont nos belles ferronnières, Ce sont nos poupées, nos guignols, nos pantins. Écoutez dans la nuit, Elles chantent ce refrain: "C'est nous les mômes, les mômes de la cloche, Clochards qui s'en vont sans un rond en poche. C'est nous les paumées, les purées d'paumées Qui sommes aimées un soir n'importe où. Nous avons pourtant Cœur pas exigeant Mais personne n'en veut. Eh ben tant pis pour eux. Qu'è'qu'ça fout, On s'en fout! Nul ne s'y accroche. Il n'y a pas d'amour Et l'on sera toujours Les mômes de la cloche! Mais comme elles n'ont pas les toilettes Qu'il faut pour les quartiers rupins, C'est pas aux Galeries Lafayette Qu'elles vont faire chaque soir leur turbin. Le long du canal Saint-Martin, Au Sébasto, à la chapelle, On est toujours assez gandin Pour le monsieur qui vous appelle. D'l'article populaire, c'est pas du beau joujou. 'y a pas d'poupées en soie Aux bazars à trente sous. C'est nous les mômes, les mômes de la cloche, Clochards qui s'en vont sans un rond en poche. C'est nous les paumées, les purées d'paumées Qui sommes aimées un soir n'importe où. Tout comme nos ribouis, Nous n'sommes pas vernies. Jamais l'on ira Sur la Riviera. Qu'è'qu'ça fout, On s'en fout! Quand l'argent nous fauche, On va faire quatre jours Là-bas dans la Tour. Les mômes de la cloche, Elles ont vendu toutes leurs caresses. Elles furent payées tant bien que mal, Puis un jour, plus rien dans la caisse, Vont se fiche dans l'canal Et sans avoir comme un cheval La pitié des gens de la rue, On les emmène à l'hôpital. La foule dit "ce n'est qu'une grue" Et voilà comment nos poupées, nos pantins, Lorsqu'elles n'ont plus le sou S'en vont toutes à Pantin. C'est nous les mômes, les mômes de la cloche, Clochards qu s'en vont sans amis, sans proches. C'est nous les paumées, les purées d'paumées Qui s'en vont dormir dans l'horrible trou. Derrière not' convoi Jamais l'on ne voit Ni fleurs ni couronnes, Pas même une personne Qu'è'qu'ça fout, On s'en fout! Quand la mort nous fauche, C'est not' plus beau jour. Cloches, sonnez pour Les mômes de la cloche!

Les mots d'amour

<p>Les mots d'amour</p>

Paroles: Michel Rivgauche. Musique: Charles Dumont 1960

C'est fou c' que j' peux t'aimer, C' que j' peux t'aimer, des fois, Des fois, j' voudrais crier Car j' n'ai jamais aimé, Jamais aimé comme ça. Ça, je peux te l'jurer. Si jamais tu partais, Partais et me quittais, Me quittais pour toujours, C'est sûr que j'en mourrais, Que j'en mourrais d'amour, Mon amour, mon amour… C'est fou c' qu'il me disait Comme jolis mots d'amour Et comme il les disait Mais il ne s'est pas tué Car, malgré mon amour, C'est lui qui m'a quittée Sans dire un mot. Pourtant des mots, 'y en avait tant, 'y en avait trop… C'est fou c' que j' peux t'aimer, C' que j' peux t'aimer, des fois, Des fois, je voudrais crier Car j' n'ai jamais aimé, Jamais aimé comme ça. Ça, je peux te l'jurer. Si jamais tu partais, Partais et me quittais, Me quittais pour toujours, C'est sûr que j'en mourrais, Que j'en mourrais d'amour, Mon amour, mon amour… Et voilà qu'aujourd'hui, Ces mêmes mots d'amour, C'est moi qui les redis, C'est moi qui les redis Avec autant d'amour A un autre que lui. Je dis des mots Parce que des mots, Il y en a tant Qu'il y en a trop… C'est fou c' que j' peux t'aimer, C' que j' peux t'aimer des fois, Des fois, j' voudrais crier Car j' n'ai jamais aimé, Jamais aimé comme ça. Ça, je peux te l'jurer. Si jamais tu partais, Partais et me quittais, Me quittais pour toujours, C'est sûr que j'en mourrais,, Que j'en mourrais d'amour Mon amour, mon amour… Au fond c' n'était pas toi. Comme ce n'est même pas moi Qui dit ces mots d'amour Car chaque jour, ta voix, Ma voix, ou d'autres voix, C'est la voix de l'amour Qui dit des mots, Encore des mots, Toujours des mots, Des mots d'amour… C'est fou c' que j' peux t'aimer, C' que j' peux t'aimer, des fois… Si jamais tu partais, C'est sûr que j'en mourrais… C'est fou c' que j' peux t'aimer, C' que j' peux t'aimer… d'amour…

Les neiges de Finlande

<p>Les neiges de Finlande</p>

Paroles: Henri Contet, musique: Marguerite Monnot, enr. 2 septembre 1958

Un rêve a fait le tour du monde Sur les épaules d'un marin Un rêve a fait le tour du monde C'était le mien… Mon rêve a fait de beaux voyages Et m'en rapporte des cadeaux Entre les mains de mes nuages Il met le ciel de Bornéo Tout ce qu'il dit devient merveilleux Le monde est plein de bruits d'abeilles Et je le crois! Le méchant loup est un archange Les ogres mangent des oranges Et je le crois! Les cendrillons filent la laine Pour habiller Croque-Mitaine Et je le crois! Alors je dors sur des légendes Et je peux voir de mon grenier Tomber les neiges de Finlande Sur les Noëls d'Aubervilliers…

Les prisons du roy

<p>Les prisons du roy</p>

Paroles: Michel Rivgauche. Musique: I.Gordon 1957

Au fond des prisons du roy… Tout au fond des prisons du roy… Ils l'ont enfermé dans les prisons du roy, Aha-a-a-a… Messire, dites moi, Pourquoi ont-ils fait ça? Aha-a-a-a… Est-il vrai qu'il ne reviendra plus jamais, Jamais, plus jamais… Parce qu'il a volé un diamant plein d'éclat Le plus beau des diamants pour moi? Au fond des prisons du roy… Tout au fond des prisons du roy… Et je m'en souviens il m'avait dit un jour Aha-a-a-a… "Tu seras plus riche que les dames de la cour." Aha-a-a-a… Est-il vrai que je ne l'entendrai jamais Jamais, plus jamais… Parce qu'il a volé un diamant plein d'éclat Le plus beau des diamants pour moi? Au fond des prisons du roy… Tout au fond des prisons du roy… Messire, dites-moi, Est-il là pour longtemps? Aha-a-a-a… Alors, jetez-moi en prison avec lui Aha-a-a-a… Et rien ne nous séparera plus jamais Jamais, plus jamais… Car moi j'ai volé, je l'avoue et sans peur, Oui messire, j'ai volé son cœur… Au fond des prisons du roy… O mon amour je viens vers toi! Tout au fond des prisons du roy…

Les roses blanches

<p>Les roses blanches</p>

Paroles: Ch.L.Pothier. Musique: Léon Raiter 1925

autres interprètes: Edith Piaf, Tino Rossi, Fred Gouin, Lucienne Delyle, Marie José, Georgette Plana, Nana Mouskouri, Céline Dion

C'était un gamin, un gosse de Paris, Pour famille il n'avait qu' sa mère Une pauvre fille aux grands yeux rougis, Par les chagrins et la misère Elle aimait les fleurs, les roses surtout, Et le cher bambin tous les dimanche Lui apportait de belles roses blanches, Au lieu d'acheter des joujoux La câlinant bien tendrement, Il disait en les lui donnant: "C'est aujourd'hui dimanche, tiens ma jolie maman Voici des roses blanches, toi qui les aime tant Va quand je serai grand, j'achèterai au marchand Toutes ses roses blanches, pour toi jolie maman" Au printemps dernier, le destin brutal, Vint frapper la blonde ouvrière Elle tomba malade et pour l'hôpital, Le gamin vit partir sa mère Un matin d'avril parmi les promeneurs N'ayant plus un sous dans sa poche Sur un marché tout tremblant le pauvre mioche, Furtivement vola des fleurs La marchande l'ayant surpris, En baissant la tête, il lui dit: "C'est aujourd'hui dimanche et j'allais voir maman J'ai pris ces roses blanches elle les aime tant Sur son petit lit blanc, là-bas elle m'attend J'ai pris ces roses blanches, pour ma jolie maman" La marchande émue, doucement lui dit, "Emporte-les je te les donne" Elle l'embrassa et l'enfant partit, Tout rayonnant qu'on le pardonne Puis à l'hôpital il vint en courant, Pour offrir les fleurs à sa mère Mais en le voyant, une infirmière, Tout bas lui dit "Tu n'as plus de maman" Et le gamin s'agenouillant dit, Devant le petit lit blanc: "C'est aujourd'hui dimanche, tiens ma jolie maman Voici des roses blanches, toi qui les aimais tant Et quand tu t'en iras, au grand jardin là-bas Toutes ces roses blanches, tu les emporteras"

Les trois cloches

<p>Les trois cloches</p>

Paroles et Musique: Gilles (Jean Villard) 1946

autres interprètes: Gilles (Jean Villard) + Urfer, Les Classels, Tina Arena

Village au fond de la vallée Comme égaré, presque ignoré Voici qu'en la nuit étoilée Un nouveau-né nous est donné Jean-François Nicot il se nomme Il est joufflu, tendre et rosé A l'église, beau petit homme Demain tu seras baptisé Une cloche sonne, sonne Sa voix, d'écho en écho Dit au monde qui s'étonne: "C'est pour Jean-François Nicot C'est pour accueillir une âme Une fleur qui s'ouvre au jour A peine, à peine une flamme Encore faible qui réclame Protection, tendresse, amour" Village au fond de la vallée Loin des chemins, loin des humains Voici qu'après dix-neuf années Cœur en émoi, le Jean-François Prend pour femme la douce Elise Blanche comme fleur de pommier Devant Dieu, dans la vieille église Ce jour, ils se sont mariés Toutes les cloches sonnent, sonnent Leurs voix, d'écho en écho Merveilleusement couronnent La noce à François Nicot "Un seul cœur, une seule âme" Dit le prêtre, "et pour toujours Soyez une pure flamme Qui s'élève et qui proclame La grandeur de votre amour" Village au fond de la vallée Des jours, des nuits, le temps a fui Voici qu'en la nuit étoilée Un cœur s'endort, François est mort Car toute chair est comme l'herbe Elle est comme la fleur des champs Epis, fruits mûrs, bouquets et gerbes Hélas, tout va se desséchant Une cloche sonne, sonne Elle chante dans le vent Obsédante et monotone Elle redit aux vivants: "Ne tremblez pas, cœurs fidèles Dieu vous fera signe un jour Vous trouverez sous son aile Avec la vie éternelle L'éternité de l'amour"

Madeleine qui avait du coeur

<p>Madeleine qui avait du coeur</p>

Paroles: Raymond Asso. Musique: M. d'Yresne 1936

Elle avait l'âme sereine Et des anges la candeur. On l'appelait Madeleine. Elle avait beaucoup de cœur. Déjà, le jour de sa naissance, Il pleuvait, le ciel était bas. Elle eut une bien triste enfance Car ses parents ne l'aimaient pas. Elle priait avec innocence Comme ayant l'air de s'excuser. "Mon Dieu pardonnez notre enfance Et ceux qui nous ont enfantés." Elle avait l'âme sereine Et des anges la candeur. On l'appelait Madeleine. Elle avait beaucoup de cœur. En grandissant, cette naïve Sentit grandir son cœur aussi. Ce sont des choses qui arrivent. Un bon cœur n'est jamais petit. En grandissant cette naïve, Connut des tas, des tas d'amants. Ce sont des choses qui arrivent Quand on a le cœur aussi grand. D'amour, son âme était pleine. Elle était toute de candeur. On l'appelait Madeleine. Elle avait beaucoup de cœur. Elle était frêle et docile Et ne savait rien refuser, Or elle avait le cœur fragile Et le cœur s'use à trop aimer. Elle était frêle et docile Et ne vivait que pour l'amour, Or ce grand cœur qu'était fragile Il s'est arrêté pour toujours. Sonnez cloches, Ding dong daine. Nuit du ciel fanent les fleurs. Elle est morte, Madeleine D'une maladie de cœur.

Margot coeur gros

<p>Margot coeur gros</p>

Paroles: Michèle Vendôme. Musique: Florence Véran 1963

Pour faire pleurer Margot, Margot-cœur-tendre, Margot-cœur-gros, Il suffit d'un refrain, Air de guitare, pleurs d'arlequin. L'enfant du Paradis Vient là pour oublier sa vie. Plus c'est triste, plus c'est beau Et plus elle rêve, Margot cœur gros. Pour faire pleurer Margot, Margot-chagrin, Margot-sanglot, Il lui faut des regrets, De belles amours contrariées. L'enfant du Paradis Veut voir Colombine en folie Et voir l'ami Pierrot Pleurer avec Margot cœur gros. Pour faire pleurer Margot, Margot-soupir, Margot-mélo, Dans ma vie je n'ai rien Qu'un grand amour qui finit bien. L'enfant du Paradis S'ennuie quand les amants sourient. Tant pis pour le mélo. Je t'aime… Tu m'aimes… Salut, Margot! La-la-la…

Mariage

<p>Mariage</p>

Paroles: Henri Contet. Musique: Marguerite Monnot 1946

note: du film "Étoile sans lumière"

Six heures, Place de la Trinité, Quand le coup de feu a claqué Juste en face du petit café. La dame qui avait tiré Regardait d'un air étonné L'homme en gris qui était tombé. On ajouta un numéro Sur le registre de bureau Du commissariat de police. La dame, elle ne veut pas parler Et quand le juge est fatigué, Elle bavarde avec son passé… Dire que tout ça a commencé En même temps qu'un soleil d'été Qui avait l'air fait pour durer Et le soleil s'était posé Sur un jeune homme en gris foncé Qui avait l'air fait pour danser. Alors, bien sûr, elle a valsé Et puis après, l'a embrassé Il n'en faut pas plus pour aimer. On ajouta un numéro Sur le registre de bureau De la mairie du quatorzième. Alors, tout devient merveilleux. Dans les beaux rêves, on ne fait pas mieux. La dame, elle en ferme les yeux. Elle revoit, elle revoit Le seul jour de da vie, je crois Où elle a fait un signe de croix Car tout était miraculeux. L'église chantait rien que pour eux Et même le pauvre était heureux. C'est l'amour qui faisait sa tournée Et, de là-haut, à toutes volées Les cloches criaient: "Vive la mariée!" Sonnez, sonnez, carillonnez! S'il a juré fidélité, Il a menti, le bien-aimé. Sonnez, sonnez, carillonnez! Il a juré fidélité Il a menti, le bien-aimé… Carillonnez!…

Marie la Française

<p>Marie la Française</p>

Paroles: Jacques Larue. Musique: Philippe Gérard 1956

Oh, mon Paname, que tu es loin Pour les filles de mauvaise vie, Et que la Seine était jolie Sous le soleil du mois de juin, Sous le soleil du mois de juin. Au fond du vieux Sidney, Sous le pont du chemin de fer, On vient de faire son affaire A Marie la française. Faut pas s'en étonner Car, avec les matafs, Dès qu'ils sont un peu pafs Vaut mieux planquer son pèse. Quatre-vingt-cinq dollars, Ça s' claque un soir de bringue Quand on vient d'accoster. Après deux mois sans femmes Ils n' pouvaient pas savoir Qu'elle était assez dingue De mettre ça d' côté Pour revoir Notre-Dame. Oh, mon Paname, que tu es loin Pour les filles de mauvaise vie Et que la Seine était jolie Sous le soleil du mois de juin, Sous le soleil du mois de juin. Au cimetière de Sidney, Un pasteur, en passant, Marmonne avec dédain Une prière anglaise. Faut pas s'en étonner: Chez les gens bien pensants, Tout le monde se fout bien De Marie la française. Seule une petite vieille Continuera de croire Qu'avec un homme très chic Sa fille est mariée Et les jours de soleil, Dans sa rue Rochechouart, Pensera qu'aux Amériques Marie l'a oubliée… Oh, mon Paname, que tu es loin Pour les filles de mauvaise vie Et que la Seine était jolie Sous le soleil du mois de juin, Sous le soleil du mois de juin.

Marie-trottoir

<p>Marie-trottoir</p>

Paroles: Michel Vaucaire. Musique: Charles Dumont 1961

Marie-Trottoir, bonsoir Marie, Marie, bonsoir. Toi qui n'attend personne Et un peu tout le monde, Perchée sur tes talons, Sur tes trop hauts talons, Marie qui vend du rêve A ceux qui ont envie d'espoir, Tu as d'ailleurs De quoi plaire à certains rêveurs. Tu es assez fardée. Tu es un peu trop blonde Et puis tu as aussi Aussi un parapluie, Marie qui pense à tout, Même à vous mettre à l'abri. Marie-Trottoir, bonsoir Marie. Marie, bonsoir. Toi qui n'attend personne Et un peu tout le monde, Marie née à Angers, A Nice, ou à Saint-Dié, Marie qui vend du rêve A ceux qui ont besoin d'aimer, Bonsoir, Marie-Trottoir. Tu fais rien dans le noir. Ne parle pas, souris, vas-y, Joue les Jocondes, Marie qui a toujours Pour tous les sans amour, Marie qui a un cœur, Grand comme une roue de secours. Marie-Trottoir, bonsoir Marie, Marie, bonsoir…

Mea culpa

<p>Mea culpa</p>

Paroles: Michel Rivgauche. Musique: Hubert Giraud 1954

autres interprètes: Edith Piaf

Mea Culpa! Mea Culpa! J'ai péché par orgueil De t'avoir tout à moi Dans un simple clin d'œil. Mea culpa! J'ai péché par envie De me donner à toi En te donnant ma vie. Mea culpa! Et puis par gourmandise, Illuminée par l'éclat de tes yeux, J'ai vu ta bouche et je me sentais grise [J'ai bu sans fin à tes lèvres exquises]? … et je buvais du feu! J'ai péché par paresse Quand j'ai connu tes bras, Berceau de mes caresses. Mea culpa! Que ceux qui n'ont jamais péché Me jettent la première pierre. Que ceux qui n'ont jamais aimé Me refusent une prière. J'ai péché par colère Contre toi, contre moi, Contre toute la terre. Mea culpa! J'ai péché par luxure, Chaque soir, dans tes bras, Mais mon âme était pure. Mea culpa! Et puis par avarice, Je t'ai caché dans le fond de mon cœur Pour mieux t'y adorer avec délice A l'abri des voleurs. Ainsi donc, tu le vois, J'ai péché les sept fois Rien qu'à cause de toi. Mea culpa! Mais un jour, Si tu me le demandais, Oh! mon amour! … Je recommencerais. Mea culpa! Mea culpa!

Milord

<p>Milord</p>

Paroles: Georges Moustaki. Musique: Marguerite Monnot 1959

Allez venez! Milord Vous asseoir à ma table Il fait si froid dehors Ici, c'est confortable Laissez-vous faire, Milord Et prenez bien vos aises Vos peines sur mon cœur Et vos pieds sur une chaise Je vous connais, Milord Vous ne m'avez jamais vue Je ne suis qu'une fille du port Une ombre de la rue… Pourtant, je vous ai frôlé Quand vous passiez hier Vous n'étiez pas peu fier Dame! le ciel vous comblait Votre foulard de soie Flottant sur vos épaules Vous aviez le beau rôle On aurait dit le roi Vous marchiez en vainqueur Au bras d'une demoiselle Mon Dieu! qu'elle était belle J'en ai froid dans le cœur… Allez venez! Milord Vous asseoir à ma table Il fait si froid dehors Ici, c'est confortable Laissez-vous faire, Milord Et prenez bien vos aises Vos peines sur mon cœur Et vos pieds sur une chaise Je vous connais, Milord Vous ne m'avez jamais vue Je ne suis qu'une fille du port Une ombre de la rue… Dire qu'il suffit parfois Qu'il y ait un navire Pour que tout se déchire Quand le navire s'en va Il emmenait avec lui La douce aux yeux si tendres Qui n'a pas su comprendre Qu'elle brisait votre vie L'amour, ça fait pleurer Comme quoi l'existence Ça vous donne toutes les chances Pour les reprendre après… Allez venez! Milord Vous avez l'air d'un môme Laissez-vous faire, Milord Venez dans mon royaume Je soigne les remords Je chante la romance Je chante les milords Qui n'ont pas eu de chance Regardez-moi, Milord Vous ne m'avez jamais vue… Mais vous pleurez, Milord Ça, j' l'aurais jamais cru. +parlé: Eh! bien voyons, Milord Souriez-moi, Milord Mieux que ça, un p'tit effort… Voilà, c'est ça! Allez riez! Milord Allez chantez! Milord Ta da da da… Mais oui, dansez, Milord Ta da da da… Bravo! Milord… Encore, Milord… Ta da da da…

Miséricorde

<p>Miséricorde</p>

Paroles: Jacques Larue. Musique: Philippe Gérard 1955

Plus jamais ne prierai, Plus jamais ne rirai Avec leurs boniments. Ils ont tué mon amant. Le bourdon peut sonner, Le curé, marmonner. C'est pas ça qui le fera Revenir dans mes bras. D'un petit air réfléchi Et la voix décidée, Il a dit: "Allons-y! Faut défendre ses idées!" Mais, malgré sa grande gueule Et ses yeux qu'il planquait, Je n'étais pas toute seule A chiâler sur le quai… Miséricorde! Miséricorde! Les petites croix blanches Ont des dimanches Qui ne sont pas gais. Le ciel bleu d'un petit bal Du côté de Bougival Dans mes yeux étonnés Continue de tourner… Rien qu'à voir les péniches, On rêvait de voyager. Pour ceux qui ne sont pas riches, Il suffit de rêver: Le jardin qu'on aurait Serait plein de lilas… Et le gosse qu'on aurait S'appellerait Jean-François… Les beaux rêves sont gratuits. Moi, le seul qui me reste, C'est l'odeur de sa veste Quand je dansais contre lui. 'y a plus que ça qui me rapproche De celui que j'adorais Mais la vie est si moche Que même ça, je l'oublierai… Miséricorde! Miséricorde! Miséricorde!

Mon amant de la coloniale

<p>Mon amant de la coloniale</p>

Paroles: Raymond Asso. Musique: Juel 1936

Il était fort et puis si tendre Que, dès notre première nuit, Je sentais que je ne pourrais plus me reprendre, Et pour toujours, j'étais à lui. Je voyais toutes les femmes lui sourire. Moi, je me cramponnais à son bras Et je les regardais comme pour leur dire: "Il est à moi, et je l'lâche pas!" C'était un gars de la Coloniale. Il avait là, partant du front Et descendant jusqu'au menton, Une cicatrice en diagonale, Des cheveux noirs, des yeux si pâles, La peau brûlée par le soleil. J'en ai plus jamais vu de pareils A mon amant de la Coloniale. Des fois, quand il avait la fièvre, Il parlait trop et j'avais peur. Je mettais la main sur ses lèvres Pour pas connaître le fond de son cœur Car je sentais que, dans son âme, Y avait des larmes et du cafard. Longtemps, j'ai cru que c'était une femme. Quand j'ai compris, c'était trop tard… Lorsque j'ai connu ma rivale, Alors j'ai serré fort mes bras Pour que cette grande garce de la Coloniale Lui foute la paix et ne me le vole pas Et lui, il m'avait dit: "Je reste" Mais un beau jour, il est reparti Vers ce pays que je déteste Dont il rêvait souvent la nuit. C'était un gars de la Coloniale. Il portait là, partant du front Et descendant jusqu'au menton, Une cicatrice en diagonale. Je reverrai plus ses beaux yeux pâles, Ses yeux qui n'ont pas leur pareil. Il est reparti vers son soleil, Mon bel amant de la Coloniale…

Mon ami m'a donné

<p>Mon ami m'a donné</p>

Paroles: Raymond Asso. Musique: C.Valéry 1952

Mon ami m'a donné une fleur, Une fleur que j'ai mise à mon cœur, Sur mon cœur plein de lui. Que la rose était belle. Dans mon cœur plein de lui, Le bonheur a fleuri. Mon ami m'a donné un baiser, Près du cœur, doucement l'a posé. A mon cœur plein d'amour, Que sa lèvre était douce. Ce baiser plein d'amour, L'ai donné à mon tour. Mon ami m'a donné un serment, Le serment de m'aimer si longtemps, Si longtemps que les fleurs Pousseront sur la terre, Si longtemps que la fleur Restera sur mon cœur. Mon ami m'a donné du pleurer, Du pleurer que n'ai pas mérité. Pour essuyer mes pleurs, J'ai pris la rose blanche, J'ai pris la rose fleur Qui était sur mon cœur. Mon ami viendra me voir demain. Plus de fleurs et beaucoup de chagrin. J'irai voler des fleurs Dans les jardins du monde. J'irai voler des fleurs La plus belle à mon cœur. En prison, si l'on veut me jeter, Je dirai à qui va me juger: "Faites battre tambours Et dressez la potence. Plutôt que perdre amour, Je volerai la France Et le roi dans sa cour Plutôt que perdre amour…"

Mon apéro

<p>Mon apéro</p>

Paroles: Robert Malleron. Musique: Robert Juel 1936

On peut donner des leçons d' morale Quand on possède bonne soupe et bon feu Mais quand on ne possède que peau d' balle On prend son plaisir où on peut Dans le quartier, on me blague Je suis un pilier d' bistrot C'est vrai qu'avec les pochards, j' divague Chaque fois qu' j'ai le cœur trop gros D'autres cherchent des trucs compliqués Mais comme j'ai horreur du chiqué Moi, c'est au bord du comptoir Que je prends tous les soirs Mon apéro… J' discute avec le patron J' l'appelle par son p'tit nom Oh, c'est un bon gros Comme les mâles j' lui dis: Arthur, vas-y! Et j' te lui joue la tournée au zanzi Le phono pousse une java L'ennui doucement s'en va Tout me semble beau Et j' noie mon ennui profond Pour une heure, tout au fond D'un apéro… Sur mes seize ans, comme j'étais belle gosse Tous les gars m' faisaient du boniment Alors, je m' suis mise à faire la noce C'est venu, je n' sais pas comment Y m' payaient tout sans rien dire J'avais voiture et hôtel Mais il me fallait toujours sourire Le cœur barbouillé de fiel Et j' rêvais d'un petit mécano Qui n' m'offrirait que des bécots Alors, pour chasser le noir J' buvais dans tous les bars Des apéros Grimpée sur un tabouret Trempait dans mon gobelet Un chalumeau Et devant l'air fatigué des danseurs Je m' sentais prise par les chasses du chauffeur Plus que moi riche d'amour Il embrassait chaque jour Une dactylo Et j' n'avais pour m' consoler Mon cœur si désolé Qu' les apéros Mais les cocktails me tournaient la tête Alors j'ai bientôt plaqué l' métier Me r'voilà, bon Dieu que la vie est bête! Revenue dans mon vieux quartier La r'voilà, ma p'tite église Et chez moi rien n'a changé, rien! Rien sinon mon cœur, cette prison grise À qui tout reste étranger Hélas, le bonheur n'a qu'un temps Voyant que l'amour foutait l' camp Je suis rev'nue au comptoir Où l'on m' payait le soir Des apéros… Je n' crois plus à rien du tout "Patron, encore un coup Et du costaud!" C'est en baissant l' nez que j' revois les cieux Et dans mon verre, je pêche des rêves bleus Affamée par les coups durs J'ai pas mis la main sur Le bon numéro Et mon cœur vide d'amour N'a plus d' tendresse que pour Les apéros…

Mon Dieu

<p>Mon Dieu</p>

Paroles: Michel Vaucaire. Musique: Charles Dumont 1960

Mon Dieu! Mon Dieu! Mon Dieu! Laissez-le-moi Encore un peu, Mon amoureux! Un jour, deux jours, huit jours… Laissez-le-moi Encore un peu A moi… Le temps de s'adorer, De se le dire, Le temps de se fabriquer Des souvenirs. Mon Dieu! Oh oui…mon Dieu! Laissez-le-moi Remplir un peu Ma vie… Mon Dieu! Mon Dieu! Mon Dieu! Laissez-le-moi Encore un peu, Mon amoureux. Six mois, trois mois, deux mois… Laissez-le-moi Pour seulement Un mois… Le temps de commencer Ou de finir, Le temps d'illuminer Ou de souffrir, Mon Dieu! Mon Dieu! Mon Dieu! Même si j'ai tort, Laissez-le-moi Un peu… Même si j'ai tort, Laissez-le-moi Encore…

Mon homme

<p>Mon homme</p>

Paroles: Albert Willemetz, Jacques-Charles. Musique: Maurice Yvain 1920

autres interprètes: Arletty, Annie Duparc, Edith Piaf, Patachou, Colette Renard

Sur cette terr', ma seul' joie, mon seul bonheur C'est mon homme. J'ai donné tout c'que j'ai, mon amour et tout mon cœur À mon homme Et même la nuit, Quand je rêve, c'est de lui, De mon homme. Ce n'est pas qu'il est beau, qu'il est riche ni costaud Mais je l'aime, c'est idiot, I'm'fout des coups I'm'prend mes sous, Je suis à bout Mais malgré tout Que voulez-vous Je l'ai tell'ment dans la peau Qu'j'en d'viens marteau, Dès qu'il s'approch' c'est fini Je suis à lui Quand ses yeux sur moi se posent Ça me rend tout' chose Je l'ai tell'ment dans la peau Qu'au moindre mot I'm'f'rait faire n'importe quoi J'tuerais, ma foi J'sens qu'il me rendrait infâme Mais je n'suis qu'un' femme Et, j'l'ai tell'ment dans la peau… Pour le quitter c'est fou ce que m'ont offert D'autres hommes. Entre nous, voyez-vous ils ne valent pas très cher Tous les hommes La femm' à vrai dir' N'est faite que pour souffrir Par les hommes. Dans les bals, j'ai couru, afin d'l'oublier j'ai bu Rien à faire, j'ai pas pu Quand i'm'dit: "Viens" J'suis comme un chien Y a pas moyen C'est comme un lien Qui me retient. Je l'ai tell'ment dans la peau Qu'j'en suis dingo. Que cell' qui n'a pas aussi Connu ceci Ose venir la première Me j'ter la pierre. En avoir un dans la peau C'est l'pir' des maux Mais c'est connaître l'amour Sous son vrai jour Et j'dis qu'il faut qu'on pardonne Quand un' femme se donne À l'homm' qu'elle a dans la peau…

Mon légionnaire

<p>Mon légionnaire</p>

Paroles: Raymond Asso. Musique: Marguerite Monnot 1936

autres interprètes: Edith Piaf, Serge Gainsbourg

Il avait de grands yeux très clairs Où parfois passaient des éclairs Comme au ciel passent des orages. Il était plein de tatouages Que j'ai jamais très bien compris. Son cou portait: "Pas vu, pas pris." Sur son cœur on lisait: "Personne" Sur son bras droit un mot: "Raisonne".

{Refrain:}

J'sais pas son nom, je n'sais rien d'lui. Il m'a aimée toute la nuit, Mon légionnaire! Et me laissant à mon destin, Il est parti dans le matin Plein de lumière! Il était minc', il était beau, Il sentait bon le sable chaud, Mon légionnaire! Y avait du soleil sur son front Qui mettait dans ses cheveux blonds De la lumière! Bonheur perdu, bonheur enfui, Toujours je pense à cette nuit Et l'envie de sa peau me ronge. Parfois je pleure et puis je songe Que lorsqu'il était sur mon cœur, J'aurais dû crier mon bonheur… Mais je n'ai rien osé lui dire. J'avais peur de le voir sourire!

{Refrain}

On l'a trouvé dans le désert. Il avait ses beaux yeux ouverts. Dans le ciel, passaient des nuages. Il a montré ses tatouages En souriant et il a dit, Montrant son cou: "Pas vu, pas pris" Montrant son cœur: "Ici, personne." Il ne savait pas…Je lui pardonne. J'rêvais pourtant que le destin Me ramèn'rait un beau matin Mon légionnaire, Qu'on s'en irait seuls tous les deux Dans quelque pays merveilleux Plein de lumière! Il était minc', il était beau, On l'a mis sous le sable chaud Mon légionnaire! Y avait du soleil sur son front Qui mettait dans ses cheveux blonds De la lumière!

Mon manège à moi

<p>Mon manège à moi</p>

Paroles: Jean Constantin. Musique: Norbert Glanzberg 1958

autres interprètes: Les Garçons de la Rue (1958), Etienne Daho

Tu me fais tourner la tête Mon manège à moi, c'est toi Je suis toujours à la fête Quand tu me tiens dans tes bras Je ferais le tour du monde Ça ne tournerait pas plus que ça La terre n'est pas assez ronde Pour m'étourdir autant que toi… Ah! Ce qu'on est bien tous les deux Quand on est ensemble nous deux Quelle vie on a tous les deux Quand on s'aime comme nous deux On pourrait changer de planète Tant que j'ai mon cœur près du tien J'entends les flons-flons de la fête Et la terre n'y est pour rien Ah oui! Parlons-en de la terre Pour qui elle se prend la terre? Ma parole, y a qu'elle sur terre!! Y a qu'elle pour faire tant de mystères! Mais pour nous y a pas d'problèmes Car c'est pour la vie qu'on s'aime Et si y avait pas de vie, même, Nous on s'aimerait quand même Car… Tu me fais tourner la tête Mon manège à moi, c'est toi Je suis toujours à la fête Quand tu me tiens dans tes bras Je ferais le tour du monde Ça ne tournerait pas plus que ça La terre n'est pas assez ronde… Mon manège à moi, c'est toi!

Mon vieux Lucien

<p>Mon vieux Lucien</p>

Paroles: Michel Rivgauche. Musique: Charles Dumont 1961

Quelle chance que t'as D'avoir, Lucien, Un vieux copain Comme moi. Moi, tu m' connais. J'aime rigoler Et m'amuser, Pas vrai? Alors ce soir, Histoire de rire, Et tu peux m' croire Sans réfléchir, Comme ça pour voir Et sans prévenir J'ai dit aux copains: "On va chez Lucien." Quelle chance que t'as D'avoir, Lucien, Un vieux copain Comme moi. Tu peux t' vanter, Lorsque j'y pense, D'avoir d' la chance, Tu sais! Mais tu n' dis rien. Tu m' laisses parler. J' te connais bien. Tu m' fais marcher. Moi ça n' fait rien. Tu peux y aller, Mais maintenant, ça va Et dis-moi pourquoi Tu fais cette tête-là Comme ça? Mais… Regarde-moi… T'as les yeux gonflés. Je t'ai réveillé? Ah non! T'écrivais à ta Bien-aimée… Qu'est-ce que tu caches là? Là…dans ton tiroir… Eh ben, quoi, fais voir! Tu voulais m' faire peur?!… Ah…Ha! C' que t'es blagueur! Quelle chance que t'as D'avoir, Lucien, Un vieux copain Comme moi. Mai j' te connais Mieux que personne. C'est c' qui t'étonne, Pas vrai? Un autre que moi N' comprendrait pas Mais moi j' devine Que tu m' taquines. Tu veux peut-être Finir ta lettre… J' vais l' dire aux copains, Et puis, tu nous rejoins… Quelle chance que t'as. C'est pas pour dire Que j'aime bien rire, Crois-moi! Un autre que moi Aurait marché A ton ciné. Pas moi! Allez, au revoir. A tout à l'heure. T'en fais une tête, sacré farceur! Ah non! Bien sûr que j'ai pas peur! Toi 'y a pas d' danger De te voir un jour Souffrir et mourir D'amour… …Lucien!… Eh bien quoi, Lucien!… Donne-moi c' que t'as dans la main! Ah! C' t'agréable, d'être ton copain! Ah non, Lucien! Allez… Viens!…

Monsieur Ernest a réussi

<p>Monsieur Ernest a réussi</p>

Paroles et Musique: Michel Emer 1945

Je suis vestiaire au restaurant Du "Lion d'Or" et de "l'Écu d'France". Monsieur Ernest y vient souvent Et chaqu'fois il m'fait des avances. Il m'a si bien entortillée, Parlé de "cœur" et de "chaumière", Qu'un jour enfin, j'ai accepté, Pour lui, de quitter mon vestiaire. Monsieur Ernest a réussi. On est parti un soir de fête. Il m'a si bien tourné la tête Qu'on ne s'est pas quitté d'la nuit. Depuis ce jour, je vis chez lui, Dans sa petit' chambre au septième. On n'a pas un sou mais je l'aime. Monsieur Ernest a réussi. Monsieur Ernest est entêté. Monsieur Ernest est arriviste. Quand il veut quèqu'chos', c'est gagné. Faut dir' c'qui est, rien n'lui résiste. Il a parié que dans un an, Il serait au moins millionnaire. Il gagn' maintenant tell'ment d'argent Qu'il ne sait même plus qu'en faire. Monsieur Ernest a réussi. Il a maintenant tell'ment d'affaires Qu'il a besoin d'trois secrétaires. Il traite avec tous les pays Dans son hôtel d'la rue d'Passy. Il travaill' tant qu'il se surmène. Il vient m'voir un'fois par semaine. Mon Ernest a réussi. Monsieur Ernest m'a dit l'autr' jour: "J'ai trouvé un' riche héritière. Naturell'ment c'est pas d'l'amour, Mais il y va de ma carrière. Tiens, prends toujours un peu d'argent. Cela te permettra d'attendre Et si tu trouves un autre amant, Il n'y a qu'à moi qu'j'pourrai m'en prendre." Monsieur Ernest a réussi. Il n'a pas brisé sa carrière. Moi, j'ai retrouvé mon vestiaire. Y a rien à faire, c'est la vie. Monsieur Ernest est v'nu l'autr' soir. Il était même avec sa dame. Moi, j'avais peur qu'ça n'fass' des drames. Il m'a filé cent sous d'pourboir'. Monsieur Ernest a réussi.

Monsieur et madame

<p>Monsieur et madame</p>

Paroles et Musique: Michel Emer 1952

Monsieur, Madame son rentrés de voyage. Ils on fêté vingt ans de mariage. Il sort un pyjama de ses bagages Tandis qu'elle met du gras sur son visage. Monsieur se couche, ferme les yeux, Baille un grand coup: "…Bonsoir, chérie." Madame éteint: "…Pousse-toi un peu!" Elle vient s'étendre près de lui. Mais dans le noir, il ne dort pas. Tout seul il retourne là-bas: Il rêve à la fille aux yeux bleus. Il rêve à sa bouche sensuelle. Il pense à son corps merveilleux, Ses mains si petites et si belles. Il entend sa voix et son rire. Il pousse un soupir malheureux. Monsieur ne dort pas, il s'étire. Il rêve à la fille aux yeux bleus… Madame non plus, dans son p'tit coin, Ne peut dormir, elle est bien loin: Elle rêve au garçon aux yeux bleus. Elle rêve à sa bouche sensuelle. Elle pense à son corps merveilleux, Ses mains si puissantes et si belles. Monsieur prend Madame dans ses bras. Ils ferment les yeux tous les deux. Ils disent: "Je t'aime" tout bas Et vivent un rêve merveilleux. Monsieur et Madame sont heureux …Il y a des ménages curieux…

Monsieur Incognito

<p>Monsieur Incognito</p>

Paroles: Robert Gall. Musique: Florence Véran 1963

Monsieur Incognito, Qu'est-ce que vous faites ici ce soir A vous promener dans le noir Devant ma station de métro? Monsieur Incognito, N'est-ce pas vous à ce qu'il paraît Qui donnez l'amour, les baisers Comme ça à tout propos? Laisser-moi un peu vous regarder. Votre costume couleur d'automne, Vos chaussures noires bien cirées, Vous ressemblez aux autres hommes… Monsieur Incognito, Vous avez l'air plutôt gentil Avec votre air en cheveux gris Et sans dire un seul mot, Puisqu'on est là rien que tous les deux, On peut parler et s'expliquer. Je vous le dis droit dans les yeux: J'y crois pas, à votre conte de fées. Quand j'étais seule, désespérée, Pas trace de vous dans ma vie. Maintenant que tout est arrangé, Faudrait peut-être que je vous remercie! Monsieur Incognito, Qu'est-ce que vous faites ici ce soir A vous promener dans le noir Devant ma station de métro? Monsieur Incognito, N'est-ce pas vous, à ce qu'il paraît, Qui donnez l'amour, les baisers Comme ça à tout propos? Je n'aime pas votre petit sourire, Votre costume, ni votre voix, Votre regard qui semble dire "Au revoir, à la prochaine fois…" Monsieur Incognito, Partez, vous n'avez pas de veine Car avec moi, 'y a pas de prochaine, D'au revoirs, ni de bientôts. Monsieur Incognito, Vous me regardez secouant la tête Drôlement avant de disparaître. Soudain, j'ai froid dans le dos… PARTEZ!…

Monsieur Lenoble

<p>Monsieur Lenoble</p>

Paroles et Musique: Michel Emer 1948

Monsieur Lenoble est très triste Depuis que sa femme l'a quitté Avec un tout jeune artiste Qu'elle a connu cet été Et monsieur Lenoble écoute La mélodie qu'elle aimait, Ces quelques notes, goutte à goutte, L'empoisonnent à jamais, La-la-la… T'as pas profité de ta chance, Mon ami, mon ami. Tu avais trop de confiance. C'est fini, c'est fini. T'avais une femme merveilleuse, Si jolie, si jolie. T'as pas su la rendre heureuse. T'es tout seul, elle est partie… Monsieur Lenoble raisonne. Il pense à tout ce qu'il a fait. Ses intentions étaient bonnes Même s'il n'était pas parfait. Peut-être pas très bon caractère, Il s'emportait pour un rien, Mais au bureau, ses confrères Le trouvaient un homme très bien, Très bien… très bien… très bien… T'as pas profité de ta chance, Mon ami, mon ami. Tu avais trop de confiance. C'est fini, c'est fini. T'avais une femme merveilleuse, Si jolie, si jolie. T'as pas su la rendre heureuse. T'es tout seul, elle est partie… Monsieur Lenoble se mouche, Met sa chemise de nuit, Ouvre le gaz et se couche. Demain, tout sera fini Et monsieur Lenoble pense A celle qu'il adorait, Et monsieur Lenoble pense A celle qu'il adorait… T'as pas profité de ta chance, Mon ami. Tu avais trop de confiance. C'est fini… T'avais une femme merveilleuse, Si jolie… T'as pas su la rendre heureuse. Tu avais trop de confiance… Trop de confiance… trop de confiance Confiance… Confiance…

Monsieur Saint-Pierre

<p>Monsieur Saint-Pierre</p>

Paroles: Henri Contet. Musique: J. Hess 1943

Y a pas à dire, j'aime bien la vie Et un peu trop les beaux garçons. Moi, j'ai un cœur qui s'multiplie Et ça m'fait de drôl's d'additions Et j'arrive pas à avoir honte. J'suis tranquill'ment un fill' de rien, Mais quand faudra rendre des comptes, Je m'demand' si tout s'pass'ra bien Et ça m'fait peur, car on m'a dit Qu'on m'prendrait pas au paradis. Ô mon bon monsieur Saint-Pierre, Moi, j'vous cause à ma manière. Vous pouvez m'passer un savon Et me traiter de tous les noms, Vous pouvez m'fair' perdre mon sac, Celui qu'j'ai volé rue du Bac, Mais retenez ma place au paradis. On m'a tell'ment dit que c'était joli. Regardez-moi bien. Je suis si pauvre. Regardez mes mains, Des mains de pauvre Et regardez tous mes péchés Et mon vieux cœur las de tricher. Y a des tas d'noms écrits dessus. C'est pas d'ma faute, ils m'ont tous plu. Ô mon bon monsieur Saint-Pierre, Je n'sais pas fair' de prière Mais on dit qu'vous êtes si gentil. Ret'nez ma place au paradis. Y a pas à dir', j'aimais la vie, Mais maint'nant ça m'avance à quoi. Me v'là tout' froide et tout' raidie Entre quatre planches de bois. Vraiment, mon âme n'est pas fière Devant la porte de cristal Où j'entrevois derrièr' Saint-Pierre Une éternité d'idéal. Je n'suis qu'une âm' de rien du tout, Je n'sais mêm' pas me mettre à g'noux. Ô mon bon monsieur Saint-Pierre, Moi j'vous cause à ma manière. Vous pouvez m'enl'ver mes désirs, Me priver de tous mes souv'nirs Et mêm' me confisquer mon clip, Celui qu'm'a payé l'beau Philippe, Mais donnez-moi ma place au paradis. On m'a tell'ment dit que c'était joli. Regardez-moi bien. Je suis si pauvre. Regardez mes mains, Des mains de pauvre Et regardez tous mes péchés Et mon vieux cœur las de tricher. De tous les noms écrits dessus, Y'en a plus qu'un, celui d'Jésus. Ô mon bon monsieur Saint-Pierre, Je n'sais pas fair' de prière, Alors mettons que j'n'ai rien dit Mais gardez-moi au paradis.

Musique à tout va

<p>Musique à tout va</p>

Paroles: René Rouzeau. Musique: Francis Laî 1962

Si je vous dis que, derrière ça, Derrière cette musique à tout va, 'y a le passé dans ses haillons Qui vient mendier à ma chanson, Si je vous dis que, derrière ça, 'y a vos péchés qui n'oublient pas Et vos anciens rêves d'amour Qui battent, battent le tambour, Regardez-les monter sur scène. Ce sont vos joies, ce sont vos peines Et ces remords qui font la chaîne Pour qu'on trébuche sur leurs pas. Si je vous dis que, derrière ça, Derrière cette musique à tout va, 'y a ce qu'on tue et ne meurt pas, Oh! Sûr, que vous ne me croirez pas… Si je vous dis que, devant ça, Devant cette musique à tout va, Tout ce passé soudain renaît De la poussière, des regrets, Si je vous dis que, devant ça, Comme une armée de p'tits soldats, 'y a des 'je t'aime' qui vont dansant Et des baisers de vingt printemps, Allez, ne bercez plus la tête. Rien ne demeure et ce qu'on jette, Il reste à vivre d'autres fêtes Qui flamberont en feux de joie. Si je vous dis que, devant ça, Devant cette musique à tout va, Je vois ces choses qu'on ne voit pas, Oh! Sûr, que vous ne me croirez pas… Mais je les vois, mais je les vois, Oui je les vois, oui je les vois, Devant cette musique à tout va, Ahahaha…

N'y vas pas, Manuel

<p>N'y vas pas, Manuel</p>

Paroles et Musique: Michel Emer 1953

Il n'avait que dix ans mais il était déjà Bagarreur, insolent, plein de violence. Il voulait être un dur tout comme au cinéma Et partout, c'est lui qui menait la danse. Il passait ses journées à courir dans les rues, Ne pensant qu'à se battre, qu'à cogner… Sa mère désespérée et qui n'en pouvait plus Passait tout son temps à supplier: "N'y vas pas, Manuel, n'y vas pas. 'y a des choses dans la vie qu'on ne fait pas Et plus tard, tu le regretteras. N'y vas pas! N'y vas pas! Quand enfin un jour tu comprendras Que vraiment t'as eu tort de faire ça, Il sera bien trop tard, n'y vas pas. Manuel, n'y vas pas." C'est maintenant un monsieur qui n'aime pas les agents. Il veut pas qu'on se mêle de ses affaires. Pour avoir la belle vie, il faut beaucoup d'argent Et pour ça, 'y pas trente-six manières. Le travail, ça l'ennuie et puis, c'est fatiguant. Il se débrouille très bien sans trop d'effort. Sa femme qu'il gâte beaucoup mais qui n'en demande pas tant Lui répète tous les soirs quand il sort: "N'y vas pas, Manuel, n'y vas pas. 'y a des choses dans la vie qu'on ne fait pas Et plus tard, tu le regretteras N'y vas pas! N'y vas pas! Quand enfin un jour tu comprendras Que vraiment t'as eu tort de faire ça, Il sera bien trop tard, n'y vas pas. Manuel, n'y vas pas." Mais de tous leurs sermons, Manuel se fout bien. Ce soir, il fait un coup magnifique. Ce sera le dernier car, dès demain matin, Il va faire peau neuve en Amérique. D'un pas souple et léger il s'en va tranquillement Vers l'endroit où ils ont rendez-vous. Tout est calme et pourtant, il entend vaguement Une voix qui vient on ne sait d'où: "N'y vas pas, Manuel, n'y vas pas… 'y des choses dans la vie qu'on ne fait pas… Et plus tard, tu le regretteras… N'y vas pas! N'y vas pas! Attention, Manuel, sois prudent! Attention, Manuel, n'y vas pas!… Manuel, ATTENTION MA-NU-EL…! …ohhh!… Manuel!…"

Ne m'écris pas

<p>Ne m'écris pas</p>

Paroles: Lucien Lagarde, Jean Rodor. Musique: René Cloërec 1937

Alors, tu t'en vas en voyage Le train est là, prêt à partir Allons m'amour, prends tes bagages File au soleil pour te rôtir C'est le joli temps des vacances Et moi, je dois rester ici. Bah, c'est la vie! Au fait je pense, écoute-moi bien mon chéri

{Refrain:}

Ne m'écris pas, cela me paraît inutile Je ne veux pas de mots futiles Ne m'écris pas la lettre jetée en vitesse "Il fait beau, baisers de bien loin" Ou la lettre de politesse, je n'en veux point À ton retour, tu parleras Mais de là-bas, ne m'écris pas C'est embêtant, c'est monotone Que d'écrire ainsi chaque jour Quand, dans les bois, l'écho fredonne Pour t'amuser des chants d'amour Profite donc de tes vacances Ton stylo, tu dois le briser Quinze jours de libre existence Sache bien les utiliser

{au Refrain}

Je dis ça parce que je songe À ton bonheur, à ta santé Comment dis-tu? C'est un mensonge? Tu veux savoir la vérité? C'est vrai, je me cachais peut-être, De te mentir j'avais grand soin Mais j'ai peur, au fond de tes lettres, De voir que tu m'aimes un peu moins

{au Refrain}


Non, je ne regrette rien

<p>Non, je ne regrette rien</p>

Paroles: Michel Vaucaire. Musique: Charles Dumont 1961

autres interprètes: Nicole Martin, Isabelle Boulay

Non! Rien de rien Non! Je ne regrette rien Ni le bien qu'on m'a fait Ni le mal tout ça m'est bien égal! Non! Rien de rien Non! Je ne regrette rien C'est payé, balayé, oublié Je me fous du passé! Avec mes souvenirs J'ai allumé le feu Mes chagrins, mes plaisirs Je n'ai plus besoin d'eux! Balayées les amours Et tous leurs trémolos Balayés pour toujours Je repars à zéro Non! Rien de rien Non! Je ne regrette rien Ni le bien, qu'on m'a fait Ni le mal, tout ça m'est bien égal! Non! Rien de rien Non! Je ne regrette rien Car ma vie, car mes joies Aujourd'hui, ça commence avec toi!

Non, la vie n'est pas triste

<p>Non, la vie n'est pas triste</p>

Paroles: Edith Piaf. Musique: Claude Léveillée 1960

Non, la vie n'est pas triste Et le bonheur existe. Il suffirait de tendre la main. Tu trouverais combien de copains. Il suffirait d'un tout petit rien Et tu verrais, tout irait très bien. Mais voilà, Tu te plais comme ça. Tu te plais, c'est ça, A te déchirer Et tu veux te laisser guider. Tu peux tout changer, Toi, le tourmenté. Vois, dans les yeux des filles, Vois, comme le soleil brille. Ecoute-moi et puis tu verras, Ecoute-moi et tout changera. Regarde bien, tu seras surpris Car jusqu'alors tu n'as rien compris. Tant d'amour Et tant de beaux jours Sont tout près de toi Mais tu restes sourd Et tes yeux Ne voient pas le bleu, Ne voient pas le ciel Ni les amoureux, Mais, essaie donc quand même. Aime, si tu veux qu'on t'aime.

Notre-Dame de Paris

<p>Notre-Dame de Paris</p>

Paroles: E. Marnay. Musique: Marc Heyral 1952

Dans le Paris de Notre-Dame, De Notre-Dame de Paris, 'y a un clochard qu'en a plein le dos De porter Notre-Dame sur son dos. Il se prend pour Quasimodo. Regarde en l'air, la vie qui grouille Au lieu de faire des ronds dans l'eau. Tu peux pas vivre comme une grenouille, Moitié sur terre, moitié sur l'eau. Moi, je préfère rester là-haut. Dans le jardin de Notre-Dame Où l'on se fait de bons amis, 'y a qu'à se promener chaque matin, Un peu de maïs au creux des mains. Les pigeons, moi, je les aime bien. Les péniches Se fichent Des pigeons de la Cité, Goélettes, Mouettes, Elles n'ont que ça dans l'idée. Oui, mais autour de Notre-Dame, 'y a des voyages à bon marché Et ces petits coins où le bonheur Empêche les maisons de pousser. On l'appelle "Marché aux fleurs" Henri Quatre Verdâtre Aime sous son verre de gris La vieille flèche Qui lèche Le plafond gris de Paris Et toi, sous le pont de Notre-Dame, Regarde en l'air, tu comprendras Que si tout le monde faisait comme toi, Dans ton pina' y aurait de la pluie. Même les ponts, ça se construit Car, pour aller à Notre-Dame, De Notre-Dame jusqu'à Paris Il a bien fallu se mettre au boulot Et porter de pierres sur son dos Pour passer par-dessus l'eau. Voilà pourquoi Paris s'enroule, S'enroule comme un escargot, Pourquoi la terre s'est mise en boule Autour des cloches du parvis De Notre-Dame de Paris…

On cherche un Auguste

<p>On cherche un Auguste</p>

Paroles: Robert Gall. Musique: Charles Dumont 1962

"On cherche un Auguste"… Pancarte en plein vent Ecrite à la craie. On cherche un Auguste… Je suis là devant, Sous le ciel mouillé. J'ai poussé le rideau Du cirque en plein air Qui fait le gros dos Sous le vent d'hiver. On cherche un Auguste… J'ai demandé le patron Qui dormait au fond. Il m'a dit "C'est juste", Rajustant son melon. "Si tu veux, causons. – Pour ce que vous cherchez, Je ferais bien votre affaire. Je connais des histoires. J'amuse les copains. J' suis un boute-en-train, Comme disait ma mère, Et puis j'aimerais bien Voyager au loin. – On cherche un Auguste… Mais faut pas, mon garçon, Te faire d'illusions Car la place d'un Auguste, Comme situation, C'est pas le vrai filon. Les habits fripés, La figure blême, Les claques sur le nez, Jamais de "Je t'aime". Pour les grands voyages, On fait dans l'année La Lièvre et la Lier Et pour toute fortune, T'as le clair de lune Et les poches trouées. …Eh! L'homme! Ben, ne t' sauves pas comme ça…" …On cherche un Auguste…

On danse sur ma chanson

<p>On danse sur ma chanson</p>

Paroles: Raymond Asso. Musique: L. Poll 1940

Ja voulu finir la chanson Qu'au printemps j'avais commencée Mais tu n'es plus à la maison Et les fleurs sont tout's fanées. J'aurais dû chanter comm' les poètes Avec de grands mots notre bel amour Mais je n'ai pas su, ma chanson est faite De tout petits mots, ceux de tous les jours. J'ai pris tout ce que tu disais Amour, serment, toujours, jamais, Tendresse, Sur la splendeur de nos matins Et sur la douceur de tes mains Caresses, J'ai construit de beaux souvenirs Avec le goût de mes désirs. Quand, fier de ton sourire vainqueur Et ton regard un peu moqueur, Quand tu posais là sur mon cœur Tes lèvres. Oui, j'ai dû, sur un vieux piano Chercher l'air que j'aimais entendre Et qui pleurait comme un sanglot, Mais personne n'a dû comprendre, Car cette chanson que je croyais faite Pour chanter l'amour qui fut si doux, Je l'entends partout comme un air de fête Et les gens ont l'air de rire de nous. Car, sur les mots qui tu disais: Amour, serment, toujours, jamais, On danse. Sur la splendeur de nos matins Et sur la douceur de tes mains, On danse. Sur les plus jolis souvenirs Et sur le goût de mon désir, On danse, Et sur ton sourire vainqueur, Sur ton regard un peu moqueur, Et sur la peine de mon cœur, On danse. Puisque, sur l'air que j'aimais tant, Que tu chantais si tristement, On danse, Puisque personne n'a compris Que, sur les mots que tu m'as dit, On danse, C'est que cet amour si profond Ne valait pas une chanson, Je pense… Alors, j'ai voulu t'oublier. Quelqu'un m'a appris à danser Et maintenant sur le passé, Je danse, Je danse…

Opinion publique

<p>Opinion publique</p>

Paroles: Henri Contet. Musique: Marguerite Monnot 1957

Son histoire a commencé Par marcher derrière son dos Et rentrer dans les cafés En parlant à demi-mots Et, pendant qu'il buvait, Son histoire s'en allait En laissant comme pourboire Des "on dit" sur les comptoirs… On dit qu'il a… On dit qu'il est… On dit qu'il a fait… A fait ceci, a fait cela… Et qu'il a dit ça… Les maisons de sa ville Ont les yeux de rideaux, Blancs regards qui le filent Et se clouent dans son dos. C'est la ronde assassine Qui l'étouffe et l'efface, Met son cœur en vitrine Et son nom sur la glace. On dit qu'il a… On dit qu'il est… On dit qu'il a fait… A fait ceci, a fait celà… Et qu'il a dit ça… Non! Il a dit ça? Oui, il a dit ça! Et le monde l'a couché Dans le lit des malfaisants, L'a bordé d'un débauché D'un tricheur, d'un impuissant. Son histoire continue A parler dans les rues, Lui fabrique une vie Qu'on affiche à la mairie… On dit qu'il a… On dit qu'il est… On dit qu'il a fait… A fait ceci, a fait cela… Et qu'il a dit ça… Un couteau de méfiance Est planté parce que On l'achève en silence Avec des "parce que". En quatre, on découpe. On le pend sur la place. On le brûle, on le coupe En morceaux de grimaces… On dit qu'il a… On dit qu'il est… On dit qu'il a fait… A fait ceci, a fait cela Et qu'il a dit ça… Non! Il a dit ça? Oui, il a dit ça! Mais c'est dur à supporter, Un salaud préfabriqué Qu'on habille de votre peau Et qui porte vos chapeaux. Un beau jour, il s'est mis Au milieu des "on dit" Sur la place du marché De sa ville endimanchée. On dit qu'il a… On dit qu'il est… On dit qu'il a fait… Il a crié: "Mais c'est pas vrai!" C'est pas vrai! C'est pas vrai! Ils ont fait la pirouette Et, la main dans la main, Leur esprit de girouette A changé de refrain. Ils avaient un coupable. Ils en font un mécène. Le voilà formidable Mais les mots sont les mêmes: On dit qu'il a… On dit qu'il est… On dit qu'il a fait… A fait ceci, a fait cela… Et qu'il a dit ça… Non! Il a dit ça? Oui, il a dit ça! Il a dit ça, il a dit ça, il a dit ça Il a dit ça, il a dit ça, il a dit ça Il a dit ça…Oui, il a dit ça! Non!!! Oui!…

Où sont-ils, tous mes copains?

<p>Où sont-ils, tous mes copains?</p>

Paroles: Edith Piaf. Musique: Marguerite Monnot 1941

Où sont-ils, tous mes copains Qui sont partis un matin Faire la guerre? Où sont-ils, tous mes p'tits gars Qui chantaient: "On en r'viendra, Faut pas s'en faire." Les tambours et les clairons Accompagnaient leur chanson Dans l'aube claire. Où sont-ils, tous mes copains Qui sont partis un matin Faire la guerre? Je connaissais des p'tits gars de Saint-Cloud. Je connaissais des gars de la Villette. Je connaissais des gars d'un peu partout. Pas un de ceux-là n'a fait la mauvaise tête. Y'en avait d'Ménilmontant. Y'en avait des gars d'vingt ans. Tous ont répondu: "Présent!" Et sont partis en chantant… Je connaissais un p'tit gars de Saint-Cloud. Ses yeux rieurs m'avaient tourné la tête. Il était grand et me plaisait beaucoup. Quand je l'ai connu, pour moi ce fut ma fête. Comm' les gars d'Ménilmontant, Il a répondu: "Présent". Lui aussi avait vingt ans, Il est parti en chantant: Où est-il, mon p'tit copain Qui est parti un matin Faire la guerre? C'était un gentil p'tit gars Qui chantait: "On en r'viendra, Faut pas s'en faire." Les tambours et les clairons Accompagnaient sa chanson Dans l'aube claire. Où est-il mon p'tit copain, Qui est parti un matin Faire la guerre? Je sais qu'un jour, les p'tits gars de Saint-Cloud, Je sais qu'un jour, les gars de la Villette, Je sais qu'un jour, les gars d'un peu partout, Reviendront: Alors, ce sera jour de fête. Tous les gars d'Ménilmontant Ramèneront leurs vingt ans, Tous ensembl' crieront: "Présent!" Et reviendront en chantant: Les voilà mes p'tits copains Qui sont partis un matin Faire la guerre. Les voilà tous ces p'tits gars Qui chantaient: "On en r'viendra, Faut pas s'en faire." On entendra les garçons Chanter de belles chansons. Tout sera clair, Le voilà mon petit copain, Qui est parti un matin Faire la guerre. {Coda:} Le voilà! Les voilà!

Ouragan

<p>Ouragan</p>

Paroles: Michel Rivgauche. Musique: Claude Léveillée 1960

Toi… Rien que toi… Oui, que toi… Encore toi… Toujours toi… Partout toi… Tout pour toi… Tout par toi… Tout de toi… Tout en toi… Tout à toi… Avec toi… Rien que toi… Oui, que toi… Encore toi… Toujours toi… Un ouragan de toi Se déchaîne sur moi, Et moi, pleurant de joie, Baignée de soleil, Je vois un arc-en-ciel… Ciel tout semé d'étoiles… Toile entre terre et ciel… Mais ton souffle se lève, Balayant le temps Et, jettée sous le rêve, Moi je crie d'amour, Mon amour… Aaaah!…Les vagues de toi Qui déferlent sur moi, Aaaah!…L'océan de joie Qui m'emporte avec toi…

Padam… Padam…

<p>Padam… Padam…</p>

Paroles: Henri Contet. Musique: Norbert Glanzberg 1951

autres interprètes: Les Castafiores

Cet air qui m'obsède jour et nuit Cet air n'est pas né d'aujourd'hui Il vient d'aussi loin que je viens Traîné par cent mille musiciens Un jour cet air me rendra folle Cent fois j'ai voulu dire pourquoi Mais il m'a coupé la parole Il parle toujours avant moi Et sa voix couvre ma voix Padam…padam…padam… Il arrive en courant derrière moi Padam…padam…padam… Il me fait le coup du souviens-toi Padam…padam…padam… C'est un air qui me montre du doigt Et je traîne après moi comme un drôle d'erreur Cet air qui sait tout par cœur Il dit: "Rappelle-toi tes amours Rappelle-toi puisque c'est ton tour 'y a pas d'raison pour qu'tu n'pleures pas Avec tes souvenirs sur les bras… " Et moi je revois ceux qui restent Mes vingt ans font battre tambour Je vois s'entrebattre des gestes Toute la comédie des amours Sur cet air qui va toujours Padam…padam…padam… Des "je t'aime" de quatorze-juillet Padam…padam…padam… Des "toujours" qu'on achète au rabais Padam…padam…padam… Des "veux-tu" en voilà par paquets Et tout ça pour tomber juste au coin d'la rue Sur l'air qui m'a reconnue Écoutez le chahut qu'il me fait Comme si tout mon passé défilait Faut garder du chagrin pour après J'en ai tout un solfège sur cet air qui bat… Qui bat comme un cœur de bois…

Paris

<p>Paris</p>

Paroles et Musique: A.Bernheim 1949

On se rappelle les chansons. Un soir d'hiver, un frais visage, La scène à marchands de marrons, Une chambre au cinquième étage, Les cafés crèmes du matin, Montparnasse, le Café du Dôme, Les faubourgs, le Quartier latin, Les Tuileries et la Place Vendôme. Paris, c'était la gaieté, Paris, C'était la douceur aussi. C'était notre tendresse. Paris, tes gamins, tes artisans, Tes camelots et tes agents Et tes matins de printemps, Paris, l'odeur de ton pavé d'oies, De tes marronniers, du bois, Je pense à toi sans cesse. Paris, je m'ennuie de toi, mon vieux. On se retrouvera tous les deux, Mon grand Paris. Évidemment, il y a parfois Les heures un peu difficiles Mais tout s'arrange bien, ma foi. Avec Paris, c'est si facile. Pour moi, Paris, c'est les beaux jours Les airs légers, graves ou tendres. Pour moi, Paris, c'est mes amours Et mon cœur ne peut se reprendre. Paris, tu es ma gaieté, Paris. Tu es ma douceur aussi. Tu es toute ma tendresse. Paris, tes gamins, tes artisans, Tes camelots et tes agents Et tes matins de printemps, Paris, l'odeur de ton pavé d'oies, De tes marronniers, du bois. Je pense à toi sans cesse. Paris, je m'ennuie de toi, mon vieux. On se retrouvera tous les deux, Mon grand Paris.

Paris-Méditerranée

<p>Paris-Méditerranée</p>

Paroles: Raymond Asso. Musique: René Cloërec 1937

autres interprètes: Serge Hureau (1995)

C'est une aventure bizarre. Comme le train quittait la gare, L'homme a bondi dans le couloir Et, le front contre la portière, Il regardait fuir la lumière De Paris mourant dans le soir. Un train dans la nuit vous emporte. Derrière soi, des amours mortes, Mais l'on voudrait aimer encor. La banlieue triste qui s'ennuie Défilait morne sous la pluie… Il regardait toujours dehors. Le train roulait dans la nuit sombre. L'homme, déjà, n'était qu'une ombre, Et d'être seule j'avais froid. S'il a parlé… qu'a-t-il pu dire?… Je ne revois que son sourire Quand il vint s'asseoir près de moi. Un train dans la nuit vous emporte. Derrière soi, des amours mortes, Et dans le cœur un vague ennui. Alors sa main a pris la mienne, Et j'avais peur que le jour vienne… J'étais si bien tout contre lui. Lorsque je me suis éveillée Dans une gare ensoleillée, L'inconnu sautait sur le quai. Alors des hommes l'entourèrent Et, tête basse, ils l'emmenèrent. Tandis que le train repartait, J'ai regardé par la portière Comme en un geste de prière. L'homme vers moi tendait les mains. Le soleil redoublait ma peine Et faisait miroiter des chaînes… C'était peut-être un assassin. Il y a des gens bizarres Dans les trains et dans les gares.

Pleure pas

<p>Pleure pas</p>

Paroles: Henri Contet. Musique: A.Barelli 1949

Pleure pas. T'as les yeux trop beaux pour ça. Pleure pas, Ou bien moi, je pleure avec toi. Pleure pas. Mon pauvre grande, j'peux pas voir ça! Tais-toi. T'as le cœur qui m'éclate dans les bras. Mon amour! Mon amour! Parle-moi! Raconte-moi! Et d'abord, à mon tour, Tu vas voir, je pleure mieux que toi! Pleure pas. T'as les yeux trop beaux pour ça. Pleure pas. Quand tu pleures, je suis sur ma croix. Tu vois, Tu me fais mal, et t'as pas le droit. Pleure pas! Pleure pas!… Mon grand bonhomme, mais qu'est-ce qui se passe? Tu n'as pas le cœur à la même place… Je le vois bien… Et si tu pleures, qu'est-ce que je vais faire? T'as du chagrin. Mon Dieu! Misère! Et je n'y peux rien Pleure pas. T'as les yeux trop beaux pour ça. Pleure pas. Souris-moi au moins une fois… une fois… Et après t'as tous les droits. Voilà!… Tu as dit ce qu'il ne fallait pas… Mon amour! Mon amour! C'est donc ça… Tu ne m'aimes plus. On n'avait qu'un amour Et ton cœur l'a perdu. Pleure pas. On change tout. Ça vient, ça va… Pleure pas. Tu verras, tout s'arrangera. Pourquoi? Mais pourquoi? Puisque tu vois… Je pleure pas, moi! Je pleure pas…

Plus bleu que tes yeux

<p>Plus bleu que tes yeux</p>

Paroles et Musique: Charles Aznavour 1951

note: créé par Piaf, repris par Aznavour en 1964 album "La mamma"

Lorsque je lève les yeux, Je rencontre le ciel Et je me dis: "Mon Dieu, Mais c'est sensationnel, Tant de bleu." Lorsque je lève les yeux, Je rencontre tes yeux Et je me dis: "Mon Dieu, C'est vraiment merveilleux, Tant de bleu." Plus bleu que le bleu de tes yeux, Je ne vois rien de mieux, Même le bleu des cieux. Plus blond que tes cheveux dorés Ne peut s'imaginer, Même le blond des blés. Plus pur que ton souffle si doux, Le vent, même au mois d'août, Ne peut être plus doux. Plus fort que mon amour pour toi, La mer, même en furie, Ne s'en approche pas. Plus bleu que le bleu de tes yeux, Je ne vois rien de mieux, Même le bleu des cieux. Si un jour tu devais t'en aller Et me quitter, Mon destin changerait tout-à-coup Du tout au tout. Plus gris que le gris de ma vie, Rien ne serait plus gris, Pas même un ciel de pluie. Plus noir que le noir de mon cœur, La terre en profondeur N'aurait pas sa noirceur. Plus vide que mes jours sans toi, Aucun gouffre sans fond Ne s'en approchera. Plus long que mon chagrin d'amour, Même l'éternité Près de lui serait court. Plus gris que le gris de ma vie, Rien ne serait plus gris, Pas même un ciel de pluie. On a tort de penser, je sais bien, Aux lendemains. A quoi bon se compliquer la vie Puisqu'aujourd'hui… Plus bleu que le bleu de tes yeux, Je ne vois rien de mieux, Même le bleu des cieux. Plus blond que tes cheveux dorés Ne peut s'imaginer, Même le blond des blés. Plus pur que ton souffle si doux, Le vent, même au mois d'août, Ne peut être plus doux. Plus fort que mon amour pour toi La mer, même en furie, Ne s'en approche pas. Plus bleu que le bleu de tes yeux, Je ne vois que les rêves Que m'apportent tes yeux…

Polichinelle

<p>Polichinelle</p>

Paroles: Jacques Plante. Musique: Charles Dumont 1962

Tire les ficelles, Tire les ficelles. Ton polichinelle Te tendras les bras. Tourne la baguette Et ta marionnette Penchera la tête Et te sourira. Tant que tes doigts lestes Commandent mes gestes, Tu te fous du reste Ça ne compte pas. Tire les ficelles Et Polichinelle, Aussitôt, fera Ce que tu voudras. Tire les ficelles, Tire les ficelles. Ton polichinelle Fera mille tours. Te dira "Je t'aime", Cachera ses peines, Cachera sa haine Sous les mots d'amour. J'irai dans le monde Pour que toi, dans l'ombre, Tu aies le triomphe Auquel tu as droit. Ton polichinelle Fera tant de zèle Que, dès qu'on nous verra, On t'applaudira. Sais-tu seulement Si j'ai un cœur? Sais-tu seulement Si j'ai une âme? C'est pas prévu dans ton programme De prestidigitateur. Tire les ficelles, Tire les ficelles De Polichinelle, Mais prends garde à toi Car il est possible Que je me délivre Des fils invisibles Qui m'attachent à toi. En brisant le charme, Je retrouve une âme, Je redeviens femme, Je redeviens moi… Faut que t'en profites. On se lasse vite Et le jour viendra Où ça cassera… Où ça cassera… Où ça cassera…

Pour moi toute seule

<p>Pour moi toute seule</p>

Paroles: F. Monod. Musique: G. Lafarge, M. Philippe Gérard 1949

Des murs fanés, Des jours sans joie, Rideau passé, Un lit trop froid, Un cœur par ci, Un cœur par là Et des soucis, Des embarras… Heureusement l'on dort… Pour moi tout' seule, La nuit vient de tomber. Pour moi tout' seule, Le rêve a commencé. Il finira demain matin, Je le sais bien, Mais je suis bien, Bien, bien, bien… …Je me parle tout bas. …Ne me dérangez pas! Huit heures, un tiret, Un sale boulot, Les traits tirés, Un sale bistrot, Un sale hiver, Un sale métro, Un fait divers Dans les journaux… Heureusement l'on dort… Pour moi tout' seule, La nuit vient de tomber. Pour moi tout' seule, Le rêve a commencé. Il finira demain matin, Je le sais bien, Mais je suis bien, Bien, bien, bien… …Je me parle tout bas. …Ne me dérangez pas! De la chaleur Dans mon hiver, Un nom qui chante Dans ma maison, Un cœur par ici, Un cœur par là, Plus de soucis, Plus d'embarras… …Pour moi tout' seule, L'amour vient d'arriver. Pour moi tout' seule, Le rêve a commencé. Qu'arrivera-t-il demain matin? Je n'en sais rien Mais je suis bien, Bien, bien, bien… …Et je l'aime tout bas. …Ne nous dérangez pas!

Pour qu'elle soit jolie, ma chanson

<p>Pour qu'elle soit jolie, ma chanson</p>

Paroles: Edith Piaf. Musique: Louiguy 1942

note: du film "Boum sur Paris" # duo: Edith Piaf amp; Jacques Pills

Il y a des chansons qui font un grand succès. C'est parce que la musique en est très populaire… – "Quand il me prend dans ses bras…" – Quelque chose dans ce genre-là… – Oui, voilà! C'est pas mal ça… Il y a des chansons qui font un grand succès C'est parce que les paroles ne sont pas ordinaires… – "Et ça gueule ça, madame…" – Tiens! J'ai entendu ça quelque part… Il y a des chansons qui font un grand succès. C'est parce que l'interprète est extraordinaire. – "C'est presque toujours ça…" Mais la mienne n'a pas tout ça. Je vais vous expliquer pourquoi: Pour qu'elle soit jolie, ma chanson, Il faut avant tout être deux. Il y a bien sûr un garçon Et une fille pour le rendre heureux. Si vous me prêtiez votre voix Pour chanter avec moi Cette chanson d'amour, Mais elle n'a rien d'original C'est tout à fait normal Qu'elle rime avec "toujours". – Je regrette pour la chanson Mais il y manque un je-ne-sais-quoi Et vous pourrez dire au garçon Que cette chanson n'est pas pour moi! Je vois bien ce qu'il vous faut: Un port et un matelot, Des bagarres dans un bar, Rien que des trucs sinistres… Un pauvr' type que l'on pend, Des gens qui parlent haut, Un monsieur distingué, Un accordéoniste… J'ai même entendu dire C'est par trop fantaisiste! Que vous chantiez un clown… Eh bien! Bravo pour le clown!… – Non! Non, mais dites donc! Vous m'engueulez! Oh! Excusez-moi! Je me suis laissé un p'tit peu emporter… – Alors, à votre avis, cette chanson serait pour moi? Mais oui! – Eh bien! re-chantez-la moi!… Pour qu'elle soit jolie, ma chanson, Il faut avant tout être deux. Il y a bien sûr un garçon Et une fille pour le rendre heureux. Si vous me prêtiez votre voix Pour chanter avec moi Cette chanson d'amour, Mais elle n'a rien d'original. Tout compte fait, c'est pas mal Qu'elle rime avec "toujours". Et une fille pour le rendre heureux. Voilà! Je vous prête ma voix Pour chanter avec vous Cette chanson d'amour, Mais elle n'a rien d'original Tout compte fait, c'est pas mal Qu'elle rime avec "toujours". Qu'elle est donc jolie, ma chanson, Car je la chante malgré moi Et vous pourrez dire au garçon Que cette chanson est bien pour moi!…

Qu'as-tu fait, John?

<p>Qu'as-tu fait, John?</p>

Paroles et Musique: Michel Emer 1947

Dans le cœur de la Louisiane, John, sous un soleil de plomb, Travaille près de La Savane Dans un grand champ de coton. Il transpire à grosses gouttes. Il a chaud, il n'en peut plus Lorsque soudain, sur la route, Une foule est accourue. Vers le pauvre John qui tremble, Margaret lève le doigt. A la foule qui se rassemble, Elle a dit: "Il s'est jeté sur moi!" Qu'as-tu fait John? Qu'as-tu fait? Il s'est jeté sur une femme blanche. Qu'as-tu fait John? Qu'as-tu fait? Il avait trop bu dimanche, Ivre comme un porte-paix. Qu'as-tu fait John? Qu'as-tu fait? On emmène John au village A la maison du sheriff. Tous les blancs, hurlant de rage, Réclament un jugement hâtif. "C'est un salaud: qu'on le pende! Pour leur donner une leçon!" John gigote sous la branche. Un frisson, puis c'est fini. Les hommes blancs, les femmes blanches Vont se coucher dans la nuit. Qu'as-tu fait John? Qu'as-tu fait? Faut pas toucher aux femmes blanches. Qu'as-tu fait John? Qu'as-tu fait? T'as l'air fin au bout de la branche! T'es pendu et c'est bien fait. Qu'as-tu fait John? Qu'as-tu fait? Sur la maison qui sommeille, Margaret frappe à grands coups. Le sheriff qui se réveille Lui demande: "Que voulez-vous? C'est moi qui voulais le nègre", Dit-elle. "Je viens m'accuser. C'est moi qui aimais le nègre, Puis John m'a refusée." Le sheriff est en colère: "Oh! Que d'histoires pour un noir! Allons, faut pas vous en faire! Bonsoir, Margaret! Bonsoir!" Qu'as-tu fait John? Qu'as-tu fait? Refuser une femme blanche! Qu'as-tu fait John? Qu'as-tu fait? Te v' là pendu à une branche. Une voix répond dans le vent: "Il est plus heureux qu'avant… John est au paradis… Où les pauvres nègres y prient. John est maintenant joueur." Il est à la boîte du Bon Dieu.

Qu'il était triste, cet Anglais

<p>Qu'il était triste, cet Anglais</p>

Paroles: Louis Poterat. Musique: Charles Dumont 1961

C'était le décor attendu D'un bar de la Tamise Avec son ennui répandu Comme une fumée grise, Son frisson de journaux froissés, Son tintement de verres Et les murmures étouffés De ses clients sévères. Qu'il était triste, cet Anglais Dont la main du temps n'avait fait Qu'estomper doucement les traits De son visage. Tout seul, immobile et muet, Debout près du bar, il buvait. On aurait dit qu'il revenait D'un long voyage. Quand il eût trop bu, tout à coup, De ses yeux, deux larmes glissèrent. Quelqu'un a dit: "Voilà qu'il est soûl!" Et puis des secondes passèrent… Pourtant, moi qui le regardais, Ça me serrait, ça me serrait. Je mêlais à ses pleurs secrets La terre entière Car je n'avais pas bien compris Ce qu'il disait rien que pour lui: "My beloved stayed in Paris…" Peut-être avait-il épuisé Toutes les aventures Ou traînait-il un cœur usé Par une vie trop dure. Avait-il le spleen du marin Pour les terres promises Ou faisait-il un grand chagrin D'une simple bêtise? Qu'il était triste, cet Anglais Que, chaque soir, je retrouvais, Portant le poids de son secret Impénétrable. Tout seul, immobile et muet, Debout près du bar, il buvait. Le même jeu recommençait A chaque table. Certains le guettaient en dessous Et les larmes les faisaient rire. J'entendais: "Voilà qu'il es soûl!". C'est tout ce qu'ils trouvaient à dire. Mais quand je m'approche de lui, Il me confia d'un air surpris: "My beloved stayed in Paris… Stayed in Paris…" S'il vous plaît, barman, qu'est-ce qu'il a? Et le barman me répondit: "Sa bien-aimée est à Paris… …morte, peut-être…" "…my beloved stayed in Paris… My beloved stayed in Paris… In Paris… In Paris…"

Quand même

<p>Quand même</p>

Paroles: J. Mario, L. Poterat. Musique: J. Wiener 1936

Le bonheur quotidien, Vraiment, ne me dit rien. La vertu n'est que faiblesse Qui voit sa fin dans le ciel. Je préfère la promesse Des paradis artificiels. Je sais qu'à la porte d'un bar Où j'aurai bu jusqu'à l'extrême, On ramassera quelque part Mon corps brûlé sur un brancard. Je bois quand même… Que sous la drogue lentement, D'extase en extase suprême, Je m'approche implacablement Du sombre asile des déments. J'en prends quand même… Je sais qu'en la femme fatale, Dans les bras d'un amant trop blême, S'infiltrera l'horrible mal Dont on crève au lit d'hôpital. J'aime quand même… Mes sens inapaisés, Cherchant pour se griser L'aventure des nuits louches, Apportez-moi du nouveau. Le désir crispe ma bouche. La volupté brûle ma peau. Je sais qu'à la porte d'un bar Où j'aurai bu jusqu'à l'extrême, On ramassera quelque part Mon corps brûlé sur un brancard. Je bois quand même… Que sous la drogue lentement, D'extase en extase suprême, Je m'approche implacablement Du sombre asile des déments. J'en prends quand même… Je sais qu'en la femme fatale, Dans les bras d'un amant trop blême, S'infiltrera l'horrible mal Dont on crève au lit d'hôpital. J'aime quand même…

Quand tu dors

<p>Quand tu dors</p>

Paroles: Jacques Prévert. Musique: Claude Verger 1961

Toi, tu dors la nuit. Mai, j'ai de l'insomnie. Je te vois dormir. Ça me fait souffrir. Tes yeux fermés, Ton grand corps allongé, C'est drôle, mais ça me fait pleurer. Et soudain, voilà que tu ris. Tu ris aux éclats en dormant. Où donc es-tu en ce moment? Où donc es-tu parti vraiment? Peut-être avec une autre femme, Très loin, dans un autre pays, Et qu'avec elle, c'est de moi que tu ris… Toi, tu dors la nuit. Moi, j'ai de l'insomnie. Je te vois dormir. Ça me fait souffrir. Lorsque tu dors, Je ne sais pas si tu m'aimes. T'es tout près, mais si loin quand même. Je suis toute nue, serrée contre toi Mais c'est comme si j'étais pas là. J'entends pourtant ton cœur qui bat. Je ne sais pas s'il bat pour moi. Je ne sais rien, je ne sais plus. Je voudrais qu'il ne batte plus, ton cœur, Si jamais un jour tu ne m'aimais plus… Toi, tu rêves la nuit. Mai, j'ai de l'insomnie. Je te vois rêver. Ça me fait pleurer. Voilà le jour et soudain, tu t'éveilles Et c'est à moi que tu souris. Tu souris avec le soleil Et je ne pense plus à la nuit. Tu dis des mots toujours pareils: "As-tu passé une bonne nuit?" Et je réponds comme la veille: "Oui mon chéri, j'ai bien dormi! Et j'ai rêvé de toi comme chaque nuit…"

Quatorze juillet

<p>Quatorze juillet</p>

Paroles: Jacques Plante. Musique: Mikis Théodorakis 1962

note: du film "Les amants de Teruel"

Il me vient par la fenêtre Des musiques de la rue. Chaque estrade a son orchestre. Chaque bal a sa cohue. Ces gens-là m'ont pris ma fête. Je ne la reconnais plus. Dans ma chambre, je me chante L'air que nous avons valsé. Je regarde la toquarde Où tes doigts se sont posés. Tu m'as dit: "Tu es si belle." Et tu as, l'instant d'après, Ajouté: "La vie est bête.". J'ai compris que tu partais. Si tu ne reviens jamais, Il n'y aura plus de quatorze juillet. Il me vient par la fenêtre Un murmure qui s'éteint, Les chansons d'une jeunesse Attardée dans le matin. N'allez pas troubler mon rêve. Allez rire un peu plus loin. Que m'apporte, que m'apporte Cette joie de quelques heures? Je suis morte, je suis morte Et je t'ai déjà rejoint Et mon corps est près du tien Mais personne n'en sait rien…

Regarde-moi toujours comme ça

<p>Regarde-moi toujours comme ça</p>

Paroles: Henri Contet. Musique: Marguerite Monnot 1942

Il avait l'air de rien planté sur le trottoir À toucher son chapeau en me disant bonsoir Et sans plus séparé, m'a si bien regardée Que je me suis sentie comme un peu caressée Et beaucoup désirée Regarde-moi toujours comme ça J'en suis malade, un cœur qui bat Ça m'fait pareil j'sais pas pourquoi Que la musique de l'Ave Maria T'as des yeux sans manières Et qui r'gardent tout haut T'as gardé les paupières Et j'comprends qu'tu es beau Quand j'suis noyée dans ces yeux là Toi qui m'repêche entre tes bras Pour me faire dire tout bas très bas Regarde-moi toujours comme ça Y a des soirs pleins d'amour Et pas faits pour dormir Alors tes yeux commandent Et j'aime leur obéir Sous ton chaud regard bleu J'suis toute ensoleillée T'as des façons à toi d'éclairer nos veillées Ah qu'il est émerveillé Regarde-moi toujours comme ça J'en suis malade un cœur qui bat Ça m'fait pareil j'sais pas pourquoi Que la musique de l'Ave Maria T'as des yeux sans manières Et qui r'gardent tout haut T'as gardé les paupières Et j'comprends qu'tu es beau Quand j'suis noyée dans ces yeux là Toi qui m'repêche entre tes bras Pour me faire dire tout bas très bas Regarde-moi toujours comme ça Parlé: Regarde-moi toujours comme ça Aussi longtemps que tu l'pourras Et tant que notre amour vivra Regarde-moi toujours, toujours, toujours comme ça.

Reste

<p>Reste</p>

Paroles: J.Simonot, P.Bayle. Musique: W.Leardy 1936

On s'était quittés tous les deux Et, brusquement, là, c'est curieux, On se retrouve face à face. On croyait ne plus se revoir Puisqu'après une scène, un soir, Je t'ai dit: "Pars! Que tout s'efface!" Maintenant que tout est bien fini Et que nos cœurs se sont repris, Ne pensons plus qu'aux jolis gestes. Causons en amis, simplement. Non! Ne pars pas! Rien qu'un moment… Allons, voyons, je t'en prie… Reste… Reste, que nous parlions un peu Du temps où nous étions heureux, Car nous le fûmes, j'imagine. En cet instant mon cœur ému, Vraiment, ne se rappelle plus… Que de nos minutes divines. Le mal que nous nous sommes fait, Petit à petit, disparaît. Lorsque j'évoque tout le reste, Ta main frémit entre mes doigts… Tu te rappelles… alors pourquoi Vouloir t'en aller déjà? Reste… Reste! A moins qu'au fond de ton cœur, Plus rien existe, j'en ai peur. Ta vie serait-elle à une autre? …Oui? Alors, tu ne me m'aimes plus! Un nouvel amour est venu Remplacer la trace du nôtre. Ah! Tu vas la retrouver ce soir… Aussi, quel désir, quel espoir En toi soudain se manifestent. Oh non! Pas encore! Je ne veux pas!… Tu n'iras pas entre ses bras! Tu n'iras pas, entends-tu? Reste! Reste! Oh pardon!… Je souffre trop! Je suis là et je dis des mots Qui te laissent voir ma détresse… Sans toi, chaque nuit je pleurais Et, te retrouvant, j'espérais Au moins un élan de tendresse… Mais quoi? Des larmes dans tes yeux? Est-ce un remords, est-ce un adieu? Vois, je n'ai plus qu'un dernier geste, Et c'est de t'offrir mon pauvre cœur Où survit tout notre bonheur… Oh! Chéri!… Tu restes!… Tu restes…

Retour

<p>Retour</p>

Paroles: Jean Marie. Musique: J. Heyne, G. Masset 1954

Tu retournes au pays, camarade Et la paix va renaître pour toi. Laisse-là ton fusil, tes grenades. On t'espère en te tendant les bras. Pense à nous, qui restons à la guerre, Les soirs calmes où ton cœur aimera Et va dire à mon père, à ma mère Qu'à Noël, peut-être, on reviendra… Ne leur dit rien du front. Ne parle pas du feu Et mens quand il faudra mentir. Dis-leur que nous chantions Quand tu as dû partir En buvant tous le verre d'adieu. Tu retournes au pays, camarade Et la paix va renaître pour toi. Laisse-là ton fusil, tes grenades. On t'espère en te tendant les bras. Pense à nous, qui restons à la guerre, Les soirs calmes où ton cœur aimera Et va dire à mon père, à ma mère Qu'à Noël, peut-être, on reviendra…

Rien de rien

<p>Rien de rien</p>

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Pierre Roche 1951

Rien de rien… Il ne se passe jamais rien pour moi. Je me demande pourquoi! Rien! Rien! Rien! Il ne se passe jamais rien!… Rien de rien… Il ne se passe jamais rien pour moi. Je me demande pourquoi! Rien! Rien! Rien! Il ne se passe jamais rien!… Du matin à l'heure où je me couche, Tout ici est calme et banal. J'aimerais qu' 'y s'passe quequ' chose de louche, De la prime ou du pas normal. Rien de rien… Il ne se passe jamais rien pour moi. Je me demande pourquoi! Rien! Rien! Rien! Il ne se passe jamais rien!… Voici un couple qui murmure Et dans une chambre veut se glisser… Je devine une tendre aventure… Mais ils vont chacun d'leur côté! Rien de rien… Il ne se passe jamais rien pour moi. Je me demande pourquoi! Rien! Rien! Rien! Il ne se passe jamais rien!… Rien de rien… Il ne se passe jamais rien pour moi. Je me demande pourquoi! Rien!… Il ne se passe jamais rien!… Rien de rien… Il ne se passe jamais rien pour moi. Je me demande pourquoi! Rien! Rien! Rien! Il ne se passe jamais rien!… Deux hommes parlent à voix basse, Discutant pleins d'animation. Pour écouter, je change de place, Mais hélas, je n'entends que "oui, non". Rien de rien… Il ne se passe jamais rien pour moi. Je me demande pourquoi! Rien! Rien! Rien! Il ne se passe jamais rien!… Ce qu'y s'passe pas, j'aimerais qu'ça s'passe, Que ça s'passe ne serait-ce que pour moi, Comme ça je verrais ce qu'y s'passe Et je pourrais dire qu'ça s'passe pas! Rien de rien… Il ne se passe jamais rien pour moi. Et je me demande pourquoi! Rien… Il ne se passe jamais rien!

Roulez tambours

<p>Roulez tambours</p>

Paroles: Edith Piaf. Musique: Francis Lai 1962

Allez, roulez, roulez tambours Pour ceux qui meurent chaque jour, Pour ceux qui pleurent dans les faubourgs, Pour Hiroshima, Pearl Harbor, Allez, roulez, roulez. Tambours Ont roulé pour Napoléon, Au son des fifres et des clairons. Ils ont roulé pour tant de guerres Et roulent sur la terre entière. Ils roulent, roulent nuit et jour. Quand rouleront-ils pour l'amour? Allez, roulez, roulez tambours… J'ai vu, j'ai vu tant de misère Et tant souffrir autour de moi Que je ne me rappelle guère Si la douleur était pour moi. J'ai souvent vu trembler ma mère. Je crois bien que c'était pour moi. J'ai presque vu trembler mon père. Il ne m'a jamais dit pourquoi… Allez, roulez, roulez tambours Pour ceux qui meurent chaque jour, Pour ceux qui pleurent dans les faubourgs, Pour Hiroshima, Pearl Harbor, Allez, roulez, roulez. Tambours Ont roulé pour Napoléon, Au son des fifres et des clairons. Ils ont roulé pour tant de guerres Et roulent sur la terre entière. Ils roulent, roulent nuit et jour. Quand rouleront-ils pour l'amour? Allez, roulez, roulez tambours… Entendez sonner les trompettes. Elles partent de Jéricho. Elles résonnent dans ma tête Pour sangloter dans un écho. Moi, je voudrais bien qu'elles chantent Pour le garçon qui va m'aimer, Pour mes amis dans la tourmente Et pour ceux qui l'ont mérité… Allez, roulez, roulez tambours Pour ceux qui naissent chaque jour, Pour ceux qui rient dans les faubourgs, Pour Hiroshima mon amour… Allez, roulez, roulez tambours. Vous roulerez sous les chansons Au rythme des accordéons. Pour l'heure et pour la fin des guerres, Roulerez sur la terre entière Et moi je jouerai du tambour, Et moi je chanterai l'amour, Et moi je chanterai l'amour, Et moi je chanterai l'amour…

Salle d'attente

<p>Salle d'attente</p>

Paroles: Michel Rivgauche. Musique: Marguerite Monnot 1957

L'un près de l'autre, ils étaient là, Tous deux assis, comme endormis Au bord de la banquette en bois Dans la salle d'attente. A travers la vitre, on voyait Le vieux manège qui grinçait Et sa musique tourbillonnait Dans la salle d'attente, Et cette musique semblait pousser La grande aiguille de la pendule Avec un bruit démesuré, Démesuré et ridicule Et cette pendule les obsédait, Cette pendule qui les regardait, Cette pendule qui tourbillonnait Dans la salle d'attente, Et dans leur tête ça glissait, Manège, musique, pendule… La pendule devenait manège, Le manège devenait pendule, Et leurs souvenirs, en cortège, Remontaient, défilaient, s'envolaient… L'un près de l'autre ils étaient là, Tous deux assis, comme endormis Au bord de la banquette en bois Dans la salle d'attente Et quand le train est arrivé, Tous deux, ils se sont regardés Et sans un mot se sont levés, Dans la salle d'attente, Et dans leur tête, ça glissait: Présent, passé, manège… Les souvenirs devenaient présents. Le présent devenait souvenir… Et leurs paroles, en cortège, Hésitaient, se troublaient, s'envolaient. Quand, dans le train, il est monté, C'est elle qui s'en est aperçu Et en courant est revenue Dans la salle d'attente Mais le train avait disparu… Vous n' trouvez pas que c'est idiot, Une femme qui marche dans la rue Avec une musette et un calot? C't' idiot!… C't' idiot!… …C't' idiot!

Si si si

<p>Si si si</p>

Paroles: Marcel Achard. Musique: Marguerite Monnot 1951

note: duo: Edith Piaf amp; Eddie Constantine # de l'opérette " La P'tite Lily "

Mademoiselle, mon amour Est aussi sage que le jour De ma première communion. Mademoiselle, mon bonheur Est étrange comme une fleur Dont on ne saurait pas le nom. Mademoiselle, mon avenir Est tendre comme un souvenir, Aussi joli qu'une chanson. Elle peut pas être aussi bien qu' tout ça! Si, si, si, si!… 'y faut s'y connaître, tu n' t'y connais pas! Si, si, si, si!… Une fille aussi belle n'est pas sage aussi! Si, si, si, si!… Elles sont pas fidèles, les filles d'ici… Si, si, si, si!… A ta place, je m' ferais du souci Car elle te tient à sa merci! Mademoiselle, mon avenir Est tendre comme un souvenir, Un gant qu'a gardé son parfum. Mademoiselle, mon bonheur Est aussi rare qu'un trotteur Qu'on touche à quarante contre un. Mademoiselle, mon amour Est aussi simple que le jour, Le jour où deux ne font plus qu'un. Elle peut pas être aussi bien qu' tout ça! Si, si, si, si!… 'y faut s'y connaître, tu n' t'y connais pas! Si, si, si, si!… Une fille aussi belle n'est pas sage aussi! Si, si, si, si!… Elles sont pas fidèles, les filles d'ici… Si, si, si, si!… Tu m'embêtes! J'ai assez ri! Sois heureux avec ta souris!…

Si tu partais

<p>Si tu partais</p>

Paroles et Musique: Michel Emer 1947

Notre bonheur est merveilleux. Notre amour fait plaisir à Dieu. Il est plus pur, il est plus clair Que l'eau limpide des rivières. Mon cœur étouff' quand tu es là. Ne touche pas à tout cela!

{Refrain:}

Si un jour, Tu brisais notre amour, Si un jour, Tu partais pour toujours, Tout sombrerait dans la nuit. Les oiseaux, dans leurs nids, Ne chanteraient plus Leurs chants éperdus. Si un jour, Tu brisais notre amour, Si un jour, Tu partais sans retour, Les fleurs perdraient leur parfum Et ce serait la fin de toute joie. Reste avec moi. Crois-moi, c'est vrai: J'en mourrais si tu partais. Tes yeux pour moi sont bien plus beaux Qu'un rayon de lune dans l'eau. Lorsque tu pars quelques instants, C'est comme la neige au printemps. Tu reviens, tu me tends les bras. Ne touche pas à tout cela!

{Refrain}


Simple comme bonjour

<p>Simple comme bonjour</p>

Paroles: Roméo Carlès. Musique: Louiguy 1936

C'est une histoire si banale, Vraiment si peu originale. Je ne sais pas pourquoi, en vérité, On me la fait toujours répéter. Ell's ont été plus qu'une copine. C'était pour moi presqu'une frangine Mais l'aventure tient en quelques mots concis Et l'on peut la résumer ainsi. La blonde et la brune S'entendaient depuis toujours. L'amour en prit une. Tout ça est simple comme bonjour… Car un beau jour, il est venu un gars Dont les grands yeux étaient pleins de tendresse Mais elle était bien plus belle que moi Et c'est la blonde qui fut sa maîtresse. C'est une histoire si banale. Elle n'est guère originale. A travers un voile de pleurs dans les yeux, Je les ai vus partir tous les deux. Chacun disait qu'elle était belle. Ces mots, comme une ritournelle, Dansaient dans ma tête Et y dansent depuis, Sans prévenir, les jours et les nuits. La blonde et la brune, Jadis, riaient de l'amour. L'amour en prit une. Tout ça est simple comme bonjour. Le gars parti, la fille avec lui, Je suis restée avec pour seul ami Ma lourde peine et, chaque jour, l'ennui Emplit mon cœur et plane sur ma vie. Mon Dieu, que l'histoire est banale Et qu'elle est peu originale! Ça finirait là qu'on en parlerait plus Mais le hasard ne l'a pas voulu. Chacun disait qu'elle était belle. Ah, l'obsédante ritournelle! Alors, quand j'l'ai vue, Toute seule au fond du bois… Mais tout ça ne regarde que moi. La blonde et la brune Sont séparées pour toujours. Il n'en reste qu'une. Tout ça est simple comme bonjour.

Soeur Anne

<p>Soeur Anne</p>

Paroles et Musique: Michel Emer 1953

Sœur Anne, ne vois-tu rien venir? Je vois des soldats couverts d'armes, Tout prêts à mourir et à tuer. Partout, je ne vois que des larmes. Le monde semble s'y habituer. Je vois, plus violente que la peste, La haine couvrir l'horizon. Les hommes se déchirent, se détestent. Frontières, mitrailleuses, prisons, L'amour, qui n'a plus rien à faire, Viens de nous quitter à son tour. Sur terre, il était solitaire. L'amour a besoin de l'amour. Sœur Anne, ne vois-tu rien venir? Je vois des enfants sans leur leur mère. Je vois des parents sans enfants Et des paysans sans leurs terres. Je vois des terres sans paysans. Je vois des grandes maisons vides Et de grands vides dans les maisons, Des gens au visage livide Qui marchent sans chanter de chansons, Des hommes qui essaient de sourire, Des femmes au regard si peureux, Des vieux qui ne savent plus rire, Des jeunes qui sont déjà vieux. Sœur Anne, ne vois-tu rien venir? Je vois une grande lumière Qui semble venir de très loin. Je vois un enfant et sa mère. Mon Dieu, qu'ils sont loin, qu'ils sont loin… Voici qu'ils s'approchent de la terre. L'enfant a grandi, je le vois. Il vient partager nos misères. Déjà, il apporte sa croix. Bientôt, sa divine colère, Chassera le démon pour toujours. Bientôt reviendra sur la terre La vie, la pitié et l'amour. Sœur Anne, quand va-t-il revenir?…

Soudain une vallée

<p>Soudain une vallée</p>

Paroles: Jean Dréjac. Musique: B.Jones, C.Meyer 1956

Vous avez parcouru le monde. Vous croyiez n'avoir rien trouvé Et soudain, une vallée S'offre à vous pour la paix profonde. Vous aviez dépensé vos rêves Au hasard des bonheurs volés Et soudain, une vallée Où la voix d'un ami s'élève. Marchant sous un nuage, Perdus dans votre nuit, Tout seuls au cœur de l'orage, Balayés par la pluie, Vous trainiez des regrets immenses, Des envies, des remords voilés Et soudain, une vallée Vous apprend que la vie commence. Le ciel tout grand s'éclaire D'amour et de bonté, Soleil pour la vie entière Et pour l'éternité. Vous rêviez d'un bonheur immense Sans espoir de jamais trouver Et soudain, une vallée Où l'espoir et l'amour commencent. …Et soudain une vallée Où l'espoir et l'amour sont nés…

Sous le ciel de Paris

<p>Sous le ciel de Paris</p>

Paroles: Jean Dréjac. Musique: Hubert Giraud 1951

autres interprètes: Edith Piaf (1954)

note: du film " La Seine coule à Paris"

Sous le ciel de Paris S'envole une chanson Hum Hum Elle est née d'aujourd'hui Dans le cœur d'un garçon Sous le ciel de Paris Marchent des amoureux Hum Hum Leur bonheur se construit Sur un air fait pour eux Sous le pont de Bercy Un philosophe assis Deux musiciens quelques badauds Puis les gens par milliers Sous le ciel de Paris Jusqu'au soir vont chanter Hum Hum L'hymne d'un peuple épris De sa vieille cité Près de Notre Dame Parfois couve un drame Oui mais à Paname Tout peut s'arranger Quelques rayons Du ciel d'été L'accordéon D'un marinier L'espoir fleurit Au ciel de Paris Sous le ciel de Paris Coule un fleuve joyeux Hum Hum Il endort dans la nuit Les clochards et les gueux Sous le ciel de Paris Les oiseaux du Bon Dieu Hum Hum Viennent du monde entier Pour bavarder entre eux Et le ciel de Paris A son secret pour lui Depuis vingt siècles il est épris De notre Ile Saint Louis Quand elle lui sourit Il met son habit bleu Hum Hum Quand il pleut sur Paris C'est qu'il est malheureux Quand il est trop jaloux De ses millions d'amants Hum Hum Il fait gronder sur nous Son tonnerr' éclatant Mais le ciel de Paris N'est pas longtemps cruel Hum Hum Pour se fair' pardonner Il offre un arc en ciel

Sur une colline

<p>Sur une colline</p> Je voudrais être sur une colline Où l'on respire un air miraculeux Où le vent tiède, en passant, vous câline Où l'horizon se confond dans le bleu Ici tout est fumée Tout est gris, tout est maisons Et les douleurs passées Stagnent toutes en ma prison Chaque pierre raconte une histoire Une histoire triste à mourir Et de tout petits drames sans gloire Où l'on pleure des souvenirs Je voudrais être sur une colline Où l'on respire un air miraculeux Où le vent tiède, en passant, vous câline Où l'horizon se confond dans le bleu J'inscris des chiffres tristes Sur un grand registre blanc Et dans ce décor triste Il y en a qui sont contents Mais mon coeur y connait le martyre J'ai besoin d'espace aéré Et le bruit des machines à écrire Me tourmente jusqu'à pleurer Je voudrais être près d'une rivière Où le soleil fait des reflets tremblants Sur l'herbe verte au bord d'une clairière Tandis qu'au ciel passent des flocons blancs Je sais que l'on peut vivre Loin des villes, loin des rues J'ai lu dans bien des livres Ce que je n'ai pas connu Je voudrais qu'une fièvre m'emporte Et m'emmène pour quelque temps Et parfois je voudrais être morte Enterrée, au milieu des champs Je voudrais être sur une colline Ame sans corps dans l'air miraculeux Flottant au gré de la brise câline Vers l'horizon qui se fond dans le bleu

T'es beau, tu sais

<p>T'es beau, tu sais</p>

Paroles: Henri Contet. Musique: Georges Moustaki 1959

T'es beau, tu sais Et ça s'entend lorsque tu passes. T'es beau, c'est vrai. J'en suis plus belle quand tu m'embrasses. Je te dessine du bout du doigt: Ton front, tes yeux, tes yeux, ta bouche. Comment veux-tu dessiner ça? La main me tremble quand j'y touche… T'es beau, mon grand, Et moi, vois-tu, je suis si petite. T'es beau tout le temps Que ça me grandit quand j'en profite. Reste là, ne bouge pas. Laisse-moi t'imaginer. T'as l'air d'être l'été, Celui qui pleut jamais. Reste là, bouge pas. Laisse-moi quand même t'aimer. Je ne peux même pas penser Que je te méritais. T'es beau, tu sais. Ça m'impressionne comme les églises. T'es beau, c'est vrai, Jusqu'à ta mère qu'en est surprise. Tu me réchauffes et tu m'endors. Tu fais soleil, tu fais colline. Viens contre moi, il pleut dehors. Mon cœur éclate dans ma poitrine. T'es beau partout. C'est trop facile d'être sincère. T'es beau, c'est tout. T'as pas besoin de lumière. Il était beau et c'était vrai Mais la gosse ne le voyait pas, Ses yeux perdus à tout jamais. Il en pleurait Quand il guidait ses pas. T'es beau, tu sais. T'es beau, c'est vrai. T'es beau, tu sais. T'es beau, c'est vrai…

T'es l'homme qu'il me faut

<p>T'es l'homme qu'il me faut</p>

Paroles: Edith Piaf. Musique: Charles Dumont 1960

T'es l'homme qu'il me faut. T'en fais jamais trop. J'ai eu beau chercher, Je n'ai rien trouvé, Pas un seul défaut. T'es l'homme, t'es l'homme, t'es l'homme, T'es l'homme qu'il me faut. T'aimes bien t'amuser. T'aimes bien rigoler Mais tu deviens sérieux, Ah, c'est merveilleux. T'en fais jamais trop. T'es l'homme, t'es l'homme, t'es l'homme, T'es l'homme qu'il me faut. Quand je sors avec toi, J' m'accroche à ton bras. Les femmes, elles te voient. Toi, tu ne les vois pas. Heureusement pour moi, Pour toi, pour toi, pour toi, Il n'y a que moi. J'aime aussi ta voix. Parle, parle-moi. Parle-moi de nous. Parle-moi de tout. Je me sens si bien, Si bien, si bien, si bien, Ah oui, vraiment bien. T'es l'homme qu'il me faut. T'en fais jamais trop. Tu es les beaux jours. Tu es notre amour. Tu es ma lumière, Ma vie, ma vie, ma vie, Ma vie toute entière. Tu es la tendresse. T'es toutes les caresses. T'es tous les "je t'aime". C'est inouï, quand même. T'en fais jamais trop. T'es l'homme, t'es l'homme, t'es l'homme, T'es l'homme qu'il me faut. Tu es mon problème. Je ne comprends pas Car, malgré tout ça, Moi aussi, Moi aussi, Mai aussi, Je t'aime…

Tant qu'il y aura des jours

<p>Tant qu'il y aura des jours</p> Tant qu'il y aura des jours, On se dira "je t'aime" Et les serments d'amour Seront toujours les mêmes, Car, pour parler d'amour, Il n'a pas d' problème. On redira toujours: "Oh mon amour, je t'aime." Et depuis que la terre est la terre, Il n'y a rien à faire, rien à faire… C'est ainsi, c'est la vie Mais tant mieux pour les amoureux. Tant qu'il ya aura des jours, On se dira "je t'aime" Et les serments d'amour Seront toujours les mêmes, Car, pour parler d'amour, Il n'y a pas d' problème. On redira toujours: "Oh mon amour, je t'aime." … Car, pour parler d'amour, Il n'y a pas d' problème. On redira toujours: "Oh mon amour, je t'aime."

Tatave

<p>Tatave</p>

Paroles: A. Siminin. Musique: Henri Crolla 1958

La venue au monde, c'est un vrai char. 'y a de périodes pour les veinards Puis d'autres où ne naissent que des cloches. Tac tacatactac – tsoin tsoin. Tatave, c'est là qu'il s'est trouvé. Il a tiré, tiré A la loterie de l'existence La série des ceu'ze qu'ont pas de chance, Des pas beaux gosses et des paumés, Des ceu'ze qui bectent à la cuisine, Qui marchent à côté de leurs bottines Et qui doivent jamais la ramener. Tatave! Tatave! Il était pas gâté! Dans ces cas-là, sans hésiter, La raison commande de chercher, Sans tarder une consolation. Tac tacatactac – tsoin tsoin. Tatave, dans le piège, il est tombé. Il a tiré, tiré Au jeu de l'amour, une mauvaise brème, Un de ces lots qui disent "comme on s'aime" Juste à la veille de vous doubler, De ces filles ardentes et si belles Que rien semble assez beau pour elles Tant on craint de les voir se tirer. Tatave! Tatave! Cette môme, elle t'a quimpée! Dès qu'il eût connu cette souris, Tatave alla chercher le grisby Indispensable pour la gâter. Tac tacatactac – tsoin tsoin. Tatave, à ce truc-là, s'est mouillé. Il a tiré, tiré Sur l'employé qui faisait de la rebiffe, Tiré sur deux mecs de la renifle Qui surgissaient, enfouraillés, Pas pressés de mourir, les perdreaux A cette pomme, ont pas fait de cadeau. Tatave su' l'tas il est tombé. Tatave! Tatave! Tatave, il t'a repassé!… Tatave! Tatave! Le jeu était truqué… Pauvre Tatave.

Télégramme

<p>Télégramme</p>

Paroles et Musique: Michel Emer 1951

C'est un télégramme pour Marie Belage, Dans la cour, escalier B, cinquième étage, Troisième porte à gauche, deux marches à descendre, Frapper fort pour qu'elle puisse vous entendre. Le p'tit facteur grimpe quatre à quatre. Un vieille demoiselle vient ouvrir. D'une voix dure et acariâtre, Elle dit "merci" puis se retire. Elle ouvre en tremblant la dépêche. En général, on n'aime pas ça. Elle lit tout haut, la gorge sèche, Puis elle relit dix fois tout bas. "Serai Orly – huit heures – deux mai – Suis impatient – suis fou de joie – Je vous adore plus que jamais – Amour – baisers – signé -…François…" Elle retourne vingt ans en arrière. Comme ils s'aimaient, il y a vingt ans, Mais ses parents hélas, le refusèrent. Il n'avait pas un sou vaillant. "Je reviendrai fortune faite." Lui a-t-il dit. "Je t'attendrai. Je veux aussi que tu promettes Que tu ne m'oublieras jamais." Il est parti – les mois, les années passent. Elle est toute seule devant la vie. Beauté, fraîcheur, jeunesse…tout s'efface Et plus d'argent, donc plus d'amis… Les voyageurs arrivant du Mexique, Ah le voilà! Comme il est grand! Ses tempes grises lui donnent l'air poétique. Il est plus beau qu'il y a vingt ans. Elle est toute pâle et ses mains brûlent. Comme il bat fort son pauvre cœur. Il vient vers elle, il la bouscule. "J'vous demande pardon!… Dites-moi, porteur! Je cherche une dame élégante et très belle. De grands yeux bleus, des cheveux blonds, Plutôt petite… Attendez! J'crois que c'est elle… Ah! Non, ce n'est pas elle… J'vous demande pardon!…" Vous n'auriez pas vu une dame blonde – Elégante – très belle – Vous n'auriez pas vu une dame blonde – Elégante – très belle – Vous n'auriez pas vu…

Toi qui sais

<p>Toi qui sais</p>

Paroles et Musique: Michel Emer 1956

Tu m'as dit: "Reprenons notre liberté. C'est fini, il vaut beaucoup mieux nous quitter Et refaire sa vie chacun de son côté. Voici la fin d'un long poème…" Je t'ai dit: "C'est bien! Mais il faut m'aider: 'y a quelqu'un qui m'aime et m'attend à côté. Il ne veut pas croire que je peux l'aimer, L'aimer…autant qu'il m'aime…" Toi qui sais comment je suis quand je suis amoureuse, Dis-lui… Toi qui sais comment je suis lorseque je suis heureuse, Dis-lui… Rassemble tous nos souvenirs Et puis va-t-en lui dire Comme nous avons pu rire Ensemble… Toi qui sais combien je suis fidèle à mon amour, Dis-lui… Va lui dire comment aimer ce grand amour, Va lui dire que ce fut le plus beau des jours. Raconte-lui comment tu m'avais fait la cour Et que c'était un beau dimanche. Va lui dire l'éblouissement de nos matins Et comment nous vivions, la main dans la main. Nos baisers qui ne connaissaient pas de fin Et puis nos folles nuits blanches… Toi qui sais comment je suis quand le printemps est là, Dis-lui… Toi qui sais comment je suis quand tu es dans mes bras, Dis-lui… Insiste! Dis-lui notre vie Et puis surtout, dis-lui Que loin de toi, je suis triste… Toi qui sais que mon amour pour toi Jamais ne finira… Ne lui dis pas… Je t'en supplie… Ou bien… dis-lui…

Toi, tu l'entends pas

<p>Toi, tu l'entends pas</p>

Paroles: Pierre Delanoë. Musique: Charles Dumont 1962

Toi, tu n'entends pas, Toi, tu n'entends pas Cette fête Dans ma tête. Toi, tu les vois pas, Tous ces millions de chandelles Qui brûlent dans ma cervelle. Toi, tu n'entends pas, Toi, tu n'entends pas. C'est trop bête, C'est trop bête. Toi, tu n'entends pas Cet orchestre gigantesque Puisque il ne joue que pour moi. Toi, tu n'entends pas, Toi, tu n'entends pas Cette foule Qui me soûle De ses cris de joie, Qui dansent carmagnole Et chantent des choses folles. Toi, tu n'entends pas, Toi, tu n'entends pas La vacarme Qui s'acharne Tout au fond de moi. Il m'envahit corps et âme Mais toi, tu ne l'entends pas. Toi, tu n'entends pas, Toi, tu n'entends pas Les musiques Et les cirques Et les opéras, La garde républicaine, La grande fête foraine. Toi, tu n'entends pas, Toi, tu n'entends pas Mon cœur battre, Se débattre, Se battre pour toi. Il fait du bruit comme quatre Mais toi, tu ne l'entends pas. Toi, tu n'entends pas, Toi, tu n'entends pas. C'est trop bête, C'est trop bête. Toi, tu n'entends pas Ces millions de poèmes Pour chaque rime est "je t'aime". Tu les entendras. Tu les entendras. Quand tu m'aimes, Quand tu m'aimes, Quand tu m'aimeras, Tu entreras dans ma ronde Le jour où tu m'aimeras. Tu entreras dans ma ronde… …Le jour où tu m'aimeras…

Toujours aimer

<p>Toujours aimer</p>

Paroles: Nita Raya. Musique: Charles Dumont 1961

autres interprètes: Edith Piaf

On n'a pas dans le cœur de quoi toujours aimer, Et l'on verse des pleurs en voulant trop aimer. On croit être sincère, on croit avoir trouvé Le seul être sur terr' qu'on ne peut remplacer, On n'a pas dans le cœur de quoi toujours aimer, Et l'on verses des pleurs en voulant trop aimer, Un jour on se réveill', ce n'est plus tout à fait Le rayon de soleil qui nous embellissait. On regrette le temps où l'on pouvait s'aimer, On regrette le temps où le cœur s'emballait, Il ne nous reste plus que quelques souvenirs De pauvres souvenirs qu'on cherche à retenir. Mais moi, j'ai dans le cœur de quoi toujours aimer. J'aurai toujours assez de larmes pour pleurer. J'aurai toujours assez de rir's pour effacer Les tristes souvenirs accrochés au passé. Mais moi, j'ai dans le cœur de quoi toujours aimer, J'aurai toujours assez de larmes pour pleurer, Je veux toujours aimer, je veux toujours souffrir. Si je n'dois plus aimer, mois je préfè' mourir. Mais, moi, j'ai dans le cœurs de quoi toujours aimer, Aimer… Aimer…

Tous les amoureux chantent

<p>Tous les amoureux chantent</p>

Paroles: J. Jeepy. Musique: Marguerite Monnot 1950

Dans la rue, Tous les amoureux chantent, Tous les amoureux chantent Des chansons de la rue. Par-dessus, Le soleil les inonde Et la foule et le monde Les noient dans la cohue. Dans la rue, Suzon avec Jean-Pierre Chantent à leur manière Des chansons de la rue. Elle est si blonde… Aussi blonde qu'un rayon de soleil. Ses boucles vagabondent, Découpent sur le ciel Des auréoles rondes Et lui… Un p'tit gars de chez nous, C'est tout. Ils n'ont pas quarante ans à eux deux. Vivent les amoureux de la rue! Dans la rue, Tous les amoureux chantent, Tous les amoureux chantent Des chansons de la rue. Par-dessus, Le soleil les inonde Et la foule et le monde Les noient dans la cohue. Mais qu'y a-t-il dans la cohue, Dans la cohue de la rue? C'est Suzon qui court éperdue Sans Jean-Pierre… sans Jean-Pierre… Eperdue… Dans la rue, Suzon pleure, pleure son amour. Attention… Autos, vélos klaxonnent. On sonne, on siffle, on crie Attention! Un coup de freins… Dans la rue, Tous les amoureux pleurent, Tous les amoureux pleurent Dans la rue. Par-dessus, Le soleil et la ronde, La folle ronde, De monde qui rit Car la cohue se moque des amoureux Qui meurent, Qui meurent dans la rue…

Tout fout l'camp

<p>Tout fout l'camp</p>

Paroles: Raymond Asso. Musique: Juel 1939

autres interprètes: Edith Piaf, Juliette (1998), Entre 2 Caisses (2000)

Nous sommes maîtres de la Terre Nous nous croyons des presque Dieu Et pan! Le nez dans la poussière Qu'est-ce que nous sommes? Des pouilleux

{Refrain:}

Et là-haut les oiseaux Qui nous voient tout petit, si petits Tournent, tournent sur nous Et crient: "Au fou! Au fou!" Nous nageons tous dans la bêtise Et l'on invente des drapeaux On met des couleurs aux chemises Sous les chemises y a la peau

{au Refrain}

Ecoutez le monde en folie Vive la mort, vive la fin Pas un ne crie: "Vive la vie!" Nous sommes tous des assassins

{au Refrain}

C'est toute la Terre qui gronde Bonne saison pour les volcans On va faire sauter le monde Cramponnez-vous, tout fout l'camp! Et là-haut les corbeaux Qui nous voient tout petit, si petits Tournent comme des fous Et crient: "A nous! A nous!" La vie pourrait être si belle Si l'on voulait vivre d'abord Pourquoi se creuser la cervelle Quand y a du bon soleil dehors? {Variante Edith Piaf} Et pourtant les filles sont belles Et y a du beau soleil dehors Pourquoi se creuser la cervelle Au diable tout, vivons d'abord! Et là-haut les corbeaux Qui nous voient tout petit, si petits Crient: "Les hommes sont fous Ils se foutent de nous!"

Traqué

<p>Traqué</p>

Paroles: Robert Gall. Musique: Florence Véran 1963

Voyez cet homme qui court, qui court Parmi la ville et les avenues. Voyez cet homme qui court, qui court Parmi la ville, à cœur perdu. Mais qu'a-t-il fait? A-t-il volé? A-t-il tué? Nul ne sait, nul ne sait, nul ne sait… Est-il traqué Par son passé Qui court après? Moi je sais, moi je sais, moi je sais… Il court, il court en bousculant Sur son passage même les enfants Et toute la ville et tous les gens Lui montrent le poing en passant. Voyez cet homme qui court, qui court Parmi les rues et les avenues. Voyez cet homme qui court, qui court Parmi la ville, à cœur perdu. Ce qu'il a fait: Il a tué… Pour qui? Pourquoi? Moi je sais, moi je sais, moi je sais… Il est traqué Et c'est chez moi Qu'on est venu le chercher, le chercher, le chercher… Sa seule chance est de partir Et, comme un fou, il va s'enfuir. Jusqu'à la fin, Il va courir. Peut-être bien Jusqu'à mourir… Jusqu'au grand fleuve Qui coule là-bas, Jouant sa vie à pile ou face, Et puis, mon Dieu, que le temps passe Mais cette histoire… ne regarde que moi… Que moi… Que moi… Que moi… Que moi…

Tu es partout

<p>Tu es partout</p>

Paroles: Edith Piaf. Musique: Marguerite Monnot 1941

note: Chanson tirée du film "Montmartre-sur-Seine".

Nous nous aimions bien tendrement Comme s'aiment tous les amants Et puis un jour tu m'as quittee Depuis je suis desesperee Je te vois partout dans le ciel Je te vois partout sur la terre Tu es ma joie et mon soleil Ma nuit, mes jours, mes aubes claires Tu es partout car tu es dans mon coeur Tu es partout car tu es mon bonheur Toutes les choses qui sont autour de moi Meme la vie ne represente que toi Des fois je reve que je suis dans tes bras Et qu'a l'oreille tu me parles tout bas Tu dis des choses qui font fermer les yeux Et moi je trouve ca merveilleux Peut-etre un jour tu reviendras Je sais que mon coeur t'attendras Tu ne pourras pas oublier Les jours que nous avons passes Mes yeux te cherchent sans arret Ecoute bien mon coeur t'appelle Nous pourrons si bien nous aimer Tu verras la vie sera belle… Tu es partout car tu es dans mon coeur Tu es partout car tu es mon bonheur Toutes les choses qui sont autour de moi Meme la vie ne represente que toi Des fois je reve que je suis dans tes bras Et qu'a l'oreille tu me parles tout bas Tu dis des choses qui font fermer les yeux Et moi je trouve ca merveilleux…

Un coin tout bleu

<p>Un coin tout bleu</p> Voilà l'printemps les fleurs jolies Tout l'monde a l'air d'aimer la vie J'crois bien qu'y a qu'moi qu'aim' pas l'soleil C'est pas d'ma faute il m'donne sommeil A quoi qu'ça sert l'soleil qui brille Puisque l'hiver il s'éparpille Madame la pluie vient l'remplacer Sûr'ment qu'il doit être fatigué Mais j'ai trouvé dans tes grands yeux Un coin d'espoir un coin tout bleu Mais ce coin là n'est pas pour moi Puisque ton cœur n'est plus à toi Et quand le mien est malheureux Il va tout seul dans son coin bleu Tu as caché dans tes grands yeux Un ciel d'amour un ciel tout bleu Mais un beau jour rempli d'étoiles Mon coin tout bleu sera sans voile J'entendrai les pleurs du printemps Crier l'amour à tous les vents Adieu les cieux couverts de pluie D'un coup s'éclaircira ma vie C'est que mon cœur sera en joie Puisque le tien viendra vers moi Je t'attendrai dans mon coin bleu Qui se cache dans tes grands yeux Tu verras comme c'est merveilleux Tous les amants y sont heureux En attendant ce jour heureux Je t'attendrai dans mon coin bleu

Un étranger

<p>Un étranger</p>

Paroles: R.Malleron. Musique: Juel, Marguerite Monnot 1934

Il avait un air très doux, Des yeux rêveurs un peu fous Aux lueurs étranges. Comme bien des gars du Nord, Dans ses cheveux un peu d'or, Un sourire d'ange. J'allais passer sans le voir Mais quand il m'a dit bonsoir D'une voix chantante, J'ai compris que, ce soir-là, Malgré la pluie et le froid, Je serais contente. Il avait un regard très doux. Il venait de je ne sais où. D'où viens-tu? Quel est ton nom? Le navire est ma maison. La mer mon village. Mon nom, nul ne le saura. Je suis simplement un gars Ardent à l'ouvrage Et si j'ai le cœur trop lourd, Donne-moi donc un peu d'amour, Espoir de caresses. Et moi, fille au cœur blasé, J'ai senti, sous ses baisers, Une ardente ivresse. Il avait un regard très doux Il venait de je ne sais où. Simplement, sans boniments, J'aimais mon nouvel amant, Mon époux d'une heure. Comme bien des malheureux, Il croyait lire en mes yeux La femme qu'on pleure Et, follement, j'espérais Qu'au matin, il me dirait Suis-moi je t'emmène. J'aurais dit oui, je le sens, Mais il a fui, me laissant Rivée à ma chaîne. Il avait un regard très doux. Il venait de je ne sais où. J'ai rêvé de l'étranger Et, le cœur tout dérangé Par les cigarettes, Par l'alcool et le cafard, Son souvenir chaque soir M'a tourné la tête Mais on dit que, près du port, On a repêché le corps D'un gars de marine Qui, par l'amour délaissé, Ne trouva pour le bercer Que la mer câline. Il avait un regard très doux. Il s'en allait je ne sais où.

Un grand amour qui s'achève

<p>Un grand amour qui s'achève</p>

Paroles: Edith Piaf. Musique: Edith Piaf, Marguerite Monnot 1955

Un grand amour qui s'achève, Ça fait pleurer tous vos rêves Et quand tu disais que tu m'aimais, Mon amour tu le croyais. Bah! Si ton cœur est bohème, On n'y peut rien, c'est la vie. On est si fou quand on s'aime, Ma mie… T'en souviens-tu comme tu riais Quand, quelquefois, je te disais Que p't'être un jour comme tant d'autres, Tu partirais avec un autre? T'en souviens-tu comme tu riais? Et bien, tu vois, tu n'aurais pas dû rire… Peut-être un jour, tu reviendras Mais je ne serai plus là Et toi, tout seul, tu pleureras De tout ce qui t'aura fait rire. Un grand amour qui s'achève, Ça fait pleurer tous vos rêves Et quand tu disais que tu m'aimais, Mon amour tu le croyais. Il se pourrait que j'en meure. On n'y peut rien, c'est la vie. Je ne veux pas que tu pleures, Ma mie…

Un homme comme les autres

<p>Un homme comme les autres</p>

Paroles: Edith Piaf. Musique: Pierre Roche 1947

A l' voir comme ça, un homme c'est rien, Mais pour peu qu'il vous intéresse, Ça tient d' la place, cré nom d'un chien. Celui pour qui j'ai des faiblesses N'est pas tellement joli garçon Mais il ressemble à ma chanson. Un homme comme les autres, Un homme parmi tant d'autres Et pourtant… Personne n'a sa voix, Personne n'a ses yeux. Quand je l'aperçois, J'en ai plein les yeux Et je l'aime… Un homme comme les autres, Un homme parmi tant d'autres Et pourtant… Nous avons des nuits Toutes remplies d'amour, Serrée contre lui Jusqu'au petit jour Où l'on s'aime… Un homme comme les autres, Un homme parmi tant d'autres. Voilà des mois qu'il est parti. Les gens m'ont dit: "On s'en console." Probable qu'ils avaient menti. J'ai l'impression que j' deviens folle. Jamais, jamais je ne l'oublierai. Jusqu'à la fin, je l'attendrai. Un homme comme les autres, Un homme parmi tant d'autres Et pourtant… En fermant les yeux, Je revois soudain Quand, dans mes cheveux, Il glissait ses mains Et je l'aime… Un homme comme les autres, Un homme parmi tant d'autres Et pourtant… Dans mes souvenirs, Je nous vois danser, Je vais me blottir, Lui va m'emporter. Et je l'aime… Un homme parmi tant d'autres…

Un jeune homme chantait

<p>Un jeune homme chantait</p>

Paroles: Raymond Asso. Musique: L.Poll 1937

Sur la route, la grand'route, Un jeune homme va chantant. Sur la route, la grand'route, Une fille va rêvant, Une fleur à son corsage Et des yeux pleins de douceur, Une fleur à son corsage Et des rêves plein le cœur.

{Refrain:}

Un jeune homme chantait Ha ha ha ha ha ha Une fille rêvait Hum hum hum… Sur la route, la grand'route, Quand ils se sont aperçus, Sur la route, la grand'route, L'un vers l'autre ils ont couru. Dans ses bras, il l'a tenue, Il a dit: "Que tu me plais." Dans ses bras il l'a tenue, Elle a dit: "Je t'espérais.'

{Refrain}

Il a défait son corsage Puis a dit: "Je suis heureux." Il a défait son corsage, Elle a dit: "Toujours… Nous deux." Tandis qu'au loin sur la route Un jeune homme va chantant. Sur le bord de la grand'route Une fleur meurt doucement. Un jeune homme chantait Ha ha ha ha ha ha Une fille pleurait Hum hum hum…

Un monsieur me suit dans la rue

<p>Un monsieur me suit dans la rue</p>

Paroles: Jean-Paul Le Chanois. Musique: Jacques Besse 1942

autres interprètes: Barbara (1972), Juliette (1998)

J'étais une petite fille Du moins je le croyais Portais des espadrilles J'avais encore mes jouets Mais un jour dans la rue En sortant de l'école Je vois un inconnu Qui, à mes pas, se colle. Un monsieur me suit dans la rue. J'en avais rêvé bien souvent Et fus d'avance tout émue. Qu'est-ce qui va s'passer maint'nant? Quand on m'a suivie dans la rue J'pensais que ça s'rait épatant. Quand on m'a suivie dans la rue, dans la rue Ce n'était qu'un vieux dégoûtant. Le cœur a ses mystères: Je suis prise de passion Pour un homme, un gangster Qu'a d'la conversation Et quand je vais chez lui Il faut faire attention. Je sais qu'on le poursuit Pour le mettre en prison. Voilà qu'on me suit dans la rue Gros soulier qui marche en criant. Pourvu qu'on n'm'ait pas reconnue! J'ai peur que ce soit des agents. J'enfile des rues et des rues. Mon Dieu, ça devient effrayant. On me suit toujours dans la rue, dans la rue Ils approchent leurs mains en riant. Je suis tombée malade Dans un grand lit tout blanc Le cœur en marmelade Mon pauvre front brûlant. Un prêtre me demande: "Voulez-vous le Bon Dieu?" Moi je préfère attendre Des fois que j'irais mieux. Voilà qu'on me suit dans la rue. Les hommes saluent, déférents. C'est pour moi, j'l'aurais jamais cru Que les femmes se signent en passant. Comme je passe à travers les rues J'arrête la vie et le mouv'ment. Tout le monde me suit dans la rue, dans la rue Tout en noir, à mon enterr'ment.

Un refrain courait dans la rue

<p>Un refrain courait dans la rue</p>

Paroles: Edith Piaf. Musique: Robert Chauvigny 1946

Dans un amour, faut d'la fierté, Pouvoir se taire, de la dignité, Savoir partir au bon moment, Cacher son mal en souriant, Et je me disais en marchant Que j'avais su partir à temps. Si mon cœur est désespéré, Il ne m'aura pas vu pleurer. Un refrain courait dans la rue, Bousculant les passants, Qui s'faufilait dans la cohue D'un p'tit air engageant. J'étais sur son passage. Il s'arrêta devant moi Et me dit d'être sage. "Tu es triste, mon Dieu, pourquoi? Viens, et rentre dans ma chanson. Il y a de beaux garçons… Jette ton chagrin dans le ruisseau Et tourne-lui le dos…" Il faut que ton couplet soit gai, Alors parlons du mois de mai, Des arbres en robe, de lilas Et de l'été qui pousse en tas. 'y a des violettes, un balcon. Un vieux poète chante une chanson. Ma robe est tachée de soleil. Je le garde pour mes réveils. Un refrain courait dans la rue, Bousculant les passants, Qui s'faufilait dans la cohue D'un p'tit air engageant. Les gens sur son passage, Se regardaient l'air surpris, Cessaient leurs bavardages: "Quel est donc ce malappris?" Oui, mais l'air était entraînant Et les mots engageants Et surtout, il y avait dedans Du rire à bout portant… Si cet air qui court dans la rue Peut chasser vos tourments, Alors entrez dans la cohue. 'y a d'la place en poussant…

Une dame

<p>Une dame</p>

Paroles et Musique: Michel Emer 1956

Une dame Se promène en riant dans la rue Ensoleillée, Une dame Que tout le monde a toujours vue En train de pleurer. Une flamme Danse au fond de ses yeux pleins de joie, Couleur de ciel, Une flamme Que personne n'avait jamais connue Chez elle… Car l'homme qu'elle avait aimé L'a abandonnée depuis des années Et, seule, Cette dame Passait toutes ses journées à pleurer Comme une Madeleine. Pauvre dame! Qui semblait ne pouvoir oublier Sa peine. Comme tout est beau! Comme le ciel est bleu! Comme tout le monde est heureux! Comme tout est beau! Comme le ciel est bleu! Comme tout le monde est heureux! Et la dame Porte une robe claire, un chapeau Avec des fleurs. Cette dame Semble avoir quelque chose de nouveau Dans le cœur, Dans son âme. Elle se retrouve tout d'un coup ses vingt ans Et ses printemps, Cette dame Qui se promène dans la rue ses beaux rêves D'enfant. On vient de lui raconter Qu'il a voulu se tuer Parce que l'autre femme l'avait quitté. Une dame Qui s'en va libérée pour toujours D'un pauvre amour, Une dame Rit aux anges et fredonne le refrain Du jour. Comme tout est beau! Comme le ciel est bleu! Comme tout le monde est heureux! Comme tout est beau! Comme le ciel est bleu! Comme tout le monde est heureux…

Une enfant

<p>Une enfant</p>

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Charles Aznavour, Robert Chauvigny 1951

Une enfant, une enfant de seize ans, Une enfant du printemps Couchée sur le chemin… Elle vivait dans un de ces quartiers Où tout le monde est riche à crever. Elle avait quitté ses parents Pour suivre un garçon, un bohème Qui savait si bien dire "je t'aime". Ça en devenait bouleversant, Et leurs deux cœurs ensoleillés Partirent sans laisser d'adresse, Emportant juste leur jeunesse Et la douceur de leur péché. Une enfant, une enfant de seize ans, Une enfant du printemps Couchée sur le chemin… Leurs cœurs n'avaient pas de saisons Et ne voulaient pas de prison. Tous deux vivaient au jour le jour, Ne restant jamais à la même place. Leurs cœurs avaient besoin d'espace Pour contenir un tel amour. Son présent comme son futur, C'était cet amour magnifique Qui la berçait comme d'un cantique Et perdait ses yeux dans l'azur. Une enfant, une enfant de seize ans, Une enfant du printemps Couchée sur le chemin… Mais son amour était trop grand, Trop grand pour l'âme d'une enfant. Elle ne vivait que par son cœur Et son cœur se faisait un monde, Mais Dieu n'accepte pas les mondes Dont il n'est pas le Créateur. L'amour étant leur seul festin, Il la quitta pour quelques miettes. Alors, sa vie battit en retraite Et puis l'enfant connut la faim. Une enfant, une enfant de seize ans, Une enfant du printemps Couchée sur le chemin … morte…! Aaaah…

Une valse

<p>Une valse</p>

Paroles: Jacques Plante. Musique: Charles Dumont 1962

Une valse, Une étrange valse Tient toute la place Dans ma rêverie Et dans ma vie, Elle évoque Une lointaine époque, Un décor baroque, L'ancienne Russie Et ses folies Et j'invente Une ville immense Qui chante et qui danse Le Saint-Pétersbourg Des nuits blanches. Je m'évade, Roulée dans ces vagues, Touchée par la grâce. Je ferme les yeux. C'est merveilleux… Et ma valse Tourne dans les glaces De tout un palace D'or et de cristal, Ces soirs de bal. Robe longue, Envol de colombe, La lumière et l'ombre, Tout tourne à la fois Autour de moi. J'ai la fièvre De sang sur mes lèvres Le feu de la fête. Je ne sais plus bien Si je rêve… Et je danse Dans ma robe blanche, Deux doigts sous la manche D'un jeune aspirant. J'ai dix-sept ans. Cette valse, Ce n'est que la valse Que l'orchestre en face, Dans ce cabaret, Joue sans arrêt. Mon beau prince N'est ni grand, ni mince. Dans le froid qui pince, Il fait son métier. C'est le portier Du ciel pâle. Une neige sale Descend en rafales Et tombe sans bruit Sur Pigalle… Les enseignes En lettres qui saignent S'allument et s'éteignent Au cœur de Paris Hôtel de Russie… Hôtel de Russie… Hôtel de Russie…

Va danser

<p>Va danser</p>

Paroles: G.Couté. Musique: M.Legay 1936

Au mois d'août, en fauchant les blés, On crevait de soif dans la plaine. Le cœur en feu je suis allée Boire à plat ventre à la fontaine. L'eau froide m'a glacé les sangs Et je meurs par ce temps d'automne Où l'on danse devant la tonne Durant les beaux jours finissants.

{Refrain:}

J'entends les violons, Marie. Va, petiote que j'aime bien. Moi, je n'ai plus besoin de rien. Va-t-en danser à la prairie. J'entends les violons, Marie. Rentre dans la ronde gaiement Et choisis un beau gars dans la ronde Et donne-lui ton cœur aimant Qui resterait seul en ce monde. Oui, j'étais jaloux, cet été, Quand un autre t'avait suivi Mais on ne comprend bien la vie Que sur le point de la quitter.

{Refrain}

Et plus tard, tu te marieras, Et tant que la moisson sera haute, Avec ton amour et deux bras, Moissonnant un jour côte à côte, Vous viendrez peut-être à parler, Emus de pitié, graves et sobres, D'un gars qui mourut en octobre, D'un mal pris en fauchant les blés.

{Refrain}


Y a pas d'printemps

<p>Y a pas d'printemps</p>

Paroles: Henri Contet. Musique: Marguerite Monnot 1944

Jamais d'repos. Toujours courir. Métro, bureau Et repartir. Quand vient le dimanche, il faut faire des affaires, Laver, repasser, repriser sa misère Et c'est pareil, Jour après jour. Jamais d'soleil Et pas d'amour. Y a pas d'printemps le long d'ma vie. Je n'crois pas aux calendriers. J'ai beau faire des économies, L'printemps je n'peux pas m'le payer. Le mois de mai passe et m'oublie Et le bonheur en fait autant. P't'être que j'suis pas assez jolie Mais dans ma vie y a pas d'printemps. Mais le destin m'a fait une farce Et l'vingt et un du mois de mars, Quand le printemps chante à pleine voix sa naissance Avec un beau gars m'a fait faire connaissance. Il m'a dit: "Viens". Il m'a souri Et dans mon coin, Tout a fleuri. Y a du printemps le long d'ma vie Et j'me moque des calendriers Car maintenant, c'est d'la folie, J'en ai même au mois de janvier. J'ai plus besoin d'économies. Mon cœur et moi, on est content. P't'être que j'suis pas jolie, jolie Mais dans ma vie y a plein d'printemps.

Y avait du soleil

<p>Y avait du soleil</p>

Paroles et Musique: J. Lenoir 1936

Dans tout le raffut des musiques Des pianos mécaniques, Des manèges électriques, Un jour, à la fête de Saint-Cloud, Dans un tir, je vois un grand type Avec toute une équipe. Pan, l'œuf et pan, la pipe Et la fille faisait mouche à tout coup. Tout autour, on s'marrait Et comme j'étais tout près, Il m'a offert du nougat, du surpain. Du premier coup on était deux copains. Y avait du soleil ce jour-là. Je revois tout ça, c'est loin déjà Mais ça me tourne encore la tête. Il riait, même sortant de la fête, Un p'tit porto, deux doigts d'écho. Demain on se reverra coco! Je voulais pas tomber dans ses bras, Oui, mais voilà… Y avait du soleil, ce jour-là! Je revois nos balades de première Sur ma moto, pépère. Lui devant, moi derrière. Comme ça gazait, la joie au cœur, Surtout notre premier dimanche, Arrêtés sous les branches, Il avait carte blanche Pour me donner tous les bonheurs. Le plafond, c'était le ciel, Alors, tout naturel, Dans l'herbe tendre on a cueilli d'abord Des fleurs, et puis l'amour encore, encore Y avait du soleil, ce jour-là, Et les lilas, je revois tout ça. Comme il riait sur l'herbe épaisse, Même son rire c'était une caresse. Ça chantait partout dans les nids. Moi je soupirais: "C'est le paradis. Dis-moi que jamais on ne se quittera Tant que tu voudras" Y avait du soleil, ce jour-là! La-la-la… Dis-moi que jamais on ne se quittera Tant que tu voudras Y avait du soleil, ce jour-là!

Y en a un d'trop

<p>Y en a un d'trop</p> Voila l'printemps, les fleurs jolies Tout l'monde a l'air d'aimer la vie J'crois bien qu'y a qu'moi qu'aime pas l'soleil C'est pas d'ma faute, y m'donne sommeil A quoi qu'ça sert l'soleil qui brille? Puisque l'hiver y sait partir Madame la pluie vient l'remplacer Sûrement qu'y doit être fatigué L'été, l'hiver c'est embêtant Partir, rester c'est énervant Qu'y fassent quéqu'chose mais qu'y s'décident Y en a un d'trop, ben qu'y s'suicide! C'est comme les hommes, c'est monotone Moi, j'en ai deux à qui je m'donne Y en a un qui m'rendra marteau L'autre, c'est lui qui m'a dans la peau C'est compliqué cette existence Et dans mon coeur, deux hommes dansent Je sais que j'devrais m'en aller Mais j'peux pas voir un homme pleurer L'amour, les fleurs c'est embêtant Partir, rester c'est énervant Qu'y fassent quéqu'chose mais qu'y s'décident Y en a un d'trop, ben qu'y s'suicide! Mon ciel est tout couvert de pluie J'commence à détester la vie Pourquoi qu'j'aime celui qu'y faut pas? J'me demande comment ça finira L'été, l'soleil, l'hiver, la pluie L'amour, les fleurs et puis la vie Je n'en peux plus, j'en ai assez J'voudrais dormir pour plus penser Mais pour s'coucher, c'est embêtant Sommeil, réveil, c'est énervant La vie et moi, faut qu'on s'décide J'crois qu'elle est d'trop, qu'elle se suicide!